mars 12, 2008
Egyptians were black - Plaidoyer pour un enseignement Citoyen de ce qu’il faut retenir de l’Histoire
Posted by Charles under Chroniques des préparatifs de la guerre civile, Hantez, faites comme chez vous, On n'arrête pas le ProgrèsEtrangement, j’ai toujours eu un intérêt pour le Sud des USA. Je suis incapable d’expliquer pourquoi. Mon père ne matait pas des fils de cow boys en cachette (comme l’expliquait je ne sais plus qui, du temps de l’URSS, voyez c’était péché de mater cette propagande américaine réactionnaire anti-soviétique), ma famille n’a pas franchement le profil de l’américanophile, je n’ai subi aucune propagande américaine, je ne vois pas.
C’est un fait, c’est tout. Si bien que par ricochet, j’ai vite été sensibilisé aux histoires de nègres de ce coin-là. Ambiance pendu, ambiance Mississippi comme dirait Booba. En vsionnant un de ses clips, je suis tombé sur ce clip de Nas par la magie d’internet. Car Booba dit dans une chanson “moi j’veux d’venir ce que j’aurais dû être” et cette parole me disait quelque chose. Il me semblait bien avoir entendu dire un truc du style dans une autre chanson de rap. C’était donc I can avec ce refrain Be what I wanna be. Bref, la chanson.
Regardez à partir de 2.40.
Rapidement, il s’agit d’une chanson sur un sample de Beethov assez catastrophique où Nas (le MC, Master of ceremonies soit le chanteur pour les plus ploucs d’entre vous) encourage la jeunesse à prendre le chemin du savoir plutôt que celui de la streetlife. Vulgate progressiste de base mais ce n’est pas le sujet.
A partir de 2.40, donc, il y a ce passage sur les égyptiens.
Be, be, ‘fore we came to this country
We were kings and queens, never porch monkeys
There was empires in Africa called Kush
Timbuktu, where every race came to get books
To learn from black teachers who taught Greeks and Romans
Asian Arabs and gave them gold when
Gold was converted to money it all changed
Money then became empowerment for Europeans
The Persian military invaded
They heard about the gold, the teachings, and everything sacred
Africa was almost robbed naked
Slavery was money, so they began making slave ships
Egypt was the place that Alexander the Great went
He was so shocked at the mountains with black faces
Shot up they nose to impose what basically
Still goes on today, you see?
If the truth is told, the youth can grow
Then learn to survive until they gain control
Nobody says you have to be gangstas, hoes
Read more learn more, change the globe
Ghetto children, do your thing
Hold your head up, little man, you’re a king
Young Princess when you get your wedding ring
Your man is saying “She’s my queen”
Je traduis grosso modo l’idée : Avant d’être ici [Les USA], nous [eux, les black, car oui maintenant on ne dit plus noir ou nègre, on dit black], les nègres étaient des savants qui ont élevé la conscience humaine. Toutes les races [mais elles n'existent pas], européennes, asiatiques, arabes venaient s’instruire auprès de noirs professeurs. Puis, par un mécanisme [que j'ai du mal à saisir], la monétarisation à partir de l’or [si j'ai bien compris] a permis d’échanger. L’esclavage est apparu. L’Afrique a été pillée, s’est faite envahir et tout ce qui y était sacré s’est répandu.
Retenez bien cela car vous allez l’entendre de plus en plus. Cette version, à partir de la civilisation egyptienne, est répandue dans les milieux noirs militants.
Je me souviens de brèves lectures et à l’époque Black Panthers c’était la version officielle. Petite anecdote, IAM le groupe de rap dit français, a choisi des pseudos d’empereurs égyptiens en rapport à cette époque où tous les rapeurs noirs des USA étaient subitement passionnés par l’Histoire égyptienne.
C’est donc du même tonneau que les chiffres arabes. Si un membre de la prestigieuse Education Nationale passe par ici, il faudrait donc revenir sur la Conquista et l’Histoire égyptienne.
