novembre 2007


Un aimable commentateur m’a servi une louche de caviar. Zi sociôle inteouactive netouorke, les réseaux sociaux, la volatilité de l’information… Magie du blôgêûh, quoi.

J’ai nommé la

Licence professionelle : Arts du Clown - Services à la personne

J’en avais de belles en réserve mais celle-ci risque de clore ma catégorie Mastering. Dès les premiers tours nous connaissons la championne toutes catégories. Licence professionnelle Arts du Clown- Services à la personne. Que dire ?

Premièrement, pas d’enthousiasme infondé. Cette prestigieuse formation ne commencera qu’à partir de Septembre 2008. Vous saurez où vont vos impôts du présent exercice.

Deuxièmement, c’est fantastique. On associe l’art du clown à une mission “sociale” (novlang, Hannah l’a montré). On pense à Bernadette Chirac, on pense à Fromage Plus qui avait déjà vu la chose venir. On pense à Philippe Murray qui aurait adoré avoir eu connaissance de ce projet. Il me semble que pour qu’un diplôme soit créé au sein de l’Université Française, il y a toute une procédure avec le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement dit Supérieur (rayer les mentions inutiles). Putain, les cons. J’entendais ce matin sur RTL la Pécresse qui expliquait avec plus ou moins de conviction que le Wifi n’était pas dispo partout au sein de son Ministère car il y avait des transmissions stratégiques (partenariats…). On imagine les braves fonctionnaires dudit Ministère sur leurs Blackberry équitables se croire traqués par les services chinois quand ils échangent des informations stratégiques relatives à la validation du projet de Licence Pro Arts du Clown-Service à la Personne. Retour vers le Réel.

Gros morceau. Je sors ma tunique de Conseiller d’Education-Psychologue (c’est le titre officiel il me semble) pour mon lectorat, analysons ensemble la licence professionnelle.

Notons déjà qu’il me semble que licence professionnelle, c’est une sorte d’IUT allongé sans la sélection (fasciste sauf quand il s’agit de choses sérieuses : grandes écoles et médecine car nos amis de l’UNEF n’ont pas encore poussé la Tolérance et l’Elevation citoyenne au point d’accepter de se faire soigner par un habitué des rattrapages tout comme ils laissent quelques vestiges d’une grandeur passée pour former les 46% de français vaches à lait qui crééent des richesses) qui peut déboucher sur un Master pro ou sur une embauche. Il y a un truc du style que j’avais dû capter lors d’une conversation sûrement passionnante un soir de détresse avec une élève infirmière dans le para-médical pour devenir cadre hospitalier il me semble. C’est la même procédure : une licence pro et un master après. Donc, licence professionnelle, c’est super connoté vie active-le monde du travail ne me fait pas peur- nos intervenants étaient des professionnels - on était loin de tout académisme - je suis opérationnel. C’est par alternance, si mes souvenirs sont bons. Le clown, il ne redoute pas le marché du travail.

Et il aurait bien tort de le redouter ! Dès les conditions d’admission, on voit la chose venir. Public visé :

 

-Des clowns ayant une formation acquise sur le tas ;
-Des médiateurs culturels déjà initiés en amateur (milieu hospitalier, carcéral…) ;
-Des chargés d’insertion sociale et des éducateurs ;
-Des animateurs type MJC….

Des clowns ayant une formation acquise sur le tas, personnellement, j’en connais un paquet. Il y en a même qui sont très très connus voire reconnus. Un sacré tas.

Des médiateurs culturels en milieu carcéral, ça peut se trouver. La redistribution des desserts, le management des faveurs du gardien etc il y a des médiateurs, des leadeurs. Après si c’est vraiment cîulturel, ma foi… Faut demander à Malraux, il sait lui.

Des chargés d’insertion sociale, c’est ce que Finky appelle les distributeurs d’excuses, les prêtres de la religion compassionnelle ? Je doute que les typologies du prof de X correspondent aux nomenclatures statutaires de la Fonction Publique. Quoique les activités sociales soient confiées aux CT… Bref, on a nos grilles d’équivalence, on se comprend.

En notant que le DUT Carrières sociales (option Animation) peut également faire l’affaire. Et un animateur MJS au lieu de MJC peut correspondre. C’est un commentaire personnel, c’est plus le Psychologue que le Conseil d’Orientation qui parle ici. C’est de l’analyse terrain. Et puis Lyon n’est pas pointilliste, j’en suis convaincu. MJS, MJC, pourquoi insister sur ce qui divise ? J’ai donc raison. Notre force est d’avoir raison comme chantaient les royalistes -des gens très biens au passage.

Les cours, le programme, maintenant. Dans les modules 2, 3, 4, 5, 6 et 7 il y a un truc pas mal tout de même. Un enseignement qui légitime à lui seul les millions d’heures de braillements étudiants. L’enseignement en question :

 

Après midi (75h.)

75 heures d’après midi. Fois 6. Sont-elles des heures de repos qui en tant qu’élévation de l’intellect (le travail et la réflexion étant nuisibles à l’élévation intellectuelle) participent à la formation ?

Autrement, quelques classiques : Anthropologie du corps et des émotions (9h.) ; Connaissances des outils de communication TIC, prises de notes, caméra video (30h.) traduire on vous a donné votre bac, maintenant on va commencer les choses sérieuses : internet et la prise de notes ; Présence et émotionnel 1 (15h.) ; Eveil par le masque 1 (15h.) (formation en commun avec les esthéticiennes ?) ; Chant choral (15h.) (des cantiques, peut-on supposer) ; Maquillages, perruques, costumes (15h.) (l’exercice pratique aura lieu pendant la Marche des Fiertés) etc etc

Le tout dirigé par le sieur Jacques Bonniel dont vous pouvez consulter les publications ici. Une vie consacrée à la recherche.

Bon, la critique droitarde et grincheuse est aisée. Mais, à la manière de Fromage Plus (cf article précité), j’aurais surtout tendance à rester effondré devant l’hypocrisie festive qui, c’est officiel, va aujourd’hui s’introduire dans vos cellules, vos lits d’hôpitaux et vos HLM. Et on parle d’une licence professionnelle ici, pas d’un module d’une Université d’été d’ATTAC. La professionnalisation de l’Homo Festivus.

LE FIGARO. – Avez-vous fêté la qualification avec les joueurs ?
Raymond DOMENECH. – On a bu une coupe de champagne à midi. Tout le monde est venu trinquer même si les trois quarts ou les neuf dixièmes des joueurs ne boivent pas de champagne. Il fallait marquer le coup.

Hier soir, petite soirée improvisée. Ca parle Sarkozy, ça parle concours, sélection, réforme sur du Youssou N’Dour. Des Blancs sur de la musique africaine. Soirée étudiante. J’aurais dû amener du Saké et un narguilé.

J’y vais avec un ami qui connaît mes idées combats et mes Luttes. Je bous : “Sarkozy, je pense qu’il aime son pays et que par fierté il fera le maximum”. Avec mon pote en question, on a nos signes, nos private jokes. Quand l’un sort un peu des limites, on fait un bruit à la con type tatata tata tatata équivalant à un “oulalala, pas bon du tout” dans la tête d’un recruteur lors d’un entretien d’embauche. Bref, ça veut dire déraper, quoi. Hier soir, il y en a eu beaucoup des tatata etc.

Je commence à dire que à supposer que Sarkozy en ait quelque chose à faire, il y a des entités qui le dépassent et qui l’empêchent de faire quoique ce soit. Tatata. Pas bon du tout.

Petit passage également sur la proportion de la hausse du salaire du sieur Sarkozy, non-débat par excellence dis-je, tatata. Un espèce de grand naïf fait un petit speech sur les fonds spéciaux et l’impression d’être un vieux con me saisit. Mon pauvre vieux, si tu savais ce que j’ai vu et entendu sans être complètement in, puis non. Tatata. Restons présentable. Cécilia n’est pas une courtisane, elle a juste un certain caractère qui lui a permis de gravir les échellons des toilettes de la Mairie de Neuilly. Finir par un : il en faut des gens comme ça avec un air accompli.

Bon, on ne va pas faire l’historique, surtout que je reste quelqu’un de fréquentable pouvant tout à fait reconnaître qu’il y a du bon chez Peillon face à une socialiste “de centre-gôche” (relève la cigarette au moment où elle dit gÔÔche) qui le mérite. Plutôt Carole Bouquet que Josianne Balasko, enfin je me comprend.

Flairant la soirée qu’on jurerait organisée par un prof réac anti-démocrate m’incitant à prendre la mesure de la pratique démocratique (Module 1 : Pourquoi je suis relativement peu démocrate : l’exemple étudiant.), je commence à étudier d’autres perspectives. En attendant, j’observe encore une fois que tous ceux qui sont de gôche sont objectivement les moins éloquents, les moins brillants, les moins aptes à faire appel à des notions extérieures à leurs études respectives etc J’aurai la confirmation plus tard. Je me suis en effet toujours demandé comment un lecteur serieux et honnête, comme un amateur d’histoire serieux et honnête, comment un économiste serieux et honnête ou un juriste serieux et honnête pouvaient être de gôche. Parce qu’ils ne sont pas serieux et honnête me répond le cartésien du coin, sans doute. Ca me semble tellement clair que l’étude à peu près serieuse de la littérature, l’Histoire, l’économie, le droit et tout le tralala mène inévitablement à un constat disons réactionnaire que je ne peux m’empêcher de considérer comme crétin celui qui se présente sincèrement de gôche. Fabius, DSK etc c’est une autre histoire, c’est de la gestion de carrière.

Donc, je fais ma petite analyse classique des sensibilités de chacun. Les sarkozystes et les gauchos sont les plus faciles à repérer. Les centristes, ça demande de la bouteille car un centriste, quand il sort, il ne parle pas ou est tout le temps d’accord. Faut les coincer sur le thème de l’Europe. C’est l’échantillon témoin. Eviter tout ce qui est “les européistes”, “les technocrates de Bruxelles”, ça fait pas présentable. J’entends au loin qu’un mec qui est en je ne sais quel master de droit des affaires se dit de gôche. Un futur bobo, un 6000 mensuel à appeller à la Tolérance. Putain ça m’épate toujours les mecs d’HEC, d’école de commerce, de droit des affaires qui se disent de gôche. Je trouve ça tellement énorme tout en m’en méfiant particulièrement. Ce sont les pires raclures : la façade de gôche, cool et branchée ; l’opportunisme d’un gladiateur dans l’arène en background.

