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Réacosphère et Libé

Il y a un peu moins d’une semaine un inconnu m’envoie un mail. Il voulait savoir ce que c’est la “réacosphère”. Il dit travailler pour Libé. Comme je suis un vrai petit RG, je passe quelques coups de fil, j’essaie de savoir qui est ce mec. Car j’en reçois assez souvent des sollicitations plus ou moins louches.

Donc la personne en question est crédible et est vraiment à Libération. On me précise que c’est un jeune mec de gauche.

Soit.

Donc, l’interviou en question que j’ai essayé de tailler pour le lecteur de Libé et donner un peu de consistance à l’idée de “réacosphère” pour le journaliste qui a suivi des modules de culture générale. J’ai essayé d’éviter la caricature enfin bref lisez. Quasiment rien n’a été repris, et pour cause j’allais à l’encontre des poncifs qu’il n’a pas manqué de relayer mais je vous la livre tout de même :

-qu’avez-vous pensé de la pub matelsom?

Elle est religieusement Moderne. Elle célèbre l’avènement du Bien et s’en gargarise. C’est l’Elévation Citoyenne du Corps de l’Homosexuel. Ceci est notre corps et nous dormons fièrement sur un matelas Matelsom, venez et achetez-en tous.

J’ai lu les commentaires de la cheftaine de produit, ils sont d’un redoutable grotesque. L’entreprise Citoyenne qui incarne les vertus de la société post-moderne, tout un programme. On a là l’habituel grand banquet des cyniques court-termistes qui voient la communauté homosexuelle de l’IDF comme un levier de croissance et les infatigables épouseurs de bonnes causes (dits idiots utiles) toujours prompts à une indignation et à une mobilisation. L’exploitation de l’homo par l’homme. Le tout au nom de valeurs Citoyennes avec le patron de Matelsom qui nous la joue semper fidelis en restant “droit dans ses bottes”, subversif qu’il est dans cette société ultra-chrétienne et puritaine ! Des clowns arrogants, vraiment.

A ce sujet, je conseille de passer un temps sur ce site militant pour l’alter-sexualité. Vous y lirez des témoignages bouleversants d’hommes amoureux de vache, de femmes souhaitant se marier avec leur éléphant qui chaque jour doivent affronter le regard d’une société rétrograde et arriérée. Le patron droit dans ses bottes et habité par la Grâce Citoyenne sera touché par le message de ces femmes et de ces hommes qui veulent simplement vivre paisiblement leur amour dans une société Ouverte et Tolérante. Et peu lui importera que ces personnes ne comptent pas parmi ses cibles marketing, il ne démordra pas. Il restera droit dans ses bottes.

-qu’est-ce que la réacosphère?

Un quarteron de citoyens en retrait ! A l’origine, le terme a été inventé lors une conversation houleuse avec une de vos confrères (une charmante journaliste de chez Schneidermann). Il Sorpasso était de la partie. Réaction ironique au ridicule “blogosphère” et aux “blogs vigilants”, sans doute. Nous sommes des blogs louches ! Intéressant de noter que ce terme est né suite à une bisbille -cordiale et courtoise, vieille France oblige- avec cette journaliste institutionnelle et officielle et par la grâce de l’ironie. Tout était déjà là…

Les camarades du PKK parlaient un temps d’une droite entre Larry Flynt et Philippe Muray. Il y a de ça…

-comment vous est venu le terme?

La noble idée de réaction a tout son sens dans cette partie du ouèbe tout poïnte zéwo.

L’idée de réaction m’apparaît comme une sorte d’hygiène de l’esprit, qui peut aller de la caricature réactionnaire (nostalgie, vénération des temps anciens, opposition systématique à tout élément nouveau etc), d’une humilité digne d’un Qohelet à une sorte de scepticisme kantien en passant par un spleen baudelairien. Un rapport dérisoire et amusé à l’amas de poussières que nous sommes. Un perpétuel étonnement devant cette propension de l’Homme à se croire tout-puissant. Et bien d’autres choses sans doute. L’idée générale c’est de ne pas considérer benoîtement toute évolution (sociétale, économique etc) comme une donnée inévitable à intégrer de toute urgence dans la donne politique ; tenter d’ôter cette présomption quasi-irréfragable de Bien (Muray) à l’endroit de ce qui est moderne. Lutter contre l’impérialisme de l’Empire du Bien. S’émanciper de l’horizon présenté comme indépassable de Tolérance Citoyenne Festive Participative Sociale Métissée (TCFPSM) ; la seule voie vers le Bien nous dit-on. Echapper à la figure imposée entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, le rap et la chanson bobo, le cinéma intimiste pour trentenaires parisiens dépressifs et les feuilletons TF1. En somme, ne pas considérer la newsletter de l’EHESS comme la Bonne Nouvelle. Vivre sceptique. Demeurer réactif. Il n’y a que les morts qui ne réagissent pas écrivait Bernanos.

-quels sont les thèmes dont vous débattez le plus souvent?

La question économique (libéralisme économique), des questions identitaires (le génocide par substitution comme l’a pensé Aimé Césaire), l’indignation sélective des médias, la bêtise des temps modernes, les sujets sociétaux (il n’y a plus que ça), la littérature (la droite doit beaucoup à celle-ci, Thibaudet ne disait-il pas Il n’y a eu de littérature politique originale, vivante, pittoresque qu’à droite et même à l’extrême droite.), la musique (de Schubert à Joy Division en passant par Bob Dylan et Bregovic) etc

Le monde moderne ne peut susciter chez l’honnête homme que moquerie et frayeur. En réaction, nous cherchons à manier l’ironie et à nous évader vers le Beau.

-qui sont les principaux acteurs de la réacosphères? quel est leur

profil (sont-ils plutôt jeunes, plutôt pratiquants, des mordus du Net?

…)

Plutôt jeunes (je pense que la fourchette 20-40 ans rassemble l’immense majorité des lecteurs/auteurs). S’agissant du niveau de pratique et de croyance, il y a clairement deux courants. Une partie catholique (Polydamas, E-Deo, Salon Beige, Baroque et Fatigué, La Voix dans le désert etc), et des païens plus ou moins nietzschéens ou anarchistes. Je crois qu’il y a aussi des orthodoxes, des protestants etc

Autrement, je ne pense pas être un René Rémond 2.0. Disons simplement que les historiques sont ILYS, PKK, le Cultural Gang Bang, Polydamas, Le conservateur, Hoplite, Artemus, Fromage +, Dies Irae, Stalker etc. Nous aussi nous sommes Divers !

Je doute néanmoins que tous ces sites se reconnaissent dans une quelconque famille. La Diversité…

Comprenez qu’il y a un fort attachement à une certaine liberté.

-pourquoi une telle activité de la part d’un petit nombre de bloggers?

Tout a été dit par Nicolas Gomez Davila dans son essai Le Réactionnaire authentique.

Dans l’actuel processus, les forces sociales ont creusé leur lit dans le roc, et rien ne détournera leur cours tant qu’elles ne déboucheront pas sur la rase étendue d’une plaine incertaine. Les gesticulations des naufragés ne font qu’entraîner leur corps au large des deux rives.

Mais si le réactionnaire n’a aucun pouvoir à notre époque, sa condition l’oblige à témoigner de son écœurement.

-politiquement, où vous situeriez-vous?

Je ne suis pas certain que tous les auteurs et commentateurs se reconnaîtraient dans l’idée de droite.. Nous sommes plus proches de l’UDGD (Union des Divers -avant que son sens soit galvaudé par le newspeak- Gauche et Droite) du visionnaire Le Luron (bien avant Bayrou). La politique, en tant que science de l’étiquette ou en tant qu’art de rendre les peuples heureux, sages et riches en vingt-quatre heures (Baudelaire) ne fait guère illusion dans nos contrées. Plus qu’un combat politique (qui n’aurait que très peu de sens dans le contexte actuel), plutôt une guerre du goût, un sens revendiqué de l’esthétique. Sans grandiloquence, avec ironie et humilité. Essayer, autant que possible, de faire renaître une idée de sens. Immortaliser puis transmettre ce qui disparaît peu à peu sous nos yeux. Et puis ce plaisir aristocratique de déplaire comme disait un autre très grand Charles…

Concrètement, notre candidat à la présidentielle est Bidou, le candidat tout doux. Une peluche plus ou moins fascisante en fibres naturelles du Jura. Son appel au vote Tibéry a été déterminant aux dernières municipales.

Je ne suis qu’un anonyme militant, les véritables spin doctors et instances dirigeantes sont chez ILYS.

Adriana Lima nous soutiendrait également mais il paraît que ce n’est qu’une rumeur…

Autrement, nos parrains pourraient être le Comte Joseph de Maistre et Walter Sobchak du film des excellents frères Coen The Big lebowski.

-vous considérez-vous comme un lobbyiste (terme employé par Thibaud d’e-deo)?

Lobbyiste ?

Tout au plus essaie-je de recommander des artistes (mon blog est un véritable outil de propagande pro-frères Coen, pro-Ellul, pro-Faulkner, pro-Baudelaire, pro-Villey, pro-Comte Joseph de Maistre etc), des auteurs qui me semblent valoir le détour. En ce sens, je peux être un lobbyiste stricto sensu, c’est-à-dire que j’essaie d’imposer par mon influence réelle ou supposée des étapes dans un processus de décision (l’acte d’achat d’un livre, les priorités de lecture etc). Mais tout cela est bien modeste. En revanche, je ne m’apprête pas à refaire ma literie chez Matelsom.

-estimez-vous représenter une communauté importante de lecteurs?

Je ne connais pas les statistiques de chaque blog. Je sais en revanche que les sites de réinformation sont très lus. Aucun blog “réactionnaire” ne connaît la crise. Croissance aussi bien interne (l’influence des liens entre blogs est je pense ici plus importante que dans le 2.0 général ; le réactionnaire est tribal), qu’externe (de nouveaux lecteurs).

S’agissant de mon blog, en un an la progression est remarquable. Entre le maxima des 6 premiers mois et le maxima des 6 derniers mois, il y a un rapport de 1 à 3.

Il y a de toute évidence un intérêt, au moins une curiosité pour une pensée disons alternative. Quelques indicateurs : les oeuvres de Joseph de Maistre connaissent de nouvelles éditions, le Livre noir de la Révolution française a été épuisé dès le premier jour de sa parution, les auteurs contemporains plus ou moins proches de nos causeries se portent bien, les blogs sont lus etc

Nous avons certainement le meilleur ratio entre l’exposition médiatique (quasi-inexistante) et l’importance du lectorat. Nous sommes undâground !

