Yesterday was the time of lavishness. Ca fait des semaines que je suis complètement déconnecté. A l’Est d’Eden, comme James. La dernière fois que j’ai zappé, c’était Drücker (celui qui replace son micro avant de rire spontanément) un Dimanche soir. Il y était vanté un bouquin de contes africains, un truc genre la gazelle et le lion, et, en fait, le monsieur nous disait que c’était super profond, en fait, quand on y pense, et juste avant ou juste après, je ne sais plus, le même monsieur dont on taira le nom disait que l’arabe du coin qui fait de la grosse marge et va t’acheter des clopes fait partie, tenez-vous bien, de notre “identité nationale”. Carrément. Monde de fous. J’ai même raté la spéciale Bébel; Bébel, putain.
Toutefois, dans un endroit de safe convivialité, j’ai entendu Sarkozy s’agiter dans une boîte. C’était au début du conflit israëlo-palestinien, comme on dit. Il disait quelque chose comme la guerre n’est pas acceptable, une villepinerie dans la veine de la guerre est la sanction d’un échec, on devine l’état de la civilisation qui est représentée par ce genre d’orateur.
Immédiatement après ces agitations, j’ai pensé à quelqu’un. Vérification faite, je suis satisfait de moi. Un extrait d’un cours de Finky :
Carl Schmidt crédite les Temps modernes d’une sorte de miracle : le Hegung des Krieges, expression que l’on traduit par domestication de la guerre et qui signifie à la fois que l’Etat circonscrit la guerre à des objectifs rationnels, qu’il en civilise les moyens et les formes de déclaration et de conclusion et qu’il en protège l’existence de façon à se protéger lui-même des effets dévastateurs d’une idéologie de la suppression des conflits.
Pourquoi dévastateurs ? Pourquoi une idéologie visant la fin des guerres serait-elle destructrice ? Parce que la volonté de faire vivre l’humanité dans la paix, l’harmonie, la plénitude ne se reconnaît pas d’ennemi légitime. Violence de l’idylle, férocité de l’utopie. Dès lors que l’humanité devient le sujet de l’Histoire et de la politique, la menace apparaît de voir la distinction de l’ennemi et du criminel s’effacer une nouvelle fois. Rien n’est plus dangereux que l’appropriation de l’universel.
“Malheur au Roi qui reste sourd à la voix de Dieu le pressant de tuer tous les hérétiques ! Tu ne dois pas faire la guerre pour toi, mais pour Dieu” disait à Ferdinand II, son conseiller Scioppus. Ainsi fut lancée, pour écraser le protestantisme, la Guerre de Trente Ans. Et ce sont les traités de Westphalie qui, en 1638, établirent un ordre juridique fondé sur la raison d’Etat et l’équilibre des puissances. Mais quand l’homme s’empare du trône divin, au lieu de le laisser vide, alors de nouveaux Scioppus surgissent et tel Carrier chargé par la Convention d’écraser en 1793 la révolte des Vendées, s’écrient : “C’est par principe d’humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres”. Idem est hostis, idem rebellis. Et ce que les jacobins ont fait à échelle encore artisanale, les bolchéviques l’industrialiseront. Ils renverseront cette grande devise du droit public européenn qu’est la formule de Clausewitz : “La guerre, c’est la politique poursuivie par d’autres moyens” pour faire de la guerre et même de la guerre civile le modèle de la politique.
Exemple : Leur morale et la nôtre, de Trotski, écrit en 1938 alors qu’il est en exil et qu’il est pourchassé par Staline. Trostki y affirme sans ambages que “la guerre civile, forme culminante de la lutte des classes, abolit violemment tous les liens moraux entre les classes ennemies”. Il reconnaît que la guerre civile est la plus cruelle des guerres, qu’elle ne se conçoit pas sans violence exercée sur des tiers et, tenant compte de la technique moderne, sans meurtre de vieillards et d’enfants. C’est d’ailleurs ce qui se passe, au moment même où Trotski écrit en Espagne. Mais qui veut la fin (dans le cas précis de la guerre d’Espagne, la victoire sur Franco et de façon plus générale, le socialisme, c’est-à-dire l’accroissement du pouvoir de l’homme sur la nature et l’abolition du pouvoir de l’homme sur l’homme) doit vouloir les moyens (la guerre civile avec son cortège de crimes). “L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes” écrivaient Marx et Engels dans le Manifeste. Lénine, Staline et Troski complètent ou radicalisent cette assertion en proclamant que la lutte ultime est une guerre et que cette guerre ne doit pas être circonscrite, ou domestiquée car c’est une guerre d’anéantissement. Il n’y pas d’adversaire humain à l’humanité en marche pour son émancipation.
Déjà Danton disait : ” Ces prêtres, ces nobles ne sont point coupables mais il faut qu’ils meurent parce qu’ils sont hors de place, entravent le mouvement des choses et gênent l’avenir”. Non pas l’avenir d’un groupe, d’une classe, d’une nation particulière, mais l’avenir de l’universel, l’avenir de l’humanité même. A cela, Carl Schmitt répond :
“Ce n’est en aucun cas un progrès dans le sens de l’humanité de mettre hors la loi, en la déclarant réactionnaire et criminelle, la guerre dans les formes, soumise aux règles du droit des gens européens, pour déchaîner, à sa place, au nom de la guerre juste, des hostilités de classe ou de race, à caractère révolutionnaire, auxquels font défaut le pouvoir aussi bien que la volonté d’opérer la distinction entre un ennemi et un criminel”.
Cette critique repose, en dernière instance, sur le pessimisme anthropologique de Carl Schmitt, ce qu’on pourrait appeler son anti-rousseauisme radical. Carl Schmitt, en effet, classe les théories de l’Etat en deux catégories. La première postule un homme corrompu par nature; la seconde, un homme bon par nature. La sienne appartient évidemment à la première catégorie. De la méchanceté naturelle ou de la dangerosité de l’homme, il tire la nécessité du gouvernement, par opposition aux libéraux qui professent que l’homme est naturellement tourné vers l’utilité et en déduisent sa capacité spontanée à s’organiser en société. Et par opposition à ceux qui font de l’histoire un grand récit triomphal, une épopée de la Raison, Carl Schmitt ne croit pas à une réconciliation ultime, à une reconnaissance finale de l’homme par l’homme. A l’idée d’eschaton, c’est-à-dire l’accomplissement des fins dernières, il va jusqu’à opposer l’étrange figure du katechon, la puissance qui retient la fin des temps, qui empêche le triomphe des forces adverses, l’avènement de l’Antéchrist. Cette figure apparaît dans la deuxième Epître de Saint Paul aux Thessaloniciens. Paul veut calmer l’impatience des convertis qui attendent la venue du Seigneur :
” Nous vous demandons de n e pas vous agiter si vite, sans intelligence et de ne pas vous laisser troubler ni par un esprit, ni par une parole, ni par une lettreze qu’on dirait de nous comme quoi le jour du Seigneur serait là… Le mystère d’iniquité est déjà à l’oeuvre : que s’écarte seulement celui qui le retient encore et alors sera dévoilé l’Inique, lui que le Seigneur supprimera par le souffle de sa bouche et abolira par l’éclat de sa venue”.
Le souci métaphysique qui imprègne la pensée juridique et philosophique de Carl Schmitt, c’est le souci non de hâter, mais de retarder la fin .
J’espère que vous avez lu.
A posteriori, Finky humilie gentiment Sarkozy.
Deux, il cite Carl Schmitt. Il cite, il le cite, Carl, plus loin, Schmitt. S’il le cite, c’est pour la qualité de son oeuvre. Au moins en partie. Marque d’intelligence. Il faut relever ce fait. Finkielkraut œuvre pour la pensée, une illustration de plus, et dit tout bas ce qui est tu plus haut et c’est très bien. Est-ce que, lorsque la Diversité règnera, à ce moment, est-ce que, donc, les intellectuels musulmans (car il y en aura) citeront, par exemple, des Croisés pour la qualité de leur œuvre dans des cours de haute tenue ? Je ne sais pas. C’était une question incidente, de toute façon.
Je vous parlerai des juives et de mes profondes réflexions sur la question juive, plus tard. Le forcing pro-palos insupportable et la bêtise droitarde qui persiste -encore…- m’y incitent. Ca me fixe des objectifs d’assiduité.
Rem : Barton Fink, lui aussi, préfèrait la paix à la guerre et l’Ôtre à son voisin. Il croyait même dans un autre monde, un monde de Dialogue et de Tolérance.
janvier 13, 2009 at 10:49
« Je vous parlerai des juives (…)»
La petite amie que j’ai quitté avec – ô combien – déchirement avant-hier est juive. Et y’a même des types qui m’ont dit que ça se voyait (bon sang de myopie !). Trois ans que j’ai passé avec elle sans le savoir.
Je suis curieux de savoir ce que l’on peut en dire. Et ça m’intéresse (elle est si mignonne, la pauvre chérie !).
janvier 14, 2009 at 1:37
Vous avez suivi les cours de Monsieur Finky, Charles ? Vous êtes un “ancien élève”, comme on disait autrefois ?
Merci pour vos billets. Ils me manquaient.
janvier 14, 2009 at 7:04
@ Bruno :
Merci pour vos encouragements ! Autrement, TOUT LE MONDE est ou a été élève de Finky :)
http://www.editions.polytechnique.fr/
@ Blizougu :
J’estime la proportion de juives dans la population de MDE à environ 15%. Il n’y a presque que les juives qui peuvent être, ce que j’appelle, c’est un de mes concepts, “brunes mystiques”. J’en parlerai. En revanche, vous m’étonnez. Comment est-ce possible de ne pas savoir que sa câline est juive ? C’est plus que surprenant.
janvier 15, 2009 at 12:09
Bon allez j’ai sans doute un peu exagéré, mais à peine. C’est parce qu’elle me l’a dit que je l’ai su, et lorsqu’elle me l’a dit, nous nous fréquentions depuis quelque chose comme deux ans.
Elle m’a conté qu’en une période où l’on pouvait choisir indifféremment si l’enfant porterait le nom du père ou de la mère, son père avait préféré qu’elle prît son nom, très bourgeoisie française, Fontainebleau et XVe arrondissement, plutôt que celui de sa
janvier 15, 2009 at 12:20
Bon allez j’ai sans doute un peu exagéré, mais à peine. C’est parce qu’elle me l’a dit que je l’ai su, et lorsqu’elle me l’a dit, nous nous fréquentions depuis quelque chose comme deux ans.
Elle m’a conté qu’en une période où l’on pouvait choisir indifféremment si l’enfant porterait le nom du père ou de la mère, son père avait préféré qu’elle prît son nom, très bourgeoisie française, Fontainebleau et XVe arrondissement, plutôt que celui de sa mère, plutôt ashkénaze, petits bijoutiers et déportés (son père était assez prudent et porté sur la prospective).
Quant à son prénom, c’est celui d’une héroïne de Stendhal.
Tout ça pour dire que j’ignorais les origines de sa mère et donc les siennes propres. Et que je suis infoutu de détecter une jolie juive à son visage (enfin si, la joliesse, je peux mais… bref, vous avez compris).
Cela dit, elle ne portait ni chapeau ni phylactères, et le logis familial était dépourvu de chandeliers à x branches. Quant aux cochonailles et au homard, ma foi, nous en avons partagé notre content.
Et si j’en écris autant à ce sujet, c’est finalement avec assez d’impudeur parce qu’elle me manque.
janvier 15, 2009 at 9:19
Merci de cet extrait Charles,
C’est d’autant plus intéressant que cela marque une évolution de la pensée de Finkie depuis quinze ans. Là, il est en train de prendre la perspective de Nolte. Ce qui est amusant est qu’il y vienne par Schmitt. De là à ce qu’il devienne catholique, ce serait un beau pied de nez.
janvier 17, 2009 at 3:43
@ Blizougu :
Pourtant, on remarque vite la judaïté d’une fille. Jalouse hystérique, par exemple, non, sérieusement, mais par exemple, quand vous n’êtes pas juifs, ça pose des problèmes, donc vous le savez forcément. C’était surtout ça que je voulais dire. Mais visiblement ça ne vous a posé aucun problème.
@ Naïf :
Je ne connaissais pas Nolte. J’ai regardé sa fiche wiki (…), j’ai lu qu’il était un tenant du paradigme “compréhensif”. Vous savez ce que cela couvre ? J’ai lu le fameux bouquin de Kuhn mais le paradigme “interprétatif” en Histoire… ?
janvier 18, 2009 at 3:37
«Jalouse hystérique, par exemple»
Ma foi, je n’y avais pas vraiment prêté attention, mais le fait qu’elle me harcèle au téléphone même pas une semaine après notre rupture, et généralement le soir, serait en faveur de votre thèse, c’est vrai.
janvier 20, 2009 at 12:12
Don’t think twice, it’s alright chantait Zimmy !
http://www.deezer.com/track/537282
Et un Charles :
http://www.deezer.com/track/84900
janvier 20, 2009 at 10:47
Message transmis.