Autrement, vous remarquerez que dans chaque débat politique, il y a des gens qui ne décrochent jamais un mot. Il faut faire gaffe. Soit ce sont des gens qui n’ont véritablement aucun avis, ce qui est rare car même les petites bourgeoises clubbeuses ont au moins intégré des opinions catégorielles qu’elles ont du entendre au réveil après une longue soirée au cours d’un dîner avec papa maman. Ou alors ce sont des gens un peu plus brillants que les sombres connards qui s’écorchent sur le 140% ou 200% de Sarkozy, tout comme ça peut être aussi des gens qui ont des opinions peu présentables (et là la scène est belle car de fait, par leurs opinions, ils se trouvent exclus du débat “démocratique”) et ça peut être tout simplement des gens blindés et fatigués. Soyons réalistes.

Bon globalement, mon verdict est qu’il s’agissait d’une assemblée de centre-droit, bourgeoise et n’éprouvant à peu près aucun des courants dominants. Craignos.

Heureusement, la petite bande africaine dont je vous avais vite fait parlé arrive. Ca va remonter ma soirée. Je me rapproche d’elles. Une camerounaise, une gabonaise, une ivoirienne, une sénégalaise. Saga Africa. Bon, pour être honnête, j’apprend rapidement qu’elles sont filles des grandes familles de chaque régime. Il faut savoir qu’un riche en Afrique, c’est plus de pouvoir que n’importe quel patron du top ten du CAC40. Mais il y a riche qui peut le rester et riche qui ne va pas le rester. Grosso modo, ça se joue à vos contacts, aux comm’ que vous filez aux flics et à vos amitiés avec le régime en place. J’apprend que les braquages, les kidnapping, viols de familles riches sont monnaie courante. Ne pas montrer que vous êtes riche. Petit blanc-bec de la France moderne, je leur demande naïvement, en réinvestissant le chapitre Etat de droit de mes cours de sciences po, mais que fait la police ? Eclats de rire. Afrique, adieu.

J’apprend quelques classiques de la sorcellerie. Ce n’est donc pas un préjugé ouaciste. Justement, vous allez voir. Private chat avec l’une d’elle. Je lance quelques filets. Je parle rapidos des noich, elle confirme. Une invasion me dit-elle, ils ne s’intègrent pas. Je rétorque : pillage. Elle opine du chef. Je continue. Esprit de revanche imbécile, corruptions et concurrence du pire : les chefs d’Etat africain s’orientent de plus en plus vers les chinois. Beaucoup plus agressifs et opportunistes que les “anciennes puissances coloniales” dis-je. Elle est totalement d’accord. J’avais vu juste, elle est au dessus du lot. Le tout avec un français impeccable, une véritable éloquence. Test réussi.

Ensuite, je parle des situations politiques. Elle me parle de coup d’Etat, elle me dit que l’Afrique va connaître d’innombrables guerres civiles à chaque décès de gouvernants car ceux qui ont subi voudront leur part et profiteront de l’occasion. Un français sans doute formé à l’Ecole de la République s’offusque de l’idée même d’un Coup d’Etat. Blaireau. Faut voir comment elle le rembarde. Il abandonne et va voir ailleurs. Bon décidemment, il y a quelque chose avec cette réformée (car la progression des évangelistes n’est pas qu’un sujet de JT de TF1).

Je lui demande ce qu’il faudrait faire. Elle se lâche. Elle me dit que les hommes africains sont des irresponsables, que les africains sont des assistés, qu’elle n’en peut plus des faux émois de blanc-bec qui ne comprennent rien (Arche de Zoé), et elle fait un petit passage assez brillant sur le fait que les africains ne prennent pas aux passions. Elle le regrette. Elle voudrait des soulèvements, des utopies, de la conscience nationale, du patriotisme. Il y a un fatalisme africain. Ca la rend folle. Je la comprend car je ressens la même impression quand je vois mon pays décliner alors qu’il avait et a toujours tout pour briller. Elle reconnaît, sur mes propositions, que les ethnies sont clairement un frein. Les cadres nationaux ne correspondent pas aux répartitions ethniques. Tout en notant que l’Afrique ne pourrait être divisée en ethnies vu le nombre halucinant de celles-ci.

Je cherche à lui demander l’origine de tout cela. Je ne vous cache pas que j’attends de voir si elle me sortira l’esclavage, comme origine de l’acceptation de sa triste condition. Même pas. Définitivement brillante. Elle me dit que le rêve européen (américain moins ; un Noir est vite classé immigré potentiel), que l’Europe avide de cotisations pour ses retraites, fait beaucoup de mal à la conscientisation politique des africains. Il faudrait qu’ils soient coincés, qu’ils n’aient d’autres horizons que la rébellion, la prise en main. L’immigration, c’est la fuite, c’est l’abandon. Si les africains n’avaient pas d’échappatoir, ils se bougeraient local. Act local, ne pas penser global. Elle me cite les Déracinés de Barrès. Emerveillement. Je suis frappé par tant d’intelligence dans un moment où la bêtise est officielle. Je lui parle de Wade que j’ai vu chez Durand le soir d’avant. Elle me dit qu’elle l’apprécie, qu’il est objectivement intelligent mais que le courant misérabiliste -qu’il sait éviter malgré tout- est porteur en Afrique et qu’un politique ne peut y échapper.

