Selon les mots d’Antoine-Isaac Silvestre de Sacy.
« Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l’indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et terribles leçons. »
Bossuet lors de l’oraison funèbre de Henriette-Marie de France
Et fiunt novissima hominis illius pejora prioribus
Polydamas est déjà revenu sur la tragédie. Pour ma part, je me focaliserai sur le courage dans la solitude dont a su faire preuve le dernier représentant en exercice de la seule autorité qui vaille en France abastraction faite des petites illuminations insignifiantes mais tenaces en revenant avec Kundera sur la folie sanguinaire des possédés :
Etre courageux dans l’isolement, sans témoins, sans l’assentiment des autres, face à face avec soi-même, cela requiert une grande fierté et beaucoup de force.
Le Roi très chrétien Louis XVI sut puiser cette force auprès de Dieu :
Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du fils et du Saint Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième de décembre mil sept cent quatre vingt douze.
Moi, Louis, XVIème du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille. De plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence, mes dernières volontés et mes sentiments.
Trouva-t-il la force de pardonner :
Je plains de tout mon coeur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.
[...]
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi.