septembre 2007


J’ai fini par voir tous les films des frères Coen. J’ai fini par Blood Simple, leur premier film. La chronologie à l’envers, donc. Pas rationnel, le mec.

Je n’écrirai rien sur ce film mis à part plusieurs rapides impressions car j’ai trouvé deux trois écrits qui synthétisent bien mieux que je ne l’aurai fait ce que j’avais à dire. Premièrement, ce film m’a évoqué un vague souvenir d’un passage de Pierre Drieu la Rochelle (qu’il faut lire) dans le très nietzschéen et moderne Feu Follet. L’esprit parallèle, encore. J’ai mis 20 min à le retrouver, voyez que je suis serieux dans mon bloggîîngeuh.

Mais pour l’imagination d’Alain, les objets n’étaient pas des points de départ, c’était là où elle revenait épuisée après un court voyage inutile à travers le monde. Par sécheresse de coeur et par ironie, il s’était interdit de nourrir des idées sur le monde. Philosophie, art, politique ou morale, tout système lui apparaissait une impossible rodomontade. Aussi, fautre d’être soutenu par des idées, le monde était si inconstant qu’il ne lui offrait aucun appui. Les seuls solides gardaient pour lui une forme.

En quoi il se leurrait. Il ne voyait pas que ce qui leur donnait encore à ses yeux un semblant de forme, c’était des résidus d’idée qu’il avait reçus malgré lui de son éducation et dont il façonnait inconsciemment ces morceaux de matière.

[...]Pour le primitif un objet, c’est la nourriture qu’il va manger, et qui lui fait saliver la bouche ; pour le décadent c’est un excrément auquel il voue un culte coprophagique.

J’ai également trouvé cette étude qui ne me convainc pas entièrement mis à part ce passage :

Tout récit est une initiation, dans la mesure où l’enchaînement des actions mène à la libération. Théorème dramatique que Blood Simple réfute avec acharnement, où l’action travaille sans relâche à la consolidation des barreaux d’une prison kafkaïenne. Une histoire simple, mais diablement difficile à raconter. Car à chaque fois que l’un des personnages souhaite agir pour redresser favorablement le cours des évènements, il est invariablement agi par ce qu’il met en œuvre. Dans le premier film des frères Coen, la préméditation livre bataille à la prédestination, à la fatalité et à la conjonction d’actes manqués, presque jusqu’à l’absurde. « Tout peut toujours clocher », nous dit la voix-off du début, et il ne faut jamais négliger la possibilité du grain de sable, où de la goutte d’eau qui peut toujours s’échapper de la tuyauterie la plus savante, comme le montre le dernier plan du film. L’âme mauvaise de Blood Simple, c’est celle de l’inanimé, des choses et autres objets, dont la circulation n’est surtout pas contrôlée par ceux qui les utilisent.

Suivre l’itinéraire des objets équivaut ici à pénétrer l’inconscient de personnages par ailleurs peu loquaces : Blood Simple, c’est littéralement l’histoire d’un briquet perdu, d’une flamme égarée, du feu de la passion interdite, étouffée par le dogme religieux, qui apparaît ici sous la forme de quelques poissons pourris pêchés par Marty à … Corpus Christi ! (le mot grec pour « poisson » est « Ichtus », qui fut choisi par les premiers chrétiens comme signe secret de ralliement, pour les raisons acronymiques que l’on connaît ). L’histoire se déroule au Texas, un état qui s’est souvent distingué par son usage immodéré de la Bible et des armes à feu. L’ancrage géographique est un paramètre important du film, dans la mesure où il intègre des données psychologiques, sociétales et existentielles prises dans un scénario second qui s’adonne souterrainement à une relecture peu orthodoxe de la matière biblique. Par exemple, le détective Visser est comparé à un serpent par Marty quelques séquences avant que ce dernier ne trouve la mort. Ses blessures rappellent celles du Christ en croix, de même que certains cadrages citent explicitement les représentations picturales les plus célèbres. On mentionnera également la crucifixion de Visser (qui devient le double de Marty après le pacte faustien du meurtre commandité), les multiples « résurrections » qui font rebondir le récit, ou bien encore le poudrier d’Abby (Frances McDormand) en forme de coquille Saint-Jacques (de Compostelle), qui retrouve son symbolisme premier dans la scène du rêve : « tu as oublié ton arme », dit Marty à son épouse. En effet, la coquille est traditionnellement associée au sexe de la femme et à la libido – voir les multiples Naissance de Venus, dont celle de Botticelli ou du Titien.

