Un condensé de l’époque : une somme du progressisme en tant que secte qui a réussi (Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles a pu écrire Chesterton) où le Nègre est une figure quasi-christique (il devient la somme des souffrances humaines, il incarne la condition humaine) et l’Homosexuel une incarnation de l’Amour, la politique réduite à la simple image Citoyenne (image qui peut donc être exploitée commercialement : la grasse matinée d’un couple d’homosexuels chez Matelsom, les pubs RTL etc) et un paganisme délirant, terrifiant et racialiste où le Métis est véritablement l’aryen du XXIème siècle, la “race supérieure” et présentée unanimement comme telle.
Au nom de l’anti-racisme, nous passons d’une célébration de la Diversité (déesse républicaine) à une uniformisation racialiste. Ségolène Royal célèbre la “France métissée” (à l’occasion notamment du décès d’Aimé Césaire, pourtant plus que sceptique s’agissant du métissage), comme si les questions de couple et d’amour relevaient de la politique. Ce serait ubuesque si ce n’était pas si inquiétant : l’anti-racisme a posé que les races n’existaient pas pour mieux célébrer leur union. D’une approche négative (afin d’éviter tout racisme), nous sommes passés à une célébration racialiste. Aujourd’hui, vous avez des fleurs métissées, des musiques métissées, une France métissée, un futur Président des USA métis (ou Noir selon les cas, ce qui est très intéressant à observer), tout doit être métissé ! Bientôt, dans notre système de la suspicion généralisée, vous serez présumé raciste si vous n’êtes pas métis.
Renaud Camus et Alain Finkielkraut avaient raison. L’antiracisme est un totalitarisme, il s’immisce partout, corrompt toutes les questions (tout devient affaire de racisme, des élections aux nominations, du sport aux arts, de la philosophie à la littérature, de la publicité au cinéma et partant le sport n’est plus sport, la politique n’a plus rien de politique, l’art n’est plus art etc) et est inattaquable puisqu’il se réclame du camp du Bien (vous êtes donc le Mal, vous êtes donc raciste, si vous le critiquez comme vous étiez bourgeois ou réactionnaire si vous doutiez du communisme ou de la façon dont il a été mis en œuvre).
Qu’est-ce que la Négritude sinon une philosophie et une lecture historique ethnocentrées ? Au passage, quel serait le traitement médiatique réservé à un penseur qui évoquerait une philosophie leucodermiste ?
Depuis l’époque nazie, jamais les questions raciales n’ont été aussi omniprésentes. Même les Black Panthers se sont toujours situés par rapport à une dialectique de lutte des classes (avec des questions raciales certes, mais incluses dans une problématique plus générale), jamais proprement racialiste. Le manifeste des Black Panthers a été rédigé en écoutant Ballad of a thin man de Bob Dylan, alors juif et icône de la classe bourgeoise progressiste. Serait-ce aujourd’hui encore possible ?
L’idéologie du métissage, même parée de ses dorures bien-pensantes, conduit en réalité au désastre.
avril 28, 2008 at 9:24
Excellent billet. Je le linke de suite.
avril 28, 2008 at 2:29
Lapsus: vous avez écrit dorures; j’ai cru lire ordures.
avril 28, 2008 at 3:39
“le Métis est véritablement l’aryen du XXIème siècle”
Hey ! ^^
http://aucentredugrandrien.blogspot.com/2008/04/le-mtisse-est-laryen-du-21me-sicle.html
avril 28, 2008 at 4:00
Le métissage est l’eucharistie de l’antiracisme européen.
Une dissolution sacrificielle dans la divinité “Autre” ( qui n’en demandait pas tant ).
Finalement, on se fabrique les Dieux qu’on mérite…
avril 28, 2008 at 6:57
@ Artemus :
Merci, vous êtes bien aimable.
@ Cadichon :
Nous avons chacun notre lecture personnelle ;)
@ Xyr :
Oui, j’aurais dû vous citer.
@ Snake :
Oui, la suite viendra. J’expliquerai le sens de ce court article et je rejoindrai votre idée.
avril 29, 2008 at 3:22
Hey Grand Charles, comme d’hab’, un article excellent… Bravo, ça fait du bien de lire quelqu’un comme vous.
Je n’arrive pas à trouver une adresse mail à laquelle vous joindre, c’est pour celà que je vous en informe via un lien…
Avez vous entendu parler de cette étudiante inscrite à Yale qui se fait inseminer puis avorter pour faire de l’art avec son sang et celui des bébés?
C’est par ici que ça se passe:
http://www.lifenews.com/state3131.html
avril 29, 2008 at 2:26
Charles :
Aucun problème, je me demandais simplement si vous aviez lu mon billet ou si nous avions écrit la même formule involontairement ;)
avril 30, 2008 at 2:00
Grand Charles, debout, on parle de vous dans Libé en ligne :
http://www.liberation.fr/actualite/societe/323943.FR.php
A la lecture de leur papier, il s’avère que vous êtes en fait un vilain réactionnaire frustré et à moitié mafieux.
Et moi qui pensais que vous vouliez simplement nous faire partager votre passion pour Bob Dylan et les auteurs classiques de la vieille Amérique, tout en pestant gentiment sur les dérives de la modernité.
Je suis très déçu !
Mais attendez une seconde… Mon Dieu, moi aussi j’écoute Bob Dylan ! Et, horreur, Faulkner repose sur ma table de chevet…
Seigneur, après vérification, il apparaitrait que des millions de gens écoutent Dylan et lisent Mc Carthy !
Mais… Ça signifierait que nous sommes tous d’odieux fascistes ?
Ah, nous sommes perdus.
Vite, une cure de Diam’s en duo avec Cali pour nous apprendre la citoyenneté et l’adoration des belles idées d’aujourd’hui. Et on lira d’une traite tous les ouvrages d’Anna Gavalda, ça nous apprendra, tiens.
Heureusement que Libé veille.
avril 30, 2008 at 2:27
(en pestant “contre” les dérives)
mai 1, 2008 at 3:23
J’étais moins chiant que Libé quand même ;) uh, uh, uh.
Bonjour Grand Charles,
Je vois que mon commentaire sur la vidéo avec gabin n’ets pas passé… :o (je vous demandais notamment entre autres civilités le titre du film d’où provenait ce superbe extrait que vous me fîtes découvrir…)
A bientôt (mais plus chez moi, this is the end) et bonne route vilain réac… (hum tiens je vous enverrai bien une tite chose que je n’ai pas fait paraitre sur les réacs pour cause de femeture prématurée)…
Tang
mai 15, 2008 at 5:26
[...] Enfin, je ne sais pas trop pourquoi je m’étend là dessus. Il y en a qui parlent de tout cela mieux que moi… [...]