Etrangement, j’ai toujours eu un intérêt pour le Sud des USA. Je suis incapable d’expliquer pourquoi. Mon père ne matait pas des fils de cow boys en cachette (comme l’expliquait je ne sais plus qui, du temps de l’URSS, voyez c’était péché de mater cette propagande américaine réactionnaire anti-soviétique), ma famille n’a pas franchement le profil de l’américanophile, je n’ai subi aucune propagande américaine, je ne vois pas.

C’est un fait, c’est tout. Si bien que par ricochet, j’ai vite été sensibilisé aux histoires de nègres de ce coin-là. Ambiance pendu, ambiance Mississippi comme dirait Booba. En vsionnant un de ses clips, je suis tombé sur ce clip de Nas par la magie d’internet. Car Booba dit dans une chanson “moi j’veux d’venir ce que j’aurais dû être” et cette parole me disait quelque chose. Il me semblait bien avoir entendu dire un truc du style dans une autre chanson de rap. C’était donc I can avec ce refrain Be what I wanna be. Bref, la chanson.

Regardez à partir de 2.40.

Rapidement, il s’agit d’une chanson sur un sample de Beethov assez catastrophique où Nas (le MC, Master of ceremonies soit le chanteur pour les plus ploucs d’entre vous) encourage la jeunesse à prendre le chemin du savoir plutôt que celui de la streetlife. Vulgate progressiste de base mais ce n’est pas le sujet.

A partir de 2.40, donc, il y a ce passage sur les égyptiens.

Be, be, ‘fore we came to this country
We were kings and queens, never porch monkeys
There was empires in Africa called Kush
Timbuktu, where every race came to get books
To learn from black teachers who taught Greeks and Romans
Asian Arabs and gave them gold when
Gold was converted to money it all changed
Money then became empowerment for Europeans
The Persian military invaded
They heard about the gold, the teachings, and everything sacred
Africa was almost robbed naked
Slavery was money, so they began making slave ships
Egypt was the place that Alexander the Great went
He was so shocked at the mountains with black faces
Shot up they nose to impose what basically
Still goes on today, you see?
If the truth is told, the youth can grow
Then learn to survive until they gain control
Nobody says you have to be gangstas, hoes
Read more learn more, change the globe
Ghetto children, do your thing
Hold your head up, little man, you’re a king
Young Princess when you get your wedding ring
Your man is saying “She’s my queen”

Je traduis grosso modo l’idée : Avant d’être ici [Les USA], nous [eux, les black, car oui maintenant on ne dit plus noir ou nègre, on dit black], les nègres étaient des savants qui ont élevé la conscience humaine. Toutes les races [mais elles n'existent pas], européennes, asiatiques, arabes venaient s’instruire auprès de noirs professeurs. Puis, par un mécanisme [que j'ai du mal à saisir], la monétarisation à partir de l’or [si j'ai bien compris] a permis d’échanger. L’esclavage est apparu. L’Afrique a été pillée, s’est faite envahir et tout ce qui y était sacré s’est répandu.

Retenez bien cela car vous allez l’entendre de plus en plus. Cette version, à partir de la civilisation egyptienne, est répandue dans les milieux noirs militants.

Je me souviens de brèves lectures et à l’époque Black Panthers c’était la version officielle. Petite anecdote, IAM le groupe de rap dit français, a choisi des pseudos d’empereurs égyptiens en rapport à cette époque où tous les rapeurs noirs des USA étaient subitement passionnés par l’Histoire égyptienne.

C’est donc du même tonneau que les chiffres arabes. Si un membre de la prestigieuse Education Nationale passe par ici, il faudrait donc revenir sur la Conquista et l’Histoire égyptienne.

Parce que selon la maxime de Nas “If the truth is told, the youth can grow” (ce qui dans l’idée avec le ton prophétique et moralisateur du rapeur positif donnerait c’est seulement lorsque la vérité est dite que jeunesse peut s’élever) et l’ethnocentrisme fait ravage dans les collèges ZEP.