Sur la précédente analyse, j’adhère globalement bien qu’à mes yeux les innombrables allusions Bibliques (comme dans Barton Fink) sont plus là pour souligner la tristesse du monde sans Dieu (aller pêcher de misèrables poissonets à Corpus Christi en attendant que son détective ait effectué le crime commandité n’a rien du cadre de vie idéal) ou à la limite l’émancipation (si l’on peut dire mais ça fera plaisir à mon lectorat 68ard) du cadre chrétien par les passions et la modernité (“elle m’a pris pour un branché !“) c’est-à-dire la libération intégrale des moeurs. Je rappelle que le mari veut buter sa compagne car il la soupçonne de traîner ailleurs (mais il est excessif comme dit le détective car il imaginait qu’elle se tapait un Black, ce qui dans le degré du Mal texan est un cran supérieur) et que celle-ci dans son +/- rêve récupère son arme qui n’est rien d’autre que sa coquille St-Jacques, autrement dit son sexe. Son arme, c’est son sexe. Et c’est la seule survivante. La femme est le plus rude instrument de torture de l’homme comme faisait dire les Coen à Clooney. A ce titre, la récurrente apparition de la photo de mariage façon sourires larges-temps glorieux dans une course au massacre apparaît comme un repère pré-décadence.

Voilà, bon film qui peine à démarrer malgré tout à mon goût. Atmosphère très Dirty South. Ce film est intéressant dans le sens où il annonce clairement Fargo et Barton Fink et où il laisse deviner The Barber. On a déjà ce qui sera la marque de fabrique des Coen, à savoir la discorde entre le plan initial et le rendu par une série d’évèvenements qui tournent en ridicule le pourtant très sérieux plan initial (ce qui fait dire à bon nombre de commentateurs que c’est un cinéma sur les losers ce qui est bien évidemment à nuancer, puisque c’est surtout la bêtise du vice qui est pointée) le décalage entre ce qui est perçu et la réalité. Moi, j’aime bien.

Film noir, à l’intrigue originellement simple et classique mais qui va se complexifier. Frances Mc Dormand et Walsh sont très efficaces. La réal’ (oui je suis abonné aux Cahiers du Cinéma et j’ai fait une thèse sur La dimension sociale dans l’oeuvre filmographique de Capra) est sobre et efficace (comme d’hab) avec quelques plans bien trouvés et originaux (la robinetterie ou quand il sort de la maison pour battre sa femme). Bonne BO de Carter Burwell.

 

PS : Gai Lulu en grande forme. Très bon.

O professeur citoyen, ô homme de l’autre, ô ami de la tolérance, comme je t’envie, toi qui as si bien su tirer gloire de ta propre indignité, toi qui as si merveilleusement cru être admirable parce que méprisé par la figure de l’autre, toi qui as pensé être respectable parce que capable de faire ajourner ta baffe par ton élève, toi qui as cherché ta substance dans l’aliénation.

N’étant ni branchouille, ni métrosexuel, ni sympathisant de groupuscules activistes type Act-Up et constatant avec tristesse la lopétisation généralisée (bolos est à ce titre tout à fait légitime dans la bouche des chances pour la France) de ce qui fut jadis un grand Peuple, j’ai un point de vue qui me semble iconoclaste ou au moins anachronique. Donc, bon à publier. Un commentateur m’avait qualifié ici d’anachronisme sur pattes. Pas mal, hein ? En ces temps modernes, je considère cette délicate remarque comme une démonstration d’estime et d’admiration.

Le rapprochement des sexes est une de nos autoroutes vers la décadence. A ce sujet, je suis tout à fait en accord avec Soral qui ne fait que reprendre ce qui a été dit mais c’est déjà lutter contre l’oubli. Ce qui est beaucoup. Je me souviens d’ailleurs d’une très intéressante intervention de Finky sur le sport (!) dans une émission. Je tâcherai de la retrouver. C’est en effet très moderne, très branchouille et très 68ard l’intellectuard enfileur de clopes.

Ainsi, Chabal, évvoque-t-il chez moi la sympathie car il a des caractéristiques indéniablement anti-modernes en 1) refusant de parler anglais en France 2) ayant moins de 10% de graisse en masse corporelle 3) adoptant ce look totalement anachronique. Chabal mérite l’estime des réacs. Même si le rugby est un sport de rad-soc de la IIIème.

Voilà pour les prérecquis. Cultivant un goût certain pour la provoc’ et l’iconoclastitude contre les cantiques de la Théocratie Française qui aspire à la réalisation du Bien citoyen comme l’avait bien écrit Fromage +, j’aime aussi jouer ce rôle de réac. Parmi mes cibles préférées, évidemment, les femmes modernes. Autrement dit, la quasi-totalité de l’offre féminine disponible. Il y a évidemment des Résistantes, dignes de la France Eternelle comme disait un grand con m’ayant piqué mon pseudo, comme la Mère l’Oie que j’aime lire et dont l’épanouissement évident ne pourrait que faire jalouser les misérables modernes avec leur lot de bonheurs surfaits, éphèméres (si j’ose dire) et factices. Un bonheur subversif et insolent. Bref, femme moderne reste inquiétante pour mes projets de reproduction. Connaissant la proportion de femme dans l’exercice de la fonction de JAF et le droit positif en matière de divorce, il n’y a pas d’alternative. Il faut non seulement une femme ayant une certaine épaisseur intellectuelle pour vouloir plus d’enfants que le seuil de suicide collectif (trad, en terme de démographie : ≤ 2 mais en réalité ≤2.5) mais en plus il faut que ça tienne la route pour pouvoir les élever c’est-à-dire leur transmettre certaines choses plus que de les enmener à Disneyland un WE sur 2. L’offre est menue. Les temps sont durs.