Je lui dis qu’il en faudrait plus des filles comme elles. Elle me parle du machisme africain. Elle me dit qu’elle n’aime pas les Rice de pacotille. Rama, si tu nous lis. Je lui dis qu’en plus Rama, elle n’a pas les mêmes jambes que Condie. La soirée passe et continue, très intéressante. Les autres africaines valent aussi le détour. On se marre sur les Divers qui se revendiquent de pays africains. On parle d’un bouquin dont je ne me souviens ni du titre ni de l’auteur mais qui posait qu’à terme chaque pays sera marketé, aura sa niche et son secteur. Une marque. Les Divers portent des maillots Eto’o, dansent le coupé décalé dans les boîtes parisiennes et nous parlent de la misère en Afrique. Rires.

6heures, je rentre chez moi. Ca caille. J’ai découvert une pensée dont j’ignorais l’existence même. Je repense à ce qu’elle m’a dit en guise de conclusion : en Europe, tout est figé pour un bout de temps ; en Afrique, tout reste à faire. Pas de désenchantement du monde au pays des sorciers. Je me souviens de son assurance quand elle me parlait de coup d’état. Je me dis que l’Afrique reste le continent des possibles. Je me verrais bien mercenaire plus tard.

 

A. F. : On n’en aura jamais fini, en effet, avec l’antisémitisme… Et nous vivons aujourd’hui un poignant chassé-croisé des mémoires. A l’événement de la Shoah, qui prend une place toujours plus grande dans la conscience européenne, nos démocraties ont répondu par la religion de l’humanité, c’est-à-dire par l’universalisation de l’idée du semblable et la condamnation de tout ce qui divise ou sépare les hommes. “L’Europe est née à Auschwitz”, ont dit Bronislaw Geremek et Robert Badinter, lors de la commémoration du soixantième anniversaire de la libération des camps. Cela signifiait que, pour ne plus exclure qui que ce soit, l’Europe devait se défaire d’elle-même, se “désoriginer”, ne garder de son héritage que l’universalité des droits de l’homme. “Vacuité substantielle, tolérance radicale”, tel est, déclare le sociologue allemand Ulrich Beck, le secret de l’Europe. Nous ne sommes rien, c’est la condition préalable pour que nous ne soyons fermés à rien ni à personne.

Héhé, ravi de lire ça chez Finky. C’est en effet une de mes certitudes personnelles, inspirée par Bourdieu et son effet d’oracle (voyez que…) : le relativisme et l’universalisme sont les plus sûrs chemins vers la deculturation (un commentateur m’a dit ici que ce n’était pas français, alors je garde l’anglais). Notre culture, notre civilisation selon les post-modernes se réduit à un attrait naturel vers l’Autre. Nous nous définissons, fait inédit, par rapport à l’Autre. Car normalement toute définition a une dimension discriminatoire ; toute ébauche de définition est en premier lieu négative (la liberté ce n’est pas la dictature). Insupportable pour nos post-modernes, donc notre définition, c’est de ne pas nous définir. Notre singularité c’est d’être universel. Notre grandeur, c’est de vénérer l’Autre. Et encore, ce n’est pas une supériorité car vous avez toujours un relan de tiers-mondisme relativiste qui viendra vous apprendre que l’excision à la machette n’est pas une coutume plus choquante que le combat de coqs. On nous prive de toute fierté alors qu’objectivement un certain nombre de nos valeurs ont démontré leur supériorité. A partir du moment où aucune supériorité n’existe, je n’ai aucune raison de m’attacher à la civilisation, la culture peu importe que je croyais -à tort- supérieure. C’est cohérent. Et vu qu’il n’y a plus aucune transcendance (même les progressistes renient les révolutionnaires, même un progressiste contemporain en fac de socio trouverait ringuard Jaurès), il n’y a aucune attache charnelle à cette culture. Pas d’attache rationnelle (je mise sur celle-ci car elle serait objectivement la meilleure) ni irrationnelle (l’attache charnelle, en plus d’être pré-fasciiiiiste, c’est rétrograde).

En toutes hypothèses, comme je l’ai déjà dit, une civilisation où l’exercice souverain de l’instinct de survie est moralement, pénalement, médiatiquement et politiquement sanctionné, n’a pas grande chose à espèrer quant à sa relève.

Or, outre le fait que la relativisation -puis la destruction- de valeurs qui ont fait preuve de leur grandeur sur pas moins de quelques millénaires soit choquante, c’est bien le constat de bon sens selon lequel la nature a horreur du vide qui inquiète. Et nous savons quelle civilisation a vigueur et ambition pour s’engouffrer dans la brèche.

Il n’y a pas d’essence des civilisations. L’existentialisme civilisationnel. Du moins en ce qui nous concerne. Notre essence, si elle existait, c’est l’Ouverture à l’Autre et pour qu’elle soit possible il est évident qu’il faille gommer tout élément rebutant : toute essence.

En ne devenant rien pour intégrer tout, nous sommes confrontés à une équation insoluble. Tout réflexe identitaire sera considéré comme profondément xénophobe car exclusif (la France ce n’est pas des défilés de burkas dans les rues ; vérité intellectuelle et historique évidente mais réelle exclusion des Divers musulmans : nous savons de quel côté penchera la balance) et nous dériverons vers ce que nous n’avons jamais été et ce que nous n’avons jamais voulu être.

La seule solution pour briser cette morale de petit bourgeois habillé d’une veste kakie multipoches émerveillé devant tout ce qui lui est différent, c’est d’abandonner notre position dominante arrogante. Car l’universalisme désinhibiteur et donc déstructurant est unilatéral : il ne s’exerce qu’à partir de celui qui domine envers le dominé. Pas de réciprocité. Ce que nous nous infligeons, nous l’acceptons chez l’Autre précisément au nom de la même Ouverture qui nous a conduit à tolérer ce que l’Autre ne tolère pas. L’exemple topique étant la Tolérance religieuse à l’endroit de ceux qui sanctionnent pénalement tout prosélytisme et toute autre religion. Il faut donc que le dominé s’émancipe pour que le rapport d’apitoiement perpétuel s’annule. Pour que la peur revienne. La peur, c’est l’exercice de l’instinct de survie. Au vu de ce constat, il nous faut accueillir avec réjouissance les montées en puissance de pays qui n’en ont rien à branler de toutes nos conneries. Quand la France sera la 10ème puissance mondiale, c’est-à-dire vassale, nous retrouverons nos défenses immunitaires. En premier lieu lorsque les vestiges persistant parmi les ruines de notre grandeur passée sur lesquels nous vivons encore seront totalement anéantis. Nous sortirons du virtuel pour entrer dans le réel. Il sera trop tard mais au moins en aurons-nous fini avec cette non-politique post-moderne. La main qui nourrit ne se retire qu’une fois mordue. Imaginez le ridicule de nos indignés professionnels quand 70% des meilleurs universités seront asiatiques, quand la France aura une dette africaine et une croissance soviétique et quand un bon quart de l’élite française sera à l’étranger. Comme Soral l’avait dit au sujet de la féminisation (il citait l’exemple des classes de physique en Allemagne où la parité n’était pas, non pas par complot misogyne mais par intérêt scientifique et économique) je crois que c’est lorsqu’il y a de gros intérêts financiers, des intérêts stratégiques et des intérêts vitaux que l’idéologie s’efface au profit du pragmatisme. Les langues se délieront et ce que nous supportons difficilement aujourd’hui n’aura plus aucune raison d’être tu quand la machine à embourgeoisement sera rayée. Ce que nous écartons, taisons, minorons avec difficulté aujourd’hui au profit de l’Autre aura tout lieu de s’exprimer lorsque notre intérêt à un tel refoulement ne sera plus. Triste à dire mais il nous faudrait le même déclic qu’ont eu les Juifs après la Shoah. Finkielkraut cite un auteur relatant cette prise de conscience du caractère suprême et indépassable de l’instinct de survie :

Ce que l’écrivain Aaron Appelfeld exprime admirablement et sans détour : Vous étiez en marche vers les royaumes enchantés du rejet de soi quand, au beau milieu du chemin, vint la main satanique qui vous a ramené aux fondements de l’existence tribale et vous y maintint de force, non parce que vous étiez telle personne, que vous aviez telle opinion, mais parce que vous faisiez partie du peuple juif.” (dans L’Héritage nu, éd. de l’Olivier, 2006).

Ce qu’il y a de bien avec le sarkozysme, c’est que c’est toujours foireux et bancal. Il aurait pu prendre deux grosses têtes Diverses républicaines qui enchaînent les concours et les félicitations (il doit bien y en avoir, non ?). Non, il a tiré deux pros de la scanneuse, deux snipers d’organigramme.

Les récurrentes insinuations sur les parcours de Ramatoulaye Yade et de Rachida Dati posent la question de la légitimité de ces dernières. Pire, les défenses visant à voir du racisme ou un relan de machisme dans les critiques étouffées et tues mettent en évidence la réalité de leur nomination : féminisation et discrimination positive. A travers la vigueur de leur défense (il est impropre de parler de vigueur desdites attaques : elles sont étouffées, partielles et vides de tout contenu vraiment dérangeant) et des arguments opposés, nous goûtons aux prémisses de l’avènement d’une société multiculturelle. Premièrement, je suis là parce que je suis noire, ou mieux, j’ai des compétences que toi, misérable connard, tu n’imagines même pas par l’effet conjoint du spectre déformant de ta constitution raciste et de la jalousie ressentie face au génie qui m’est propre. Car oui, Rachida et Ramatoulaye, elles sont de la race des vainqueurs, elles sont géniales, elles ont un fort caractère etc

Être noir (ou plus généralement Divers) vous accorde aujourd’hui une double qualité : il y a forcément du génie en vous qui ne peut être décelé à cause de préjugés ouacistes et parce que justement vous êtes génial mais que personne ne le sait encore, vous avez souffert. Vous savez c’est le couplet Yade sur la vie misérable, fille de haut-fonctionnaire qu’elle est, qu’elle a eu en France, du haut de sa khâgne jamais atteinte, de la rue Saint-Guillaume et du chapeautage de JP.

Le danger est évident : toute entreprise critique à leur égard devient manifeste du parti national-socialiste. Chrisophe Barbier s’est ainsi fait rappeler l’étroite ressemblance qu’il y a eu lieu de constater entre son écharpe rouge et les drapeaux nazis. Si vous n’aviez pas remarqué, vous n’êtes définitivement pas assez Vigilant.

De la nomination à l’heure du bilan, rien ne sera possible. Même ensemble. Quand la critique est impossible par l’immunité que vous confère votre Diversité, quand derrière chaque scepticisme il y a la place pour camoufler la Bête Immonde, il n’y a plus de politique.