Parce que selon la maxime de Nas “If the truth is told, the youth can grow” (ce qui dans l’idée avec le ton prophétique et moralisateur du rapeur positif donnerait c’est seulement lorsque la vérité est dite que jeunesse peut s’élever) et l’ethnocentrisme fait ravage dans les collèges ZEP.
mars 13, 2008 at 12:04
Notre ami Kémi Seba a repris ça à son compte lui aussi.
“Quand les blancs rampaient à quatre pattes dans les cavernes, nous les noirs nous étions au sommet”, et caetera.
J’ai souvenir d’avoir lu un papier signé de la plume d’un historien là-dessus, ou il était question de prouver que les guignols qui se proclament descendants des pharaons parce qu’ils sont noirs ont autant de chances de l’être que vous de Platon et moi d’Homère sous prétexte que nous sommes blancs.
De là à retrouver le papier en question… :-/
mars 13, 2008 at 2:19
Ce thème est effectivement en vogue parmi les milieux militants noirs victimaires afrocentristes, avec pour thèse centrale que l’Egypte antique, constitue non seulement la matrice civilisationnelle du “peuple noir” mais aussi de l’humanité entière. Il suffit de consulter des sites afrocentristes pour voir jusqu’où le délire peut aller.
Mais le pire, c’est que l’approbation de cette théorie a désormais largement dépassé le cadre des milieux militants pour se répandre parmi les noirs tout court. Ni militants, ni victimaires, ni rien du tout. Ma femme, noire, Martiniquaise, ne cesse de me répéter qu’elle descend des Egyptiens. Même au cours de ma première rencontre avec mes beaux-parents, qui s’en revenaient d’une visite d’exposition sur l’Egypte antique à Fort-de-France, ceux-ci avaient tenu le même discours.
mars 13, 2008 at 2:54
Concernant les films de cow-boys regardés en cachette, c’était du Chichin.
« Tout jeune, j’étais confronté à une contradiction flagrante : mon père était un communiste fou de westerns. Il était critique de cinéma mais, à cause de ses convictions, il voyait les westerns en cachette. Parce qu’officiellement il fallait détester le western américain, pur produit de l’idéologie impérialiste US. Quand on va voir des westerns avec son père en douce, comme si c’était un crime, on a vite un peu de mal avec le communisme. Sinon, mon père fréquentait les situationnistes, j’ai lu Marx, Aron, etc. Autant dire que j’ai appris le nihilisme et cette culture de se construire dans la haine de ce que l’on est. Tout ce qui n’était pas blanc était formidable, tout ce qui était blanc était mal. J’ai été élevé là-dedans. Il fallait admirer les Black Panthers. Toute la musique que j’aimais était honnie, jugée décadente, impérialiste. La seule musique admise, c’était Le Chant des partisans. Il fallait toujours que je défende mes goûts, que je me batte pour eux. »
Et en parlant de rap :
« Ah, oui, bien sûr, quelle créativité ! « Ah si j’étais riche, lalalalalala. » Le discours d’un Gynéco peut se résumer ainsi : « Si j’étais riche, je m’achèterais une Porsche et je t’emmerderais, bâtard. » Je les connais bien ces types, j’ai travaillé avec eux. Je suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C’est édifiant sur le niveau et la mentalité… Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme anti-Blancs, antioccidental, antifemmes… C’est affreux. »
Et pour cette histoire d’héritage égyptien, voici un lien intéressant (que j’avais posté sur PF): http://www.coptipedia.com/autour-de-l-actualite/revue-de-presse/les-chretiens-egyptiens-revendiquent-l-heritage-des-pyramides-et-de-l-evan.html
mars 13, 2008 at 11:48
“comme l’expliquait je ne sais plus qui, du temps de l’URSS, voyez c’était péché de mater cette propagande américaine réactionnaire anti-soviétique”
C’était Frédéric Chichin, guitariste des Rita Mitsouko, avant son décès.
