Je ne sais pas si c’est l’influence conjointe de mon intérêt remontant presque à mon apprentissage de la lecture pour le Southern Gothic (pour les autochtones ou pour les incorrigibles qui ne s’y intéressent pas, s’il fallait décrire ce genre, je dirais que c’est la vidéo : du noir et blanc dans tous les sens, l’insolente cohabitation du Bien et du Mal, des Southern belles, du whisky corsé chaud imbuvable, du Bizarre comme disent les Tontons, la barbe de 3 jours, l’atmosphère craignos, la nonchalance et l’omniprésence de la Chute ; c’est Johnny Depp pas présentab’ qui joue de la gratte au balcon du Théôtre ; sinon pour les académiques, il y a Wiki) de mon intérêt jusqu’à récemment très relatif pour Dantec (avec l’effondrement irrémédiable de l’Etat-Nation n’y-a-t-il pas lieu de se demander si la seule cohésion possible est religieuse ?) et de mon intérêt récent pour l’Anglo-Cahtolicism mais ce genre de choses ne peut que vous donner envie de monter un ranch en plein Texas. Il y a tout. La dualité noir/blanc, riche/pauvres tous condamnés à être rappelés, les jeunes (Jay-Z, Kanye West etc), la Bible à la main rendant hommage à un vieux de la vieille, un géant de la musique américaine et pas n’importe laquelle, la Country, la transcendance dans toutes ses dimensions, le style, la musique, le rythme gospell/hip hop, la gratte d’un feu de camp un brin d’herbe au coin de la bouche, les paroles (originellement tirées d’un vieux gospell), l’atmosphère sudiste. Tous sublimés de Kate Moss à Johnny Depp en passant par Keith Richards. C’est la vidéo d’un pays qui innove sans abolir pour reprendre Gomez Davila, d’un pays qui ne refuse pas le tragique antique.

Cette vidéo, c’est l’Amérique.

Au pays des clowns professionnels, on a forcément envie de chanter avec le vieil Uncle Johnny :

You can run on for a long time
run on for a long time
run on for a long time
sooner or later god’ll cut you down
sooner or later god’ll cut you down