Et c’est là où démocratie paritaire, discrimination positive et tout le barnun ne sont que des préludes à l’instauration d’une démocratie multi-confessionnelle à la libanaise qui elle-même en tant que guerre civile par les urnes et les salles d’accouchement annonce la guerre civile. A ce titre, le seul intérêt des politiques contemporaines, c’est de repousser l’échéance. Ce que j’appelle la stratégie d’évitement du pire, que vous pouvez cerner dans les nombreux cas d’injustice flagrante pour des motifs d’intérêt supérieur (concorde nationale) ou dans les dénis risibles de réalité. C’est tout le sens de la phrase d’Attali :

« La France doit-elle se contenter d’accepter sur son sol les travailleurs européens ou assumer sa dimension musulmane ? Là est sans doute la principale question masquée par ce débat (ndlr : sur l’immigration), le vrai choix géopolitique. Si la France et l’Europe décidaient de s’affirmer comme un club chrétien, elles devraient se préparer à l’affrontement avec un milliard d’hommes, à une véritable « guerre de civilisations ». Avec en prime, en France, une guerre civile » Jacques Attali, Le Monde du 19 mars 1997

Comme s’il y avait un seuil d’acclimatation à moyen-terme dont nous devrions accélérer la survenance, pour qu’enfin, tout aille bien. Le Progressisme a ses réactifs et ses catalyseurs. Vous savez, c’est par exemple l’idée qu’en mettant des Divers à des postes stratégiques, il y aura un effet d’émulation et de synergie. Effet de seuil qui fera que ce qui cassent des bagnoles aujourd’hui voudront devenir journalistes demain à la manière de ceux qu’ils ne voient pas et ne lisent pas… Etant noté que lesdits journalistes ou membres du show-bizz excusent de leurs méfaits ceux qui devraient prendre modèle sur eux et par voie de conséquence ne les incitent pas à devenir comme eux. Cf Finky sur le rôle élévateur de la honte etc

Bref, l’idée de l’optimiste béat et imbécile, ça ira mieux. Idée qui ne serait pas condamnable en soi si les forces de Progrès n’avaient pas tout misé sur des fondements qui ont rigoureusement et avec récurrence montré leur inadéquation au cours de la machine à éprouver les idéologies qu’est l’Histoire (la politique expérimentale dirait Tonton Joseph). Vous savez ce parfum d’harmonie et de simplicité qui sied à ravir aux idéologies mais qui ne résiste pas plus de 5 minutes à l’exercice critique. La femme qu’on imaginait belle qui se démaquille…

Car la discrimination positive et tous ces machins, c’est grosso modo, avoir des prérogatives par le simple fait d’être né. Des têtes ont été tranchées pour moins que ça. Votre seule couleur de peau (qui résume et incarne une condition sociale que nous n’imaginons même pas dans nos pires cauchemards ) vous garantie des prérogatives. Le reniement de soi comme preuve d’Ouverture à l’Autre, le reniement -au nom du Progressisme- de ce qui a constitué l’identité même des progressistes comme preuve de la nullité et de la folie de l’idée même de Progressisme.

Une telle aptitude des progressistes à excuser le non-mérite, c’est-à-dire à revenir sur ce qui a fondé leur légitimité politique, nous fait obligatoirement culpabiliser. Que sommes-nous pour avoir manqué de porter toute l’attention et tout l’intérêt qui se doit à ces idées qui n’en finissent pas de démontrer leur légitimité pratique, à commencer par les revirements successifs de ses auteurs ?

Dans l’antiracisme constitutionnel, toute critique est suspectée d’être marquée du sceau de l’Infâme. Afin d’arriver à ce nouveau totalitarisme, le système antiraciste s’est instauré en deux temps. Le premier vise à créer une présomption de racisme. Il est partout : de l’immobilier au monde du travail en passant par les médias. Cette présomption n’est réfragable en général qu’à la condition d’être Divers (et encore…). Comme jadis la critique du communisme ne pouvait être que bourgeoise, aujourd’hui la critique de l’antiracisme ne peut être que raciste. Un jeu de miroirs. Enfin, deuxième et dernier temps, vous mettez en valeur des attrape-racistes, des pots de confiture pour guêpes, qui sont légitimes parce que présumées victimes de racisme. La critique de ces derniers ne fera que confirmer le bien-fondé et la légitimité d’une telle ascension : vous voyez qu’il était temps, c’était grandement nécessaire.

Aujourd’hui, Rachida Dati et Ramatoulaye Yade sont là parce qu’il y a trop de racisme. Même l’ONU le dit et on sait tous que l’ONU c’est du bon sens étendu à l’Universel. Ce trop de racisme fait des émeutes, du ressentiment social, de la détresse sociale etc soit à peu près tout du moment qu’il y a une excuse sociale. Elles sont là parce qu’il y a du racisme. Et les critiques portant sur leur légitimité uniquement fondée sur le racisme, sont racistes. Vous êtes non seulement présumé coupable mais si vous ne réussissez pas retourner cette présomption, celle-ci s’en trouve renforcée. Vous voyez vous n’y arrivez pas, c’est bien que j’avais raison. Le régime de la suspicion. Alors, si Rachida ou Ramatoulaye vous interroge sur les véritables fondements de votre critique, c’est déjà fini. C’est Ségo qui se demande ce qui motive réellement toutes ces critiques, c’est Rachida qui regrette cet acharnement. On connaît la suite, la réponse à ces questions.

