A voir tous ses clips, pour le plaisir.
Quand j’étais jeune, car je ne suis pas soustrait aux règles du temps, j’ai fait quelques soirées avec Karim T., une sorte d’Eddy Barclay du rap FR, en plus métèque et avec des budgets moindres. Grosse culture musicale, tout de même. Car oui la musique m’a poussé dans des coins forts obscures. Parmi les jeunes réactionnaires foeunes et trop déca, (- déca? – déca, lait), schyzo totale, les tapins, très peu de bourriers dans mon souvenir, il y a un certain cahier des charges dans ces milieux-là, les mecs de banlieue, les blacky black, les rappeurs, les bobos, il y avait des bréqueurs, des hip-heaupeurs, et tout. C’était un temps où des jeunes réactionnaires foeunes s’intéressaient à tout, où des chercheuses du CNRS en “sociologie”, pour le coup plutôt bourrier, faisaient leurs thèses sur ces “mouvements”, et Michael était là. Pour moi Michael Jackson, c’était ça, ce truc désordonné, la mondialisation, l’idée que ça va bien se goupiller, une certaine allégresse dans le métissage, un certain optimisme. C’était le temps des fleurs.
Michael était plus ou moins le symbole de tout cela. A commencer par les brécoeurs qui ne faisaient rien d’autres que du sous-Michael. C’est entendu, le break n’a jamais été plus que du Michael Jackson de banlieue, avec tout ce que cela comporte. Je pense que c’est aussi cela que pleurent les fans obèses.
Aujourd’hui, j’imagine que les mecs de banlieue vont à la mosquée, que les blacky black s’habillent en XXXL, que les tapins tapinent dans un Zara par nature quelconque ou au mieux une boutique branchouille ou un nième resto laounje avec des assiettes rectangulaires, que les bobos yoggisent, que les toys astiquent leurs petits nems, que Sony BMG poursuit les pirateurs et que les autres réacs, devenus moins foeunes, poursuivent des études honnêtes pour avoir plus tard un digicode sur les bons boulevards et réparer la toiture du refuge champêtre. J’attends la guerre civile malgré moi, chantait Ekoué de la Rumeur. Et encore, je suis né trop tôt; il y a 20 ans, le fils Cassel graffait avec Didier Morville sur du Michael. C’était, j’imagine, une époque où l’on avait pas encore saisi ce que la Diversité impliquait, les conséquences de l’immigration massive, une certaine naïveté. Moi-même au lycée, pas des années-lumière donc, je me souviens d’éditos d’Olivier C. complètement perché dans Radikal, le genre jack languien à voir du Baudelaire chez le premier crétin analphabète de banlieue et à célébrer les apports de la Diversité à la littérature françèèèèèèèèèèèèze (Booba est cité dans la NRF la revue littéraire, pas la Nouvelle Réaction Française, hein, etc.). Olivier C. est par ailleurs un expert de Michael Jackson, ça c’est pour la valeur démonstrative de mon petit chant funèbre.
La prise de conscience se fait donc très doucement. Déjà, Kool Shen, trop blanc, se faisait rembarrer par les amis de Nas au moment du clip d’Affirmative action. Nou Yorque, Nou Yorque. Bref, la vie a repris son cours, les choses se mettent doucement en place, et c’est donc logiquement que Michael, incarnant toute cette naïveté, ces blancs qui dansaient dans la joie et la bonne humeur avec des noirs, est mort. Il est enterré avec pour seul cortège des lettres mortes, des idées creuses, des espoirts de lendemains heureux déçus. Il est mort, parce qu’il le fallait, parce que tout tend désormais à se préciser. Avant que tout se fige. R.I.P.
juillet 2, 2009 at 5:23
Billet génial. J’avoue que je passe à moitié sur certains, pour diverses raisons, mais c’est toujours à mon goût quand ça parle de musique et de films.
Je n’ai pas relu les archives du blog, mais il me semble (c’est peut-être moi, en partie) que le ton a quelque peu changé. Plus bienveillant, plus “sympathique”, ça coole bien (plus “foeune”) ça fait plaisir… Détachement, attitude dandy, quelque chose comme ça.
