Sont-ils de sombres crapules par essence ou ne le sont-ils qu’en période électorale c’est-à-dire en quasi-permanence en régime dit démocratique ?
La question se pose à la lecture de cet article du Figaro proprement hallucinant. Quels petits êtres méprisables. Plus aucun doute possible, nous avons affaire à des gens qui ouvertement font dans les méthodes soviétiques de propagande.
Rendez vous compte. Fillon a dit que les tests ADN (ridicule au passage mais c’est un combat symbolique) étaient un détail du projet de loi.
Vous voyez déjà l’espace de tir.
Et ça ne manque pas : obligatoirement, vous avez un jeune connard aux lunettes carrées, un peu complexé de n’être ni gay ni black ni musulman ni handicapé, qui vient vous dire maiiiiiiiiis c’est Le Pen ça le détaiiiiiiiiiiiiil. C’est Le Foll qui s’y est collé. Vous savez celui qui a de vrais cheveux mais on jurerait pourtant qu’il porte une perruque.

Le Foll, c’est marrant comme nom, non ? Et dans le Marais c’est un nom tout trouvé de boutique. Bref, ça sonne pas un peu Breton Le Foll ? Breton ?! Quoi… ? Non… ? Vraiment ? Le Pen ? Haannn.
It stands to reason comme disent ceux qu’il faut humilier Dimanche prochain : c’est un clin d’oeil à Le Pen ! Evidemment. Fillon va bientôt faire entrer sa fille en politique et Zemmour est en réalité le Soral de l’UMP. Fille de Fillon qui s’appelera Jeanne en évocation évidente du porte-hélicoptères Jeanne d’Arc de la Marine Nationale. De Jeanne (d’Arc) de la Marine Nationale à Marine du Front National, il n’y a qu’un pas. Subliminal. Le raccourci se fait de suite. Le Pen, toujours.
Tout se tient ! (comme dirait Le Pen)
octobre 7, 2007 at 5:17
Ah! mais il y a des mots interdits, maintenant.
Race, c’était déjà interdit. Vous savez bien: les-races-n’existent-pas. Curieusement, l’anti-racisme, lui existe. Les anti-racistes sont donc des fêlés graves, puisqu’ils se battent contre des gens qui se battent contre un truc qui n’existe pas.
Maintenant, détail, c’est interdit aussi.
Et demain? Qu’est-ce qu’on va nous interdire? Coloquinte? Déploration? Le verbe être? Le futur de l’indicatif?
octobre 7, 2007 at 5:33
Vous visez juste. L’interdiction du futur de l’indicatif c’est probable. Vous savez Bourdieu disait que la grammaire et la conjuguaison étaient des instruments de domination. L’impérialisme de la langue. Un langage de primates serait effectivement plus accessible.
C’est avec ce genre d’idées consternantes relayées dans les IUFM que l’illétrisme progresse sans cesse.
Déjà, il est plus ou moins acquis que refuser l’embauche d’un Divers faisant des fautes à tous les mots et ayant le vocabulaire d’un élève de CE2 est déjà plus ou moins un racisme.
Un ami allemand m’avait dit, tenez vous bien, que certains en Allemagne proposent une réforme de l’allemand voire sa suppression à terme car trop difficile pour les immigrés (qui apprennent de moins en moins l’allemand : à quand la reconnaissance Tolérante du turc comme langue officielle?). On rêve.
Mais si vous parlez de colonisation, les Juges vous tombent dessus. Alors on parle d’Ouverture à l’Autre. Si Abd El-Kader avait été ouvert à l’Autre, nous serions encore en Algérie.
Le flicage de la pensée révèle toute ses crasses ambitions dans son langage. C’est du langage que tout part. C’est donc intéressant.
octobre 7, 2007 at 7:40
Nous sommes dirigés par des malades mentaux.
Jamais SOS racisme ou le MRAP ne se seraient permis une telle pantalonnade, une telle idiotie, réagir sur un mot aussi commun que “détail”.