Pas Charles : voix dont je déplore qu’elle soit si… «pompeuse» (j’ai du mal à supporter ces accents, ces tremolos. Un peu comme quand j’écoute Barbara), et orchestration un peu trop music-hall.
Mais le Zimmerman qui va bien, va bien. Et fut transmis quasi sans commentaires, tant le contexte s’y prêtait.
Le web 2.0 et la réacosphère sont décidément pleins de surprises.
Merci.
janvier 21, 2009 at 10:27
De rien ! Attention, Don’t think twice est assez rude, tout de même :)
janvier 22, 2009 at 12:21
S’il n’est pas trop inélégant de citer ici des extraits du contenu d’une correspondance privée par elle m’adressée, je mentionnerai certains passages de sa réponse à cet envoi :
- « the smart guy who just knows how to make me cry over again. well done ur such a talented bitch. »
- et « here we got the tears ! bravissimo mi amore. »
(oui, elle est en ce moment en terre anglo-saxonne, cherchant à en parler le dialecte).
Cher Charles, ces larmes qui me sont vouées, je vous en cède la moitié (que vous en vouliez ou non : vous en fûtes l’inséminateur, si je puis dire). Et croyez que je suis encore votre débiteur (mais je ne vais pas tout vous donner, tout de même !).
Et « Don’t think twice », que je ne connaissais pas va détrôner « Can’t seem to make you mine » (The Seeds) dans notre juke-box de rupture.
Merci.
janvier 22, 2009 at 12:24
Précision à l’attention de ceux qui prendraient le fil en cours de route : effectivement, « Don’t think twice » semble assez rude. Pour tout dire, cette chanson envoie du bois. Et sévèrement.
Et j’ai testé pour vous.
janvier 22, 2009 at 12:25
« à l’intentionv », pas l’attention.
janvier 22, 2009 at 2:15
Dylan n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est sarcastique (Ballad of a thin man, Desolation row, et plus précisément dans le rayon moeufe : Positively 4th street -pas mal pour une ex que l’on ne veut pas revoir aussi- et Like a rolling stone -pas mal aussi pour une ex mais trop revanchard, rancunier, indigne d’un gentleman- évidemment, Just like a woman etc etc) ou sombre mais ça ne colle pas, là.
Autrement, puisqu’on est dans les recettes du terroir, je vous conseille Love minus zero si vous savez gratter/chanter ou pas, de tte façon Dylan ne savait pas non plus chanter :)
Très efficace, ça a tjs marché, portrait idéal de la moeufe intelligente dans l’acception qui est la nôtre : une femme qui se tait et qui -donc?- rayonne. Ca les flatte de croire qu’elles peuvent correspondre. En vérité, la fille de Love minus Zero, personne ne l’a jamais rencontrée. Pour cause, elle n’existe pas mais les plus grandes oeuvres ne sont-elles pas des fictions ? :) Remarquez, c’est -à ma connaissance- la seule chanson de Dylan sur une moeufe dont on ignore vraiment l’identité de la muse, preuve en est que c’est bien de la fiction, un exercice de style. Même One more cup of coffee on sait plus ou moins qui c’est, une nymphe gitane à moitié légendaire. Du LSD peut-être, aussi.
Moi, Love minus zero, ça me fait penser à plus tard, une robe à fleurs (j’aime les robes à fleurs), un week-end champêtre, l’odeur de la pluie (car il faut toujours ouvrir les fenêtres quand il pleut en terres champêtres) mélangée au canard à l’orange (j’aime le canard à l’orange) dans des vieilles pierres (j’aime les vieilles pierres), bien, serrein, mec qu’a fait les bons choix, bons arbitrages, bien, quôa. Un peu comme le clip avec la pasdemotissime Scarlett Johansson, When the deal goes down, toujours Zimmy cf http://www.youtube.com/watch?v=aNv02iE_9rU
Bref, Dylan est une BO. Il y a aussi celle-là, pour plus tard : http://www.deezer.com/track/618083 C’est la seule un peu gnian-gnian, mais juste ce qu’il faut, il devait avoir quelque chose à se reprocher. Pour dire Radiant jewel, mystical wife / Glamorous nymph with an arrow & bow à une ex, il faut un défaut d’activité qui commence à peser ou agir sur conseil de son avocat. Il y a aussi Covenant woman mais c’est plus biblique cette fois, breeeef.
La musique, c’est important mais alors avec les moeufes, c’est encore plus important, cos’ ça créé le souvenir (un des fondamentaux de la pensée charlienne). Et il faut toujours créer le souvenir, être fantasque, les évader.
Dylan étant traité très succinctement, votre moeufe. Perso, car comme Alain Bécile j’ai un avis sur tout, selon son sens de l’humour, vous pouvez lui envoyer un godemiché par collissimo avec le cédé de Dylan. Ce serait plutôt de bon goût. Autrement, les moeufes, c’est toujours au bord du suicide et pourtant elles sont plus nombreuses que nous. Elles bluffent. Pour les larmes, jeune -car j’ai appris- ça pouvait m’émouvoir, rapport à ce que la seule femme jusqu’alors qu’on a vu pleurer est sa mère, donc vague transfert et alors elles bénéficient -indûment- d’une estime indépassable, mais, maintenant, je passe outre, puisque c’est du théâtre.
C’que je brode, dingue.
La BO : http://www.deezer.com/track/619295
Dylanement,
PS : elle apprend aussi l’italien en terres anglo-saxonnes ? Faites gaffe les ritals… Remarquez, vous vous en moquez maintenant. Dylan toujours : http://www.deezer.com/track/537316 Wouh ! Wouh ! Le Dylan un peu allumé est bon, aussi.
PS 2 : Can’t seem to make you mine c’est bon aussi.
janvier 22, 2009 at 10:37
« Il y a aussi celle-là, pour plus tard : http://www.deezer.com/track/618083 C’est la seule un peu gnian-gnian, mais juste ce qu’il faut, il devait avoir quelque chose à se reprocher. »
Vous voulez que je me mette, plein pot, en phase avec mes émotions (le résultat est généralement assez dégoûtant) ?
Sara(h) est un prénom qui tient une certaine place dans ma mythologie personnelle, et cette chanson, particulièrement, pourrait faire que je « got the tears » et tout ça.
Alors non, je ne vais pas laisser ma « part féminine » s’exprimer ni même faire son intéressante. Je resterai digne (autant que chouiner sur un blog le permet).
Mais « gnan-gnan » , tout de même. « Sarah, prends ton vison, on se tire de ce bouge… »
Et « Desire » joue pour la troisième fois consécutive sur le tourne-disque (Oserai-je dire qu’en outre je trouve « Hurricane » entraînante ?).
Je vous remercie pour votre succint – que vous dites ! – traitement des chansons de Bob. Je vous remercie pour ces larmes provoquées chez celle que je quitte sans regrets mais dans la douleur. Théâtre, certes, mais notez qu’une de nos dernières soirées « en couple » s’est déroulée à la Comédie-Française où elle m’avait traîné, amatrice de cet art que pour ma part je ne goûte guère et ne crois pas même en être un, ou si peu.
« Toutes les ruptures heureuses se ressemblent plus ou moins, toutes les ruptures malheureuses sont plus ou moins différentes » . La nôtre fut plutôt heureuse, et c’est pour ça qu’elle dure encore, et nous rend finalement malheureux.
Bon, pardonnez-moi ces épanchements. Prenez-les comme ceux de ces pauvres bougres dans les bars fermant à 5h00 du matin : ils sont pitoyables et insignifiants mais sont aussi la cause pour quoi existent ces bars.
Alors je vous remercie aussi de l’existence de votre blog, ne serait-ce que parce que la vie n’est – malheureusement – pas que robes à fleurs, terre mouillée, tuffeau spongieux, granit humide ou schiste luisant, ni canard à l’orange cancanant à l’entour qu’elle et lui s’aiment encore et que tout est à venir.
On a aussi un pays qui se casse la g*eule , faudrait pas l’oublier.
Merci
janvier 23, 2009 at 12:00
Merci à vous pour ces petits instants de vie, c’est toujours plaisant. Mon côté féminin, sans doute.
Sara, alors.
C’est gnian-gnian a contrario des chansons que j’avais citées et parce que Zimmy n’a pas été des plus grands avec la miss. Mais sinon c’est une très belle chanson, ça ne fait pas de doute. Notamment pour son ton désolé, la fin d’un monde, j’aime beaucoup. Now the beach is deserted except for some kelp.
Desire est très bon, et il ne ressemble à aucun autre, ses arrangements sont tout à fait dylaniens, improbables. L’hisoire de la rencontre avec la violoniste, toute une époque. Hurricane est à la hauteur d’un Like a rolling stone pour le côté “j’invente ce que vous nommerez plus tard musique”, quel dommage qu’il se soit planté sur le texte et la justesse de la cause !