Mais, le mâle dominant, qui jadis permuttait entre la cueillette et l’agriculture, sait improviser.

J’entend par femme moderne, le désarroi que tout être raisonnable ressent quand les chiffres annuels des IVG et des pillules du lendemain sont dévoilés. Il s’agit bien évidemment d’une progression constante depuis que les bourgeois imbibés de références trotsko ont pris l’ascendant idéologique en France. Progression ? Progrès ! me glisse une femme ronde, la quarantaine, cheveux courts et lunette carrée, retraitée de l’Education Nationale “après 15 ans de labeur“.

C’est en lisant des blogs de femmes modernes que l’idée de ce billet m’est venue. J’ai lu et cliqué sur les liens des commentaires des blogs de Deedee, La Méchante etc Remarquez déjà les pseudos.

Première chose qui est frappante, l’atmosphère petite fille. Jusqu’au design. Je n’ai pas encore vu de blog de femmes modernes n’étant pas rose. C’est rose, ça scintille, c’est mignon, c’est gentillet. Très petite fille. C’est une des caractéristiques de la femme moderne. Sans faire de la psychanalyse de brocante, on est quand même dans le refus de la biologie, le refus du rôle de mère, le refus du rôle de pondeuse. Faut dire que c’est moins smart que Clara Scheller.

La diffusion de la culture femme moderne actuelle se fait évidemment par les magazines. La femme moderne aime les tests “Dîtes-moi ce qu’il y a dans votre sac-à-main, je vous dirai qui vous êtes”. Les soldes donnent lieu à une suractivité de l’Eurostar etc etc Je ne détaille pas plus, mon lectorat de la génération perdue 80/90’s comprend tout cela et mon lectorat plus âgé a connu ou connaîtra cela s’il s’est reproduit et s’il a eu des filles. Bref, la femme moderne, on la connaît.

Je vais à mon RDV chez le Psy ensuite je vais chez une amie qui fête son 2ème divorce et après on se rejoint au club échangiste vers Minuit ? Ca te va niveau timinje ? Anyway, je suis in-dé-pen-dantE donc je m’organise et tu suis ou non.

 

Ce qui m’intéresse ici et plus généralement dans ce blog c’est de pointer 1) le degré de Possession des progressistes 2) la persistance du bien-fondé du conservatisme car le conservatisme a ceci de génial qu’il ne mise que sur des valeurs qui ont fait leurs preuves à l’échelle des siècles quand le progressiste mise sur des illuminations d’intellectuards branchouilles sur une durée d’un quart de siècle. La famille, en premier lieu.
A ce sujet, il faut souligner l’honnêteté intellectuelle d’Attali, qui, bien qu’il ait tout ce qu’il y a de plus de repoussant avec sa carcasse de Notable de la République, avait levé une idée intéressante sur la fin de sa bio (et donc la fin de vie) de Marx. Le bonheur microscopique plutôt que macroscopique etc ce n’est pas le propos ici. Mais, juste pour dire que depuis Soral, je me surprend à reconsidérer certains pans de la pensée marxiste qui jusqu’ici me repoussaient.

Donc 1) Possession des progressistes. Faut-il détailler ? La femme moderne est un des indicateurs les plus évidents de la décadence. 2) Persistance du bien-fondé du conservatisme. C’est en revanche plus intéressant.

Les femmes modernes ont ceci d’étrange qu’elles restent attirées, presque instinctivement, par la figure du mâle dominant. C’est une constante. Bien qu’elles se ressourcent quotidiennement dans l’abreuvoir moderniste (les françaises sont des vénisses, aurait dit, à la suite de sa fameuse confidence, le grand con d’après des micros soviétiques placés dans des pots de fleur) elles en arrivent, sans doute par instinct, malgré tout, à rester accrocher au mâle dominant. Je n’ai pas les compétences anthropologiques ou physchologiques pour expliquer mon constat, sans doute s’agit-il d’une résurgence d’instinct maternel, mais les faits sont là.

Il n’en reste pas moins que pour un blog qui s’amuse à repertorier le degré de Possession des forces de Progrès ou plus généralement des descendants des putschistes de 1789, il est toujours surprenant de constater, ici ou là, des poches de résistances, des anachronismes ou des résurgences bien que la lutte progressiste s’attache, avec l’assiduité qu’on lui connaît, à tout détruire sur son passage.

Je reste en effet toujours amusé par cette persistance de réflexes conservateurs ou plus généralement de bon sens malgré le gavage progressiste dès le plus jeune âge. C’est, avec ma profonde croyance en l’inexorable faillite du système, une des raisons pour lesquelles il faille rester serrein voire optimiste comme l’avait dit un autre Charles, plus dur de la feuille. Ainsi, n’ayant pas vu jusqu’ici que le blog de La Résistance avait exprimé son avis sur la lutte contre le modernisme intégral comme horizon indépassable et référence inamovible, je reviendrai sur ce sujet et sur la persistance du réel (aka le conservatisme) car ce billet m’a donné envie de préciser mon propos.