mars 13, 2008 at 2:26
rien de neuf en fait
c’est la théorie fumeuse et fausse, faut-il le dire, portée par des guignols genre Cheik anta diop, africain et africaniste militant…
le plus grave c’est que les élucubrations de ce falsificateur font école. par exemple c’est Diop qui a écrit l’histoire du continent africain pour l’Unesco…Ouvrage que certains considèrent certainement comme un ouvrage de référence.
mars 13, 2008 at 2:53
Bonjour Charles,
Juste en passant, il me semble que c’est le père de Dantec qui était militant communiste et fan de western.
mars 13, 2008 at 8:55
Vivi. C’est la thèse de Kemi Seba. Les Noirs ont pour ancêtres les Egyptiens, qui étaient les rois du monde.
Ce qui est très rigolo, c’est de se demander pourquoi des Noirs s’attachent à propager ce mythe, qui, s’il était vrai, ne ferait que prouver qu’ils sont incapables et méritent leur sort misérable et arriéré en Afrique.
Car les Egyptiens, eux, si j’ai tout bien suivi, n’ont pas été réduits en esclavage par Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Georges Bush, ni colonisés par le maréchal Pétain et Michel Sardou. Alors comment les Noirs se sont-ils démerdés pour stagner dans un tel caca au bout de tant de millénaires? Alors qu’ils sont si intelligents et si supérieurs et toussa toussa? Mmmh?
Sinon le message principal de la chanson est assez positif, mais c’est plutôt dommage qu’il soit gâché par ce qu’il faut bien appeler un mythe raciste et suprémaciste.
C’est un peu contradictoire de dire: tu peux devenir ce que tu veux, échapper à un destin misérable, et en même temps: c’est grâce à tes ancêtres qui chiaient sur la gueule des Grecs.
Soit on défend la thèse du can-douisme, soit on défend la thèse du j’y ai droit parce que mes parents étaient les rois du monde en Egypte / ont construit la France / ont libéré la France des Allemands / ont été réduits en esclavage par les Américains / ont été colonisés par les Français / et moi je suis un pôv malheureux. (”Mes parents étaient les rois du monde”, c’est juste le miroir inversé de “mes parents étaient des esclaves”. C’est le même discours héréditaire, donc aristocratique.)
Mais les deux ensemble, c’est pas possible. Y’en a forcement un qui annule l’autre.
Sinon, faudrait dire à l’autre simplet que c’est pas la peine de mettre la capuche par-dessus la casquette. L’un des deux suffit. Enfin le mieux serait d’avoir ni l’un ni l’autre, mais faut pas rêver, hein. C’est pas en pompant la lettre à Elise qu’on acquiert le sens de l’élégance.
mars 14, 2008 at 1:23
Un membre de la prestigieuse Education nationale passe par ici. Et il sait qu’il faut se faire du souci. Aux Etats-Unis déjà, toutes ces conneries sur les Egyptiens nègres qui ont tout inventé - l’avion entre autres (ils ont aussi découvert l’Amérique en pirogue, mais oui, on vous cache tout) - sont déjà enseignées dans certains établissements.
Je vous conseille de vous rendre sur le site africamaat.com, vous y trouverez matière à avoir peur, mais aussi à bien rigoler.
mars 14, 2008 at 2:16
@ Hank :
Je ne sais si le débat historique les préoccupe.
@ Wilfried :
Votre témoignage est très intéressant. C’est ce que je voulais souligner avec cette chanson de rap. Des milieux militants et activistes au lambda moyen, il n’y a qu’une question de temps. Vous avez la même chose avec l’ “écologie”. J’avoue avoir des difficultés à comprendre la mécanique de la propagation de ces idéologies mais le résultat est là. Intriguant.
@ Poly, Nexus et Illyad :
Merci pour le rappel.