-l’un de vos posts parle de “coup de blues sur la réacosphère”. Vous

estimez manquer de reconnaissance?

Non, sans prétendre parler au nom d’un groupe aussi hétérogène, je pense que personne ne recherche une quelconque reconnaissance. Nous sommes tout à fait lucides sur le sens esthétique de l’époque et la liberté d’esprit qui y affère. En revanche, il y a de vraies plumes et de vrais talents qui en toute honnêteté mériteraient plus qu’une simple page ouèbe (Le Bal des Dégueulasses, les Enfants de la Zone grise, Fromage +, Il sorpasso etc).

En outre, les auteurs contemporains ou récents les plus fréquemment cités sur les blogs (signalons, parmi la vastité des influences, Finkielkraut, Zemmour, Taguieff, Michéa, de Plunkett, Raspail, Soral -essentiellement sa Grande Jonction du patronat court-termiste et des idiots utiles de la cause mondialiste-, de Benoist, Camus, Gauchet, Ellul, les Hussards, Muray, Compagnon…etc) mériteraient eux aussi une plus large couverture médiatique et pourquoi pas universitaire en France (car certains font autorité à l’étranger, je pense à Ellul notamment).

-la réacosphère pourrait-elle exister en dehors d’internet?

Je ne le crois pas. Je pense que beaucoup d’entre nous regrettent la pesanteur qui engourdit la France. Comme disait Céline lors d’un entretien TV : “Nous verrons peut-être un jour une révolte d’esprit contre le poids.” En France, il suffit de peu pour se voir opposer la Table des Lois du 26 Août 1789. Mécréant !

En réaction, l’internet nous permet d’avoir une certaine liberté. L’Inquisition Citoyenne, ses nouveaux blasphèmes, les grenouilles du Lac de Berne, la pression sociale, la concurrence victimaire, menacent (et c’est peu dire !) cet esprit de la conversation frivole, ironique, détachée qui jadis caractérisa l’esprit français. A cet égard, peut-être les blogs de la réacosphère sont-ils une survivance au milieu des ruines. De la Cour aux troquets d’Audiard, il y a toujours eu une tradition de l’esprit, de l’impertinence, du bon mot en France. Souffrez que nous puissions être attachés à cette tradition ! Juste celle-ci…

-Vous rencontrez-vous?

Oui, tous les premiers Mercredi du mois, en forêt de Rambouillet. Cagoules exigées. Plus sérieusement, il y a peu de temps, 5 years later a organisé, très ironiquement, une rencontre au Panthéon. La Patrie reconnaissante…

-enfin, pourquoi préférer garder l’anonymat (Thibaud aussi souhaitait

le conserver)?

Je suis étudiant (non-manifestant) et déclaré à la mairie républicaine depuis 21 ans. Par voie de conséquence, je ne peux raisonnablement faire mon coming-out réactionnaire. Le blacklisting social ou professionnel est une réalité, la liberté d’expression un mythe constitutionnel. La HALDE ne se préoccupe guère de gens comme nous…

80 Réponses vers «Réacosphère et Libé»

  1. sur avril 30, 2008 à 6:13 Hank

    Soit ! Pardonnez mon affolement, vous saviez déjà. Vous étiez dans la confidence, pour ainsi dire. Presque du sérail.

    Trêve de plaisanteries : loin de moi l’ignoble idée de faire reluire vos pompes, mais vos propos sont emplis d’une dignité qui vous honore.

    L’article de Libération, lui, est somme toute fidèle à ce qu’on pouvait en attendre. Les commentaires des lecteurs font suite : la réacosphère est le repère d’une bande d’homosexuels refoulés, frustrés, socialement minables, fanatiques chrétiens aux tendances pédophiles (on l’avait à peine vue venir à quinze kilomètres celle-là) et probablement puceaux, allez, pour faire le poids.

    Il faut croire que votre plaidoyer en faveur de l’amertume dans la critique et pour la lucidité du désespoir n’a pas touché notre ami journaliste.

    C’est bien dommage.


  2. sur avril 30, 2008 à 6:21 La voix dans le desert

    Le Grand Charles devient une star ! Après Polydamas et le Salon Biege, voici que la presse Tolérante vous interroge. Excellente interwiew, donc. Vous avez été parfait. Pertinent, cultivé, drôle. Ce sont les qualités de la réacosphère en général, et de votre blog en particulier.

    Merci de m’avoir cité. Entouré de ces voisins prestigieux, j’ai un peu le vertige.

    J’espère que le journaliste ira sur Alter Sexualité, rien que la possibilité qu’il le fasse m’enchante.


  3. sur avril 30, 2008 à 6:22 Le Grand Charles

    Sur la masse des libéphiles, il ne fallait de toute façon pas s’attendre à en toucher 10%.

    Je n’ai pas lu les commentaires, je m’en branle honnêtement.

    Je tiens à préciser que le journaliste était plutôt sympathique pourtant. Son titre ne l’honore pas.

    La grosse information de l’article, c’est qu’il y a des “spécialistes “des mouvements “réactionnaires” et des institutionnels qui nous lisent. Je le savais déjà mais c’est toujours surprenant de voir que c’est dans la considération (plus ou moins développée) que nous porte l’autre qu’on prend conscience de son existence comme aurait dit un historique batracien de Libé.


  4. sur avril 30, 2008 à 6:27 Le Grand Charles

    @ La voix :

    Héhé, merci.
    Oui, la simple idée que ce site apparaisse dans Libé m’a fait mourir de rire. Malheureusement, ce n’est pas le cas…


  5. sur avril 30, 2008 à 6:28 Mony V.

    C’est très bien, mais tu as été trop copieusement ironique, avec un surplus de termes, de références et de contre-pieds auxquels nous sommes habitués, mais qui ont effrayé notre folliculaire. A mon sens, il aurait fallu se contenter d’une ou deux phrases définitives par question.


  6. sur avril 30, 2008 à 6:32 Le Grand Charles

    Oui, j’avais pourtant une petite expérience mais le gros point noir c’est que je l’ai noyé d’informations. Mais je tenais vraiment à donner un aperçu de la “réacosphère” aussi fidèle que possible. Inconsciemment, j’ai deviné qu’il partait du postulat que ce n’était qu’un repaire d’arriérés chrétiens alors il a fallu expliquer que la doctrine de l’Eglise est plus que jamais d’actualité et pertinente, que nous sommes jeunes, ironiques et que le spectre de nos influences est large. C’est ce qui est intéressant dans le terme réactionnaire : il permet de contourner la sémantique officielle : fascisssss, ultra-catholique etc


  7. sur avril 30, 2008 à 6:41 Kamarad Alibekov / PKK

    Merci Grand Charles pour ce moment de communion (oups) qui honore un certain courant de pensée libre.

    Je constate simplement que le journaliste de Libé avait déjà écrit son article avant de vous interroger.


  8. sur avril 30, 2008 à 7:58 Naufana

    J’aime beaucoup votre interview. Pour moi qui découvre la réacosphère, c’est très enrichissant.

    Dommage que Libé ait retenu seulement ce qui les arrangeait pour en faire un amas de poncifs ennuyeux à mourir. Mais on ne pouvait guère s’attendre à mieux de leur part.


  9. sur avril 30, 2008 à 8:03 Simon

    En bref, noli mittere margaritas ante porcos.. ou socialos.


  10. sur avril 30, 2008 à 8:10 Artemus

    Belle interviou GC et merci de m’avoir cité, vous êtes fort urbain.

    Je partage vos propos à 100% et pourtant, comme vous le dites fort bien, Dieu sait que nous sommes Divers. C’est peut-être notre force après tout, cette diversité. Une vraie diversité, chacun étant à sa place et contribuant, avec ses propres moyens, à dénoncer l’absurdité du monde dans lequel nous vivons. Pour espérer un autre monde. Nous sommes des altermondialistes en réalité.

    Citant un article de l’excellentissime F +, je disais (en m’incluant modestement dans le lot) que nous étions les vrais Résistants. Je le crois vraiment. De plus en plus.


  11. sur avril 30, 2008 à 8:50 Lebodra

    LGC:

    Je voulais juste vous dire qu’ayant lu dans l’interview ci-dessus que vous évoquiez Ellul et intrigué, j’ai regardé un peu la bio et l’oeuvre de cet homme, et j’étais loins de me douter qu’il était aussi intéressant. J’ignorais entre autre ses recherches sur l’anarcho-christianisme, son oeuvre théologique et surtout son point de vue sur l’incompatibilité entre judéo-christianisme et Islam. Mon oubli est d’autant plus inexcusable que j’étudie là où Ellul a longtemps enseigné (il faut dire que le seul prof qui l’a évoqué a dit exactement ce qu’il fallait pour m’en dégoûter: présenté comme un militant de la décroissance écolo). Je tenais à vous remercier car je passe très régulièrement sur votre blog et, outre une joie de vous lire, je me suis plusieurs fois intéressé, grâce à vos conseils, à plusieurs personnalités, notamment Dylan que je ne connaissais pas. C’est marrant d’ailleurs j’écoutais il y a peu la chanson de Dylan dont vous parlez dans l’article d’avant, avec comme image de fond des photos du Viet Nam, et j’ai eu sensiblement la même analyse que vous.

    Vous pouvez effacer ce commentaire (hors sujet), je ne voudrais pas encombrer, et me répondre par mail :)

    Cordialement.


  12. sur avril 30, 2008 à 8:53 LBDD

    C’est quand-même hallucinant… Libération profite d’un prétexte débile pour cracher son venin sur la “réacosphère”. Je m’explique. Tout part de l’affaire Matelsom et du boycott orchestré par e-deo.
    Or… Ni moi, le Grand Charles, ni Polydamas, ni aucun blog néoréac de ma connaissance n’avons relayé cette campagne de boycott.

    Libé se sert d’un prétexte fallacieux pour partir en croisade contre les blogs “de droite”.

    Moi, ça m’incite à continuer. Que mon blog ait pu être cité et pas Le Conservateur, ou tout simplement chretienté.info… Ca me fait un peu honte. Mais passons.


  13. sur avril 30, 2008 à 9:12 Le Grand Charles

    Dans l’ordre de fraîcheur :

    @ LBDD :

    J’avais écrit deux trois petites choses sur l’affaire dans un billet intitulé “deux cathos, c’en est trop pour les ultra-pédérastes” qui parodiait l’article de Têtu ou du Nouvel Obs je ne me souviens plus qui titrait ainsi : “Deux homos, c’en est trop pour les ultra-catholiques”.
    Je vous en avais parlé par mail, à ce sujet.