Dans ma série dostoïevskienne “Débusquons les Possédés”, après Barton Fink et les surréalistes louanges des commentateurs professionnels, je voudrais revenir, à travers Finkielkraut, sur la notion de “limites” d’une théorie et plus généralement sur la rhétorique progressiste.

En premier lieu, je me suis souvenu d’un bouquin d’Hirschman (Deux siècles de rhétorique réactionnaire) et de plusieurs sujets sensibles.

[A ce propos, l'adjectif sensible dans son concept est très intéressant. Un dossier sensible, c'est un dossier qui en dehors des sphères spécialisées susciterait des réactions démesurées, hâtives, contre-productives. Car le sujet n'est pas maîtrisée par l'immense majorité des éventuels ayant-entendu. Alors, on le cantonne à des sphères spécialisées. Si le Breton de TF1 nous apprend qu'un escadron de Mig russes chargés aux ogives nucléaires et réparés au coup de clé à la molette par des mécanos carburant à la Vodka depuis le biberon est en train de prendre l'air au dessus de Paris, le Bobo moyen ira communier pour la dernière fois dans un café quelconque branchouille quand le Suisse irait tranquillement se réfugier dans son abri. Question de point de vue. La grosse tête de la DGSE, quant à elle, passera tranquillement un coup de fil à Clémentine Autain qui se fera un plaisir de remplir sa mission citoyenne en faisant jouer ses résaux moscovites pour que cela cesse. Un sujet sensible en politique (l'immigration par exemple) est donc par essence un sujet non-démocratique dans une République qui prétend l'être. Il est considéré comme inapte au jugement des citoyens -imbéciles- parce que sensible. Comme la Constitution UE qu'on nous repasse. Lu dans Le Point de cette semaine, Kouchner, faisaint un briefing au gratin économique FR, explique, tranquillement, que le boulet de la France pour la Présidence c'est le NON au referendum. J'espère que vous avez degusté ce referendum sur l'UE car ça ne se reproduira plus. Cf la commission dite Balladur et les propositions de Jouyet. Le discours "on nous ment, les chiffres sont truqués" n'est donc pas populiste mais simplement conséquent de la sensibilité du sujet. Un sujet sensible est reservé aux sphères spécialisées suffisament compétentes pour ne pas paniquer. Et la panique républicaine, c'est de ne pas voter UMPS. Alors, c'est sensible, c'est reservé. Et ça vote UMPS. ]

Bref.

Hirschman considère qu’un des grands classiques de la rhétorique réactionnaire est de pointer les défauts/limites d’un progrès social. Exemple-type, la démocratie. Plus contemporain, les 35h. Le réac dira que ça ne sera pas un progrès pour plusieurs catégories de travailleurs. Alors, le progressiste, créera différentes catégories voire différents statuts pour les fonctionnaires ou plus généralement différentes conventions collectives afin qu’un amas de situations différentes se coordonent vers une finalité unique : les 35h. La démocratie ne peut marcher dira le réac car c’est l’intronisation des imbéciles, le progressiste éduquera les masses pour que le Citoyen ait un avis éclairé (!) etc

Donc, selon Hirschman, c’est un grand classique des réacs de souligner une série de situations particulières, une série de problèmes particuliers pour jeter le discrédit sur une solution globale -progressiste. L’extrait lu sur Stalker qui m’a mis sur la voie :

Le directeur adjoint de la rédaction des Inrockuptibles, aveuglé par son arrogance et ses a priori politiquement corrects, notait chez Finkielkraut des tares qu’il pouvait s’attribuer d’abord à lui et à ses amis. Notamment, le fait de voir la réalité des banlieues à travers les idées et non les faits.

C’était à l’époque de la révolte ethnico-religieuse de Finky. Globalement, le progressiste des Inrocks reproche à Finky de généraliser son constat. Alors qu’il existe tout un tas de situations particulières. Sa théorie n’est donc pas bonne car elle n’est pas valable sur l’ensemble de l’intervalle. Vous savez, vous avez toujours un imbécile anti-raciste de base qui vous dit qu’il a vu des Blancs dans les émeutes. Donc, c’est de la généralisation raciste de dire qu’il s’agissait d’émeutes ethnico-religieuses car il y a des faits contredisent cette théorie.

Voilà.

En réalité, la typologie de la rhétorique réactionnaire d’Hirschman, au moins l’idée de la disqualification d’une théorie/solution/proposition générale par un exemple particulier, n’est certainement pas propre aux réactionnaires. Du temps de de Maistre, peut-être, pas aujourd’hui. Je dirai que ce qu’il attribuait aux réactionnaires est en réalité une marque de fabrique contemporaine des progressistes plus qu’un instrument de rhétorique générale.

