cène

Le dernier Jarmusch est paraît-il mauvais. On regrette déjà Lautréamont lu dans un deux pièces et Depp dormant à côté d’une biche.

Les Coen feront un remake qui n’en sera pas un du classique True grit. J’ignore si cela a un rapport avec leur projet de western sanguinaire. On parle de Brad Pitt et de Clooney, coule. Deux originalités : les Coen se fixeront sur le bouquin et non sur le film et ce sera le point de vue de la fille qui sera privilégiée.

En exclusivité, un petit entretien de votre anglais pour les vacances, le scenario du dernier Coen A Serious Man. Il devrait vous encourager à aller le voir dès sa sortie, en salle de cinéma, sans réduction étudiante pour le soutien de l’oeuvre des frères Coen et de l’industrie du cinéma.

true lebowski

L’actualité de la Diversité telle que vous ne la lirez nulle part ailleurs.

• D’après mes informations, dans le cadre du très branchouille ISR (Investissement Socialement Responsable), certains fonds mettent en œuvre de véritables cotations de Diversité. Je m’explique. En fait, le process, car tout est process dans ce monde, c’est i) de sélectionner des sociétés, parmi celles qui ont les meilleures cotes “socialement responsable”, ii) on désigne un carré, dans lequel l’analyse financière reprend ses droits, business is business.

Et donc, parmi ces critères de cotation préalable très rationnels, il y a, vous vous en doutez, la fameuse Diversité. Diversité, ô Diversité, par temps d’été et d’hiver, j’implore ton nom. Et comment cote-t-on de façon Diverse une entreprise Diverse sur sa Diversité, d’après vous ? Hé bien, de façon Diverse. Il existe des cotes plus ou moins officieuses de Diversité, soit concrètement, le taux de Diversité dans les entreprises. Plus concrètement, il faut tant de blackos et tant d’adeptes de la religion de paix & d’amour pour être une entreprise Diverse et donc intéresser ces fonds, selon les normes de Diversité plus ou moins avérées et plus ou moins officielles. A l’heure de la Diversité et de la transparence, des conflits d’intérêt sont à craindre.

Le niveau de soviétisme en France est tel que la décision d’investir sera demain aussi protocolaire que le déclenchement du feu nucléaire. Il y avait déjà une lourde réglementation, des ” ‘ { déontologues } ‘ “, des gens qui travaillent dans le ” ‘ { développement durable } ‘ “, peut-être aura-t-on demain au sein des fonds des Commissaires à la Diversité.

Pour information, ces fonds visent principalement les retraites, les mêmes que Sarko veut développer, car vous savez comme moi que les Divers paieront les retraites, ou l’inverse, on ne sait plus trop.

• Pour mémoire, une pépite jalousement conservée, la crèèèèèès prestigieuse (Zitrone’s accent) Wharton s’exprime de la sorte :

If you are a woman, an under-represented minority, or a LGBT prospective student, we invite you to visit us at our annual prospective student event Explore Wharton: Diversity in Action on Thursday, September 25 and Friday, September 26, 2008.

Co-sponsored by the African American MBA Association (AAMBAA), Wharton Hispanic American MBA Association (WHAMBAA), Wharton Women in Business (WWIB), Out for Business (Out4Biz) and Wharton’s MBA Admissions Office, Explore Wharton gives you the opportunity to experience Wharton first-hand. This two-day event focuses on Wharton MBA opportunities for prospective women, LGBT and under-represented minorities. You will meet current students and administrators, attend classes with Wharton’s top professors and gain invaluable insights in the admissions process.

Discover how our distinctively collaborative environment, innovative learning channels, global reach, and diversity of talent, place you at the leading edge of new ideas that shape worldwide practice in the business, nonprofit and government sectors.

A tous les LGBT postulants, des bisous. LGBT prospective student à la très prestigieuse Wharton, c’est juste génial. Leges sine moribus vanae !

Le WE dernier se tenait le rendez-vous annuel de la vénerie à Chambord, le dénommé game fair. Car c’est un sport de gentleman, on est bien.

C’était l’occasion de voir les traditionnels C fifteen, car comme les femmes ont des sacs à main, les chasseurs ont leur Ci fifteen Di (le Di pour Diesel), rouge. Le game fair est toujours un grand moment de sociologie, à supposer que cette matière soit sérieuse. On navigue entre Le Chasseur français et Les Echos (jolies hôtesses, qu’elles soient ici célébrées) de l’immense Bernard Arnault, Dubarry et les croûtes avec des cerfs, ceux qui figurent sur les docs de référence AMF et les tenanciers de barbecues installés dans des tonneaux d’huile de tracteur, on ne craint pas les vapeurs quand on roule en Ci fifteen. Bref, la démocratisation, m’sieurs, dames. La France qui va bien. Et c’est très bien.

Le parking des Réfractaires, interdit “sauf ayants droits”, est fermé. Pourtant habituelle place de Charlie, combinard, réfractaire et se foutant des droits reconnus par la république, une alternative doit être envisagée. Il faudrait raquer pour engraisser les escrocs qui ont obtenu des concessions auprès de Melle Mignon, mais finalement on ne paiera pas. Question d’honneur. Ce fut d’autant plus sympathique que j’étais invité. J’ai donc pu arroser la quête de la messe de Saint-Hubert, au lieu des parkings attribués on ne sait comment à des entreprises complaisantes, c’est très bien, affectation efficace des ressources. Une petite crêpe avec du suc’ au Saint-Louis, on est bien. Les chiens, c’est très bien. Les chevaux, également. Tom Joule vend ses fins de séries, le grand Charles fait un carton au rabbit, on est bien.  Sur les canaux, les barques sont de sortie. Je couperai un maillon de chaîne, le remplacerai par un maillon coulissant  et y baladerai ma mignonne, une nuit, plus tard, quand je serai serein, quand j’aurai plusieurs FCP. Découvert un petit artisan qui fait de jolis souliers, la carte, sur rendez-vous, ce charme discret des rendez-vous dans les showrooms fermés aux non-initiés. Après, commença la fête de la Musique. Il n’y avait pas de concert de rap, que je sache.

Et soudain, sur le retour, le dénommé Hubert, animateur sur Nostalgaïe. Nous avons assisté à la messe de Saint-Hubert, et Hubert parle, relevez. Hub’, interroge Michel Delpech venu vendre son dernier album. Michel, une chanson qui te ferait plaisir ? Nous sommes dans le forty one et Michel Delpech va parler, tout est tellement parfait. Et alors, Michel Delpech, sur proposition d’Hub’ choisit de passer Bob Dylan, Like a rolling stone.

Il est 19h15, il fait beau, la Loire est toujours aussi royale, les rats gondins préfèrent toujours l’eau à la terre, mystère de l’amphibie, Ménars est toujours aussi grandiose, la ville de Blois est toujours jumelée avec Weimar, charmante petite bourgade teutonne au patrimoine historique et constitutionnel remarquable, les Ci fifteen roulent toujours, Bob Dylan, immense, chante toujours, l’Hammond de Kooper qui rend fou dès les premières mesures, rend toujours fou, dès les premières mesures, et le Roy, magnifique, prépare, gentiment, son retour triomphal.

Le lierre poussera sur la tôle des usines, les seins se gonfleront, les peaux s’adouciront, et partout l’on chantera, heureux, sublimes de bienveillance, la gloire du Roy. Ah, on sera bien.

Gentiment gnian-gnian, familial, estival, champêtre, dylanien, petit-clamartien, parfait.

Une fin de série Tom Joule

Des chiens

Un Ci fifteen, Di

IMG_0393Chambord, VIP, poubelle et projo

A voir tous ses clips, pour le plaisir.

Quand j’étais jeune, car je ne suis pas soustrait aux règles du temps, j’ai fait quelques soirées avec Karim T., une sorte d’Eddy Barclay du rap FR, en plus métèque et avec des budgets moindres. Grosse culture musicale, tout de même. Car oui la musique m’a poussé dans des coins forts obscures. Parmi les jeunes réactionnaires foeunes et trop déca, (- déca? – déca, lait), schyzo totale, les tapins, très peu de bourriers dans mon souvenir, il y a un certain cahier des charges dans ces milieux-là, les mecs de banlieue, les blacky black, les rappeurs, les bobos, il y avait des bréqueurs, des hip-heaupeurs, et tout. C’était un temps où des jeunes réactionnaires foeunes s’intéressaient à tout, où des chercheuses du CNRS en “sociologie”, pour le coup plutôt bourrier,  faisaient leurs thèses sur ces “mouvements”, et Michael était là.  Pour moi Michael Jackson, c’était ça, ce truc désordonné, la mondialisation, l’idée que ça va bien se goupiller, une certaine allégresse dans le métissage, un certain optimisme. C’était le temps des fleurs.