    Oui, c’est la raison pour laquelle j’avais cité un maximum de sites lors de l’interview et que je la colle ici pour que les nouveaux lecteurs accèdent à ces sites.

    @ Lebodra :

    Oui, Ellul est bien plus intéressant que la plupart de ceux qui l’ont récupéré. J’apprécie notamment ses écrits sur la Technique (L’illusion politique) et sur l’anarcho-christianisme. Son bouquin sur l’Ecclésiaste “La raison d’être” est incontournable. Toute la mouvance que j’ai tenté de décrire dans cette interviou y est synthétisée.

    Si mon blog peut servir à casser les lignes de rupture imbéciles et complètement désuètes (genre Dylan était un 68ard, les frères Coen sont juifs et post-modernes, Ellul a été servi de caution idéologique à des gauchistes, les cathos sont emmerdants etc ) qui subsistent ici et là, ce serait une grande satisfaction personnelle. Je crois sincèrement que les sceptiques sont bien plus nombreux que les bénéficiaires des dividendes de la modernité, et qu’il y a des convergences pour peu que l’on se donne la peine de penser honnêtement. A ce titre, j’écrirai quelque chose sur les “nationalistes païens” d’ici peu.

    @ Artemus :

    Merci. Oui, nous sommes divers (toujours cocasse d’utiliser ce terme). Notre point commun étant d’avoir vu ce qu’il ne fallait pas voir et d’avoir dit ce qu’il fallait taire…

    @ Simon :

    Oh, si. La satisfaction d’avoir pu faire découvrir à un journaliste de Libé des blogs comme Fromage + me suffit amplement.

    @ Naufana :

    Bienvenue ! N’hésitez pas à visiter les blogs mentionnés.

    @ PKK :

    Oui, c’est fort probable. Merci de vos compliments.


  14. sur avril 30, 2008 à 10:02 LBDD

    Au temps pour moi.
    En tout cas ça relève quand même du fantasme de Libé…


  15. sur avril 30, 2008 à 11:07 Almendralejo

    Bravo.
    Vos réponses sont brillantes. J’ai découvert la “réacosphère” il y a trois ans. Ilys sont les spin doctors et je profite de votre tribune pour saluer donoso cortes, dont le blog, fermé, m’était indispensable.


  16. sur avril 30, 2008 à 11:15 Le Grand Charles

    Vous trouverez ce site baroqueetfatigue.wordpress.com pour vous consoler :)


  17. sur mai 1, 2008 à 2:48 le conservateur

    Vos réponses sont intelligentes, à partir de ce matériau le journaliste aurait pu sortir quelque chose de présentable, au moins ! au lieu de cela, un torchon avec le cachet du CNRS (”les réacs ont été traumatisés dans leur enfance” ;) et d’un pseudo-spécialiste des sectes (”ils attachent leurs lecteurs et les obligent à lire leur blog jusqu’à la mort”). C’est du Libé tout craché : non pensance boursouflée.

    Merci de m’avoir cité dans votre réponse ; je me remettrais (en buvant) de cet affront, mais j’ai eu mes 5 minutes de gloire dans le passé.

    LBDD vous le méritez bien.


  18. sur mai 1, 2008 à 5:41 Nexus

    Effectivement, le plumitif de L’Abération n’a rien repris de votre exposé limpide sur la réacosphère. Peut-être a-t-il craint, l’espace de quelques lignes virtuelles, d’élever le niveau de sa feuille de choux.

    Finalement, il pond la bafouille hebdomadaire anti-catho au lieu de s’intéresser, très sociologiquement, lunettes carrées sur le nez, à la diversité de la réacosphère.

    Certainement par peur de l’Autre… Brrrrrrr ! :D


  19. sur mai 1, 2008 à 11:00 Fabrice

    Effectivement votre brillante interview n’a rien à voir avec l’article de Libé. Je pense que son idée de la réacosphère était déjà toute faite avant d’écrire cet article.


  20. sur mai 1, 2008 à 1:35 Guilhem Fouetillou

    Je lis avec attention l’ensemble des articles et commentaires publiés en réaction à l’article de Libération en date du 30 avril.

    Il me semble que malgré la volée de bois vert dont fait l’objet Libération, journalistes et “spécialistes” qu’ils soient flics à la solde des pubards et marketeux (me concernant) ou chercheur incompétent payé par le contribuable (pour Florent le Bot du CNRS), ce qui se joue là est plutôt positif quant à la complémentarité des médias de masse et des micro-publications citoyennes.

    Je m’explique : soit un article de moins de 800 mots publié par un quotidien généraliste marqué politiquement ou du moins idéologiquement et historiquement à gauche. Un travail de synthèse, de réduction constitutif de l’exercice journalistique : il faut vulgariser, rendre accessible, on le fait parfois au prix d’inexactitudes, d’imprécisions, de raccourcis, de slogans ou de phrases chocs ; toux ceux qui ont eu affaire à des journalistes ont eu à supporter cette sensation d’appauvrissement de son discours nécessaire à sa correcte médiatisation. Mais le propre du journaliste est, il me semble, de ne justement surtout pas être expert, spécialiste mais bien généraliste et capable de traduire pour le plus grand nombre, des sujets qui autrement resteraient l’affaire de spécialistes. On n’est donc jamais satisfait de la traduction proposée par un média de son discours.

    Mais au final, le mass média ouvre la discussion, informe ses lecteurs de l’existence du sujet traité. L’école de Chicago disait que « l’information », c’est tout simplement ce qui suscite des discussions, ce qui fait parler au diner du soir. Alors qu’avant le web, ces discussions restaient confinées à la discrétion des cocons domestiques, aujourd’hui, elles peuvent être médiatisées et rendues accessibles dans l’instant par les monstres indexeurs tels google. Ainsi, l’article du journal devient une simple fenêtre d’ouverture vers les discussions suscitées par l’article. Et ce sont évidemment les personnes visées par l’article qui s’en emparent et lancent le débat, au final c’est un univers bien plus complexe et protéiforme que ce que 800 mots ne permettaient d’exprimer qui s’ouvre à quiconque souhaiterait s’intéresser au sujet.

    Alain Joanes sur son excellent blog Journalistiques aborde souvent la question de la construction du fait journalistique et le saut qualitatif énorme permis par le web en rendant le corpus des sources ayant permis la rédaction d’un article directement accessibles au lecteur final. Même si ce n’est pas un exercice auquel Libération se livre pour le moment directement sur son site, ce travail peut être réalisé par quiconque s’intéresse au sujet. Je trouve excellente l’initiative du Grand Charles de publier le contenu de son échange avec Gael Cogné, il aurait été intéressant que je fasse de même ainsi que Florent Le Bot (j’ai passé plus d’une heure au téléphone avec Gael Cogné et l’échange fut très intéressant et forcément plus complet que ce qui a été repris, je pense qu’il en est de même pour Florent le Bot). De même en dehors des commentaires simplement insultants (mais en général plutôt bien écrits et dotés d’un humour certain), les avis argumentés sont plutôt intéressants et apportent nombre de précisions sur le positionnement de la « réacosphère ». J’en profite d’ailleurs pour souscrire au fait que la plupart des stratégies d’influence qui y sont déployées sont effectivement les mêmes que celles déployées par les mouvements de gauche et alter-mondialistes et qu’au terme sectaire, le terme underground ou sous terrain eut été plus fidèle à ce que je souhaitais communiquer (une communication qui se réalise « sous le radar », de proche en proche, sans le soutien ou le relais des médias traditionnels).


  21. sur mai 1, 2008 à 2:45 fandenimier

    Bravo pour vos réponses ! C’est vrai qu’en ce moment, il y a pas mal de buzz sur les blogs réacs. Les statistiques sont éloquentes.


  22. sur mai 1, 2008 à 2:59 Le Grand Charles

    @ Guilhem Fouetillou

    Intervention très intéressante. Merci d’avoir franchi le pas. Pourriez-vous reprendre ce que vous avez dit à Gaël Cogné ? Si vous voulez une tribune, la mienne vous est ouverte. J’aimerais vraiment savoir ce qu’un scientifique pense de la “réacosphère”.


  23. sur mai 1, 2008 à 4:05 Nexus

    Merci Mr Fouetillou d’avoir pris la peine d’apporter quelques précisions intéressantes.

    Et je rejoins Charly pour une éventuelle description plus fidèle de la réacosphère qu’un papier dans Libé.


  24. sur mai 1, 2008 à 5:39 Le Grand Charles

    @ Le conservateur & Nexus :

    Je suis quelque peu réticent à l’idée de taper sur un journaliste de Libé. Déjà, c’est assez convenu. Ensuite, il a eu une certaine audace intellectuelle, quoi qu’on en dise. Evidemment, son titre caricatural, ses extraits choisis relativisent cette audace. Il y a aussi des fautes assez regrettables (”la doctrine saine de l’Eglise”, c’est assez craignos pour un professionnel de l’information).

    Mais, comme l’a dit Guilhem Fouetillou, c’est un début de discussion. Partant, il est difficile d’éviter la caricature et les a priori, notamment au regard de l’état de la presse française. Il est illusoire d’attendre de la finesse, de la pertinence et du style sur des sujets aussi polémiques et par nature frontaux.

    Soyons polémique.

    On peut toujours préférer la clandestinité du groupuscule, c’est underground et c’est baroque, mais concrètement ça ne mène à rien si ce n’est la satisfaction d’un égo surdimensionné. Soral ou Le Pen sur certains propos ne sont pas des sentinelles de la liberté d’expression, ce sont des clowns plus ou moins vulgaires. Il y a une nette propension avérée chez certains à jouer des caricatures et à ensuite venir pleurnicher sur leur mauvais traitement médiatique. Du nihilisme de bas-étage et de la grandiloquence déplacée, ni plus ni moins. Une espèce de réminiscence de catéchisme qui consiste à voir une figure christique dans chaque grande gueule plus ou moins droitarde mais surtout crétine. Le chemin de croix était un acte d’humilité et de foi, pas une opération coup de poing sur n’importe quelle thématique bancale.

    Donc, moi je préfère avoir été entendu par un journaliste qui certes n’a pas retranscrit mes propos mais qui a eu l’honnêteté de les mentionner que d’entrer dans une espèce d’indifférence romancée ou que de correspondre à la plus grotesque des caricatures qui est faite de nos milieux.

    Donc, oui, le journaliste de Libé a commis des erreurs et des approximations. What else ? Il a pris le temps d’aborder le sujet, après professionnellement il n’a pas forcément brillé mais un court instant une cloche dissonante (caricaturée certes) a perturbé la parade des bonnes consciences. Il a plus rapporté que reporté mais c’est un début de discussion. Ca me suffit.