@ Hoplite :
Ce qui est neuf c’est que le rapeur diffuse à l’attention des jeunesses citoyennes ce que les très politisés de jadis osaient à peine poser.
@ Robert Marchenoir :
J’aurais aimé que l’Histoire de “ses” illustres ancêtres le conduise à un plus grand scepticisme quant à l’idéologie du village global, du métissage etc Cruelle contradiction mais c’est probablement waciste que de pointer celle-ci.
@ Baroque & fatigué :
Une perle effectivement. Sondage du jour :
Il y a trente ans, l’Afrique et l’Asie était au même stade économique. Aujourd’hui l’Asie a décollé et l’Afrique s’est enlisée. C’est parceque:
Les Asiatiques n’ont pas abandonné leur culture
Les Asiatiques n’ont pas de ressources naturelles stratégiques
L’Afrique n’a pu se doter d’hommes politiques visionnaires
L’Afrique a ouvert toutes ses frontières à toutes les idées étrangères
L’Afrique n’a toujours pas pris en considération l’analyse géostratégique de Cheikh Anta Diop
J’adôôre. Particulièrement la dernière réponse.
mars 14, 2008 at 5:47
Résultats: L’Afrique n’a toujours pas pris en considération l’analyse géostratégique de Cheikh Anta Diop : 43.9%
Ni une, ni deux, je fonce sur Wikimerdia pour en savoir plus sur cet énergumène (oui, fouettez moi, je ne m’intéresse pas à la culture noire). Première ligne: « Ses thèses restent aujourd’hui contestées, et peu reprises dans la communauté scientifique occidentale. »
Si même l’occident n’accorde pas de crédit à un Penseur Noir et que cela est rapporté par l’encyclopédie gratuite des gauchistes …
mars 14, 2008 at 9:40
Oups, m’a trompé :)
mars 15, 2008 at 10:07
L’histoire moderne a montré que l’Egypte a reçu la civilisation de l’Asie Centrale via Babylone. Qu’en pensent les hystériques de la “supériorité africaine” ?
mai 10, 2008 at 8:59
L’afrocentricité, le black power, tout ça n’est qu’un retour de force, une réponse facile et spontanée, pour ne pas dire légitime (car un racisme, des mensonges, ce n’est pas légitime; mais il faut alors s’entendre sur le terme par exemple d’afrocentricité, qu’on assimilerait facilement, à tort, à une grande mascarade historique, ce qui originellement est faux) au racisme, à l’oppression, à la suprématie blanche… Il est évident qu’il y a eu, depuis toujours, des déformations dans l’histoire; que l’objectivité est non seulement impossible, mais n’a souvent pas été même la raison pour laquelle on a pu écricre l’histoire. Une victoire pour l’un, une défaite pour l’autre ; forcément on ne va pas voir les choses de la même façon. L’idée de “l’histoire écrite par les vainqueurs à la gloire des vainqueurs”, n’est pas, avec tout ce que cela peut avoir de cliché, totalement dénuée de sens. Voir par exemple la colonisation. C’est encore différent pour l’Egypte antique, mais que l’Occident (après, surtout, la redécouverte de l’Egypte au XIXème siècle) se soit réaproprié le passé d’un peuple, attribué les mérite d’une civilisation; cele ne fait pour moi aucun doute. Si ce que je dis est peut-être maladroit, j’espère dans le fond me faire comprendre. Pour reprendre encore un énorme cliché de bien-pensance : “il ne faut pas tout gober”, vive la pensée critique, critique !
Le grand complot, non. Les déformations, les détails passés, par négligence, à l’ombre; on peut s’interroger.
Je ne sais rien de certain sur les origines des anciens Egyptiens. J’ai essayé de me renseigner, et je trouve d’ailleurs fou qu’on ne puisse rien trouver de clair, si ce n’est des théories fumeuses et autres discours d’autoconviction (la faute peut-être à internet…).