Michael était plus ou moins le symbole de tout cela. A commencer par les brécoeurs  qui ne faisaient rien d’autres que du sous-Michael. C’est entendu, le break n’a jamais été plus que du Michael Jackson de banlieue, avec tout ce que cela comporte. Je pense que c’est aussi cela que pleurent les fans obèses.

Aujourd’hui, j’imagine que les mecs de banlieue vont à la mosquée, que les blacky black s’habillent en XXXL, que les tapins tapinent dans un Zara par nature quelconque ou au mieux une boutique branchouille ou un nième resto laounje avec des assiettes rectangulaires, que les bobos yoggisent, que les toys astiquent leurs petits nems, que Sony BMG poursuit les pirateurs et que les autres réacs, devenus moins foeunes, poursuivent des études honnêtes pour avoir plus tard un digicode sur les bons boulevards et réparer la toiture du refuge champêtre. J’attends la guerre civile malgré moi, chantait Ekoué de la Rumeur. Et encore, je suis né trop tôt; il y a 20 ans, le fils Cassel graffait avec Didier Morville sur du Michael. C’était, j’imagine, une époque où l’on avait pas encore saisi ce que la Diversité impliquait, les conséquences de l’immigration massive, une certaine naïveté. Moi-même au lycée, pas des années-lumière donc, je me souviens d’éditos d’Olivier C. complètement perché dans Radikal, le genre jack languien à voir du Baudelaire chez le premier crétin analphabète de banlieue et à célébrer les apports de la Diversité à la littérature françèèèèèèèèèèèèze (Booba est cité dans la NRF la revue littéraire, pas la Nouvelle Réaction Française, hein, etc.). Olivier C. est par ailleurs un expert de Michael Jackson, ça c’est pour la valeur démonstrative de mon petit chant funèbre.

La prise de conscience se fait donc très doucement. Déjà, Kool Shen, trop blanc, se faisait rembarrer par les amis de Nas au moment du clip d’Affirmative action. Nou Yorque, Nou Yorque. Bref, la vie a repris son cours, les choses se mettent doucement en place, et c’est donc logiquement que Michael, incarnant toute cette naïveté, ces blancs qui dansaient dans la joie et la bonne humeur avec des noirs, est mort. Il est enterré avec pour seul cortège des lettres mortes, des idées creuses, des espoirts de lendemains heureux déçus. Il est mort, parce qu’il le fallait, parce que tout tend désormais à se préciser. Avant que tout se fige. R.I.P.

Le clip, sans payer sur Amazon :) Ils avaient la dégaine.

Bob Dylan, évidemment.

La première fois que j’ai rencontré Lee Melon, c’était il y a cinq ans à San Francisco. C’était au printemps. Il était venu à pied de Big Sur. En route, un riche pédé s’était arrêté et l’avait emmené dans sa voiture de sport. Ce riche pédé avait offert dix dollars à Lee Mellon pour commettre un acte buccal immoral.

O.K, dit Lee Mellon et ils s’arrêtèrent dans un coin écarté où il y avait des arbres qui escaladaient le flanc de la montagne jusqu’à une forêt qui s’étalait au-delà des montagnes.

“Après vous”, dit Lee Mellon et ils s’enfonçèrent parmi les arbres, avec le riche pédé qui ouvrait la marche. Lee Mellon ramassa un gros caillou et il en fila un grand coup sur la gueule du pédé.

“Ouch !” s’écria le riche pédé en s’effondrant. Cela lui avait fait drôlement mal, et le riche pédé se mit à implorer la vie sauve. ” Pitié ! Pitié ! je ne suis qu’un pauvre petit riche pédé et solitaire qui voulait s’amuser un peu. Je n’ai jamais fait de mal à personne.”

“Arrête de déconner”, lui dit Lee Mellon. “Et donne-moi tout ton argent et les clefs de ta voiture. C’est d’ailleurs tout ce que je veux, riche pédé.”

Le riche pédé en question donna à Lee Mellon deux cent trente-cinq dollars, les clefs de sa voiture et sa montre. Lee Mellon n’avait pas parlé de la montre du riche pédé, mais se disant que ç’allait être bientôt son anniversaire, il allait avoir vingt trois ans, Lee Mellon prit la montre et la mit dans sa poche.

Le riche pédé passait le meilleur moment de sa vie. Un pillard, grand, jeune, séduisant et sans une dent était en train de lui piquer ses sous, sa voiture et sa montre.

Cela ferait une formidable histoire à raconter aux riches pédés de ses amis.