D’ailleurs l’expression lepeniste est “point de détail de l’Histoire”, pas “détail”.
ca n’en demeure pas moins terrifiant. Ces gens-là sont des psychopathes.
octobre 7, 2007 at 7:59
Cher Bal des Dégueulasses (!), votre exaspération est à peu près similaire à la mienne lorsque que j’ai lu cet article.
Au commencement de ma lecture, j’attendais la chute de l’article. Quoi, non, pincez-moi, le scandale ce n’est tout de même pas le simple emploi du mot “Détail”? Et bien si !
Et encore vous n’avez pas lu la réaction de Mouloud Aounit.
Il n’y a plus de mot à ce niveau-là de déchéance.
octobre 7, 2007 at 11:56
“Mais si vous parlez de colonisation, les Juges vous tombent dessus.” (LGC)
Le secrétaire général de la Cimade, Laurent Giovannoni, lors d’un “chat” sur le Monde.fr, vient de se prononcer explicitement et à trois reprises pour une telle colonisation, sans citer le mot, bien entendu.
Mais si la langue française n’a pas muté en araméen sans que personne ne me prévienne, c’est très exactement ce qu’il réclame.
Extraits de son intervention:
“Une régulation des mouvements n’est acceptable que si elle est le résultat d’une véritable prise en compte d’abord des besoins des pays d’origine.”
“La question posée étant : comment réguler les mouvements migratoires dans l’intérêt de tous, et donc d’abord des pays d’origine et des migrants ?”
“A la fois sur les besoins des pays d’émigration qui doivent primer [...]”
Voilà. C’est dit noir sur blanc.
La Cimade — et le lobby immigrationniste avec elle — interdit à la France, et aux pays occidentaux en général, de défendre leurs intérêts: ils doivent donner la priorité aux intérêts des pays d’émigration. Dans la question de l’immigration, ce sont, “d’abord”, les intérêts de ces derniers qu’il convient de considérer.
Ces gens-là dénient explicitement toute souveraineté à leur propre pays, tout droit à défendre ses propres intérêts.
Admirez comment Laurent Giovannoni arrive à mentir en une seule phrase — en un seul mot, même — à mentir ouvertement, à montrer aux Français qu’il se paye leur tête sans se cacher une seule seconde.
Lisez cette phrase admirable, qu’on devrait enseigner dans les écoles de propagande gauchiste du monde entier, que Chavez, Castro et Oussama Ben Laden devraient apprendre par coeur: “Comment réguler les mouvements migratoires dans l’intérêt de tous, et donc d’abord des pays d’origine et des migrants ?”
On commence par la langue de bois politiquement correcte: il faut instaurer le co-développement, les migrations doivent être négociées entre pays d’accueil et pays de départ, etc. Cela donne: “Réguler les mouvements migratoires dans l’intérêt de tous [..].”
Comment être opposé à cela? C’est solidaire, citoyen, égalitaire, c’est privilégier la négociation, tout le monde a les mêmes droits et la possibilité de les faire prévaloir, le riche est au même niveau que le pauvre, tout le monde est content, tout est beau au pays de Candy.
Et puis, la phrase n’est même pas finie, Laurent Giovannoni ne prend même pas sa respiration, il place tout juste une virgule et il enchaîne: “…et donc d’abord dans l’intérêt des pays d’origine”.
Ce “donc” est admirable. Tout le mensonge gauchiste est dans ce mot-là. Si c’est “dans l’intérêt de tous”, cela ne peut, naturellement, être dans l’intérêt “d’abord” de l’une des parties. Le début et la fin de la phrase s’excluent mutuellement.
L’immigrationniste vient de vous chanter sa chanson égalitaire, négociatrice, soucieuse des intérêts des uns comme des autres, et hop! d’un seul coup d’un seul, il enlève le masque et avoue: quand je disais que tous sont égaux, les pays occidentaux comme les pays du Tiers-monde, je voulais dire en réalité que certains sont plus égaux que les autres.