Puis je ne peux pas m’empêcher d’apprécier les références toujours plus nombreuses au rap français, et, j’oserais le dire, au plus fin. Enfin, au vrai rap quoi, comme disent “ceux qui savent”. Lunatic, etc. Aujourd’hui, à part deux trois rêveurs (ou aspirant branchés) qui proclament un art pur et authentique, du smooth hip hop originel (retour aux lois zulus, le hip hop comme grand amour métaphorique, l’entité perdue qu’on implore, peace & poetry), on ne se réclame plus vraiment de Baudelaire, ou de James Brown, ni cite Jacques Brel comme influence (il y a bien La Fouine, ça ressort tellement…). Où alors une fois, affaire classée, en interview : MJ c’est toute mon enfance, Jacques Brel ma mère avait les skeuds, la chanson française tout ça (La Fouine). Le temps des Dany Dan qui disaient écrire leur texte à Montmartre, pour l’ambiance et l’inspiration, c’est quand même assez loin. Plus aucune aspiration, ou alors des blagues (“plus fort que Molière”). Il y a quelque chose, un petit rien diront certains, qui s’est perdu. J’ajouterais, c’est hyper racoleur de ma part, qu’on peut trouver un côté “vieille France” au “vieux rap français” (celui d’il y a quelques années), relativement (à aujourd’hui). Les références au cinéma français, à Gabin, à des films de gangsters autre que Scarface, où même les révérences obligatoires à Renaud (113 par exemple). Le temps où les rappeurs français citaient Borsalino (Arsenik) est bien révolu. Le temps où les rappeurs, en gros, écrivaient avec des dictionnaires (et raillés dictionnaires de rimes). Cherchaient à construire quelque chose. C’est flagrant avec Booba. Mais le phénomène est général et assez manifeste. Tout le monde aura remarqué que les règles du game ont changé. Chez certains, dont Booba-exemple type, ce fut véritablement la métamorphose. Il y a le style vestimentaire, on voit plus trop de survêts jaunes, mais dans l’écriture (faire de la poésie/faire des tunes), le flow (être habile/paraître violent), les instrus (des sacro-saints samples à l’inévitable synthé), tout le truc à salement changé. Les gars sont obligés de s’adapter. Plus lourds, plus violents. Comparer le Salif de 2001 et le ghetto youth Salif d’aujourd’hui. Il s’est, j’en sais trop rien, sefyuisé.
Voilà pour l’essai improvisé (je lisais Olivier Cachin). Quelque chose qui m’était passée par l’esprit. Pardon si j’ennuie. Cependant, puisque j’ai fait un certain effort pour coucher cette thèse originale, je me permets d’illustrer mes propos par un “son” de Tandem, de 2001, que vous écouterez si bon vous chante.
http://www.youtube.com/watch?v=oEcwTcI0XYI
À comparer avec ce qui suit (93 hardcore, c’est autre chose).
Là, une certaine aspiration, un côté lettré (avec tout ce que cela peut avoir d’agaçant, à juste titre, dans le rap) : mots rares, syntaxe inversée, figures de style, oxymores à tout-va… Et c’est articulé. Je ne parle pas du fond, quoiqu’il y ait notamment une phase spéciale dédicace sur l’avortement (“…pourtant j’t’avouerai qu’j’ai beaucoup de peine pour tous ces foetus, et un immense respect pour le courage de ces mères enfants qui se précipitèrent sur la bite”).
J’espère ne pas vous avoir agacé avec ce qui est possiblement un tas d’inepties à propos de quelque chose dont vous n’avez peut-être strictement rien à faire.
Bref, c’était pour passer le bonjour.
juillet 5, 2009 at 6:25
“le fils Cassel graffait avec Didier Morville sur du Michael”
Ah ! Rockin’ Squat… j’ai longtemps pensé que le groupe Assassin incarnait un Hip Hop doté de plus de conscience… et puis récemment il a viré carrément conspirationiste de bas étage. Il reste quelques morceaux d’anthologie tout de même bien au-dessus de la moyenne nâtionâleuh du Râââp français.
