avril 2008


Dernière fois que j’achète les Inrocks. HS spécial Frères Coen. Blood simple (pas mal du tout pour les amateurs de film noir), version remasterisée. Mouais. Interview exclusive. Elle date de 1996. Pseudo-réflexions avec du puant, pisseux, lynchéen et post-moderne à tous les coins de page. Aucune info, rien. Du masturbatoire, et encore. D’un genre déviant. Fascinant à quel point les frangins brouillent les pistes. La gôche la plus puante comme la droite la plus pisseuse peuvent s’y retrouver. Ils s’en amusent et ne s’en cachent pas. A ce titre, voir Miller’s crossing (une info malgré tout : ils revendiquent clairement Hammett dans la construction de ce récit, d’habitude ils se font discrets sur leurs sources, sauf quand elles sont évidentes) : intrigue incroyable où à la fin du film vous serez incapables de dire qui est bon, qui est mauvais mais surtout de déterminer si Gabriel est victime ou manipulateur. Autre info (et ce sera la deuxième et la denrière), les Frères réussissent davantage l’adaptation littéraire (McCarthy, Chandler, Hammett, Homère, la Bible -la géhenne ou la main droite de Blood simple, Corpus Christi, la Bible de Barton Fink etc-, James Cain, Camus etc) que l’adaptation cinématographique (Le Grand saut avec du Capra à chaque plan). Bref. Le HS de Transfuge était bien meilleur. Il y avait même Poelvoorde qui disait être fan des célèbres frères.

Un petit passage qui finit de confirmer que nous sommes chez les bobos : les Inrocks s’étonnent de la passion des frères pour l’Americana et le personnage du white trash. Si ce n’était pas un HS, on sentirait presque l’ombre du nuage fasciiiiiss’ venir. Americana, gothique, pessimiste, pas bon du tout tout ça. Etonnant, disent-ils, pour ces fils de la bourgeoisie progressiste (dans le texte).

Du délire via La Référence :

Les niches fiscales bientôt plafonnées, voire supprimées ? C’est la question que la ministre de l’économie, Christine Lagarde, met à l’ordre du jour, en annonçant la remise au Parlement d’un rapport sur la question, dans deux semaines.

Les niches fiscales sont des dispositifs dérogatoires (investissements dans les DOM-TOM, emploi d’un salarié à domicile…) qui permettent à certains contribuables de réduire leurs impôts, notamment sur le revenu. Dans un rapport de 2003, le Conseil des impôts, ancêtre de l’actuel Conseil des prélèvements obligatoires, estimait à plus de 50 milliards d’euros le manque à gagner pour l’Etat de ces dispositions fiscales, soit l’équivalent du déficit public de la France en 2007.

“PAS JUSTE”

“Il n’est pas juste qu’un certain nombre de contribuables profitent de niches fiscales pour s’exonérer de l’impôt”
, a reconnu Mme Lagarde, interpellée sur ce thème à l’Assemblée par la députée UMP Chantal Brunel (Seine-et-Marne), ovationnée par la gauche. “Il y aujourd’hui plus de 359 niches fiscales”, a précisé la ministre. “Nous allons examiner niche après niche quels sont les objectifs poursuivis et où est la justice fiscale pour qu’il n’y ait pas d’abus”, a-t-elle poursuivi. “Je remettrai [d'ici à une quinzaine de jours] au Parlement un rapport préparé par l’Inspection générale des finances, qui procédera à cet examen, pour que nous acceptions l’opportunité de les supprimer ou de les plafonner”, a-t-elle promis.

“Nous avions examiné ces questions dans le cadre du projet de loi de finances pour 2008″, a rappelé Christine Lagarde. “Nous avions également envisagé la perspective d’un impôt minimal, et je l’avais proposé en octobre, malheureusement les propositions sur l’impôt minimal sont soit trop complexes soit injustes dans leur application”, a-t-elle ajouté.

Mme Lagarde va-t-elle supprimer les avantages fiscaux des apports faits à la SOFICA (une des raisons de l’incroyable bonne santé du cinéma français qui pourtant n’en finit pas d’être de plus en plus dérisoire) ou est-ce nuire à l’exception culturelle de la république ?

On apprend que le Juge pour enfants et le Préfet attendaient (les larmes aux yeux et à grands renforts de république, de principes républicains, d’espoirs pour un monde meilleur etc on peut imaginer) avec les familles.

Un petit classique :

Un collier de perles :

Moins politiquement correct que je ne l’avais craint finalement. Ici. Mais tout de même.

À travers Spaggiari, vous avez aussi voulu montrer que la sympathie ou l’originalité ne sont pas des valeurs morales.

J’en ai marre des films politiquement corrects. On peut être sympathique et avoir des côtés sombres. Spaggiari était réactionnaire, colonialiste… À travers lui, j’ai voulu montrer la complexité de la nature humaine.

Le XXIème siècle invente l’eau chaude. Cet après-midi, j’ai feuilleté le Dictionnaire de l’Ancien Régime de Bély et à la référence Compagnies, j’ai été surpris de voir que ce que l’on connaît particulièrement au Royaume-Uni (avec des hauts et des bas) et depuis peu en France sous l’appellation générale des Partenariats Public Privé (PPP), a été pensé depuis longtemps par Colbert (mettant en oeuvre une inspiration de Richelieu).

Sur la Compagnie des Indes, le Roi et quelques ministres font des apports, nomment des associés et des directeurs. Bon, c’est le degré zéro du partenariat public-privé puisque le public est archi-dominant et le privé ne sert qu’à apporter des fonds, mais déjà l’idée que l’Etat ne peut pas tout, pour des contraintes géographiques (et on sait depuis Strabon que la géographie est la mère de toutes les sciences, au moins pour le décideur), en raison des nombreux engagements de l’Etat etc apparaît.