Prenez Finky et sa qualification d’ethno-religieuse. Finky pointe une majorité : les émeutiers, fils d’immigrés (et chance pour la France me murmure-t-on dans l’oreillette). En usant d’un qualificatif aussi restrictif qu’ethnico-religieux, il fait plus que pointer. Il majore, il ne prend que cet échantillon en compte. Néanmoins, cet échantillon est archi-majoritaire. Autrement dit, en parlant d’ethnico-religieux, Finkielkraut majore la majorité et minore la minorité. Entre nous, ça me semble plutôt honnête intellectuellement.

Et voilà que le progressiste professionnel nous dit : Fasciste ! il y avait au moins 4% de Blancs, càd il n’y avait pas d’uniformité, càd vous faîtes de l’amalgame, càd vous êtes un affreux réactionnaire. CQFD. Nous sommes ici en plein dans ce qu’Hirschman attribue aux réactionnaires. Times are changin’ comme dit Bob. En effet, ce que nous dit la bonne conscience revient ni plus ni moins à minorer la majorité (non il n’y avait pas que des fils immigrés) pour majorer la minorité (vous faîtes dans l’amalgame, quand j’allais dialoguer avec les jeunes en situation de détresse sociale, en échange de mon Blackberry, j’ai vu des Blancs). Le tout en vue de disqualifier la théorie de Finkielkraut. C’est plus que de la rhétorique, ce sont des mathématiques. Finkielkraut découvre une fonction, le gauchiste larmoyant pointe une petite partie de l’intervalle de référence et dit qu’elle n’est pas valable sur celle-ci. OK. Sauf que ce ne sont pas des mathématiques et que la sociologie d’Etat française made in EHESS, nous gave de théories fumeuses depuis des lustres avec des séries statistiques ridicules tant l’échantillon est minime ou la récurrence est annecdotique. En clair, c’est de la mauvaise foi.

Autre exemple. Vu sur une chaîne cablée FR dont je ne me souviens plus. C’était au sujet du suivi ADN pour le regroupement familial. Un représentant d’une assoc subventionnée pro-décadence, supportrice des immigrés, du moins tant qu’ils ne viennent pas dans son quartier d’enculturés mondains, nous dit, tenez-vous bien, qu’il y a le cas des familles adoptives. CQFD. A Marseille, il est en effet fréquent de voir débarquer les familles africaines avec des petits bridés ou blancs. France 2 se penche actuellement sur ce phénomène qui intéressera également les doctorants de l’EHESS. L’adoption chez les familles immigrées est un problème récurrent. C’est de notoriété publique. La solution globale de l’ADN est donc inappropriée.

Voilà, donc, le gauchiste soulève une petite exception à la con pour discréditer une solution plus globable. Vous savez, c’est comme quand il est sujet de l’immigration, vous avez toujours une rondouillette de 40 ans, retraitée de l’Education Nationale ou un avocat aux lunettes carrées qui vous pointera le problème des immigrés travailleurs (5% de l’immigration française) ou des couples internationaux, globalisés et métissés. Grosso modo, 10% de l’immigration.

Les exemples sont innombrables. Tout le temps, le gauchiste, va pointer une exception. Ce n’est évidemment pas de la rigueur statistique, c’est de la mauvaise foi.

Dans un intéressant article du Point de cette semaine (que je vous recommande vraiment, ne serait-ce que pour l’aberrante chronique de BHL et son clash avec Millet, j’y reviendrai) sur le phénomène ethnique des bandes, palpable et évident depuis au moins 5 ans, c’est ni plus ni moins ce que répète Lucienne Bui Trong, normalienne, ex-reponsable de la section Ville et banlieues des RG. Sans être aux RG, il est évident chaque jour que les racailles forment des clans ethniquement uniformes, que les blacks vont casser du blanc, que les blacks et les beurres se font la guerre etc Seulement, ça ne colle pas avec le diktat Black-Blanc-Beur et les poncifs habituels sur les bienfaits du métissage intégral et de l’immigration, chance pour la France. Alors, nous explique Mme Bui Trong, il était d’usage de mettre du blanco sur ces constats dans les rapports des RG. La façade oui, l’arrière-boutique, non.

Cette capacité à masquer les faits objectifs pour faire de la théorie, de l’abstraction, c’est-à-dire ce qu’il est d’usage de nommer politiquement correct, est un véritable cancer dans ce pays. Bon, Nietzsche a déjà tout dit sur l’idéologie, blanco quotidien de la vérité, du réel (encore plus que le mensonge, c’est d’ailleurs le sens exact du nihilisme avant qu’il ne soit détourné par le plus que jamais bénéfique accès à la Culture) mais l’outrageuse capacité d’abstraction de ces imbéciles gauchistes est un supplice au quotidien.

Comme le besoin pour le Peuple, l’ennui est le tourment des classes supérieures. Il a dans la vie sociale sa représentation le Dimanche ; et le besoin, les six jours de la semaine.

Entre les désirs et leurs réalisations s’écoule toute la vie humaine. Le désir, de sa nature, est souffrance ; la satisfaction engendre bien vite la satiété : le but était illusoire : la possession lui enlève son attrait ; le désir renaît sous une forme nouvelle, et avec lui le besoin : sinon, c’est le dégoût, le vide, l’ennui, ennemis plus rudes encore que le besoin. Quand le désir et la satisfaction se suivent à des intervalles qui ne sont ni trop longs, ni trop courts, la souffrance, résultat commun de l’un et de l’autre, descend à son minimum : et c’est là la plus heureuse vie.

Schopenhauer, Le monde comme volonté et représentation, Livre IV, § 57.

On ne peut s’empêcher de remplacer Désir par Lutte et de penser que lutter contre l’ennui (maladie moderne) c’est lutter pour le Progrès (remède moderne) via la Lutte. Il y a fondamentalement quelque chose de puéril, de désir grincheux, de pinailleur au rayon jouet chez le cheminot cinquantenaire en pré-retraite (après 15ans de labeur) qui vuet nous faire croire que les régimes spéciaux et les avantages acquis (trad : privilèges immérités et récupération insupportable des actes de résistance aux nazis), c’est de la justice sociale (ant. : justice bourgeoise, c’est ainsi que le Syndicat de la Magistrature s’attache à rendre une justice anti-bourgeoise). Heureusement, il y a l’éternelle lutte qui l’occupe en vue de conserver ses privilèges immérités qui provoquent pourtant son ennui. Ca se mord la queue mais ce n’est guère important car entre temps il y a la satisfaction d’avoir assouvi ses désirs, d’avoir obtenu la réalisation de ses revendications pour encore mieux s’enmerder et glander. Les forces de Progrès luttent contre l’ennui qu’elles provoquent. On s’enmerde sec à 35heures 1000 net, mais 1) c’est le Progrès, c’est moderne 2) on a tous eu le petit frisson quand le collègue Jean-Mi de la CGT nous a lu la convention collective l’acte de capitulation des capitalistes à la cafét. 

Putain, j’en lis de bonnes tous les jours.

Aujourd’hui, un petit filet ou j’apprend qu’Hiscox insurance group a fait une etude pour mesurer le succes des blagues racistes et sexistes sur les lieux de travail. Le verdict : alarming disregard for workplace behaviour despite the threat of discrimination claims. Traduction : certains ouvrent leurs gueules malgre la censure.

Globalement, un patron est responsable de beaucoup de choses qui se passent sur le lieu de travail. J’ignore si le droit anglais fait peser sur le patron une responsabilite quant aux propos tenus au sein de son entreprise (ce qui serait dingue mais en droit du travail francais il y a bien des jurisprudences se rapprochant de cette idee) mais la simple vision d’un quarteron de cadrillons ou de consultants se penchant sur la rentabilite d’une assurance pour patron contre les propos racistes tenus par ses employes (et les peines ainsi que les amendes encourues evidemment) a quelque chose de Murraysque. Les powerpoint avec la force de persuasion du cadrillon de base (Chez Hiscox Insurance Group, nous croyons en un monde meilleur), les investisseurs sceptiques tout en concedant qu’il y a des opportunites etc

 On n’arrete pas le progres.

J’avais anticipe la plaidoierie de l’avocat. Voila qu’aujourd’hui on apprend que le chien etait battu par le fils de la grand-mere. Bon, le chien pas vraiment citoyen, il n’a pas appele les differents services sociaux. Sinon, la grand-mere a reconnu sa faute : avoir ouvert la porte. Il n’en reste pas moins que les differents elements de la plaidoierie de la defense consiste plus ou moins en une deresponsabilisation de la grand-mere (qui etait petee a la Marijuana, je le rappelle) en attribuant des caracteristiques humaines a un clebard (et pas n’importe lequel, un pitbull). Un clebard battu, jaloux de l’imperialisme de la petite-fille qui commet un crime passionnel.

Etant anti-raciste, tolerant, festif, citoyen et sensible aux Causes justes, j’entame en ce jour un manuel de savoir-vivre citoyen.

Comme le Guide Tahar Ben Jelloun, j’aspire a sensibiliser les jolies petites tetes metissees et a leur inculquer une education citoyenne. Jamel de Bouse et Jacques Chirac, qui n’ont jamais une Lutte de retard, sont sur l’achat des droits.

Lecon du jour : Ne pas laisser un chien compagnon de vie jaloux avec la personne suscitant la jalousie.

Les faits : une grand-mere petee a la Marijuana (ca commence fort) laisse entrer le pit-bull de son fils dans la maison le jour du Nouvel An. Le toutou a sa memere mord jusqu’a la mort la petite-fille. Or, la mere de la petite-fille ( 5ans) avait interdit au chien(-loup?) de rentrer dans la maison quand la petite-fille y sejournait.

La grand-mere est accusee de grave negligence car 1) elle etait dans un etat deplorable 2) elle ‘broke the fanily rule’ ou plus generalement les regles du bon sens et 3) le chien etait connu pour etre dangereux.

