Dernière fois que j’achète les Inrocks. HS spécial Frères Coen. Blood simple (pas mal du tout pour les amateurs de film noir), version remasterisée. Mouais. Interview exclusive. Elle date de 1996. Pseudo-réflexions avec du puant, pisseux, lynchéen et post-moderne à tous les coins de page. Aucune info, rien. Du masturbatoire, et encore. D’un genre déviant. Fascinant à quel point les frangins brouillent les pistes. La gôche la plus puante comme la droite la plus pisseuse peuvent s’y retrouver. Ils s’en amusent et ne s’en cachent pas. A ce titre, voir Miller’s crossing (une info malgré tout : ils revendiquent clairement Hammett dans la construction de ce récit, d’habitude ils se font discrets sur leurs sources, sauf quand elles sont évidentes) : intrigue incroyable où à la fin du film vous serez incapables de dire qui est bon, qui est mauvais mais surtout de déterminer si Gabriel est victime ou manipulateur. Autre info (et ce sera la deuxième et la denrière), les Frères réussissent davantage l’adaptation littéraire (McCarthy, Chandler, Hammett, Homère, la Bible -la géhenne ou la main droite de Blood simple, Corpus Christi, la Bible de Barton Fink etc-, James Cain, Camus etc) que l’adaptation cinématographique (Le Grand saut avec du Capra à chaque plan). Bref. Le HS de Transfuge était bien meilleur. Il y avait même Poelvoorde qui disait être fan des célèbres frères.

Un petit passage qui finit de confirmer que nous sommes chez les bobos : les Inrocks s’étonnent de la passion des frères pour l’Americana et le personnage du white trash. Si ce n’était pas un HS, on sentirait presque l’ombre du nuage fasciiiiiss’ venir. Americana, gothique, pessimiste, pas bon du tout tout ça. Etonnant, disent-ils, pour ces fils de la bourgeoisie progressiste (dans le texte).