Machiavel avait déjà vanté le mercenariat, alors qu’il est le premier penseur de l’Etat moderne. Dès le départ donc, on comprend que l’Etat, même pour des domaines régaliens, des infrastructures, des enjeux stratégiques ne peut pas tout.

Vous avez de véritables montages capitalistiques, de véritables financements de projets dès les Compagnies et aussi pour le Canal du Midi. Voyez Wikipedia par exemple :

Les travaux sont lancés en deux phases appelées « entreprise ». La première entreprise consiste à relier Toulouse jusqu’à Trèbes et est estimée à 3 600 000 livres[30]. Mais, les finances de l’État ne sont pas très positives et les États du Languedoc ne sont pas prêts à financer un tel projet de peur que leurs fonds soient utilisés pour des dépenses imprévues[31]. Alors, en échange du droit de propriété et d’exploitation du canal, Pierre-Paul Riquet propose de financer sur ses propres fonds une partie des travaux. Le reste est payé par l’État en échange des bénéfices que Riquet réalise avec la taxe sur la gabelle. La deuxième entreprise de travaux entre Trèbes et l’étang de Thau en décembre 1668 coûte 5 832 000 livres ainsi qu’un million de livres supplémentaires pour la reprise des travaux du port de Sète[32].

Au final, l’ensemble des travaux aura coûté 17 millions de livres de l’époque, une somme avancée pour 40 % par le Roi, 40 % par la province et 20 % par Riquet lui-même, qui en deviendra le propriétaire. Ses descendants vont continuer de payer 2 000 000 de livres pendant plus de 50 ans[33],[34].

On se rapproche des sociétés d’économie mixte (Compagnies, mais prééminence totale du public), des régies intéressées (Canal du Midi). Je savais que dès Socrate, on avait déjà des procédés de dialogue compétitif (et déjà son lot de corruption) avec des sortes d’adjudication. Les premiers contrats administratifs, les premiers financements de projet public/privé, vers les PPP.

Encore une fois, l’Etat-tout-puissant, maladie jacobine s’il en est, ne remonte pas à Colbert mais est bien un symptôme de la République. Voyez par exemple l’attention que porte Colbert aux complaintes des marchands mis en difficulté par les contrôles de l’Etat dans ce bouquin.

Toujours utile de rappeler cela à l’heure où certains de nos camarades parlent encore de barrières douanières avec la Chine (les pauvres, réveillez-les, faites-les voyager, présentez leur les chiffres, faites quelque chose). Les mêmes qui, au passage, vous parlent de puissance (et Aron, alors ? et la puissance économique ? et Louis XIV ?), de réalisme, de politique comme science du conflit… etc

Des perchés.

Vous avez sans doute entendu parler des déclarations de Barack Hussein Obama.

C’est ici. Le son est dégueulasse, lisez la transcription.

Pour les hommes pressés, voici ce qu’il dit :

“les pauvres gens se sentent délaissés au niveau économique et du coup se rattachent à la religion, à la violence ou à leur antipathie à des gens qui ne leur ressemblent pas ou à des sentiments racistes envers les clandestins.”

Mépris classique du peuple par les élites diront les françois. Le français y est habitué (dernier exemple en date, Lisbonne).

Aux USA, ça ne passe pas. Il faut lire les commentaires des américains, c’est très intéressant. Les gauchistes ont le même niveau de boboïsme que les français mais les US de droite sont vraiment de droite. Là, ça diffère de la France. C’est presque surprenant à nos yeux. Un exemple de commentaire :

Obama includes religion, along with guns, xenophobia, and bigotry as things that small town people cling to because they are bitter at their economic disadvantage.

He says this in private to wealthy San Fransisco donors, who probably feel the same way and did not consider it controversial.

His attempt to “unsay” it and claim that what he meant to say was some construct he obviously wished he had said was laughable.

There was nothing unclear about his original statement on April 6. He thinks religion is an anachronism that will disappear with prosperity.

While his supporters may “cling” to the hope that this will blow over, Obama is toast.

Americans will rightfully not elect a secular humanist or atheist as president.

J’apprends dans l’AF que les Editions des Mille et une nuits ont publié un ouvrage intitulé Contre Rousseau (un exemplaire avant le réapprovisionnement !). Ce court texte (90pages) du grand de Maistre a été établi d’après un texte posthume du Comte répondant au titre d’ Examen d’un écrit de Jean-Jacques Rousseau sur l’inégalité des conditions. Le tout pour 3€ !

Une lecture que vous devez hiérarchiser comme il se doit dans votre programme. Un pamphlet hostile à Rousseau sous la plume du savoyard c’est une belle affiche.

La première, j’ai acheté l’Action Française (toujours ce plaisir intact et aristocrate comme disait l’autre de déplaire) ce matin. On y parle de Freund (j’apprends que Freund connaissait et lisait Michel Villey, professeur qu’il faut lire et dont je vous ai déjà parlé), la méthode du storytelling comme représentation, contre-révolution etc ; sage lecture donc.

La deuxième, l’AF est en difficulté. Malgré quelques obsessions et poncifs (préférables, malgré tout, à ceux de la presse officielle), c’est un journal qui gagne à être lu. Il faut le soutenir. A cette fin, une souscription a été lancée. Prière d’adresser vos dons à Mme Geneviève Castelluccio, l’AF 2000, 10, rue Coix-des-Petits-Champs 75001 Paris.

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