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Ecoutez à partir de 13:30.
Un passage génial, vraiment brillant, sur la culture en Europe de l’Est pendant la période soviétique : la chance historique des pays de l’Est, dans leur malheur, c’est que la “culture légitime” n’était pas dominante mais dominée. La grande culture était menacée, ils ont donc travaillé à la sauver. La culture n’était pas à piétiner mais à protéger. Sortir du principe espérance et de ses bêtises et adhérer au principe de responsabilité (vulnérabilité de la culture etc).
C’est vraiment très bon. Prenez 20 min, vous ne le regretterez pas.
Par ailleurs, Finkielkraut développe à merveille l’idée d’anachronisme aux yeux des progressistes.
mai 10, 2008 at 9:31
Et le happening des drôôôles ….à 17′47 !!!! C’est du très ,très bon ! et ça vaut le coup d’écouter toute l’émission .
mai 10, 2008 at 9:33
Oui, pas un visiteur ne devrait passer à côté de cette émission.
mai 10, 2008 at 9:36
Leur discours est vraiment hilarant (”chasse aux étrangers” quand ils manifestent aux yeux de tous, quand tous les médias dominants relaient l’idéologie dominante pro-déracinement/délocalisation etc) mais la forme -ridicule-, l’éloquence qui se veut tragique etc vraiment des clowns arrogants.
mai 11, 2008 at 4:59
Parfaite illustration du concept de “rouge brun”, isn’t it? Prochaine étape, les bâtons et l’huile de ricin, dans l’approbation festive et bien pensante bien entendu.
Le plus désolant dans cette affaire, on ne l’entend qu’au casque: l’étrange écho dans lequel les voix baignent dès le début de l’émission, relativement inhabituel, est le signe de micros laissés ouverts! Comme il est difficile d’imaginer qu’on entre à la Maison de la radio comme dans un moulin, ces courgettes politisées étaient probablement attendues, voire invitées. Cela n’étonnerait guère de la France Culture nouvelle mouture gaucho bobo militante, au sein de laquelle Mr Finkielkraut fait figure d’anachronisme, et qu’il conviendra un jour d’épurer citoyennement (il y a aussi le vieux monsieur des Lundis de l’Histoire, qui s’évertue à ne pas comprendre que l’histoire n’a commencé qu’hier matin).
Etrange et admirable que Mr Finkielkraut, un des rares intellectuels vivants à se comporter en homme debout et de ce fait à servir de cible pour à peu près tous les enragés d’un bord ou de l’autre (raciste, sioniste, juif, face de craie, flic de la pensée, facho, ex maoiste, ex gauchiste, republicain indécrottable, c’est selon votre doxa), possède tous ces éléments en mains, un talent indéniable pour en faire la synthèse, et s’obstine toutefois à ne pas sombrer dand le désespoir et la radicalité. Cette élégance d’un autre âge force l’admiration, mais à vrai dire, dans cette atmosphère de 1938, je ne comprends pas ce qu’ A.F. fait toujours en France
- et pardon de m’étaler ici, je n’ai pas de blog réacosphérique ^^
mai 11, 2008 at 6:06
Ah, ne vous excusez pas, votre commentaire est tout à fait pertinent.
J’ai beaucoup de sympathie et de respect pour Finky ; même ses obsessions (nous en avons tous) sont sympathiques parce que pensées et éprouvées.
Cette émission est à télécharger, vraiment. Il développe en outre le concept d’anachronisme dans une époque qui se veut vouée au Progrès (dans leur conception). Vraiment très bon.
mai 11, 2008 at 7:57
Je vous accorde l’intérêt de ses obsessions:
Son côté laïcard m’a longtemps agacé, avant de réaliser que paradoxalement, son discours laisse à penser que la laïcité serait en passe de devenir pour certains -dont je ne suis pas mais c’est toujours bon à prendre- une valeur contre la gauche radicale. Et quand on a un peu étudié l’histoire, cette idée ne manque pas de sel.
La défaite de l’éducation me semble une obsession de bon aloi, d’autant plus que son évidence saute aux yeux. S’en mortifier jusqu’au sang, et en public, a un côté spectaculaire, et j’admire sa façon de prendre des coups à cet endroit, et d’en rajouter avec délectation, comme pour une pénitence volontaire.
Attention toutefois à ne pas ranger Mr Finkielkraut trop rapidement dans le camp des anti progressistes. S’il est conservateur dans une certaine mesure, c’est je pense dans l’optique d’une sauvegarde des acquis de la révolution, et de la république, qu’il tente de préserver des mutations expérimentales et catastrophiques, de l’accélération de la concurrence victimaire, et des droits gay bi trans indigènes musulmans etc… Même si des tradis contre-révolutionnaires (je ne dis pas que vous “en êtes”, notez bien) peuvent y trouver quelque nourriture, notamment en effet dans l’idée de la culture et de l’héritage, il ne faut pas non plus y voir une lecture Maistrienne, puisqu’il y aura toujours chez lui, en arrière plan, la fascination pour les Lumières, les grands mythes socialistes, la foi dans le prochain matin du monde, Ferry, Renan et consorts… Tant que celà reste raisonnable, c’est intéressant, et ô combien préférable aux brutes du genre soral ou besancenot, mais je ne pense pas non plus qu’il faille en faire un parangon.
mai 12, 2008 at 12:32
Tout à fait d’accord !
Pour ma part, j’aurais tendance à penser que toute idée de tradition républicaine est un non-sens puisque je crois que la République ne peut ni transcender ni transmettre. Historiquement, j’aurais tort mais c’est oublier que je considère la situation actuelle comme prolongement logique de la République en tant que système moderne. Je ne crois à aucune religion civile et je pense la République (au sens français moderne s’entend) comme le régime de la surenchère permanente dans le registre moderne.