Bon… je suis une crapule… je ne remets pas en cause les talents du p’tit gris qui vient de crever… mais à côté de Prince il fait vraiment office d’apprenti. C’est mon opinion, mais j’me comprends.
juillet 6, 2009 at 3:39
@ Nebo :
Certes. n’empêche, qu’il s’agisse de Presley, de Dylan, de Dean, de Monroe, toutes les icônes US, on retient ceux qui ont porté à la lumière leur “art”. Dylan n’est pas un countryman, pourtant un harmonica évoque plus facilement Dylan qu’un obscur bluesman chez le commun des mortels. Idem pour Presley. Idem pour Dean & Monroe qui ne sont pas les plus grands d’Hollywood et qui pourtant évoquent à merveille Hollywood etc etc
Sans Dylan, pas de CD avec une gratte seulement, sans Jackson, pas de mondialisation du beat jacksonien (qui dans l’absolu revient plus à Prince, certes) et de l’alliance de la danse et de la pop etc.
juillet 6, 2009 at 3:42
Pour Rockin’Squat, c’est un crétin, comme son frère. Mais son frère lève Monica Belluci et a un vrai “univers” (bidon mais passons).
Et le côté intello du rap (sic), artiste à prétention culturelle me gonfle.
juillet 6, 2009 at 3:53
Les deux frangins Cassel me gonflent aussi… mais Vincent est tout de même un bon acteur. Et Monica est belle.
Mes références premières en matière musicale sont tellement nègres que j’ai découvert l’harmonica en écoutant Howlin’ Wolf et Muddy Waters… bien avant monsieur Zimmerman. Peut-être que ça fausse mes analyses, mais c’est là mon parcours.
Cela étant dit… si la fin du monde survenait, là, maintenant, si j’en avais le temps, je me mettrais un disque de Frank Sinatra ou Dean Martin. C’est dire…
Ce que vous dites, par ailleurs, sur les icônes US est fort juste.
juillet 6, 2009 at 3:57
@ Zidane :
Olivier Cachin est une caricature de ce milieu bobo qui passe son temps à voir du Beaumarchais chez Diam’s. Il y a une vraie indécence chez ces gens-là car s’ils se paluchent sur le Blacky Black qui fait des rimes en O/EAU, ils restent accrochés aux bonnes références quand ça ne rigole plus (je doute qu’Olivier Cachin fasse plus tard réviser fifille ses concours avec du Lino). Ils font croire à un art qui n’en est pas un, l’illusion d’un art facile, militent bêtement pour l’inscription de chanteurs/poètes (sic) aux auteurs à étudier (même aux US, un grand prof dont j’ai passé le nom, là, a passé sa carrière à militer pour que Dylan soit étudié, ce que je trouve consternant) Finky dit de belles choses là-dessus. L’idée, selon moi, c’est que l’on peut se reposer sur Brel, Dylan, Brassens, comme ça, un soir d’été en jouant aux échecs, mais en aucun cas ça ne dispense de la lecture, bien plus éprouvante et exigeante, des vrais auteurs. On peut lire du beat après avoir lu Rimbaud et Céline, par exemple. Mais placer Kerouac comme une référence indépassable, non.
De manière générale, l’idée selon laquelle des artistes seraient des incarnations sur portées de poètes me laisse sceptique. Même Dylan n’est pas Rimbaud, faut arrêter. “Give me my Rimbaud !” qu’il disait.
Pour ce qui est du rap, il y a de bonnes choses chez Oxmo, même Booba, le rat Luciano. Mais ça ne vaut pas un Pléiade, encore une fois.
Pour l^’histoire du rap/chanson française (immonde), il y avait eu un album de reprise des chansons de Renaud. C’est très vieux, j’avais dû télécharger cela. Un truc qui a dû rendre fou les Cachin & co. Encore une fois, Renaud n’est pas un monument, il faut arrêter. Ce n’est rendre service à personne que de se fixer des références aussi médiocres et annecdotiques.
Cette manière de se créer des rois de pacotille propre aux milieux artistiques est insupportable.
En tout cas, commentaire intéressant. Conversation à poursuivre.
juillet 6, 2009 at 4:20
@ Nebo :
J’aime bien Vincent Cassel, il m’a payé une glace :)
Il est présent, il est là, pas ailleurs, convaincu, j’aime bien. Après, un bon acteur, peut-être, mais aucun de ses rôles ne m’a vraiment convaincu. Peut-être qu’aucun n’a été encore taillé pour lui.