Le riche pédé tâta la bosse sur son crâne. Elle levait comme une brioche. Le riche pédé espérait qu’elle ne passerait pas de sitôt. “Bon, je m’en vais”, dit Lee Mellon. “Toi, tu restes assis là jusqu’à demain matin. Si tu bouges d’un centimètre, je reviens et je t’écrase avec ta bagnole. Je suis au bout du rouleau et ce que je préfère, c’est d’écraser les riches pédés.”

“Je ne bougerai pas jusqu’à demain matin” dit le riche pédé. Cela pour lui avait un sens. Après tout, Lee Mellon commençait bien à lui faire l’effet d’un salaud, malgré toute sa séduction. “Je ne bougerai pas d’un centimètre” dit le riche pédé.

“Ca c’est un gentil pédé riche”, dit Lee Mellon, et il abandonna la voiture à Monterey pour prendre le car à San Fransisco.

La première fois que je rencontrai ce jeune pillard, cela faisait quatre jours qu’il ne dessoûlait pas, grâce aux fonds confisqués. Il s’acheta une bouteille de whiskey et il alla la boire dans une impasse. C’est comme ça qu’on fait les choses à San Francisco.

Avec Lee Mellon, nous avons fait une sacrée foire, et nous sommes tout de suite devenus amis. Il dit qu’il cherchait un endroit où s’installer. Il lui restait un peu des sous du riche pédé.

Je lui ai dit qu’il y avait une chambre vide sous le grenier où j’habitais dans Leavenworth Street, et Lee Mellon me dit, Salut voisin.

Lee Mellon savait qu’il n’y avait aucun danger de voir le riche pédé aller trouver la police. “Ce riche pédé doit être encore là-bas assis à Big Sur”, dit Lee Mellon. “J’espère qu’il ne va pas mourir de faim.”

Le général sudiste de Big-Sur de Brautigan

C’est loufoque (le plafond d’un mètre 53), allumé, drôle (les discussions post-maqueraux, le carton post-cuite etc.), suréaliste (dans le monde de Brautigan, les moeufes baisent ET lisent les oeuvres intégrales de Thomas Dylan), profond, on y lit L’Ecclésiaste au bord d’une mare de grenouilles bientôt chassées par deux aligators apportés par une petite, rarement j’ai été autant enthousiasmé par un bouquin sans prétention du rayon US. Peut-être depuis La conjuration des imbéciles ou Le seigneur des porcheries.

Et toujours ce petit fond historique, ces fantômes comme dans Dans la brume électrique avec les morts confédérés, toujours ce vieux Dixie peuplé de fantômes bavards comme l’a si bien écrit Faulkner. C’est idéal pour l’été. Ne soyez pas trop effrayé par le côté “beat generation/on est trop décalés, quoi”, je trouve que cela va bien au-delà et Brautigan a plus à voir avec un Bukowski voire Céline pourquoi pas, que Kerouac. En tout cas, pour ce roman.

Le Grand Charles a voté. Pour la première fois de sa courte existence politique, le Grand Charles doit reconnaître qu’il s’est trouvé “représenté”. Parmi les options proposées aux citoyens (gniens-gniens), il a retenu celles-ci dans un premier temps :

- à ma drouâte, l’alliance des réactionnaires un peu mous avec des champêtres ma foi sympathoches : Libertas

- à ma gôche, des gens floraux et fruitiers, en la personne, éminente personne, de Francis Lalanne, dit Francis. Tes cheveux couleur citron collés sur le goudron, tes lèvres couleur cerise collées sur le pare-brise, fruitier et poète Francis, c’est génial. C’est tiré de J’suis qu’un vieux camioneur, une de ses oeuvres importantes.

- bien au-dessus de tout ce cirque, l’Alliance royale. The circus is in town / Here comes the blind commissioner / They’ve got him in a trance / One hand is tied to the tight-rope walker / The other is in his pants / And the riot squad they’re restless / They need somewhere to go / As Lady and I look out tonight / From Desolation Row etc etc.

J’ai écarté le FN et Dieudo, par manque d’enthousiasme.

J’ai finalement choisi Libertas car l’alliance réactionnairo-champêtre est trop belle pour que je ne la salue pas. Conduire, par un beau ouïque andes, assomé par des White russian ou des Mauresques, des boissons de réactionnaire quoi, une Méharie verte perroquet agrémentée de fleur de lys, avec des Tom Ford de nappouze, et des moeufes, avec pour horizon la Touraine et ses donjons, il est là le seul positionnement politique qui vaille. Me semble-t-il. Et le Roy reviendra en dehors de tout processus démocratico-clownesque. J’ai vraiment hésité avant d’écarter Francis, mais, il me semblait bien trop sérieux et concerné pour une aussi petite chose. Pas de grandeur le père Francis. C’est rédhibitoire.