Je crois (ou pour parler sincérement, je suis persuadé-bien-que-n’ayant-aucune-preuve-fiable) qu’il est absurde de dire que les Egyptiens avaient quelque chose à voir avec des caucasiens (c’est drôle, il y a le même débat sur Jesus). Encore une fois, c’est peut-être une absurdité que de dire ça. Après tout Ramses II était un rouquin (je l’ai lu sur internet).
Tant qu’à faire, autant dire à peu près ce que j’ai cru comprendre (principalement sur des sites hyper militants afrocentristes) :
- Les égyptiens auraient des origines négroïdes
*voir les théories linguistiques de Cheikh Anta Diop (qui, bien que militant, n’a rien d’un charlatan; et rien de plus normal pour un chercheur que de voir ses thèses contestées…)
*à voir les traits des anciens Egyptiens, on peut je crois être convaincus de leur non-aryanité
*ils se décrivaient eux-même comme plus foncés que les Lybiens et les Asiatiques, et plus clairs que les Nubiens…
(voir toutes les théories, dont certaines sur les descriptions des Egyptiens dans les textes grecs, genre Alexandre le Grand qui s’étonne de voir des noirs en Egypte, etc. etc.)
- L’Egyte avait un un peuple très metissé (ce qui est sans doute vrai)
On trouvait dans le peuple égyptien des individus d’origine étrangères, comme les Syriens, les Sémites, et même apparemment de peuples ennemis comme les Nubiens. L’esclavage n’avait aucun rapport avec la couleur de la peau; les esclaves étaient souvent des captifs ennemis, autant des Nubiens que des Syriens ou des Hittites (je vous épargne l’histoire de la classification des individus selon leur couleur de peau, les plus foncés auraient été les dominants, les plus clairs les esclaves…).
Les gens étaient plus foncés au nord qu’au sud, et vraissemblablement, plus foncé au origines qu’au temps des Grecs, après un plus grand métissage avec d’autres peuples)
(…)
Le débat est interminable, mais c’est surtout un faux débat.
Il y a inconstablement dans L’Egypte, quelque chose qui tient de la “la matrice civilisationnelle de l’humanité enière”, quoique la Chine et l’Asie de l’Est, par exemple, n’ont, jusqu’au XXème siècle je crois, reçu qu’une influence très minime de l’Europe. Le bassin méditéranéen, notamment Grecs et Romains, doit énormément à l’Egypte. C’est une évidence. Pareillement au peuple Juif, qui a eu sur le monde et sur la pensée, une influence idéologique extrême.
Aussi, l’Egypte a bien entendu reçu de la Mésopotamie, comme la Mésopotamie a reçu de l’Egypte… je me trompe peut-être, je n’étudie pas l’histoire et je suis loin d’être un érudit. Mais ce principe d’inter-influence des peuples me parait être à la base même de l’histoire de l’humanité. Ce qui ne contredit en rien le fait que l’histoire des peuples soit l’histoire de la guerre entre les peuples, et je sais bien qu’un peuple (soit une culture, une histoire) a bien plus tendance à s’opposer au monde pour défendre et faire valoir son identité (d’où les guerres, et guerres de religion, et aujourd’hui le terrorisme et l’Islam comme refuge identitaire face à la toute puissance diabolique des Etats-Unis; un bon gros mélange d’idées façon internet!), que se mêler dans la joie et l’allégresse à ses voisins.