Je pense ainsi que Finky, Chevènement, Debray & co sont des nostalgiques de la IIIème et sont donc proprement outdated plus qu’anachroniques :)
A mes yeux, la causalité de la décadence actuelle (pour faire court) n’est pas due à des éléments exogènes à la République (individualisme, antiracisme, droitdel’hommisme etc) qui viendraient vicier la vertu républicaine mais elle a fermenté précisément dans l’idée républicaine qui a légitimé tous les vecteurs de décadence. Je suis toujours amusé (cyniquement) par ses pleureuses républicaines qui conspuent ce qui était en réalité inclus dans le package républicain. Ils ont signé sur une déclaration de principe sans lire les annexes et les clauses du contrat.
mai 12, 2008 at 12:39
Tout à fait. Et surtout une époque vouée au Progrès sans un quelconque progrès visible et quantifiable concernant l’humanité ou la société française dans sa globalité.
Je suis en train de retranscrire l’émission et pour ceux que ça intéresse, voici la longue réplique de Finkielkraut qui fait suite à l’interruption des “résistants opprimés” :
“Alors maintenant je vais reprendre l’émission si c’est possible et je trouve, si vous voulez, que cette attitude est très révélatrice. Je ne la lierai pas nécessairement à 68, mais ce qui est très frappant dans ce comportement, c’est ce que les Américains appellent la self righteousness, c’est-à-dire la bonne conscience, la sûreté de son bon droit. Ces personnes nous considèrent comme des survivants, comme des morts : « mort aux croques-morts ». Donc nous ne devrions pas être là. Pourquoi ? Parce qu’ils mènent une lutte pour le Bien. Quel est le Bien ? Le Bien, aujourd’hui, ce n’est plus la Révolution, c’est l’anti-racisme. S’il y a une politique de maîtrise des flux migratoires, c’est une politique raciste. Cette politique raciste rappelle les heures sombres de notre histoire comme on le répète. Donc ils viennent ici pour interrompre des gens qui à leur yeux sont des Vichyssois sinon pire. D’où cet extraordinaire fanatisme, d’où aussi cette impossibilité qui est faite d’entrer dans la véritable discussion et c’est à cela que je voudrais revenir.
Parce que c’était l’intervention que j’avais déjà prévue de faire. J’appartiens à la génération de 68 et il y a eu un moment extraordinaire en 68. C’était quoi ? C’était précisément la suspension de l’affairement. Tout d’un coup, l’espace public était arraché à l’organisation du travail pour redevenir un forum, un lieu de délibération. Ce n’était plus la sphère du travail, c’était la sphère de l’intéraction. Recherche éperdue du sens comme me l’a dit récemment Paul Thibaud. On s’est posé à ce moment-là, la question du sens. Tous ensembles d’une certaine manière. Il y avait des discussions dans les rues, les étudiants se demandaient ce que signifiait leur université, même à Nanterre, on réécrivait les lois, les principes de l’institution. Le vrai penseur de 68 dans ce qu’il a de grand, c’est Cornélius Castoriadis quand il a parlé d’auto-institution, non pas la négation des institutions mais le désir de les reconstituer soi-même en donnant du sens à l’existence. Et pour donner du sens à l’existence, il faut à un moment donné, en effet, s’arrêter de travailler, regarder et discuter. Le problème, le problème pour nous, c’est que nous avons parlé, certes, mais très vite, nous qui nous essayions de nous dévêtir du vieil homme…Laissez-moi finir. Nous avons revêtu un uniforme idéologique. La question du sens a été confisquée par quoi ? Par le sens de l’histoire. Nous avons parlé en termes révolutionnaires et effectivement, la Révolution, la lutte, divise l’humanité entre vivants et survivants. Des vivants, tout à l’heure, ont parlé aux morts que nous devrions être. Et la question que je voudrais vous poser Serge Audier est celle-là. Au fond, si vous parlez de restauration, si vous parlez de régression, c’est que vous retrouvez aussi l’image d’un sens de l’histoire et au lieu de la question du sens, qui était la grande question de 68, vous vous resituez dans cette perspective et vous êtes un progressiste sans progrès parce qu’il n’y a pas progrès d’art de vivre, pas de progrès visible de l’intelligence collective mais il y a des réactionnaires, mais il y a des restaurateurs. Et tout d’un coup, après Daniel Lindenberg, et dans la même revue, vous dressez des listes. J’y figure, Pierre Manent y figure, Marcel Gauchet y figure. Vous dressez des listes de réactionnaires comme si d’ailleurs dans notre pensée, ultérieure, 68 avait tant compté. Ca n’a absolument pas compté dans ce que j’ai essayé de réfléchir. Mais vous voyez le danger. Le danger, il est de trahir effectivement le grand héritage de 68 en substituant à l’élaboration en commun du sens, la possession du sens de l’histoire. Ca ne vous conduit pas à vous comporter comme ces crétins mais ça vous conduit malgré tout à faire des listes noires et c’est vrai, je l’ai lu, j’ai lu cela avec une certaine tristesse. Serge Audier.”
mai 12, 2008 at 12:44
Merci Wilfried !
mai 12, 2008 at 7:48
Oui, merci à Wilfried ,et d’autant plus que ,ce soir,dans C dans l’Air (qui repasse sur Fr5 à 22H30 ou qu’on trouve dès à présent sur internet ),le “présidentde Tropiques FM et président de Génération consciente (?) s’en est pris à deux reprises à Finkie …Titre de l’émission :”La France,victime de ses Droits de l’homme “…..