Via le Salon Beige :

le diagnostic pré-implantatoire ne permettra jamais d’éviter tout handicap !Aujourd’hui les tests génétiques permettent de choisir l’embryon en fonction d’autres caractéristiques, comme le sexe. A l’avenir, il sera sans doute possible de sélectionner l’embryon en fonction de son potentiel physique. [...] La question, comme pour le clonage reproductif, est davantage du domaine du jugement moral que celui de la réalisation. [...] Je ne pense pas qu’il soit prudent de permettre [aux parents] d’avoir l’enfant qu’ils ont pré-dessiné. De plus, l’enfant qui va naître est une autre personne (…). Il ne doit pas devenir une prothèse du corps des parents ou le produit du choix parental en fonction de son identité biologique, comme le sexe ou la forme du visage“.

Pour Boris Cyrulnik, enseignant en éthologie humaine à l’université Sud-Toulon-Var :

“On appelle ces enfants les “chargés de mission” : ils doivent être parfaits, sinon ils deviennent des sous-hommes ! [cela nous rappelle quelque chose. Mais le mot n'est pas laché. NDMJ]. D’un point de vue génétique, on sera un jour capable de fabriquer l’enfant de nos représentations idéales. Les prémices sont déjà présentes, avec la loi autorisant les avortements en cas d’anomalie génétique grave (…) Mais cette situation soulève un problème, à savoir que nous nous prenons pour des dieux capables de fabriquer l’enfant rêvé”.

 (mon lectorat Citoyen aura relevé le respect de la Parité chez nos amis fonctionnaires)

J’ai décidé de rendre hommage à la créativité et à la Diversité de notre Université Frâânçaiiise. Je vous dévoilerai donc les pépites des produits proposés par l’Université Fraâânçaiiiise (l’Université n’est pas un marché ! Sarko le Peuple aura ta peau ! Sarkozy si tu savaiiiiiiiiiiiis, tes réformes, tes réformes… etc).

Aujourd’hui, je commence avec du lourd.

Master Professionnel Stratégie du Développement Culturel de The University Of Avignon.

Le genre de trucs dont l’Université Frââânçaââîîsêê a le secret. Vous êtes diplômé pour avoir fumé des pétards dans des festivals de spectacles de rue financés par le contribuable dans le Sud. Cool. Mais, avec moi, on ne fait pas dans la petite monture : je vous parle d’un Master reconnu par le Nouvel Obs’ et premier du classement SBMG dans la catégorie Management des Entreprises Culturelles (de quoi rendre folle Miss Béart).

Sinon, sans déconner, on se croirait à Saint-Cyr. Remplacez communication culturelle par communication de crise et c’est bon. Ca ne rigole pas.

 

Cet objectif se décline sur les deux années du Master de la manière suivante :
1. Acquérir les fondamentaux à propos de la communication culturelle (M1 1er semestre)
2. Construire des outils d’action stratégique (M1 2e semestre)
3. Programmer l’action culturelle et concevoir un projet (M2 1er semestre)
4. Mettre en œuvre une stratégie : la mission sur le terrain (M2 2e semestre)

Bref, si ça vous tente de passer un semestre à acquérir les fondamentaux à propos de la communication culturelle et un autre semestre à construire des outils d’action stratégique et que vous êtes en licence, bah, renseignez vous sur le marché immobilier d’Avignon.

On sous-estime trop souvent la dimension stratégique d’une expo subventionnée. Grâce à ce Master, vous y voilà sensibilisé. Il y a des étudiants qui, dans leur bunker, conceptualisent l’exposition que vous irez visiter par courtoisie et opportunisme envers ceux qui vous y ont invité.

Qu’on se le dise.

Ce soir, France 2 nous sort un petit Coen Bros pour lutter contre Tarantino et son plagiat Kill Bill diffusé sur TF1. Miller’s crossing, donc. Un film de genre, un film noir. Scenario assez complexe et regrettable impression d’académisme. C’est d’ailleurs la critique récurrente du cinéma des Coen : un cinéma de bon élève d’école de cinéma. Ce sont d’ailleurs les films où ils confondent, parodient ou refusent les genres qui sont les plus reconnus (The Big Lebowski pour la parodie du film de détective avec pour parallèle le premier conflit irakien, Barton Fink parce qu’inclassable, O’Brother pour une sorte de road movie homérique dans le Sud des US de la Grande Dépression, De Sang Froid pour le film noir à haute connotation chrétienne, l’enquête qui tourne mal en tant que Chute et Fargo pour le mélange étonnant du thriller et de l’hommage aux petites gens et le grandiose The barber qui est plus qu’un film noir). Donc, beaucoup d’hommages appuyés dans Miller’s Crossing, l’impression que la caméra est dans son rôle le plus primaire : nous montrer là où il faut regarder. Si vous avez échappé aux verres de whisky, aux clopes allumées, aux chapeaux et à la femme façon Paris des années 30 et que vous n’avez pas compris que c’est un film noir de gangsters, vous êtes distrait. En outre, la VO française est vraiment consternante.