A savoir, après, pour en revenir directement à notre question (bien que dans le débat ici tenu, la réponse à cette question importe peu), si les Egyptiens était des noirs ; je délaissairai discrètement la question pour m’interroger : est-ce que cela changerait quelque chose, par exemple, au sort actuel de l’Afrique et des Africains, au regard de l’Europe sur l’Afrique… ? C’est sûrement un mauvais exemple, mais qui illustre bien je crois mon avis : comme certains l’on fait remarquer, le mythe de l’Afrique toute puissante est un piège, et la réponse au futur de l’Afrique n’est pas dans son possible passé (l’Afrique qui, au passage, a bien entendu, si ce n’est une histoire - problème de l’écriture, du moins un passé)… J’adhère entièrement à la critique du message moralisateur (”If the truth is told, the youth can grow”) que “Le grand Charles” fait à Nas. Que l’Egypte ait des racines africaines, c’est possible, mais c’est avant tout bien beau, comme une pilule de fierté qui contrebalancerait, un peu, l’esclavage et tout le reste. Je crois moi en ces recherches (Cheikh Anta Diop et les autres “guignols”). Le rôle des Africains, la contribution de l’Afrique dans l’histoire de l’humanité a été, je le crois sincèrement, largement diminué, pour ne pas dire totalement occulté (réplique d’une comédie amusante avec deux grands rappeurs…). Et je ne me fais aucune illusion; jusqu’au XXème siècle, dans la majeur partie du monde et de l’Afrique, il y a des éleveurs vivant, tranquillement dit-on (voir Marshall Sahlins), en complète autarcie, et qui n’avaient aucun contact avec le reste du monde, et ça depuis des milliers et des milliers d’années. C’est comme ça.
Et c’est bien la pire des choses, pour ne pas désigner le racisme, que de recracher (encore) à la tête de l’Afrique, son “sort misérable et arriéré”, et bien ironique la question sur la misère du continent…
Je parlais de faut debat, oui. Un faut débat, car c’est de toute façon en tout point absurde d’établir arbitrairement, je dirais, une filiation, belle grande droite et directe, entre des peuples de l’Antiquité et aujourd’hui.
Je suis ravi d’avoir lu dans le premier commentaire, cette anectode du scientifique à propos de Platon et Homère, une idée que j’avais souvent comme ça avancé, en parlant avec soit les convaincus d’une Egypte purement négro-africaine qui écrasait le reste du monde quand les peuples blancs vivaient des leurs grottes, soit les blancs bien éduqués bien informés de l’origine caucasienne (à la rigueur sémite, ou, pour le coup énorme bétise, arabe) de l’Egypte antique. L’histoire des peuples est quelque chose de monstrueusement complexe; et c’est bien sûr évident qu’on n’établit pas, comme ça, une généalogie entre les peuples Antiques et ceux de l’époque moderne. À moins d’être Hitler.
Vous parlez des “guignols qui se proclament descendants des pharaons”, c’est d’autant plus drôle de penser que des Français ou des Anglais, descendants principaux de peuples barbares (d’où la grotte; ça se tient presque!), puissent s’imaginer descendre de Platon et Aristote.
J’espère ne pas avoir dit trop de conneries.
J’ajouterai juste que Nas est un très grand rappeur (Illmatic), que malgré mon admiration pour Fred Chichin (que son âme voyage en paix), je ne partage pas son avis (bien que je le comprenne), et qu’en terme d’élégance ou de beau il ne faut pas tout mélanger, le rap, Beethoven, les casquettes… Aimer les baskets de Nas n’empêche à personne de s’intéresser à Beau Brummel ou de Montesquiou.
Et que “I Can” et tout ce qui suit, dans le rap en général, est en effet assez catastrophique. Heureusement qu’il y a Kanye West, et quelques autres.
mai 10, 2008 at 9:24
Je devrais faire un post-it. Contrairement peut-être (et encore, j’en doute) à d’autres “réacs-conservateurs-dandy écoutant les slams de Philippe Muray-etc, je ne voue pas à un culte à la colonisation ; au contraire, j’exècre cette idée typiquement progressiste.
Je ne suis pas universaliste, au moins par rapport au sens contemporain donné à l’universel.
Si j’avais des têtes à couper et des principes unilatéraux à proclamer, je disposerais en un article 1er et dans un second les principes d’identité culturelle et de vie. De quoi éviter quelques massacres, des défigurations culturelles (dont la colonisation, celle en direction de l’Afrique et celle, plus subtile, en direction de la France et des négations multiples et répétées de toutes ses racines) mais tout cela est sans doute trop réactionnaire.