Quelques lectures.

La découverte pour LGC SA, Larry Brown. Big bad love. Un des écrivains préférés de Dylan, alors je n’ai pas réfléchi et ai suivi les recommandations du vieux. C’est glauque, absolument pas grandiose, ça sent le motel pourrave avec l’aileron du ventilo, les volets mi-clos etc, ça casse des briques. Chez Larry Brown, les couples ne passent pas des après-midi champêtres, nus sur Vélib dans un champ de colza en fleur, makin’ love & singin’ Julien Clerc, en mangeant du chocolat noir au piment. Non, le mari dit à sa femme écrivain sans talent qu’elle écrit bien pour pouvoir la démonter, le mari hésite à sortir du lit parce qu’il préfère rêver et rester sous la couverture chauffante (une invention géniale) etc. J’adore.

Ethan Coen, Almost an evening, la pièce qui a fait un carton à Broadway il y a peu. Troisième livre d’Ethan Coen (celui qui fait étudiant attardé), j’ai préféré les deux autres, son recueil de poèmes et de nouvelles. C’est brillant, comme d’habitude, mais c’est trop dans la veine de Beckett, ça commence comme Barton Fink, etc., un peu trop déjà-vu. On pense avoir compris que les Coen aiment l’absurde. Bon, cela dit, ça se lit très bien, et c’est vraiment pour pinailler. Pas besoin de savoir lire Faulkner en VO pour le lire, je précise.

Panorama du film noir américain de Borde & Chaumeton. Paraît-il que c’est un classique du genre. A la vérité, c’est plutôt chiant. L’idée séduisante est que le noir n’est pas si noir (Valéry) et que derrière le noir c’est noir persistent de l’ironie latente et de l’humour. Un truc vaguement dandy, donc.

Enfin, le livre qui casse des briques, La crise des subprime – Origines de l’excès de risque et mécanismes de propagation de Laure Klein. Patronyme peu péchu, il est vrai. De ce que je connais, les femmes juives sont soit des brunâtres du 17 avec des grosses meules et des grandes tignasses qui rendent fou, soit des maîtresses de maison qui savent compter. Au vu de la photo de quatrième et du contenu du livre, plutôt deuxième option. La damoiselle en question a 23 ans et est étudiante à Sciences po Strasbourg, je ne savais pas que ça existait. On doit certainement y manger de très bonnes choucroutes. Le tout est édité par la revue Banque (à lire également leur introduction au Private equity). Bref, c’est vraiment très bon, succint, biblio excellente.

Bonus :

dylan-rue

A l’évidence, l’actualité la plus importante de ces derniers jours est le déplacement de Bob Dylan chez nous quoi, et son nouvel album. C’est après un court séjour au Mexique et quelques cautions de couples américains miséreux voulant accéder à la propriété, que l’immense Robert Zimmerman from Minnesota, serrein, s’est présenté à nous. Heureux, malgré l’arthrose, Bob Dylan, nous a sorti un répertoire de derrière les fagots, inespéré. De mémoire, ça donnait à peu près ça :

Carla Bruni, pourtant toujours aussi blonde, a eu un harmonica du plus grand avec Little Walter et Sonny Boy Williamson, quoi. Personnellement, ça me donne des envies de contre-révolution. Car oui, Bob Dylan joue de plusieurs instruments en même temps.

J’y reviendrai. Aussi, nouvel album, Together through life, nouveau disque qui a pour couverture une photo de Bruce Davidson, accessoirement couverture US du bouquin Big bad love de l’immense Larry Brown, quoi. Ce mec est immense. Près de 70 ans, il commence par Oh I love you pretty baby et un petit coup d’accordéon qui va bien, quoi. A 22 ans, il chante le texte le plus immense, à 70 il parle de petites en robe à fleurs qui descende de la colline verte, tout est là. Ce mec casse des briques.

Autrement, les Divers préfèrent piquer un portefeuille d’étudiant dans un Noctambus plutôt qu’une écharpe Burberry, quoi. Il y a une réelle défaite de l’intelligence en France, c’est acté.

Est-ce qu’une hard rain is gonna fall ? chante Alain Souchon, champêtre au milieu des ânes.

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