Et voila que pendant le proces on apprend que le chien etait jealous of her. Hier, vous aviez tous les torchons londoniens avec le meme titre : Le nom du chien ( je ne m’en souviens plus) etait jaloux de la petite-fille. Voila pour le decor.

Les 72 morsures (…) etaient donc en quelque sorte un crime passionnel.

Le probleme n’est pas qu’une grand-mere soit defoncee ( et pourquoi les femmes n’auraient-elles pas le droit aux memes exces que les hommes ? Doit-on, parce qu’on est une femme etre parfaite selon les codes moraux en vigueur quand les hommes se moquent allegrement de ces derniers ?La condition de la femme nous impose des devoirs moraux et nous spolient notre droit a l’emancipation, Girl power ! m’interrompt une deluree rondouillette et sans complexe, la quarantaine, cheveux courts et retraitee de l’Education Nationale ‘apres 15 ans de labeur’), le probleme n’est pas que Londres (meme si l’affaire est a eu lieu a Liverpool il me semble), en dehors de la zone 1 du metro est un vrai coupe-gorges, le probleme n’est pas que les pit-bull pullulent, le probleme n’est pas l’inconscience affligeante de la grand-mere, non le vrai probleme c’est que le chien etait jaloux.

Il est admis qu’on prete des sentiments humains aux chiens (fidelite…) mais dans cette affaire, une gamine de 5ans se fait hacher et on nous parle de jalousie canine.

La personnification de l’animal. Le crime passionnel, l’expertise psychologique par un veterinaire, et le social worker vous guettent, meilleurs amis de l’Homme (si vous nous lisez).

‘Peut-on dans une societe moderne et civilisee, etre sourd devant les SOS d’un chien en detresse?’ nous interrogera l’avocat de la grand-mere. ‘L’incident est regrettable, nous le reconnaissons, mais doit-on pour autant passer outre l’imperialisme exagere de la petite-fille et de sa mere qui ont litteralement, comme jadis Hitler - et nous n’oublions pas les lecons de l’Histoire, deporte le chien qui ne supportait pas la solitude’ temoignera une  rondouillette et sans complexe, la quarantaine, cheveux courts, retraitee de l’Education Nationale ‘apres 16 ans de labeur’ et amie des betes.

La retranscription des sentiments humains. Le sentimentalisme larmoyant et le miserabilisme m’etant deja insupportables, je reste toujours atterre quand on m’appelle a ‘la prise de conscience sociale’ s’agissant du commerce des animaux, quand on cherche a me ’sensibiliser’  a la souffrance que ressent un renard (tout en etant ardente defenseurE de l’avortement qui peut se faire sur des foetus dont le systeme nerveux est operationnel, qui souffrent donc) et quand on m’expose la jalousie d’un clebard.

Alors, jeunesses citoyennes, notez que la faute n’est pas de laisser un pitbull avec un enfant, la faute n’est pas d’avoir un pitbull, la faute n’est pas d’etre defoncee (et pourquoi une femme n’aurait pas le droit de… etc ?), non la faute (s’il y en a une car le chien etait spolie) c’est d’avoir laisser un compagnon de vie jaloux avec la personne suscitant la jalousie. Le tout en etant au courant de la jalousie ressentie par le clebard. Vraiment impardonnable. Pas citoyen du tout.

NB : l’excellent Psychotherapeute ( qui petit voulait devenir Seigneur feodal, deja pas moderne le mec) analyserait sans doute mieux que moi ce rapport delirant a l’animal au compagnon de vie.

NB2 : Un telerama  au premier qui recite un machin premache de Gandhi.

Je crois avoir deniche le premier bon point de Sarkozy. Savourons car c’est peut-etre le dernier. C’est un article du Times qui developpe un point de vue interessant. Du moins comparativement aux vagues lamentations des chroniqueurs economiques roastbeefs qui font encore semblant de croire que le liberalisme integral non seulement existe mais secundo est indepassable. Non pas que ca m’enchante de voir l’Etat majoritaire dans deux geants (dont l’un deux est presqu’officiellement le fonds de pension de la CGT) mais l’idee soulevee par le chroniqueur du Times est plutot rejouissante. La France, semble-t-il, n’aurait pas renonce a une ambition de puissance, du moins conserverait-elle une economie tri-sectorielle. C’est toujours mieux que le salariat integral et le tertiaire generalise facon economie de l’intelligence comme disent les eurocrates ou les francais exiles a Londres.

Ou peut-etre que tout cela n’est que l’aboutissement d’un bon lobbying des grands patrons intimes de Sarko. Wait & see, je n’ai pas encore d’avis tranche mais le fait est que ca m’a fait plaisir de lire ca ce matin. La comparaison avec le non-renoncement de la Russie me semble flatteuse.

Extraits de l’article :

With controlling stakes in EdF and GdF-Suez, the French State has its grip on a huge share of the European gas and power market, a share that is likely to expand rather than contract. Soon, a third company will be added to create a Sarkozy energy trinity.

