décembre 23, 2007
Most of the time
It’s well understood,
Most of the time
I wouldn’t change it if I could,
I can’t make it all match up, I can hold my own,
I can deal with the situation right down to the bone,
I can survive, I can endure
[...]
Most of the time
My head is on straight,
Most of the time
I’m strong enough not to hate.
I don’t build up illusion ’till it makes me sick,
I ain’t afraid of confusion no matter how thick
Bob Dylan, Most of the time
Très intéressant sujet abordé dans les différents blogs tenus par des gens peu fréquentables.
J’avais exprimé ma dubititude sur la tâche qui nous incombe, ou nous décombe a fortiori etc
L’auteur du Bal des Dégueulasses -toujours aussi réjouissant de le lire- avait poursuivi, toujours comme il faut, ce que j’avais avancé plus ou moins clairement.
L’auteur du blog des Enfants de la Zone grise a, comme à son habitude, fait contraste avec la fausse serrenité du camp de relaxation qu’est notre époque.
Poly a bien résumé tout cela. Je pense comme lui qu’il s’agit d’un salutaire et légitime coup de blues.
Billet relativement optimiste ou plutôt relativement enthousiaste du Conservateur, très bon blog également que je ne connaissais pas jusqu’à peu.
E-Deo a pointé les difficultés de l’entreprise critique sur internet.
Le fameux Psychothérapeute, sans doute plus sage et plus conscient de sa condition de Capricorne, relativise et nous livre une conclusion presque schopenhauerienne.
Xyr dans un très bon billet également (à croire que les réacs excellent sur le seuil de l’Apocalypse ou devant un bourreau comme disait Gadenne au sujet de la littérature) pense que la donne est biaisée dès le départ et qu’il vaut mieux prendre ses distances pour que le système s’écroule à la manière d’un pantin dont le marionnetiste aurait subi une attaque (traduction plus ou moins heureuse d’une bribe de souvenir d’une nouvelle d’Ethan Coen, ce qui fait beaucoup de défaillances de ma part j’en conviens).
J’essairai pour ma part d’écrire un truc correct sur la chôse.
Au final, après cette revue de blog, je vais continuer à jouer un rôle de journaliste. En citant un livre que je n’ai pas lu. C’est l’ami Welcome to Paradise qui m’a livré cette citation. Je crois que tout est là et que notre génération (parler au nom d’une génération, c’est un coup à finir milliardaire ou député vert ça) a à peine idée des forces à mettre en marche. Les autres suivront.
Voyez-vous dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions les suivent.
Saint-Exupéry dans son remarquable bien que trop TF1isé (je la joue toujours journaliste) Vol de Nuit
Joyeux Noël par avance, retrouvez-vous.
décembre 23, 2007 at 5:45
Bonjour Grand Charles.
Oui. Les fêtes de fin d’année sont souvent la période propice pour se poser un peu et pour s’interroger au sujet de tout ce pour quoi nous sommes révoltés (à défaut, pour l’instant de révolutionner quoi que ce soit). Un petit « bilan – perspective » s’impose.
Depuis que nous sommes entrés dans l’ère moderne, c’est-à-dire depuis qu’au XVIII ème les fameuses “Lumières” sont venus expliquer au monde entier qu’auparavant tout n’était que mensonges, ténèbres et que, dorénavant, l’Homme devait s’arracher du prétendu carcan religieux dans lequel on l’avait placé pour s’auto-diviniser, le bilan est pour le moins mitigé.
Depuis trois siècles, nombre de nos illustres prédécesseurs on dénoncé (souvent dans le vide) cette véritable « Prostitution » des valeurs (au sens étymologique du terme) : Maistre, Bonald, Baudelaire (après sa “dépossession”), Camus, Raspail, Soljenitsyne, Volkoff, les Papes.., et tant d’autres.
Aujourd’hui, à notre humble niveau, nous reprenons le flambeau et tentons de faire la même chose. Alerter son prochain de ce hold-up civilisationnel. Las, hier comme aujourd’hui, si peu écoutent. Il faut dire qu’entre les bruits de mastication de la « Grande Bouffe » et ceux, en fond sonore, de la Propagandastaffel télévisuelle, un porte-voix ne suffit plus.
Ce travail est d’autant plus difficile à réaliser que nous ressentons tous, plus ou moins confusément, que le « Système » (terme globalisant, mais qui nous permet d’aller plus vite dans la désignation de l’ennemi) a franchi un palier et que tout s’accélère et se massifie, sans que nous puissions faire quoi que ce soit pour freiner le processus. Ce phénomène entropique de mondialisation économique fondé sur la consommation – consumation (1) couplé avec un renversement des Principes fondateurs de toute civilisation traditionnelle (destruction de l’axe vertical qui nous relie à Dieu) va dans le mur, et de plus en plus vite.
Dans cette perspective, que faire ?