  25. [...] Grand Charles a publié sur son site les réponses qu’il a fournies au journaliste de Libé au sujet de la [...]


  26. sur mai 1, 2008 à 8:40 Guilhem Fouetillou

    Je ne suis pas historien, sociologue ou politologue. Je suis spécialisé en sciences de l’information et m’intéresse aux dynamiques communautaires sur le web. A ce titre mes échanges avec Gael Cogné ne furent pas consacrés à une analyse de la “réacosphère” quant aux idées qu’elle véhicule mais plutôt à un exercice descriptif de votre utilisation du web et plus généralement de l’internet. Les éléments que je lui ai apportés vous paraitront plutôt triviaux car ils ne font que relever ce qui est votre pratique quotidienne de ce média là.

    Nous avons beaucoup parlé de la diversité des points de vue exprimés, points de vue malgré tout sous tendus par des fondamentaux communs ; du souhait exprimé de ne pas simplifier le discours et de nourrir un débat fait de complexité ; de l’abondance de publication dont nombre confinent à la graphomanie (au sens de Kundera) ; du caractère fermé et fortement endogame de cet univers ; de l’entre-soi assumé et affiché et des nombreux implicites maniés dans le discours du style “on s’comprend …” ; de l’age moyen plutôt jeune ; de la qualité du français plutôt bien au dessus de la moyenne des blogs ; des blogs qui sortent du lot et qui sont le plus souvent cités par les autres habitants de cette région du web ; des référents tels Mauras, Zemmour, Soral.

    Voilà donc ce qui alimenta nos discussions une petite heure durant.


  27. sur mai 1, 2008 à 8:46 xyr

    Avec tout le respect que j’ai pour vous Charles, je me permets de linker ici un point de vue légèrement différent quant à votre dernier commentaire et les rapports entre les médias “traditionnels” et les nôtres.

    http://aucentredugrandrien.blogspot.com/2008/05/pieuvre-gloutonne.html


  28. sur mai 1, 2008 à 9:15 Nexus

    Je ne crois pas avoir jamais joué les caricatures et je ne viens pas pleurnicher après car pour être tout à fait honnête, je trouve cette histoire de gays sur un plumard tout à fait grotesque et cela ne me choque pas outre mesure; il s’agit d’une cible de clients comme une autre, il faut au contraire louer l’intelligence des types qui ont crée cette campagne. Le monde est ainsi fait, par grappes et si les gays font partie de celles recherchées par un marchand de matelas, alors tant mieux, en plus il fait bien son boulot niveau com’.

    Non, ce qui m’agace justement c’est que cette réacosphère soit réduite à une bande d’aigris homophobes à peine sortis de chez leurs parents.
    Personnellement, je me sens assez éloigné d’e-deo (quoique catholique) qui me rappelle un peu les délires des intransigeants. C’est là aussi tout le problème de ce fourre-tout que représente le terme de “réacosphère” que vous avez, dans votre entretien pourtant soigneusement évité de catégoriser, de ranger dans des petites boîtes.

    Je pense que les réac’ ont autre chose à apporter au débat Citoyen & Humaniste en communiquant sur d’autres choses que les gays dans la publicité. Pourtant je suis le premier à critiquer le clanisme d’une partie des gays, mais là cette histoire de publicité me paraît à un peu à côté de la plaque et peu représentative de ce qu’est la réacosphère.

    Libé, alors qu’il disposait de tous les éléments nécessaires à un article construit et intelligent (votre entretien) a préféré taper fort et facilement sur l’homophobie des méchants petits fasciiiiistes du web. C’est en cela que je me suis permis de critiquer l’article. Parce qu’à la limite, si l’article avait été pondu sans avoir pris contact avant avec vous (ou autre), il serait resté un article parmi tant d’autres dans l’écrabouilleur à idées qu’est Libé.


  29. sur mai 1, 2008 à 10:12 SK

    Si je comprends bien, il faudrait presque se réjouir de ce tissus d’insanités publiés dans Libé. Nous serions presque en attente d’une certaine reconnaissance, même, qui donnerait réalité à notre existence. L’identification, même approximative , même grotesque, par un de ces médias institutionnels serait importante. Pour permettre la “discussion”. Et pourquoi pas des “échanges culturels”, aussi, tant que nous y sommes? En fait, il n’en est rien. Il n’y a absolument rien à attendre de cette engeance, rien. Mais enfin, d’où venons-nous ? Je ne parle pas de nous , en tant que communauté introuvable, mais de chacun d’entre nous. Il n’y aura pas de discussion, il n’y aura pas de débat. L’avenir, c’est la contamination élitiste, certainement pas ces torchons à l’agonie. Eux sont morts. Ils sont carbonisés.
    Qu’ils crèvent.


  30. sur mai 1, 2008 à 11:31 Le Grand Charles

    @ SK :

    Navré, je préfère ne pas vous répondre. Eventuellement, lisez mon nouvel article.

    @ Nexus :

    Oui, il faut rester underground. Et il ne s’agissait que d’une petite publicité sans signification aucune.


  31. sur mai 2, 2008 à 2:32 ElGato

    Tout un pan d’Internet s’ouvre à moi, c’est un grand jour; “réacosphère”, si on m’avait dit qu’un jour je lirai ça…Et sans vomir, encore.
    Article très intéressant donc, je vais lire le reste du blog évidemment.
    Mais puisque j’ai peut-être la chance d’avoir l’auteur sous la main, j’aimerais en profiter pour poser une question:

    - Bien sûr, on parle ici de blogs: des articles, du texte, pas mal de scepticisme, de commentaire et de critique. Mais passé cela, y a-t-il des propositions, des actions, bref, ce que le commun (pardonnez-lui, il ne sait pas ce qu’il fait) appellerait sans doute “critique constructive” ?
    Ou encore, auriez-vous une chance d’exister sans Internet ?

    C’est une véritable question; même si pas mal d’élémens locaux me débectent comme la suffisance évidemment, ou encore les références constantes à des religions dont une bonne partie du globe se fout comme de son premier clavier, mais également le lexique étrange, entre nostalgie poussiéreuse - “Educ Nat” m’a bien fait rire - et termes venus tout droit du marketing libéro-journalistico-bobo sur lequel ça déblatère ici à tour de bras, malgré tout cela donc, je suis très intéressé, ne voyez pas malice à mon message (ah, et le vouvoiement aussi, ça m’énerve).

    - D’autre part, parmi les thèmes dont vous parlez, on trouve tout plein de références bon teint façon “caricature réactionnaire” (qu’en des termes subtils et ironiques ces choses-là sont dites); le monde s’est arrêté de tourner en 1970, c’est normal, nous ne sommes qu’en 2008.
    Mais alors, que sera la réacosphère de 2046, des bobos attardés ? Peut-être même seront-ils homosexuels (quelle horreur) ou aimeront-il des vaches (je recommande les normandes, à museau humide)…

    Evidemment il restera toujours l’ironie, mais ça n’est pas un paravent, simplement une forme d’expression.
    Pas vrai ?


  32. sur mai 2, 2008 à 2:58 Le Grand Charles

    Elgato,

    Bienvenue ici.
    Critique constructive ? Oui, aller à la messe ;)
    Réactionnaire en 2046 ?
    Une normande, le museau humide. :)


  33. sur mai 2, 2008 à 5:56 nonoche

    Pourquoi quiconque s’étonnerait que rien n’ait été repris de ce texte? Je n’ai pas été jusqu’au bout, mais ça partait sur les chapeaux de roues, avec cette insinuation nauséabonde que demander la liberté de s’aimer entre adultes consentants serait équivalent à de la zoophilie…

    La promotion du “Beau” comme valeur absolue part du principe qu’il y a une beauté universelle à laquelle tout être humain devrait se plier. Ou le début du totalitarisme. Que peut-il vous importer que ce qui vous plaît ne me plaise pas, et réciproquement? En quoi est-ce votre affaire? Chaque être humain n’est-il pas unique au point qu’on puisse admettre que tous les goûts sont dans la nature? Non pas que tous ces goûts puissent s’exprimer, mais qu’on puisse au moins reconnaître à chacun la liberté de faire ce que bon lui semble dans la mesure où ça ne porte de tort à personne. Mais bien sûr, vous considérerez qu’agir de telle ou telle manière sera vous porter du tort et choquer votre bon goût. Sauf qu’en suivant ce précepte, votre bon goût pourra en choquer un autre tout autant. La nuance, de votre point de vue, c’est que c’est vous qui avez forcément le “bon” bon goût, et on en revient à votre totalitarisme, auquel je pourrais tout autant d’ailleurs lui opposer un autre.

    Tout ça se démonte d’un “bon vieil adage”, que j’ose espérer vos parents vous auront apris comme à moi : ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse. Dénoncer l’athéisme ou l’homosexualité, c’est reconnaître à l’autre le droit de lutter contre le catholicisme ou l’hétérosexualité… ça mérite peut-être un peu plus de réflexion.


  34. sur mai 2, 2008 à 6:17 nonoche

    Je rejoins ElGato sur l’absence totale de proposition pour mettre un terme à ce que vous déplorez. Et pour cause, à ma connaissance la seule manière de rendre à notre société le lustre dont vous vous languissez serait de mettre fin à la démocratie, pour forcer tout un chacun à se comporter d’une manière qui correspond plus à votre vision de “l’homme honnête”.

    Il ne s’agit donc que d’ergotages stériles et auto-congratulants. Pas de quoi s’attarder plus que ça, donc. Amusez-vous bien.


  35. sur mai 2, 2008 à 6:58 nonoche

    Et tiens, quand même, j’en rajoute.

    Sur l’homosexualité, j’aimerais bien qu’on m’explique le point de vue réac’, attendu que les mêmes causes ne semblent pas provoquer les mêmes effets.

    Si j’ai bien compris (détrompez-moi si jamais), l’argumentaire principal contre l’homosexualité (outre le dogme religieux, qui en tant que tel ne me paraît pas prêter le dos à discussion), consiste à dire que la chose serait contre nature. Je ne vous opposerai pas l’argument éculé de l’homosexualité qui se trouve dans tout le règne animal, ça serait trop simple et trop fait. Et j’imagine que “ça ne compte pas”, pour une raison ou une autre.
    La vocation du coït, au sens naturel du terme, serait la procréation pure et dure. Papa dans Maman et le noir, on serre les dents et on pense à la France. Soit.
    Dans ce contexte, que n’abhorrez-vous tout autant les couples stériles, ou les pratiques hétérosexuelles n’ayant pas pour vocation la procréation (je ne vous ferai pas de dessin)? Pourquoi se focaliser sur l’homosexualité, alors qu’il y a tant de couples hétérosexuels qui ont le mauvais goût de ne pas enfanter pour leur patrie à chaque partie de jambe en l’air?

    On pourrait aussi parler des méthodes de contraception, selon les vues réactionnaires, les couples sont-ils censés ne s’accoupler qu’à seule (ou première) fin de procréer? A partir de combien d’enfants est-on exempté d’en faire plus, et autorisé à utiliser la contraception? A moins bien sûr qu’il ne faille cesser tout contact charnel…

    Comprenez bien que cette focalisation acharnée sur les couples homosexuels fait figure de double langage, tout de même. D’autant que je ne comprends toujours pas en quoi ce qui se passe entre adultes consentants puisse bien être votre affaire ou vous concerner de près ou de loin. S’agirait-il d’un projet de société ayant pour vocation d’enrayer la lente et inéluctable stérilité de notre peuple à cause d’une homosexualité galopante? Mais encore faudrait-il démontrer que l’homosexualité soit contagieuse, ou que ce comportement se propage d’une manière ou d’une autre… Les chiffres semblent plutôt stables, estimant les homosexuels à environ 5% de la population, ce qui se vérifie à peu près partout dans le monde (à part bien sûr dans certains pays où il n’y a officiellement pas un seul homosexuel…)
    Quant à ceux qui considèrent que l’homosexualité est un choix, cela implique-t-il qu’ils auraient pu eux-mêmes le faire mais qu’ils ont opté pour l’hétérosexualité, et qu’il y aurait quelque fierté à en tirer?

    À moins d’activisme prosélyte pour changer les points de vue et propager votre façon de voir les choses, ce qui ne semble pas être le cas au vu du désir de discrétion de certains, à part répéter “pauvre France” en boucle entre vous, à quoi rime donc ce mouvement, si ce n’est à entretenir votre propre exaspération?


  36. sur mai 2, 2008 à 7:10 Julius

    compliment, je découvre ton itw et ne retire pas un mot pour ma part sur le brillant credo que tu as prononcé

    bon week end
    Julius


  37. sur mai 2, 2008 à 7:59 Le Grand Charles

    @ Nonoche :

    D’avance, veuillez pardonner la forme et les fautes. Je suis pressé par le temps.

    Vous retournez -habilement- la situation en votre faveur. La promotion du modèle homosexuel, de la famille redérecomposée et de la sexualité Citoyenne sont les points cardinaux du courant actuel clairement dominant. La déviance est d’être non-divorcé et d’avoir une famille nombreuse (ndr, valable uniquement pour les couples blancs).
    Le Bien Citoyen est vanté jusqu’à des affiches de literie (tout le grotesque de l’affaire). L’accusation totalitaire (pour un modeste comme moi qui éxècre l’Etat et sa nature boulimique, c’est fort de café mais passons) montre ici tout le ridicule et le degré de totalitarisme de l’idéologie dominante.
    Ce sont les patrons (communauté homosexuelle comme levier de croissance, marketing mimétique etc), les journalistes, l’Etat et ses innombrables dépendances (HALDE etc) etc qui reprennent en coeur les dogmes modernes. C’est jusque dans le métro que l’on nous impose la Célébration du Bien Citoyen dans une literie. Tout, partout, tout le temps, sur tous les supports, dans les classes, dans les médias, jusqu’à une publicité pour une literie ( !!!! c’est dire le degré d’intégration de l’idéologie dominante) vous appelle à rejoindre les pèlerins du Bien.
    Il y a un messianisme évident (”je resterai droit dans mes bottes”, messianisme hypocrite, certes) dans les propos du patron de Matelmachin.
    Revenons sur le degré d’intégration du dogme moderne. Ségolène Royal qui vante le métissage comme seule alternative au racisme (et depuis l’anti-racisme, nouveau totalitarisme du XXIème siècle nous savons la Menace raciste est partout : sports, arts, médias, écoles, entreprises partout, partout, c’est le régime de la suspicion et tout devient question de quotas, de couleurs, de racisme etc le sport, les médias, les arts, les écoles, les entreprises ne sont plus sportifs, médiatiques, artistiques, solaires ou économiques, non le Débat s’invite partout, à toute heure de la journée, tout est question de représentation, d’apparence, d’appartenance etc Jamais la question raciale n’a été aussi présente depuis l’époque nazie, même les Black Panthers avaient une grille de lecture avant tout marxiste et pas racialiste, voyez mes billets précédents) c’est l’intégration ultime : jusque dans l’Amour, vous devez célébrer le Bien Citoyen. Et c’est une femme dont la profession est plus ou moins politique (si cela a encore un sens) qui vous l’impose. La sphère privée etc vous disiez. J’y reviendrai.

    __

    Je vous cite :

    Chaque être humain n’est-il pas unique au point qu’on puisse admettre que tous les goûts sont dans la nature? Non pas que tous ces goûts puissent s’exprimer, mais qu’on puisse au moins reconnaître à chacun la liberté de faire ce que bon lui semble dans la mesure où ça ne porte de tort à personne.

    __

    Relativisme usuel. D’où le renvoi au site http://bigpouf.wordpress.com/

    Les amoureux des autruches réclament exactement les mêmes droits avec des démonstrations intellectuelles qui reprennent mot pour mot les structures, les tics de langage et les idées que vous déclamez ici. Ce site a l’avantage de mettre en évidence le caractère délirant de ce relativisme de bas-étage.

    __

    Sur les alternatives ou la critique-qu’il-faut-absolument-constructive.

    En premier lieu, ôter cette présomption de Bien qui caractérise tout élément moderne. Introduire le doute. Mais pour cela, le défasciser. Le doute n’est pas fascissssss’. Même lorsqu’on doute du Bien.
    Un Juge a dit en audience : “le doute est un poison de l’esprit”.
    http://lebaldesdegueulasses.hautetfort.com/archive/2008/02/29/le-doute-ce-poison-de-l-esprit.html
    C’est ce que j’appelle l’Inquisition Citoyenne. Vous êtes dans le Bien, quiconque en doute est dans le Mal. D’autres, bien plus brillants, l’ont fort bien écrit.

    Sur l’homosexualité particulièrement, il y a plusieurs choses. Très concrètement :

    -les chiffres de délinquance sont incroyablement plus élevés chez les enfants/adolescents ou “jeunes” comme vous dites évoluant parmi des familles monoparentales. Doute (fascisssssssss’): il y aurait peut-être quelque chose qui relèverait du modèle de ce qu’on nous présente comme la libération sexuelle, ambition bourgeoise d’adapter la société à ses moeurs, de l’émasculation de la figure du Père, de l’abolition minutieuse par la ringardisation (minitueuse aurais-je dit) du modèle familial classique, du regroupement familial qui parfois se transforme en placement d’actifs, vision comptable de l’Homme qui n’est pas sans rappeler le déracinement, pardon, l’immigration économique-Chance-Pour-La-France, vantée par le patronat et son cortège d’idiots utiles etc

    Voyez, les axes d’étude sont amples. De toute évidence, la question n’est pas ici : il faut, c’est un impératif presque constitutionnel, que le modèle présenté comme Moderne soit célébré.
    Il est interdit de remettre en cause celui-ci. Point Godwin situé à 20 sec du début de conversation. En passant, le IVème Reich Progressiste comme dirait Le Bal des Dégueulasses, ne cesse de pointer la Menace raciste voire nazie mais légitime pourtant, avec beaucoup d’aises, le déracinement, l’avortement (avec un véritable obscurantisme et des contournements législatifs dignes, pour une fois, de l’époque nazie ; la science montre qu’un foetus, dans les délais légaux -qui ont changé : visiblement la biologie humaine, aux yeux du législateur français, a changé le temps d’une nuit à l’Assemblée Nationale-, est clairement un être vivant, doué de capacités nerveuses etc), l’eugénisme, la destruction de l’identité (du moins occidentale, l’identité Tibétaine, l’identité Noire -Aimé Césaire parlait de génocide par substitution au sujet des Nègres, un leucoderme risquerait le pénal pour des propos scrupuleusement identiques- etc sont célébrées) l’euthanasie comme réduction de coûts fixes, et a peu près tout ce qui vient gêner l’épanouissement personnel (carrière etc).

    -sans parler forcément de’homosexualité, il y aurait beaucoup à dire sur la démographie. Question des retraites par exemple : un couple sans enfants peut-il bénéficier des largesses de l’effort national pour sa retraite (étant entendu que chacun ne cotise pas à hauteur de ce qu’il perçoit et que donc, certains paient pour les autres) ? C’est une question naïve (pour laquelle j’aurais d’ailleurs plusieurs réserves) mais le simple fait de la poser, presque bêtement allais-je dire, est un véritable blasphème.

    - la véritable propagande homosexuelle. Vous dites qu’il pourrait s’agir d’un choix. Pourquoi ne pas laisser celui-ci au bon vouloir de celui à qui revient de faire ce choix?
    Pourquoi vouloir sensibiliser à la justesse de la cause homosexuelle si, d’après vos dires, ce n’est qu’une orientation privée qui ne regarde personne ? Pourquoi cette volonté assumée de faire de celle-ci un sujet de débat national ? Pourquoi ce militantisme plus qu’offensif pour une chose qui après tout ne relève que de la sacro-sainte sphère privée ? Pourquoi ce refus obstiné de la nature (à laquelle vous faites pourtant appel pour légitimer l’homosexualité) qui a posé, maudite soit-elle par la République, que deux personnes du même sexe ne peuvent avoir d’enfant ?

    Toutes ces questions étant évidemment indicibles en société.

    Et encore, je ne parle même pas de la légitimité des questions. Ce qui m’intéresse c’est le simple fait de pouvoir les poser. Pouvoir sortir de la présomption irréfragable de Bien propre à tout ce qui est inclus dans le giron républicain.
    Puissiez-vous, un court instant, entrevoir la possibilité d’une critique de votre Bien Citoyen. Vous êtes tellement convaincus de faire le Bien, que la possibilité d’un doute vous soulève le coeur.
    D’où la pénalisation de la liberté d’expression (encore que je n’adhère pas à certains propos tenus par des grandes gueules se croyant subversives mais disons que c’est une question de principe), le risque de mort sociale ou professionnelle pour certains sujets. Dostoïeveski parlait de Possédés à l’époque…

    L’idée, comme je l’ai dit, c’est de poser l’hypothèse que peut-être tout ce qui nous est présenté comme un Progrès peut s’avérer désastreux. Et surtout faire en sorte que cette hypothèse puisse être posée.