Sur la filiation France- Antiquité, elle me semble légitime. De la sculpture à la littérature, aux systèmes politiques, d’organisation sociale etc les références sont évidentes. En revanche, j’ai plus de difficultés à déceler les emprunts à l’Egypte Antique des africains contemporains.
mai 10, 2008 at 11:44
La filiation France-Grèce Antique est en effet je crois totalement légitime, d’un point de vue culturel. Mais les origines des peuplements en Europe sont multiples. À considérer que les français descendent, disons, des Gaulois, on pourrait par exemple imaginer que si les Romains n’avait jamais conqui euh la Gaule, nous ne connaîtrions rien de nos systèmes politiques actuels, de nos organisations sociales, pas d’art et de litterature française (puisque plus tard, logiquement, ces braves Gaulois auraient fait la connaissance des barbares Francs!), telle qu’elle existe aujourd’hui. Ce n’est bien sûr pas une démonstration - quelle blague ! -, cela serait bien le summum de la théorie fumeuse, mais c’est une pensée amusante, non ?
Je connais trop mal l’Afrique pour affirmer catégoriquement que les peuples africains n’ont subi aucune influence de leur confrères d’Egypte antique, mais il parait probable que non, ces sociétés restées pour la plupart préhistoriques n’ont aucun lien avec la société de l’ancienne Egypte, aussi noire-africaine pût-elle être.
Je viens de consulter un peu ce blog, pas bien compris cette idée de “réacosphère”…? Et bien que certaines choses me déplaisent franchement: les discours anti-métissages (me débectent plus encore que les débilités pro-métissages), antihomos, la douce nostalgie de la vieille france incarnée par Le Pen… (c’est en gros ce que j’ai remarqué), ça me parrait cependant intelligent, interressant, fondé. Et ça l’est sûrement, mais n’adhérant pas du tout à cette pensée (et préférant m’en tenir éloigné) je n’ai pas le courage de réellement m’y attarder. J’apprécie assez Finkielkraut, bien qu’aussi, certains de ses propos parfois me déplaisent. Et, humain oblige, je suis toujours content de voir qu’une personne aime Bob Dylan, ET les Inconnus…
Une anecdote amusante, vu là sur internet:
“Nas tells the new issue of King magazine that Ono and Lennon are among his heroes, together with Malcolm X, Muhammad Ali and Bob Dylan.”
mai 10, 2008 at 11:55
Réacosphère = réunion de dangereux subversifs qui menacent le Système.
Un slogan : Réacosphère, anti-tout et même plus ! (RATP)
Que des subversifs, vous verrez.
Anti-métissage ? Parce que le métissage est devenu un mariage forcé politique.
Antihomo ? caricature. Lisez les débats avec Nonoche et les autres dans Réacosphère & Libé.
Le Pen ? ahaha
Douce nostalgie ? La nostalgie comme lourdeur, comme attache indépassable, comme emmerditude, non. La nostalgie comme fidélité et adhésion à une suite historique qui (ce serait pas mal) doit se perpétuer, yes sir !
Vieille France ? Plutôt France éternelle comme disait l’autre usurpateur :)
Une nation (je ne suis pas nationaliste) aussi solide et ancrée que l’est (l’était?) celle de la France, étant peuplée de plus de mort que de vivants, oui, forcément il y a une macération et un souhait de perpétuation.
Ahaha, Ali, Malcolm X, Bob Dylan, Ono, Lennon, bon targeting, on dirait du Obama. Manquent Johnny Cash et Eastwood pour les clos bleus. Ca viendra, sûrement…
mai 11, 2008 at 12:14
Oui, c’est à peu près ce que j’avais compris.
C’est une erreur sinon de dire Black et pas simplement Noir, mais c’est là, pour des choses devenues anodines, intenter un procès au monde, des blancs compléxés à la black attitude…