L’intérêt de tous, c’est d’abord l’intérêt des pays d’origine.
On ne saurait mieux dire que la France, et l’Europe en général, doivent abdiquer toute souveraineté et se mettre, “d’abord”, aux ordres des pays du Tiers-monde.
C’est, très exactement, prôner une colonisation à l’envers.
C’est de la haute trahison, tout simplement. Et ça passe comme une lettre à la poste.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-963136,0.html
octobre 8, 2007 at 12:36
Il est évident que si l’immigration est considérée sous une logique misérabiliste et tiers-mondiste, la bataille est perdue. Remarquez que ce sont EXACTEMENT les mêmes sentiments de solidariste à la petite semaine qui sont développés que ceux exposés lors de la colonisation. Apporter le Progrès, ne pas être égoïste, nous avons un devoir moral, la tradition française de générosité, le devoir supérieur de mettre le développement à la portée de tous etc
Ce sont les mêmes bourgeois qui se préocuppent de Paris du sort de l’Afrique.
Puant.
Le seul avantage (si la politique du pire peut être considéré comme une option rationnellement souhaitable) de cette logique misérabiliste c’est évidemment son caractère risible et complètement déconnecté de la réalité. La France, voire l’UE, iraient porter à bout de bras un continent en constant emballement démographique. C’est une blague. Mais ce délire total est plus ou moins laissé à l’air libre par la condescendance d’une droite bourgeoise et on ne peut plus court-termiste. Un africain il consomme et il est bon client. En outre, il laisse se perpétuer l’illusion du “modèle social français” construit sur une croissance économique à l’asiatique et une croissance démographique très satisfaisante. Faire payer les retraites des 2 parents quand chaque famille fait 3 ou 4 enfants, c’est de la limonade. En revanche, quand la moitié de la dette de l’Etat n’est que les retraites des fonctionnaires et que la démographie nationale sans l’apport d’immigrés est plutôt médiocre, là l’équilibre des comptes relève du génie mathématique.
Le problème des retraites est cardinal en France. C’est une des causes majeures expliquant l’immigrationnisme (avec la consommation comme seul moteur de croissance, la vision court-termiste par excellence). Il faut absolument qu’elles soient payées. C’est ni plus ni moins ce que disent les Livres verts (signe des temps) de l’UE : il faut de l’immigré pour payer les retraites des anciens 68ards.
En résumé, on a donc deux discours. L’un très vindicatif, l’autre très condescendant, amusé et cynique.
La gauche bobo qui s’émoustille dans les colones du Monde en rêvant de devenir Black et de connaître le racisme. La droite court-termiste et bourgeoise qui se dit qu’après tout si ça peut nous éviter à réformer, à dissiper le fantasme du modèle social français et à faire tourner la consommation, why not.
L’immigration n’est pas un sujet difficile en réalité. Ce qui le rend inabordable c’est le silence cynique de la droite bourgeoise qui laisse se propager un discours littéralement irresponsable.
octobre 8, 2007 at 1:09
Néanmoins, il y a des raisons d’être optimiste :
- une modernisation à moyen-terme des démographies arabe et africaine (ce que montre Todd par exemple). Là, tout le système s’écroule. S’il n’y a plus le petit Noir qu’on aime bien montrer sur Arte pour balayer nos gares, il faut tout réinventer. Le discours moderne sur la dévalorisation des activités manuelles (pourtant les plus nobles : artisanat, agriculture etc) produira ses effets (c’est déjà bien commencé).
- le Réel, encore et toujours. La concrétisation des discours bien-pensants, à savoir, une immigration massive, tolérante et donc incontrôlée va produire ses funestes effets. La polique du pire, certes mais c’est la seule option pour que le débat politique réacquiert du sens. Aujourd’hui, c’est la fuite en avant. Demain, nous goûterons aux savoureux effets de la société multi-culturelle, de la Diversité etc La douche froide.