  38. sur mai 2, 2008 à 8:44 Nexus

    Non à la dictature de l’hétéro-patriarcat !
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/PCF%2BLGBT/video/x1fzpz_erwan-baete-lesbiengaybitrans_events


  39. sur mai 2, 2008 à 9:26 Antoine

    Pour ElGato : pas besoin d’attendre 2046 : j’aime les vaches, j’en élève et leur fait produire du lait que je transforme en fromage ! Fais-je pour autant partie de la réacosphère ? C’est un vrai sujet ! en tous cas je la lis et suis souvent linké par elle… ita est…

    Pour LGC : votre interview est terriblement réactionnaire ! Trop intelligente, trop de latin, trop de références littéraires parfois totalement cryptées ! Un journaliste de Libé est perdu ! et je ne parle même pas de ceux du Fig !


  40. sur mai 3, 2008 à 5:40 nonoche

    @ Charles : merci pour votre longue réponse, cependant :

    Vous répondez à côté de la question en récitant scrupuleusement votre crédo, tout en appuyant sur les points évidents : oui, les marchands récupèrent le phénomène et se drappent de beaux principes pour mieux vendre leurs produits. Vous enfoncez là une porte ouverte, mais ça n’est pas là-dessus que je vous questionnais. Et je vais même vous dire : je suis personnellement opposé à toute forme de limitation de la liberté d’expression (négationnisme, homophobie, racisme, etc), mise à part la diffamation. Il ne s’agit là que d’une bien mauvaise conséquence du “politiquement correct”, et en victimisant ainsi ceux qu’on musèle, non seulement on se donne tous les torts mais plus encore, on ne peut même plus argumenter contre ce qui ne peut plus être dit. Ensuite, je considère que tout doit pouvoir être remis en question et discuté, vous voilà rassuré je l’espère sur mon ouverture d’esprit et sur l’honnêteté de mon intervention ici.

    Voilà ces questions entendues, maintenant j’aimerais bien vous entendre plus précisément sur la question de fond, à savoir : que vous importe-t-il que deux hommes ou deux femmes s’aiment? Pourquoi vous sentez-vous aiguillonné par ce fait de société, pourquoi ne vous élevez-vous pas contre toute forme de sexualité qui n’aurait pas vocation à la procréation de manière uniforme?

    Ensuite, vous déformez totalement les choses : s’il n’y a en effet plus de déviances dénoncées dans les formes que prennent les foyers de nos jours, ça vaut tout autant pour les familles hétérosexuelles que pour les couples homosexuels. (bien qu’il reste encore manifestement du chemin à faire, étant donné qu’on brûle encore les “invertis” dans notre bonne société si civilisée).
    Dire que “La déviance est d’être non-divorcé et d’avoir une famille nombreuse” est un non-sens total, qui ne relève même pas de l’exagération ou même de la caricature. Etre divorcé n’est pas une valeur, ni un idéal. Nul ne l’ambitionne. Et nul ne jette des pierres aux familles nombreuses, que je sache.

    Pour mon relativisme que vous dénoncez (auquel, si je ne m’abuse, et par définition, s’oppose un absolutisme…), vous faites un amalgame une fois encore nauséabond. En somme, “deux hommes ou deux femmes ensemble, et pourquoi pas un trombone à coulisse avec un martin-pêcheur, tant que nous y sommes”, tant l’idée vous semble même incongrue et inconcevable, en dépit du sens “commun”, et pourtant… pourtant il y a des hommes et des femmes qui s’aiment, que le fait vous dépasse c’est une chose, mais ça n’en est pas moins un fait incontestable. Je me permets tout de même de rappeler à votre sagacité (qui a dû avoir un coup de fatigue, je veux le croire), que, pour un certain nombre de raisons, on ne peut considérer un animal comme consentant à des relations sexuelles avec un être humain, à l’inverse de deux humains adultes. Raison pour laquelle les “unions” zoophiles sont illégales et relèvent du mauvais traitement aux animaux, quand l’homosexualité elle est enfin acceptée légalement.

    Vous faites allusion au fait qu’un couple homosexuel est par définition stérile, ce que j’aurai d’autant moins de mal à vous concéder que j’ai évoqué moi-même cette même question initialement, mais vous vous gardez bien cependant d’aller au bout de ma question : abhorrez-vous tout autant les couples hétérosexuels stériles, et si non, pourquoi diable? Cela ne vous répugne-t-il pas d’imaginer une femme tout ce qu’il y a de plus fécond gâcher sa vie avec un impuissant? Ou pire encore, un couple incapable de procréer, mais qui, comble de l’horreur, se compromet malgré tout dans d’infâmes contorsions sexuelles uniquement vouées au stupre et à la luxure? Comment laisser à ceux là le droit de s’aimer un tant soit peu? Ou ne serait-ce qu’un peu plus qu’un couple homosexuel? Il faut être cohérent…

    Vous demandez pourquoi faire de la question de l’homosexualité un débat national, ce à quoi je vous réponds : et pourquoi pas? Pourquoi au juste ne devrait-on pas évoquer cette question, quand bien-même vous répugnerait-elle personnellement? Voilà en effet des couples qui ont dû vivre dans la honte et la clandestinité, faute de quoi ils se retrouvaient en prison, à l’asile, ou pire, au cimetière, et pour quel odieux crime au juste? S’aimer?… Et il ne faudrait pas que la société révise sa copie? Au nom de quoi?


  41. sur mai 3, 2008 à 12:00 MT

    “Je ne suis pas historien, sociologue ou politologue. Je suis spécialisé en sciences de l’information et m’intéresse aux dynamiques communautaires sur le web”

    Qui parle de communautarisme? Mon Dieu, je suis proche de l’apoplexie! Aidez moi!!!


  42. [...] plains le Grand Charles. Il peut s’attendre à la visite de ce type de cornichons. Mais le Grand Charles est pédagogue, il va leur expliquer, leur expliquer patiemment. Seigneur [...]


  43. sur mai 3, 2008 à 3:18 Le Grand Charles

    @ Nonoche :

    On pourrait revenir sur l’idée de consentement et donc de volonté propres au genre humain dans une société où le sexuel et l’amour sont politiques. Cet argument du consentement serait valable s’il ne prenait son sens que dans l’intimité.
    A partir du moment où l’homosexualité est un sujet national, un sujet politique et qu’un halo de connotations politiques, presqu’identitaires (pour certains homosexuels l’homosexualité est une identité), culturelles etc accompagne ces questions, je ne sais si la volonté individuelle a encore un sens et si son expression, le consentement, est une résultante exclusive de la conscience individuelle.
    Vous ne pouvez arguer du consentement lorsque jusqu’aux publicités pour literie (j’insiste sur le grotesque et le degré d’intégration de la politique, au moins celle que l’on nous présente ainsi, qui n’en est plus à partir du moment où elle devient le support d’opérations commerciales sans signification autre que celle d’un targeting marketing), on cherche à vous influencer dans votre choix.

    Mais revenons à la question que qualifiez de fondamentale :
    __
    : que vous importe-t-il que deux hommes ou deux femmes s’aiment? Pourquoi vous sentez-vous aiguillonné par ce fait de société, pourquoi ne vous élevez-vous pas contre toute forme de sexualité qui n’aurait pas vocation à la procréation de manière uniforme?
    __

    Tout est dans l’enchaînement de vos deux questions. Vous partez d’un acte banal d’amour ou de sexualité pour arriver à un “fait de société”. Dans le cas de l’homosexualité, je ne comprends pas cette débouchée.

    L’hétérosexualité est plus qu’une sexualité : elle suppose la procréation qui elle-même (je vous aurais volontiers renvoyé à un article d’une Professeur de droit que j’avais lu dans ma haute-jeunesse sur la notion de “couple” dans le droit civil français depuis Napoléon) va créer des relations de droit (autorité parentale, héritage etc), des données économiques (démographie, prêts, régimes matrimoniaux, achats immobiliers) etc
    Autrement dit, d’un acte banal d’amour, nous arrivons à des questions qui relèvent du bien commun. Par la procréation.

    Partant, toute une union qui ne déobuche pas sur la procréation n’a juridiquement, et donc politiquement, que très peu d’intérêt. Elle est résiduellement politique.
    Evidemment, vous parlerez des couples stériles ou des couples n’ayant pas d’enfants. Je ne connais pas les chiffres mais je pense que 20% des couples mariés n’ont pas d’enfants. On reste donc dans le résiduel.

    L’homosexualité n’a pas à être un sujet de débat national puisqu’elle ne créé rien de tout cela. Les seules relations de droit qu’elle créé sont réglées par le PACS (exemple, de mémoire, vous êtes homosexuel, votre conjoint meurt, l’appartement était à son nom, vous avez un droit de suite sur le bail, un truc du genre, je ne suis pas juriste).
    Partant, tout le reste n’est que littérature, revendication communautaire et propagande. Il n’y a aucune raison politique, il n’y a aucun vide juridique, il n’y a aucun besoin de droit pour une sexualité qui par sa stérilité n’intéresse pas le bien commun.
    Couple, c’est copulare(il me semble), associer et reproduire. Un couple c’est une association qui va produire des effets de droit.
    Je suis tout à fait disposé à ce que l’on règle les problèmes ponctuels et résiduels de droit propres aux couples homosexuels, mais je ne vois pas en quoi ceux-ci devraient bénéficier d’un régime juridique à part entière ou rejoindre ceux des couples doués -dans l’absolu- de capacités reproductives. Ca n’a pas de sens politique, ce type de couple n’intéresse pas le bien commun.

    Plus généralement, la question homosexuelle est un exemple topique du minimalisme politique qui vise à ne traiter que des questions superficielles et sans envergure (20 minutes de défense, quelques heures de débats économiques insignifiants et hors-sujet etc tout au plus dans le débat présidentiel) pour éviter de traiter les questions fondamentales (j’avais assisté à une conférence de “communication politique” -sic- à une époque où clairement, il était dit que la question du chômage, de l’Europe etc soient les questions à peu près fondamentales étaient volontairement esquivées un parce que la classe politique n’a fait qu’échouer sur ces questions depuis 50 ans et partant plus personne n’est dupe et deux parce que ce sont des questions qui de toute façon ne relèvent plus du politique). D’où la multiplication des phénomènes médiatiques anecdotiques (incroyable écho médiatique de la banderole du PSG), des questions superficielles, bref de la surexposition de l’insignifiance radicale.