Ne pas penser au texte, pour une fois.
Drinkin white rhum in a Portugual bar.
Autrement, j’évite un maximum le pathos et la promotion du Prozac. Il y a des bleaugues que je ne lis même plus tant ils sont déprimants. Pas que je cherche à éviter la réalité (2.0 soit dit en passant), mais j’évite de m’en lamenter, je fais ce que j’ai à faire dans le réel et j’en rendrai compte plus tard. Mais vraiment, ressasser etc. sur un bleaugue qui est plus est, c’est vraiment insupportable et complètement vain. Donc, le canard à l’orange, j’assume, je revendique !
Et de toute façon, Hemingway conclue l’un de ses nouvelles, une histoire d’aveugle et de “chienne d’aveugle” (sa femme), par, de mémoire : nous vécûmes de belles choses dans les ténèbres.
Tout y est.
Ah oui, je devais en parler du vieil Ernest. Monsieur, precisamente (une reprise de qui-on-sait, toujours à-propos le bougre, pour celui qui aimait l’Espagne) http://www.deezer.com/track/2166481
Bien à vous comme on ne devrait pas dire,
C.
janvier 23, 2009 at 9:32
En fait, je crois que « Desire » est le seul disque de Dylan que je connaisse. Et pour moi, Bob Dylan, c’est ce son, pas toujours agréable d’ailleurs (le « traitement des aigus » est assez horripilant ; pour tout dire ça me casse parfois les oreilles.
C’est Bach qui prend le relais, des fois, ou plus souvent, rien : j’aime beaucoup le silence. Mais j’avoue que je n’entends rien à la musique, à mon grand dam, et qu’au-delà du plaisir physique et du marqueur social, j’ai souvent du mal à en parler. Et à en écouter.
Et j’en suis fort marri, évidemment : je vous disais que je ne considérais pas vraiment le théâtre comme un art, mais la musique si ! absolument ! mais si je saurais un peu dire pourquoi l’un n’en est pas, je me sens incapable de dire pourquoi l’autre en est, autrement qu’avec des mots piochés à droite à gauche).
Bon je m’égare.
– Patron, la même chose ! (Laissez, c’est pour moi)
« Silvio » par exemple, ne me l’auriez -vous pas dit que jamais je n’aurais imaginé que c’était du Dylan ( j’aurais plutôt vu Springsteen, un truc dans le genre…). Peut-être n’aimè-je que ce Dylan (celui de Desire, je veux dire) ? Je n’en connais finalement pas d’autre.
Bord d’aile de merle ! J’ai rencontré il y a quelques années une new-yorkaise (et son fils) qui m’invitait à lui rendre visite chez elle (et son fils), qui vit (à, sur, dans ?)Bleecker street (j’ai encore l’adresse, tiens).
La flemme, l’indécision, l’incapacité à *faire*, de tout ceci a résulté que je n’y ai pas été.
Marcher dans les rues du Village est-il « something to do » ?
C’est sans doute espérer, en marchant dans les rues du Montmartre où je vis, retrouver des traces de l’atelier de Gen Paul (dont je n’aime guère la production, d’ailleurs) et de ses amis (et de certains, j’aime la production).
Mais j’aurais peut-être dû essayer.
janvier 29, 2009 at 1:28
Bach, indépassable : http://www.deezer.com/track/2603203 (et politique)
Le théâtre, j’ai l’impression que tout a été dit, il y a eu trop de grands, c’est impossible de les dépasser, le sujet est épuisé, le regard inquisiteur des pairs est trop inhibiteur. C’est comme si , Molière, Balzac, Dostoï, Faulkner n’avaient fait que du cinéma, que voudriez-vous faire après ça ?
Même Ionesco, Beckett, je ne les ai que lus, jamais je n’y verrai voir une représentation. A la limite je pourrais aller voir Lucchini, pour le personnage, pas pour le texte.
Pour la Pomme, Positively 4th street ! :)
janvier 29, 2009 at 2:48
Pour votre information, l’oeuvre que vous donnez en lien n’est pas vraiment représentative de Bach, ce n’est en effet qu’une simple transcription pour claviers d’une oeuvre originale de Vivaldi, le concerto grosso no.10 en si mineur de l’opus 3.
juin 27, 2009 at 2:37
Mieux vaut tard qu’à la bourre : et Schmitt, dans tout ça (mais quel “ça”!)? Par quoi commencer?