Et vous êtes… ?
Henry Sutpen.
Et vous êtes ici… ?
Depuis quatre ans.
Et vous êtes revenu chez vous… ?
Pour mourir.
Pour mourir ?
Oui. Pour mourir.
Et vous êtes ici… ?
Depuis quatre ans.
Et vous êtes… ?
Henry Sutpen

Tout est là.

Pour aller plus loin, je vous renvoie aux critiques de Juan Asensio qui a dit ce qu’il fallait dire et comme il faut. L’effacement. Principe de suppléance.

Faulkner 1, Faulkner 2, Faulkner 3, Faulkner 4

Mc Carthy 1, Mc Carthy 2, Mc Carthy 3, Mc Carthy 4

Avec cette citation de Faulkner à propos de la langue :

ce fil ténu et fragile [...] au moyen duquel on peut joindre de temps à autre, pendant un instant, les petits coins superficiels, les bords de vie humaines secrètes et solitaires, avant qu’ils ne se renfoncent dans les ténèbres où l’esprit a crié pour la première fois, criera pour la dernière, et ne sera pas entendu

Et Juan Asensio poursuit :

La parole blessée, fragile, inquiète, mortelle comme les hommes et les femmes, soumise irrémédiablement à la plus petite saute d’humeur des dieux cruels, et pourtant elle seule permanente, elle seule immortelle, elle seule initiatrice, survivant à la chair des hommes et des femmes qui la maniaient avec délice ou évitaient par ignorance crasse de trop s’en servir, créatrice de l’humanité et de cette folie qui nous pousse invinciblement à aller à la rencontre de l’Autre, à sauver Caïn et, si ce n’est à le sauver — car nous ne sommes pas son juge —, à tenter de le comprendre. Ainsi, les demi-frères que sont Charles Bon et Henry Sutpen peut-être ne se sont-ils déchirés que parce qu’ils n’ont su ou pu échanger une seule parole qui n’ait point été d’égoïsme et de colère.

Vivement le dernier Pléiade de Faulkner.