mai 2009


Quelques lectures.

La découverte pour LGC SA, Larry Brown. Big bad love. Un des écrivains préférés de Dylan, alors je n’ai pas réfléchi et ai suivi les recommandations du vieux. C’est glauque, absolument pas grandiose, ça sent le motel pourrave avec l’aileron du ventilo, les volets mi-clos etc, ça casse des briques. Chez Larry Brown, les couples ne passent pas des après-midi champêtres, nus sur Vélib dans un champ de colza en fleur, makin’ love & singin’ Julien Clerc, en mangeant du chocolat noir au piment. Non, le mari dit à sa femme écrivain sans talent qu’elle écrit bien pour pouvoir la démonter, le mari hésite à sortir du lit parce qu’il préfère rêver et rester sous la couverture chauffante (une invention géniale) etc. J’adore.

Ethan Coen, Almost an evening, la pièce qui a fait un carton à Broadway il y a peu. Troisième livre d’Ethan Coen (celui qui fait étudiant attardé), j’ai préféré les deux autres, son recueil de poèmes et de nouvelles. C’est brillant, comme d’habitude, mais c’est trop dans la veine de Beckett, ça commence comme Barton Fink, etc., un peu trop déjà-vu. On pense avoir compris que les Coen aiment l’absurde. Bon, cela dit, ça se lit très bien, et c’est vraiment pour pinailler. Pas besoin de savoir lire Faulkner en VO pour le lire, je précise.

Panorama du film noir américain de Borde & Chaumeton. Paraît-il que c’est un classique du genre. A la vérité, c’est plutôt chiant. L’idée séduisante est que le noir n’est pas si noir (Valéry) et que derrière le noir c’est noir persistent de l’ironie latente et de l’humour. Un truc vaguement dandy, donc.

Enfin, le livre qui casse des briques, La crise des subprime – Origines de l’excès de risque et mécanismes de propagation de Laure Klein. Patronyme peu péchu, il est vrai. De ce que je connais, les femmes juives sont soit des brunâtres du 17 avec des grosses meules et des grandes tignasses qui rendent fou, soit des maîtresses de maison qui savent compter. Au vu de la photo de quatrième et du contenu du livre, plutôt deuxième option. La damoiselle en question a 23 ans et est étudiante à Sciences po Strasbourg, je ne savais pas que ça existait. On doit certainement y manger de très bonnes choucroutes. Le tout est édité par la revue Banque (à lire également leur introduction au Private equity). Bref, c’est vraiment très bon, succint, biblio excellente.

Bonus :

dylan-rue

A l’évidence, l’actualité la plus importante de ces derniers jours est le déplacement de Bob Dylan chez nous quoi, et son nouvel album. C’est après un court séjour au Mexique et quelques cautions de couples américains miséreux voulant accéder à la propriété, que l’immense Robert Zimmerman from Minnesota, serrein, s’est présenté à nous. Heureux, malgré l’arthrose, Bob Dylan, nous a sorti un répertoire de derrière les fagots, inespéré. De mémoire, ça donnait à peu près ça :

Carla Bruni, pourtant toujours aussi blonde, a eu un harmonica du plus grand avec Little Walter et Sonny Boy Williamson, quoi. Personnellement, ça me donne des envies de contre-révolution. Car oui, Bob Dylan joue de plusieurs instruments en même temps.

J’y reviendrai. Aussi, nouvel album, Together through life, nouveau disque qui a pour couverture une photo de Bruce Davidson, accessoirement couverture US du bouquin Big bad love de l’immense Larry Brown, quoi. Ce mec est immense. Près de 70 ans, il commence par Oh I love you pretty baby et un petit coup d’accordéon qui va bien, quoi. A 22 ans, il chante le texte le plus immense, à 70 il parle de petites en robe à fleurs qui descende de la colline verte, tout est là. Ce mec casse des briques.

Autrement, les Divers préfèrent piquer un portefeuille d’étudiant dans un Noctambus plutôt qu’une écharpe Burberry, quoi. Il y a une réelle défaite de l’intelligence en France, c’est acté.

Est-ce qu’une hard rain is gonna fall ? chante Alain Souchon, champêtre au milieu des ânes.

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