Jusqu’à peu je croyais que South Park était de ces émissions débiles pour teenagers. Je me souvenais qu’au collège ça avait fait fureur alors, par reflexe réactionnaire, je m’en méfiais. Déjà très jeune, les euphories de masse me laissaient perplexe…

En réalité, grâce à Artemus, je me suis penché sur cette série. Ayant vu l’extrait posté par Artemus, j’en ai conclu que des mecs qui avaient l’esprit suffisamment libre pour parodier le nouveau communisme à savoir l’antiracisme ne devaient pas être forcément mauvais. J’ai regardé pas mal d’épisodes sur Dailymotion et il faut reconnaître qu’il y en a de très bons et très rafraichissants.

En outre, je retrouve dans cette série une sorte d’humour réactionnaire que j’apprécie. Souvent très fin contrairement à l’humour bravache de gauche qui ne considère l’humour que sous la forme de la caricature grasse perpétuant ainsi la quête progressiste d’émancipation de l’Homme de ses soit-disant passions -réactionnaires. L’humour de gôche c’est Bedos qui vous donne un coup de coude dans les côtes pour vous rappeler qu’il faut rire devant la grasse tambouille -concoctée par son fils pistonné- qu’il vient de dégueuler sur scène. C’est la caricature du beauf communiste puis nationaliste qui en réalité ne fait rire que les bourgeois aussi beaufs dans leur branchouillitude. J’ai évidemment plus de sympathie pour une licenciée économique de chez Moulinex dans le Pas-de-Calais que pour le sombre connard aux lunettes carrées qui compare les taux d’émission de CO2 pour son achat de voiture (car Velib’ c’est Citoyen mais la géographie ne l’est pas encore : il en veut pour preuve la maison du Sud-Ouest sympa’ et authentique, où j’ai installé des panneaux solaires parce que le sort de la Planète ne m’est pas indifférent et je suis d’autant plus citoyen-vigilant-responsable que je n’ai pas d’enfants, je me préoccupe du sort des enfants du Sud, moi qu’il a acheté à un prix délirant excluant de fait les autochtones qu’il méprise de toute façon) ou la chance Diverse pour la France du 9-3 qui deale parce que les patrons sont rasiste, ça merre la putte.

L’humour réactionnaire c’est donc la dérision, la petitesse des gens, la parade des bons sentiments, les limites vite trouvées du discours rationnaliste, les illusions Modernes (il y a large sur ce point), la radicale tristesse du monde sans Dieu ou sans les religions modernes… C’est l’humour moqueur de ceux qui croient encore qu’un Progrès est envisageable, de leur degré d’abstraction nécessaire pour croire en une telle hérésie. Moqueur mais gentleman.

Concrètement, c’est la scène des toilettes collectivistes et sans pudeur dans Voyage au bout de la nuit ; les plans toujours foireux des petites frappes des Frères Coen quand les petites gens triomphent et sont structurés psychologiquement, épanouis et peu fiers (le plus frappant étant Fargo, j’en ferai un billet d’ailleurs) ; les conséquences funestes de la Plaisanterie de Kundera ; les malfrats Boy Scout et si petits qui rêvent de réussite d’Audiard etc

Et dans South Park, il y a de ça. Les principaux auteurs sont deux mecs adhérents au Parti Libertarien selon Wiki. Un bon background donc. Ils tapent sévère sur les Juifs, les Black, les Tolérants, les Gays et toutes les catégories qu’il est bon d’intégrer si l’on veut être Moderne.

Le scenario est bon. Une bande de petits gamins du fin fond des USA évoluent et sont confrontés à la modernité. Ce qui est d’emblée bien trouvé. En effet, les gamins, avec leur sens de l’imitation et l’innoncence propres à leur âge, vont tâcher de reproduire ce que le monde Moderne, le monde adulte leur offrent comme modèles. Et là, la modernité sous cet angle, devient cocasse.

Je vous conseille les extraits suivants :

Les metrosexuels, avenir de l’Humanité :

Paris Hilton, modèle pour les jeunes filles avec en exclusivité la femme ronde et braillarde qui hante mon blog (les grands esprits…) avec ses discours égalitaristes et soit-disant féministes dans le magasin au titre très évocateur et collant à la cible recherchée :

NB : j’emprune le titre à Gérard Miller, le heu, sans commentaire, je ne préfère pas être ingrat de la télévision française, qui a le mérite d’incarner volontiers la tête à claques dans tous les débats où il se trouve ce qui reconnaissons-le est un rôle difficile.