Pour ma part, je crois que sur le plan politique, il n’y a strictement rien à faire. Loin de moi l’idée d’insuffler du pessimisme et vous plomber les fêtes de fin d’année en invocant la doctrine du « non-agir ». Non, non. Ce que je souhaite signifier par là c’est qu’à l’échelle nationale par exemple, il me paraît vain de vouloir lutter à l’intérieur d’un système qui vous décapite dès qu’une tête dépasse. Lorsque les fondements d’une maison sont posés sur des marécages, on peut toujours s’accrocher pour construire une maison qui tienne debout. Pour ma part, je fais un pas de côté, je sors du jeu. Ce qui ne m’empêche pas d’agir à mon modeste niveau : échanger, dénoncer (cela fait très gôche ce terme), etc… et puis, en se décentrant, on voit parfois mieux la merde ambiante sans toutefois être gêné par l’odeur.
S’il y a « rupture », elle ne viendra certainement pas du joueur de pipeau, dragueur de poufs et accessoirement président de la république. Lui et les autres ne sont que des marionnettes consentantes (souvent) ou rebelles mais impuissantes (rarement) du drame civilisationnel que nous vivons.
S’il y a rupture à attendre, elle ne peut qu’être spirituelle pour les hommes et eschatologique pour le monde. J’entends déjà des moqueries, des cris de protestation dans la réacosphère même : « Oh, l’aut’ eh ! ‘Va pas nous parler eud’bondieuseries et tout et tout. C’est moisi l’eglise et le reste. Et pi dieu est mort et tout, quoi ». Dramatique. Même dans le camp des « justes », des lucides ou simplement des éveillés, il n’y a plus consensus sur l’essentiel. Le « Système » que certains d’entre-nous dénoncent les a vaincus sans qu’ils s’en rendent compte. Il ont adopté les valeurs de l’ennemi : relativisme, individualisme, matérialisme, attitude de sarcasme vis-vis du sacré.
Mais sans doute fallait-il que nous en passions par là pour que l’Apocalypse se fasse (= révélation des choses cachées jusque là). Oui, pour que la Vérité émerge et fasse sens , il faut au préalable que l’iniquité, le mensonge atteignent des sommets.
En attendant, à titre personnel, je tente de sauver l’essentiel : mon âme afin que la connection haut-débit avec l’Esprit ne soit pas perturbé par les considérations hautement telluriques du monde moderne. Egalement, je me dote de quelques livres essentiels pour nourrir celle-là. Enfin quelques bouteilles de bon vin et des victuailles pour le corps.
Restons optimistes, Grand Charles : le Progrès et ses avatars sont en train de crever, blessés par leurs propres contradictions idéologiques. Ils ne le savent pas encore, mais commencent à sacrément ruer dans les brancards, à râler. Ça fait du boucan parce que la bestiasse est imposante, mais c’est le chemin que nous prenons. Et lorsqu’il y aura possibilité d’agir réellement, sachons reconnaître les signes, et à ce moment là, nous pourrons oeuvrer réellement.
Désolé pour la longueur du post, mais difficile de développer mon propos en une dizaine de lignes.
Sur ce, bonnes fêtes de Noël à toutes et à tous. Keep the faith ! (2)
(1) Il est d’ailleurs intéressant de noter que dans certaines langues, l’espagnole notamment, on utilise le même mot pour désigner « consommer » et « consumer ».
(2) Finir sur un titre d’un morceau de Bon Jovi, c’est pas glop, je sais. Mais en français, l’expression eut été moins tranchante. ;)
décembre 24, 2007 at 5:27
Vous avez tout dit !
Bonnes fêtes de Noël également et gardez la foi ! :)
décembre 24, 2007 at 7:41
Il faut parfois savoir se résigner à attendre. Comme l’expliquait la personne dans son commentaire précédent, ce système dont nous appelons l’anéantissement, est déjà mort mais il ne le sait pas.
Il portait en lui une malformation grave, sous forme de contradictions insolubles, qui le condamnait irrémédiablement.
Donc, les analyses sont inutiles. Contentons-nous d’attendre au bord de la rivière que passe son cadavre. Pourquoi voter et militer ?
Prenons du bon temps. Ayons de l’humour. Quand nous rencontrons nos contradicteurs, ne cherchons pas à les convaincre, montrons-nous légers.
Pour ma part, lorsque je rencontre un socialiste de droite ou de gauche, qui tente de me lancer dans un débat politique, je me contente de lui dire que tout cela finira mal, que c’est écrit et j’abandonne toute idée de dialogue construit.
A quoi bon ? Compte-tenu de notre espérance de vie, dans 40 ans je serai mort, et dans soixante ans, je serai oublié et ma tombe ne sera même plus fleurie.
Laissons ces crétins organiser leur paradis terrestre, eux qui ont oublié de se souvenir qu’ils étaient mortels.