Un aimable commentateur m’a servi une louche de caviar. Zi sociôle inteouactive netouorke, les réseaux sociaux, la volatilité de l’information… Magie du blôgêûh, quoi.
J’ai nommé la
Licence professionelle : Arts du Clown - Services à la personne
J’en avais de belles en réserve mais celle-ci risque de clore ma catégorie Mastering. Dès les premiers tours nous connaissons la championne toutes catégories. Licence professionnelle Arts du Clown- Services à la personne. Que dire ?
Premièrement, pas d’enthousiasme infondé. Cette prestigieuse formation ne commencera qu’à partir de Septembre 2008. Vous saurez où vont vos impôts du présent exercice.
Deuxièmement, c’est fantastique. On associe l’art du clown à une mission “sociale” (novlang, Hannah l’a montré). On pense à Bernadette Chirac, on pense à Fromage Plus qui avait déjà vu la chose venir. On pense à Philippe Murray qui aurait adoré avoir eu connaissance de ce projet. Il me semble que pour qu’un diplôme soit créé au sein de l’Université Française, il y a toute une procédure avec le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement dit Supérieur (rayer les mentions inutiles). Putain, les cons. J’entendais ce matin sur RTL la Pécresse qui expliquait avec plus ou moins de conviction que le Wifi n’était pas dispo partout au sein de son Ministère car il y avait des transmissions stratégiques (partenariats…). On imagine les braves fonctionnaires dudit Ministère sur leurs Blackberry équitables se croire traqués par les services chinois quand ils échangent des informations stratégiques relatives à la validation du projet de Licence Pro Arts du Clown-Service à la Personne. Retour vers le Réel.
Gros morceau. Je sors ma tunique de Conseiller d’Education-Psychologue (c’est le titre officiel il me semble) pour mon lectorat, analysons ensemble la licence professionnelle.
Notons déjà qu’il me semble que licence professionnelle, c’est une sorte d’IUT allongé sans la sélection (fasciste sauf quand il s’agit de choses sérieuses : grandes écoles et médecine car nos amis de l’UNEF n’ont pas encore poussé la Tolérance et l’Elevation citoyenne au point d’accepter de se faire soigner par un habitué des rattrapages tout comme ils laissent quelques vestiges d’une grandeur passée pour former les 46% de français vaches à lait qui crééent des richesses) qui peut déboucher sur un Master pro ou sur une embauche. Il y a un truc du style que j’avais dû capter lors d’une conversation sûrement passionnante un soir de détresse avec une élève infirmière dans le para-médical pour devenir cadre hospitalier il me semble. C’est la même procédure : une licence pro et un master après. Donc, licence professionnelle, c’est super connoté vie active-le monde du travail ne me fait pas peur- nos intervenants étaient des professionnels - on était loin de tout académisme - je suis opérationnel. C’est par alternance, si mes souvenirs sont bons. Le clown, il ne redoute pas le marché du travail.
Et il aurait bien tort de le redouter ! Dès les conditions d’admission, on voit la chose venir. Public visé :
-Des clowns ayant une formation acquise sur le tas ;
-Des médiateurs culturels déjà initiés en amateur (milieu hospitalier, carcéral…) ;
-Des chargés d’insertion sociale et des éducateurs ;
-Des animateurs type MJC….
Des clowns ayant une formation acquise sur le tas, personnellement, j’en connais un paquet. Il y en a même qui sont très très connus voire reconnus. Un sacré tas.
Des médiateurs culturels en milieu carcéral, ça peut se trouver. La redistribution des desserts, le management des faveurs du gardien etc il y a des médiateurs, des leadeurs. Après si c’est vraiment cîulturel, ma foi… Faut demander à Malraux, il sait lui.
Des chargés d’insertion sociale, c’est ce que Finky appelle les distributeurs d’excuses, les prêtres de la religion compassionnelle ? Je doute que les typologies du prof de X correspondent aux nomenclatures statutaires de la Fonction Publique. Quoique les activités sociales soient confiées aux CT… Bref, on a nos grilles d’équivalence, on se comprend.
En notant que le DUT Carrières sociales (option Animation) peut également faire l’affaire. Et un animateur MJS au lieu de MJC peut correspondre. C’est un commentaire personnel, c’est plus le Psychologue que le Conseil d’Orientation qui parle ici. C’est de l’analyse terrain. Et puis Lyon n’est pas pointilliste, j’en suis convaincu. MJS, MJC, pourquoi insister sur ce qui divise ? J’ai donc raison. Notre force est d’avoir raison comme chantaient les royalistes -des gens très biens au passage.
Les cours, le programme, maintenant. Dans les modules 2, 3, 4, 5, 6 et 7 il y a un truc pas mal tout de même. Un enseignement qui légitime à lui seul les millions d’heures de braillements étudiants. L’enseignement en question :
Après midi (75h.)
75 heures d’après midi. Fois 6. Sont-elles des heures de repos qui en tant qu’élévation de l’intellect (le travail et la réflexion étant nuisibles à l’élévation intellectuelle) participent à la formation ?
Autrement, quelques classiques : Anthropologie du corps et des émotions (9h.) ; Connaissances des outils de communication TIC, prises de notes, caméra video (30h.) traduire on vous a donné votre bac, maintenant on va commencer les choses sérieuses : internet et la prise de notes ; Présence et émotionnel 1 (15h.) ; Eveil par le masque 1 (15h.) (formation en commun avec les esthéticiennes ?) ; Chant choral (15h.) (des cantiques, peut-on supposer) ; Maquillages, perruques, costumes (15h.) (l’exercice pratique aura lieu pendant la Marche des Fiertés) etc etc
Le tout dirigé par le sieur Jacques Bonniel dont vous pouvez consulter les publications ici. Une vie consacrée à la recherche.
Bon, la critique droitarde et grincheuse est aisée. Mais, à la manière de Fromage Plus (cf article précité), j’aurais surtout tendance à rester effondré devant l’hypocrisie festive qui, c’est officiel, va aujourd’hui s’introduire dans vos cellules, vos lits d’hôpitaux et vos HLM. Et on parle d’une licence professionnelle ici, pas d’un module d’une Université d’été d’ATTAC. La professionnalisation de l’Homo Festivus.