France’s atomic energy authority, which owns 80 per cent of Areva, the nuclear power engineer, is considering several restructuring plans that would put Areva on a sounder financial footing. One of those plans would merge Areva with Alstom, the turbine manufacturer. The French nuclear group is also developing close links with Mitsubishi Heavy Industries, with which Areva plans to develop a new 1,100-megawatt reactor design.

This is more than industrial policy; it is a strategic bulwark against the challenge from nationalist oil and gas producers. It is state capitalism and the people at Gazprom will recognise it well.

Pour les autochtones, rapidement :

En prenant le controle d’EDF et de GDF-Suez, l’Etat francais s’assure le controle d’une importante part du marche europeen gazier et de l’energie ; part qui tend a s’etendre plus que prevu. Bientot, une troisieme compagnie completera la Trinite sarkozyste de l’energie.

Le CEA, qui detient 80% d’AREVA -le fournisseur d’energie nucleaire- considere a l’heure actuelle plusieurs options qui assurerait a AREVA une sante financiere plus saine. Parmi ces plans, le rapprochement d’AREVA et d’Alstom. Le groupe nucleaire FR se rapproche egalement de Mitsubishi Heavy Industries, avec qui AREVA entend developper la conception d’un nouveau reacteur de 1.100 mega-watt.

C’est bien plus qu’une simple politique industrielle ; il s’agit d’un rempart strategique considerant le defi pose par la vague de nationalisme saisissant les producteurs de gaz et d’energie. C’est un capitalisme d’Etat et les gens de Gazprom le reconnaitront fort bien.

Le chroniqueur faisait auparavant un lien avec le groupe espagnol qui s’est fait jetter d’Algerie. On aurait pu parler aussi des US en Russie et de Total qui a le champ libre.

Au debut de l’article il evoque les difficultes relatives de PSA. C’est sans interet. Ce qui fait l’interet de cette tribune c’est que pour la premiere fois je lis autre chose que de faux emois de chroniqueurs ( dont une sosie d Aude Lancelin dans le Daily Mail qui avait titre Sarko nationalise Suez) qui font semblant de croire que le liberalisme est une realite absolue. C’est d’autant plus pathetique que le marche de l’energie est peut-etre aussi strategique et protege que celui de la defense. On ne parle pas de l’industrie du jouet ici. Bref, Sarko sur ce point (meme s’il n’agit sans doute que dans l’interet d’intimes), a priori, me plait plutot.

2 choses :

1)Le trailer de No Country for Old Men en tres bonne qualite et version plus violente. Neanmoins, se mefier des trailers ou des previews des Coen Bros car souvent ce sont des fakes. Celui de Big Lebowski par exemple.

Bref, No Country for Old Men. Ici, donc. Bon visionnage.

Avec les compliments de la patronne.

 

 

2)Petite precision sur le pourquoi de mon billet sur une critique de No country for old men signee de la main d’une journaliste culture d’Arte. L’article d’Arte introduisait juste l’idee que des discours de journalistes culture sont imposes a des films qui dans certains cas (Barton FInk et NCFOM) denoncent precisement ce type de discours.
Le Sheriff est un vieux con reac aux yeux de la journaliste culture d’Arte alors qu’il decouvre un vrai massacre quand toute sa carriere il n’a fait que resoudre des conflits de comptoir. Il est litteralement deporte tant le pays qu’il a connu se transforme radicalement.

Ce qui me semblait delirant dans cet article c’est le resume le Sherif a un vieux con. Et de l’affirmer avec toute la prudence du bobo cultureux. Ni McCarthy ni les Coen (au vu du scenar) n’ont voulu transcrire cela. J’utilisais apres l’image de l’autochtone qui voit debarquer les touristes vulgaires et sans genes. L’Austin du bobo parisien qui fait son demi-tour dans les jardinieres de la Mamie. C’est la meme idee avec le Sheriff. Il voit debarquer la modernite avec son lot affligeant de violence dans son coin qu’il a connu penard et pacifie. Il se prend la modernite dans le chapeau.

Et les journalistes culture nous disent que c’est completement reac de ne pas accueillir benoitement la violence halucinante inherente a la modernite (car c’est bien d’un old man dont on parle). Securitaire, passeiste, reac, presque fasciste. [C'est marrant car c'est exactement le meme discours qui avait ete tenu pour les Choristes et Amelie Poulain]. L’air desabuse devant cette violence exponentielle aussi bien en recurrence qu’en intensite est assimile dans l’esprit bobo comme une attitude totalement retrograde. On est pas loin du sentiment d’insecurite. Sans doute le Sheriff n’a-t-il pas integre la profonde detresse sociale qu’il y a dans cette violence.

Alors, il devrait s’exiler. La nostalgie (tout a fait legitime, il me semble, chez un old man qui a connu une campagne calme et paisible) est reactionnaire (trad : c’est mal). Regretter un temps estime glorieux (peut-etre a tort) lorsque la modernite est invivable c’est reactionnaire (trad : c’est mal).

 

 

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