    En somme, l’homosexualité est non-politique. Ceux qui la politisent sont des amuseurs et ils ruinent le bien commun.


  44. sur mai 3, 2008 à 5:58 Maurice Bardèche

    Bravo ! Continuons le combat !


  45. sur mai 3, 2008 à 6:00 Le Grand Charles

    Ahaha, facile, non ?


  46. sur mai 3, 2008 à 6:27 nonoche

    On pourrait revenir sur l’idée de consentement et donc de volonté propres au genre humain dans une société où le sexuel et l’amour sont politiques. Cet argument du consentement serait valable s’il ne prenait son sens que dans l’intimité.
    A partir du moment où l’homosexualité est un sujet national, un sujet politique et qu’un halo de connotations politiques, presqu’identitaires (pour certains homosexuels l’homosexualité est une identité), culturelles etc accompagne ces questions, je ne sais si la volonté individuelle a encore un sens et si son expression, le consentement, est une résultante exclusive de la conscience individuelle.

    En effet, si “certains” homosexuels considèrent qu’il s’agit d’une question d’identité (sexuelle, me permettrai-je d’ajouter), c’est bien parce qu’il ne s’agit pas d’un “choix” et que cette composante de ce qu’ils sont s’est imposée à eux. Si ce qu’on ne peut changer en soi, si ces constantes ne participent pas à définir une identité, alors qu’est-ce qui le pourrait?

    Ensuite, je suis navré de vous le dire, mais je sens poindre un tressaillement de mauvaise foi dans cet argument. Si l’homosexualité n’était qu’une résultante d’une pression sociale, alors, les mêmes causes devant produire les mêmes effets, lorsque la pression était inverse (et Dieu sait qu’elle l’aura été), il ne devait tout bonnement pas y avoir d’homosexuels. De même, comment expliquer que certains soient sujets à cette “pression” et d’autres non? Faiblesse d’esprit? Manque de volonté? Vous êtes-vous senti personnellement enclin à “fauter” à cause de cette prétendue pression? De plus, je ne crois pas qu’il y ait d’une quelconque manière un discours encourageant à l’homosexualité : tout au plus s’agit-il d’admettre et de reconnaître un fait encore une fois inéluctable. C’est un peu comme si vous disiez que montrer des Noirs à la télé poussait vos compatriotes à changer de couleur… alors qu’il ne s’agit que de représenter notre société telle qu’elle est, pour le meilleur et pour le pire. Enfin, la population homosexuelle devrait fluctuer à l’aune de cette influence, et je répète que les chiffres ont démontré une inébranlable stabilité de par le monde. L’argument est donc loin d’avoir une quelconque force probante.

    Enfin, dénier le libre arbitre (ce dont nous sommes tous dotés, de droit divin qui plus est) et la faculté de consentement sur la seule base de cet argumentaire pour le moins léger, pour aller jusqu’à mette ces hommes au niveau de discernement des animaux, c’est aller assez vite en besogne… avez-vous eu accès à des études qui le démontrent, ou s’agit-il là d’une intuition personnelle? Dans ce dernier cas vous m’accorderez que ça ne puisse suffire à convaincre.

    L’hétérosexualité est plus qu’une sexualité : elle suppose la procréation qui elle-même (je vous aurais volontiers renvoyé à un article d’une Professeur de droit que j’avais lu dans ma haute-jeunesse sur la notion de “couple” dans le droit civil français depuis Napoléon) va créer des relations de droit (autorité parentale, héritage etc), des données économiques (démographie, prêts, régimes matrimoniaux, achats immobiliers) etc
    Autrement dit, d’un acte banal d’amour, nous arrivons à des questions qui relèvent du bien commun. Par la procréation

    J’aurais souhaité pouvoir lire l’article auquel vous faites référence, car nulle part je ne vois dans le droit français la moindre justification des droits matrimoniaux à travers la procréation, mis à part les droits propres à la progéniture, qui sont séparés de ceux-ci qui plus est. En tout état de cause, et pour autant que le professeur de droit dont vous parlez ait pu faire autorité sur la question, il ne représente là que l’opinion d’une personne, certes éclairée, mais guère plus que d’autre pairs dont l’avis sur la question pourrait diverger. Quant aux données économiques, elles sont d’autant plus valables pour les couples homosexuels qu’ils ont souvent un pouvoir d’achat supérieur aux couples hétérosexuels (l’un des deux conjoint n’étant pas payé 25% en dessous de sa valeur…).

    Partant, toute une union qui ne déobuche pas sur la procréation n’a juridiquement, et donc politiquement, que très peu d’intérêt. Elle est résiduellement politique.
    Evidemment, vous parlerez des couples stériles ou des couples n’ayant pas d’enfants. Je ne connais pas les chiffres mais je pense que 20% des couples mariés n’ont pas d’enfants. On reste donc dans le résiduel.

    Captivant… à partir de quel pourcentage de la population devient-on suffisamment digne d’intérêt auprès du législateur selon vous? J’en profite d’ailleurs pour vous opposer ces 20% des couples qui sont stériles/sans enfant aux 5% d’homosexuels de la population (totale qui plus est). Je note que cette différence flagrante de chiffres ne se retrouve pas proportionnellement dans votre discours. Que ne vous insurgez-vous lorsque les médias se penchent sur le cas de ces couple stériles? D’autant qu’il ne s’agit pas là d’une question d’orientation sexuelle, et que dans le cas des couples qui affirment leur volonté de ne pas procréer, ils pourraient, en suivant votre discours, aisément en convaincre d’autres de leur emboîter le pas. La chose me paraît autrement plus aisée et crédible que la simple “conversion” vers l’homosexualité, d’autant que le cas en question est clairement affiché comme un choix personnel, à l’inverse de l’homosexualité. A ce titre, ces couples seraient infiniment plus “dangereux” pour notre société que les homosexuels en suivant votre raisonnement. Une fois encore donc, au risque de me répéter, pourquoi-donc les homosexuels représentent-ils un tel enjeu pour vous, si les cas plus nombreux et plus “graves” ne vous font guère réagir?

    Il n’y a aucune raison politique, il n’y a aucun vide juridique, il n’y a aucun besoin de droit pour une sexualité qui par sa stérilité n’intéresse pas le bien commun.

    Encore faudrait-il démontrer (ce qui reste à faire à mes yeux) que le droit matrimonial découle bien de la procréation, faute de quoi votre raisonnement pourrait s’apparenter à un bon vieux sophisme.
    J’ajoute qu’en suivant le principe que vous édictez, la loi ne devrait pas s’intéresser aux homosexuels dans un sens comme dans l’autre. Or l’homosexualité a été un délit depuis le régime de Vichy jusqu’en 1982. J’ose espérer que vous vous êtes alors élevé contre cela, si l’âge vous le permettait. J’ajoute d’ailleurs qu’auparavant, l’homosexualité n’était pas un délit depuis la révolution française (j’ignore quelle période de notre histoire fait figure d’âge d’or pour vous, mais voilà qui peut également être versé au débat).

    Je suis tout à fait disposé à ce que l’on règle les problèmes ponctuels et résiduels de droit propres aux couples homosexuels,

    Je suis ravi de vous l’entendre dire, cependant leur accorder même ce privilège ne relèverait-il pas de ce que vous dénoncez comme une pression sociale? Puisque ce qui semble vous poser problème est la reconnaissance même du fait homosexuel dans notre société, et qu’apparemment, et sans vouloir caricaturer vos propos, il vaudrait mieux pour vous agir en les ignorant totalement, j’ai du mal à bien comprendre votre position.

    mais je ne vois pas en quoi ceux-ci devraient bénéficier d’un régime juridique à part entière ou rejoindre ceux des couples doués -dans l’absolu- de capacités reproductives. Ca n’a pas de sens politique, ce type de couple n’intéresse pas le bien commun.

    Pas plus donc que les couples stériles ou qui refusent de se reproduire. Pourquoi accorderait-on ces droits à ceux-là, ne serait-ce que par effet de bord, puisqu’ils n’intéressent pas le bien commun selon vous? N’y a-t-il pas une injustice profonde à accorder aux uns, qui ne remplissent pas les conditions d’application du droit que vous édictez, ce qu’on refuse aux autres dans une situation rigoureusement identique? Ou alors votre préférence irait-elle à une déchéance des droits des couples stériles? Ca me paraîtrait déjà autrement plus cohérent, si toutefois votre militantisme affiché allait dans ce sens, ce qui n’est, encore une fois, pas le cas à ma connaissance.

    Plus généralement, la question homosexuelle est un exemple topique du minimalisme politique qui vise à ne traiter que des questions superficielles et sans envergure (20 minutes de défense, quelques heures de débats économiques insignifiants et hors-sujet etc tout au plus dans le débat présidentiel) pour éviter de traiter les questions fondamentales

    Je suis assez d’accord avec vous sur ce point, au modulo près qu’en poussant le raisonnement, il y a toujours plus grave et plus sérieux, et qu’en suivant ce principe, on ne s’occuperait guère des problèmes moins signifiants, qui pourtant méritent d’être traités dans la mesure où des injustices sont commises.

    En somme, l’homosexualité est non-politique

    En ce qui me concerne, j’aurait plutôt tendance à considérer que tout est politique. J’imagine qu’il s’agit là d’une question de point de vue.


  47. sur mai 3, 2008 à 6:58 Le Grand Charles

    L’idée de l’article était simple : le droit post-Ancien Régime ne s’est intéressé au couple que parce qu’il créé, par la procréation, des situations où des dispositifs légaux sont nécessaires (héritage, autorité parentale etc).
    Partant, ces dispositifs n’ont pas lieu d’être pour les couples ne pouvant procréer (je reviendrai sur votre rhétorique du couple stérile).

    Votre tentative de pointer une dichotomie couples homosexuels/stériles ou qui n’ot pas d’enfants ne me convainc pas. Un débat visant à relancer la démographie française, notamment par ces couples qui n’ont ni les moyens ni l’ambition d’avoir des enfants, serait cette fois réellement politique. En revanche, vous comprendrez que dans cette hypothèse, le cas des couples homosexuels n’est pas prééminent. On n’imagine mal débattre sérieusement de la relance de la natalité par les couples homosexuels.