Pour ce qui est du parcours musical, j’ai suivi l’inverse du vôtre :) J’ai commencé très tôt par Dylan et ai déroulé après. Il a amorcé la chose :) Il faut dire qu’il ne fait pas mystère de ses influences (il y a même un CD les racines de Bob Dylan, il fait depuis déjà quelques temps une émission de radio dispo sur la Mule où il présente ses influences etc) et qu’elles sont riches, c’est un amoureux de la musique américaine avant tout. Il a commencé à composer et à écrire lorsqu’il ne se trouvait pas à la hauteur des musiciens qu’il reprenait. Je trouve ça grand :)
Moi, j’espère avoir fait le tour de la musique profane avant la fin du monde :) Encore qu’il y ait du sacré même dans la chanson la plus profane…
juillet 6, 2009 at 4:47
Ouais, tout de même… certains textes de Dylan sont de l’Art Majeur, franchement. Je ne dis pas ça pour faire le bobo de service. Mais pour comprendre certaines de ses chansons il faut une initiation, une approche de ses références. Je doute que ce soit le cas chez Booba ou Oxmo, en tout cas je n’ai pas entendu chez ces derniers la flamme du verbe, juste un beau maniement de la langue de la rue dans le meilleur des cas. Lorsqu’un Greil Marcus consacre plus de 200 pages d’analyses (La République Invisible) à la seule chanson “Like a Rolling Stone” ça a de quoi interpeller, non ? A moins que je n’aie des relents de naïveté ?
Gainsbourg a tout dit à ce crétin de Guy Beart à propos de la chanson…
http://www.youtube.com/watch?v=XnbC1Wa7uno
…n’empêche, certains auteurs/compositeurs de chansons parviennent à flirter avec des sommets… Dylan en tête.
Vous savez, la plupart du temps, dans la musique populaire, le rock, la pop, etc… on commence à composer autour de quelques accords de base, parce qu’on n’a pas le niveau des grands… et ça permet parfois de devenir un monstre sacré à son tour. Voyez les Beatles, en matière harmonique, dans le Rock, on n’a pas fait mieux… sauf peut-être Brian Wilson avec les Beach Boys.
Moi je paierais volontiers une glace à Monica… :-D
juillet 6, 2009 at 5:48
Le problème c’est qu’en quantité, Dylan n’a que très rarement flirté avec les sommets. Ses textes les plus beaux se comptent sur les doigts d’une seule voire deux mains.
Dans l’ordre ça donnerait, selon moi :
1) A hard rain is gonna fall (qui selon moi est un très grand texte, sans doute le plus grand porté sur mesure)
2) Desolation row
3) Ballad of a thin man
4) Like a rolling stone
5) Plusieurs textes de très belles factures (Jokerman, Mr Tambourine man, Blowin’ in the wind, Don’t think twice, it’s allright, Love minus zero etc) mais peut-être un peu moins ambitieux dans leurs thématiques (si cela a un sens).
Je trouve cela un peu court pour établir des associations (par ailleurs anachroniques). Pourtant, Dieu sait que Dylan est dans mon estime. M’est d’avis que c’est cette relative faiblesse en quantité qui a empêché à plusieurs reprises l’attribution du Nobel.
Après, le reste, c’est un mélange de comptines bien maniées (Ballad of Frankie Lee & Judas Priest que j’adore par exemple) aux accents métaphysiques/surréalistes plus ou moins avérés et efficaces, exercice de style très américain, et de titres qui restent de la grande chanson mais justement de la chanson.
