On s’est fait baiser dans les grandes largeurs ” Un responsable d’entreprise.

2 articles d’après Google Actu (le 2ème résultat). Deux articles. Je n’en ai pas recensé plus dans ma rapide veille. C’est dire à quel point ce pays est englué. Dans une Russie poutinisée ou dans n’importe quel pays pour qui les impératifs stratégiques forment les points cardinaux de toute action politique, ça aurait couiné. En France, deux articles. Dont l’un de Rue 89 qui confirme ici qu’il est plus qu’une officine d’entrepreneurs gauchistes.

2 articles pour un véritable sujet. La presse française est toujours aussi brillante, experte en économie et indépendante.

De quoi s’agit-il ? Le traitement informatique des opérations boursières sur la place de Paris est externalisé (outsourcé qu’on peut dire aussi) ou réinternalisé -pour adopter la sémantique politiquement correcte- à NYC.

Tout le savoir-faire (le KH pour faire in) sera perdu. Il s’agit d’une défaite d’importance. Les savoir-faire informatique, comptable, mathématique seront perdus. En plus de cela, la loi en vigueur sera yankee et pas n’importe laquelle : la Sarbanes-Oxles qui est la résultante réglementaire du scandale Enron (car oui les américains font aussi dans la pulsion législative). Pas forcément nouveau puisque la SOX s’appliquait à toutes les sociétés cotées au NYSE, la SOX étant une loi de police (acte de puissance également, j’y reviendrai). Mais c’est symbolique.

Paris n’est définitivement plus une place financière. Elle devient une criée pour provinciaux des US, une sorte d’Assemblée Corse pour satisfaire les deux trois nostalgiques un peu réac. Une bourse sans aucune prérogatives.

Tout se fera par les US, tous les mouvements de fonds, tous les flux financiers, tous les nouveaux modèles mathématiques seront sous la houlette US. Autant dire que les importants mouvements de capitaux, les ajustements stratégiques etc ne pourront plus passés (+/-) inaperçus. Des messes basses dans un studio sur écoute. Il y a lieu de regretter cet état de fait et bien au-delà de la vague incantation souverainiste imbécile. Cette externalisation masquée va appauvrir la France. Les savoir-faire suivent les ateliers et les formations d’excellence en matière boursière n’auront plus lieu d’être ici. C’était déjà le cas avec Londres qui récupérait pas mal de nos financiers. Nous sommes en passe d’abandonner des savoir-faire stratégiques qui ne se reconstitueront pas par un improbable volontarisme politique ou financier ou par d’autres comptines sarkozystes. Perdu, c’est perdu.

Pendant ce temps, les africains, sous l’oeil attentif du fils Khadaffi ont lancé leur premier satellite. Plusieurs intentions. Eviter les coûts de traitement de données et de transit prélevés par les européens, évidemment mais également l’indépendance.

Tout cela sent le crépuscule. Les autres s’éveillent.