    Pour vos références historiques, des allusions aussi convenues, tout de même…

    Autrement, je ne suis pas pour l’égalité, moi !
    Tout cela est très intéressant car vous pointez une des folies de l’égalité-à-tout-va : vous réclamez l’égalité, nonobstant les données biologiques fondamentales.
    L’égalité des homosexuels et des hétérosexuels est une vue de l’esprit, un mirage progressiste, une quête contre-nature.
    Le cas particulier des couplets hétérosexuels stériles n’a pas de sens au-delà de la rhétorique. Un couple hétérosexuel stérile (et encore la stérilité n’est souvent pas définitive même si elle est présentée un temps comme telle, j’ai vu dans mon entourage des femmes déclarées stériles à 20/30 être pourtant enceinte par “pur hasard” à 40 ans) aurait pu enfanter ou pourrait enfanter. S’agissant du couple homosexuel, la réponse biologique est catégorique.

    Le véritable nœud de l’affaire c’est que l’égalité républicaine et la politique de la réclamation qu’elle a enfantée se trouvent ici confrontées au droit naturel pour lequel elles ont toujours éprouvé une vive antipathie. Vous y voyez une invitation à poursuivre la quête égalitaire, j’y vois une des limites de la folle idée d’égalité.

    C’est ainsi que votre logique argumentative repose sur l’idée égalitariste “et pourquoi pas nous ?”. Grille de lecture, au passage, que l’on peut calquer à l’infini et qui alimente toutes les revendications victimaires et communautaristes. La vindicte romaine n’est pas loin.
    La vanité, l’envie et la couardise comme forces motrices de la lutte égalitaire, tout cela est historiquement éloquent…


  48. sur mai 3, 2008 à 7:24 nonoche

    Je me permets d’ajouter un élément : sachant le pouvoir que vous prêtez à une simple affichette quant à l’orientation sexuelle de nos enfants, que devrait-il en être alors des enfants élevés par un couple homosexuel? Or toutes les études à ce jour ont non seulement démontré que ces enfants n’étaient pas plus sujets à des troubles du comportement que le reste de la population, mais plus encore que la répartition de leur orientation sexuelle suivait fidèlement la séparation constatée dans le reste de la population.

    A moins de contester la validité de ces études, voilà qui devrait tordre le cou à votre présomption d’influence.


  49. sur mai 3, 2008 à 8:00 nonoche

    Il vous faudrait, encore une fois, être cohérent dans votre raisonnement : si les droits matrimoniaux ne sont dus qu’à la procréation, par conséquent ils ne devraient s’appliquer qu’aux couples qui ont procréé. Or il s’appliquent à tous les couples hétérosexuels qui s’aiment assez pour vouloir se marier.

    C’est donc faire abstraction totale du fait que les couple ne s’épousent (et n’enfantent) que parce qu’ils s’aiment, et non l’inverse. Nul ne choisit son conjoint en fonction de sa capacité à procréer, fort heureusement (quoique vous pourriez m’opposer que l’attirance physique se porte sur les aptitudes physiologiques à se reproduire efficacement, mais les sentiments ne s’arrêtent pas à cette seule attirance). Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que nul ne copule à seule vocation que de se reproduire non plus, loin s’en faut. Je me permets d’ailleurs de rappeler que la stérilité n’est plus depuis fort longtemps un motif de répudiation accepté par notre société, mais peut-être est-ce également là une modernité que vous regrettez. Il n’empêche que cet état de fait invalide d’autant plus une quelconque composante “procréationniste” dans le dispositif légal.

    Même en admettant que la procréation, ou sa potentialité, soit au cœur des dispositions légales visant aux droits des époux, et même en admettant les miracles de la médecine, il n’en reste pas moins qu’en suivant les mêmes préceptes, il faudrait nier tout droit au mariage aux femmes nées sans utérus, aux hommes nés sans testicules, et à tous ceux que les accidents de la vie ont menés à la même stérilité inéluctable.

    Je ne suis pas non plus partisan de l’égalité à tout crin, du moins, je trouve grotesque de chercher à l’imaginer là où la différence ne peut qu’être constatée : les hommes ne peuvent pas porter d’enfants, les maghrébins sont généralement plus doués pour la course de fond, et les Noirs sont globalement plus grands que les Blancs (bien que pour ces deux derniers exemples il existe nombre de cas particuliers qui démentent cette généralité).

    Cependant, je suis en effet partisan de laisser à chacun toutes les chances de réaliser ses ambitions autant que possible. En l’absence de cet espoir même, on ne peut attendre de chacun qu’il apporte la meilleure contribution à la société, ni qu’il cherche à se dépasser, si le cadre de sa vie est fixé par sa condition sociale, par exemple. Et, ô abjecte ironie du sort, ô abomination, c’est un vicomte pur-sang lui-même qui vous dit ça…

    N’oublions pas que la notion d’égalité est profondément liée à la notion de justice : les mêmes causes doivent encore une fois produire les mêmes effets. Je vous ai demandé de m’exposer les causes qui vous poussent à ces conclusions, et elles ne me semblent les justifier en aucun cas, puisqu’en suivant le même raisonnement j’arrive à une incohérence. Mais peut-être est-ce dû à ma capacité de compréhension ou à un manque de clarté de votre part, voire à une rencontre des deux.

    Ne voyez nulle allusion dans mes références historiques, je me contentais de faire un rappel purement factuel, pour autant que ce fut nécessaire.


  50. sur mai 3, 2008 à 8:05 nonoche

    J’ajoute (décidément me voilà bien dissolu) qu’il est d’autant plus facile et confortable de prôner l’inégalité quand on fait soi-même partie des “forts”, et l’absolutisme quand on se réclame du dogme qui a forcément raison…

    Peut-être est-ce là qu’il faudrait y voir une quelconque couardise…


  51. sur mai 3, 2008 à 8:17 Revue de blogs #4 « Le big bazar

    [...] Réacosphère et Libé sur le Grand Charles, FAQ pour Journalistes sur Ilys et l’article de Libé. [...]


  52. sur mai 3, 2008 à 8:36 Le Grand Charles

    Je suis navré mais votre cas particulier du couple stérile ou sans enfant (après tout, c’est une donnée naturelle à laquelle il faudrait se conformer) n’a pas de sens.
    Le mariage a toujours été entendu comme l’organisation juridique (et religieuse) de la famille (procréation etc). Donc, oui, il y a des cas particuliers où des couples n’aspirent pas à procréer, des décès d’époux le jour du mariage etc on peut exemplifier ainsi longtemps.
    Le fait est que ce régime général vise à organiser la vie familiale et toutes les relations juridiques, économiques, sanitaires etc voire religieuses qui l’accompagnent.
    Alors, oui, il y a des exceptions.
    Mais il est légitime, biologiquement et sociologiquement, de penser qu’un couple marié va procréer.
    D’où lé traitement juridique (et religieux mais passons).

    En revanche, cette “présomption” n’a aucun sens s’agissant du couple homosexuel (la notion même de couple homosexuel est très étrange puisque étymologiquement il n’y a de couple que dans la reproduction).

    En passant, la puberté (capacité à procréer) est une condition au mariage. Et ce n’est pas une question de libre consentement puisque la majorité sexuelle est différente de la capacité juridique à accomplir des actes juridiques (il me semble).

    On retrouverait alors dans le mariage les conditions à la procréation : puberté et sexes différents.

    Aussi, vous moquiez le site alter-sexualité, mais selon vos dires et votre logique argumentative, pourquoi une relation tripartite entre adultes consentants ne pourrait-elle pas être célébrée par la Mairie républicaine ? La monogamie ? Et là je retranscrirai vos questions “pourquoi pas”, en quoi est-ce que cela etc

    Voilà, monsieur le Vicomte (ah, ces aristos républicains… ;))


  53. sur mai 4, 2008 à 12:14 Scorpius

    Ma pierre au débat.
    Premièrement, cela va sembler un peu abrupt, mais à force d’argumentaires, on peut légitimer n’importe quoi. Moi, l’adoption d’enfants par les homosexuels me choque. Je ne cherche pas à l’expliquer, et la sempiternelle réponse “c’est parce que tu es sans doute un homo refoulé” ou autre psychologie de bazar m’indiffère.

    Deuxièmement, la dichotomie “On veut vivre tranquille, comme d’autres couples”/”Droit à la différence, on a notre chaine de TV, notre magazine” me semble étrange.

    Troisièmement, concernant les études qui montrent que les enfants issus de couples homosexuels qui ne différeraient pas des enfants issus de couples hétérosexuels, j’émets quelques réserves. Pas sur les études, que je n’ai jamais lu. Mais sur ceux qui les font. Un exemple sur un sujet annexe, en psychiatrie : dans les années 90, le discours des spécialistes sur le cannabis était très pro-dépénalisation ; 10 ans plus tard, le ton a changé, les spécialistes s’accordent sur la dangerosité du cannabis. Je crains, sans preuve, que les études relatives aux homosexuels n’aient été faites par des psychiatres/psychologues/sociologues militants, et qu’il faille revoir la copie à l’apparition d’années à l’état d’esprit moins tolérant… Maintenant, je peux totalement me tromper, c’est juste une idée qui me trotte dans la cervelle.
    Donc, pour en revenir à l’adoption par les homosexuels, dans le doute, c’est niet.

    Dernière remarque, très vieux con réac railleur : je suis curieux de voir comment cohabiteront les populations musulmanes, africaines, chinoises aux membres parfois très intolérants présentes en Occident, avec les féministes, les homosexuels, les transsexuels… Le sujet m’inquiète sincèrement, je crains une catastrophe.


  54. sur mai 4, 2008 à 12:35 "lectrice de Libé de base"

    J’avais lu l’article de Libé (oui, je lis Libé et j’ai même pas honte), via Arrêt sur Images je tombe sur votre billet que je m’apprête à lire avec le même intérêt, mais quelque chose me freine très vite, quelque chose de fort déplaisant - au milieu de ce beau déballage d’intelligence (je n’ai pas encore bien compris intelligence de quoi mais ça doit être parce que je lis trop souvent Libé) : pourquoi ce mépris, cette suffisance ?
    Vraiment, cela dessert tragiquement les éventuelles qualités de vos réflexions.
    Une “lectrice de Libé de base” : à entendre votre ton, il semblerait que lisant Libé, on en soit réduit à ça, et rien d’autre. Vous ne donneriez pas un peu dans l’interprétation résumée hâtive, parfois, vous aussi ?


  55. sur mai 4, 2008 à 1:03 nonoche

    Je suis navré mais votre cas particulier du couple stérile ou sans enfant (après tout, c’est une donnée naturelle à laquelle il faudrait se conformer) n’a pas de sens.

    Il vous faudra faire un peu plus que l’affirmer pour le démontrer.

    Le mariage a toujours été entendu comme l’organisation juridique (et religieuse) de la famille (procréation etc).

    Même punition. Et même, en admettant que ça ait été la vocation originelle du mariage civil, il nR