Mais c’est un bon moment, malgré tout. Les Coen commencent à bien manier la caméra (à dire avec un ton présomptueux de journaleux, en ayant noté évidemment que c’est un des premiers films des Coen) et les plans dans la fôret sont bien tournés. L’histoire est un peu tordue et se prêterait mieux au support littéraire. Ce qui limite tout de suite l’intérêt du film. Barton Fink par exemple, chef d’oeuvre je le répète, est un des rares films où le cinéma est supérieur à toute autre forme d’art. On y traite réalisme VS romantisme, Nietzsche, montée du nazisme, Hollywood, rôle de l’Intellectuel (ou plutôt non-rôle) et allégories chrétiennes en tous genres. Inabordable en deux heures de lecture, deux heures d’écoute ou deux heures de dégustation mondaine de petits fours accompagnés de Champagne en compagnie de cultureux déjantés.

Sinon, j’ai vu un Audiard : Elle cause plus, elle flingue. Magnéto :

Quelques petits dialogues, c’est inévitable :

 

Attention un espion ; les Jésuites sont tous des espions.

De quoi parlions-nous ?

De théologie puis d’espionnage.

Oui, mais avant ?

De pognon.

Ah. Dring, dring, le jackpot, ma p’tite dame.

On se croirait à la Cour d’Espagne.

Les updates :

 

Les cons ça croit en tout, c’est comme ça qu’on les reconnaît.

Parle à mon colt, ma tête est malade.

Un casting assez redoutable : Galabru, Girardot, Prevost, Cowl, Carmet et l’excellent et regretté André Pousse.

L’idée du scenario est assez délirante. Une sorte de Seigneuresse (avec des costumes Lagarfeld qui valent le détour) des temps modernes règne en maître sur un bidonville. Ses cerfs alimentent une machine tueuse étrange qui récupère les effets personnels des victimes ainsi que leurs ossements. Le tout en jouant une partition de Java assez insupportable. L’Eglise combine avec la Duchesse moderne pour récupérer les os et en faire des reliques. Ca, c’est pour le côté anar d’Audiard. Le parallèle critique est assez évident.

Après, ça se complique et tout devient assez brouillon. Déjà, pénait-on à voir l’intérêt de la scène ouvrant le film au niveau de l’histoire. Le premier commissaire est pris au piège (Cowl) et Blier le remplace. C’est un pur et dur, habitué des méthodes musclées qui connait bien notre Seigneuresse nommée Rosemonde du Bois de la Faisanderie. Ensuite, vient une sorte de Christ des temps modernes et vous verrez la suite.

Juste pour signaler que la ressemblance des bidonvilles d’Audiard avec l’univers de Kusturica est telle qu’il y a lieu de se demander si le brave Emir n’a pas vu ce film et n’en a pas tiré quelques recettes. Point le plus marquant : l’oie et les costumes des serfs. Il y a des plans qu’on jurerait pris par Kusturica.

Bon, scoop qui n’en était pas un. La question reste toujours la même : comment se fait-il que ce qu’à peu près tout le monde sait mette autant de temps à sortir dans les médias ?

J’ai quelques idées mais ça irait à l’encontre de l’estime que chacun doit avoir pour ces sentinelles de la Liberté, ces postes avancés de l’Information, ces gens qui s’affranchissent des menaces, des frontières, des barrières car rien ne les détournera de la Vérité, ces gens, demi-Dieux, qui peuvent mobiliser une unité de services secrets et qui valent plus que n’importe quel justiciable, ces ducons la joie qui veulent de l’anecdote à raconter pendant les dîners et vont tâter de la lame de couteau sous la carotide avant de pleurer face caméra, ces blaireaux à l’air émerveillé que vous croiserez au MOPO avec des coups de soleil façon Apaches In Memoriam et des kakis façon coloniale.

Alors, vous croyiez avoir tout vu ? Après les votes Prada, le divorce, la famille recomposée, le bisou, le petit Louis découvrant une vocation de joaillier, la cérémonie d’investiture sur L’envie de Johny (j’extrapole mais il aurait pu), le tour du stade avec le drapeau à la suite de France-Nouvelle Zelande (il voulait le faire, sisi) ?

Sombre naïf !

Il y a aussi Dj Pierre, aka Mosey, le producteur de sons Hip-Hôôp (se taper épaule contre épaule). Car oui, dans ce milieu, on parle de sons au lieu de musiques. Quand l’humilité se confond avec le réalisme.

Son crew (équipage, équipage de galère sa mêêre), c’est Da Cream Chantilly. Pour les autochtones, je signale juste que Da, Gonna, see ya etc c’est de l’argot d’origine afro-jamaïcaine qui transforme -avec plus ou moins d’automatisme et de rigueur- les iou, les thê, ing en ââ (prendre une voix de black americain type John Coffee). Donc, Pierrot ou Dj Mèches Blondââ, bah, il parle un peu comme un Niggââââ d’un QHS d’une Jailhouse pas vraiment comme celle de la chanson, si vous voulez.

Inutile de se demander comment ce Dr Dre à la crème Chantilly a décroché des opportunités comme le DVD de Djamel de Bouse ou des génériques de France TV (remboursés par le contribuable).

L’autre question, qui elle aussi devient une constante, reste : jusqu’où va-t-on descendre ?

mosey2.jpg

Le clip préféré de Pierrot selon le Nouvel Obs (vous aurez remarqué l’inspiration Lebowski) :

 

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