- le développement de la Chine et de l’Inde (surtout) qui démontrera que l’Occident qui se renie et conspue ce qui a fait sa grandeur est une petite crotte géographique. L’Histoire, seule politique expérimentale, de Maistre, Aron : les facteurs de puissance etc Un pays en perte démographique, endetté, sans puissance économique et financière, qui renie sa culture et qui est incapable de créer une transcendance (religieuse, nationale, civilisationnelle voire républicaine, là n’est pas le problème)est une future anecdote historique. Nous avons eu tout faux.
etc etc il est tard
Juste pour dire que pour ma part je ne me fais plus d’idée sur la capacité d’indignation ou la capacité de sursaut d’un pays qui a perdu son orgueil. J’aimerais avoir tort. Pour un pessimiste comme se doit de l’être un catholique de droite que j’essaie d’être, avoir tort est souvent une “divine suprise”. En revanche, le progressiste, optimiste prosélyte, cherche sans cesse à se convaincre et à convaincre l’Autre du bien-fondé de ce qu’il a cru et de la corrélation des faits avec ce qu’il a cru. C’est son business. Moi, que les faits à venir ne corrèlent pas avec mon pessimisme, j’en serais ravi. Or, pour le progressiste, que les faits ne corrèlent pas avec son optimisme signifierait qu’il n’y a pas eu de Progrès ou que la Lutte n’a pas été assez efficace. Le Ciel lui tombe sur la tête. Voilà pourquoi il faut miser sur le pessimisme :)
Bref, je crois presque religieusement en l’avènement du pire et donc en la désuètude de l’idéologie dominante. Tous les faits concordent, c’est donc une Foi pascalienne :)
Politique du pire mais a-t-on d’autres alternatives ? Le déclin est inhérent à l’idéologie dominante moderne. Allons jusqu’au fond du trou, histoire de parler sérieusement. Là, se posera la question gaullienne du se coucher ou résister. Au moins, la politique aura à nouveau du SENS.
Le problème contemporain est qu’on ignore vers quoi l’on va. Enfin, non, nous ne l’ignorons pas. Mais tout pessimisme (et une analyse froide et objective semble amener à ce pessimisme) est considéré comme fantasme (d’extrême-droite si possible) et donc disqualifié. Ce n’est donc pas une perspective convenable. Pas politiquement correct. Il est aujourd’hui inconcevable que la voie sur laquelle nous nous sommes engagés ne soit pas la bonne. Le quotidien montrerait le contraire, mais ça va bien se goupiller au final. Nous y croyons ferme.
C’est là le grand problème. Tout homme qui contredit l’optimisme béat moderne contredit les valeurs sur lesquelles celui-ci repose. 2 hypothèses explicatives : soit vous n’avez pas la foi, vous n’êtes pas assez citoyen ; soit vous avez tout à fait intégré et compris ces valeurs mais vous n’y croyez pas : vous êtes fachhhhiiiiiiiiiiist’.
J’ai cru un temps que l’on pouvait jouer sur ces valeurs pour montrer que l’optimisme qu’elles suscitent était infondé. Montrer leur inadéquation, leur inefficacité (l’échec du “modèle social français”, de l’intégration, de l’Ecole de la République, de la démocratie, de l’Union Européenne, de la Tolérance et de la Diversité etc). Mais, le système est bien trop ingenueux pour maquiller l’échec pourtant sans nuance de ces valeurs.
En vérité, il faut donc miser sur le caractère artificiel, virtuel, surfait et deconnecté du Réel de l’optimisme qui repose sur ces valeurs pour montrer que ces dernières étaient inefficientes. Démonstration par l’absurde, a posteriori.
Beaucoup plus simple. Nous avons le Réel et les aiguilles qui tournent comme contre-arguments, ce qui est un privilège.