S’agissant de Greil Marcus, ce n’est pas exactement sur Like a rolling stone qu’il a écrit mais plus sur la métamorphose de Dylan à l’époque des Basement Tapes (qu’incarne Like a rolling stone, certes). Il fait exactement ce qu’il a fait pour Elvis, et c’est ce qui intéressant chez ces deux-là (Le King a libéré nos jambes, Dylan a libéré nos têtes disait de mémoire Lenon) AMHA, savoir il retrace le cheminement qui a conduit à l’émergence d’artistes comme Presley et Dylan (les plus grands chanteurs américains selon moi, disons les choses). Dylan est intéressant en tant que carrefour, delta, somme, c’est plus une encyclopédie, une incarnation plus qu’une individualité qui aurait révolutionné la musique US. Dylan a certes un génie propre, mais il est surtout le fruit d’une riche culture qu’il a su incarner puis sublimer. La tradition musicale US est riche et ce n’est pas gagné qu’une Carla Bruni puisse aujourd’hui murmurer sur deux accords sans que Dylan n’ait existé. Dylan a su exploiter la tradition et la porter à la connaissance de tous. Dylan est devenu une légende en reprenant puis en sublimant des chants folkloriques d’autochtones. Il y a greffé son génie propre (son intuition électrique, ses références, sa plume, etc.) et a ainsi réalisé la Grande Jonction des temps et des espaces (je deviens lyrique). Je ne suis pas certain de pouvoir devenir une légende mondiale en reprenant les chants de berger du Larzac par exemple, il faut avoir conscience de la dose de talent nécessaire pour partir de là, joindre le Nord et le Sud, joindre la tradition et la modernité, l’exporter à travers le monde, et Marcus revient bien là-dessus, ce côté improbable, clandestin, comment cela a pu être possible, comment cela a pu circuler ? Il attribue cela à la clandestinité, le côté collectionniste, qui reprend la tradition orale de la musique US, les chants d’esclaves, les chants de paysans, les conteurs etc.
Ce n’est pas un hasard si Presley et Dylan sont ceux qui ont été le plus visés par les accusations de plagiat, d’imposture etc. Car, un après-midi avec un Best of de Dylan et de Presley enseigne plus sur la musique américaine depuis ses débuts qu’une journée dans les archives des meilleures boutiques, meilleurs labels et autres maisons de disque.
Monica est très belle, vous avez bon goût en matière de glace :)
juillet 6, 2009 at 5:52
pour les accusations de plagiat visant Presley, voir le court avec Buscemi de Jarmusch dans Coffee & Cigarettes, c’est bien vu :)
juillet 6, 2009 at 6:13
Mince, j’ai confondu “La République Invisible” avec “LIKE A ROLLING STONE, BOB DYLAN À LA CROISÉE DES CHEMINS’ de sieur Greil Marcus.
Je suis pas mal d’accord avec vous… de toute façon, je n’ai pas dit que toute l’oeuvre de Dylan était du grand Art, j’ai bien précisé, “certains textes de Dylan sont de l’Art Majeur, franchement”… j’aurai rajouté à votre liste “Huricane”, mais peut-être que le violon m’a ensorcelé… allez savoir.
Les accusations de plagiats portés sur Elvis et Bob, je m’en tamponne le coquillard, cher ami, à un niveau que je vous laisse imaginer. Quoi que l’on fasse, quoi que l’on dise, ces deux icônes sont allées tellement loin, tellement haut, artistiquement, qu’elles sont non pas intouchables (on peut toujours essayer) mais simplement inatteignables. Même le Presley gros et crooner en laisse beaucoup derrière lui. Jimi Hendrix aimait le King, et Prince reprenait, à une époque “Jailhouse Rock” sur scène, alors les histoires de plagiats, voire même de racisme mal digéré… je laisse ça aux analystes bobos, ça les rassure.
Le coup des chants du Larzac… c’est sûr… mais quel pays mieux que les Etats-Unis pouvait accoucher du King ou de Dylan ? Tradition et modernité. Et un aspect positif de l’esclavage : le rock ‘n’ roll ! Je sais… j’exagère… mais c’est plus fort que moi.
Mon goût pour certaines glaces me perdra.
juillet 6, 2009 at 6:19
Je me demandais depuis un certain temps ce que la photo en tête de votre blog pouvait évoquer en moi… je viens de percuter que votre bannière c’est ce film de Jerry Schatzberg, “L’épouvantail”, avec Pacino et Hackman. Un film tout Kerouackien, si je puis dire. Le Grand Charles a du goût en musique, en littérature et en cinéma… qu’on se le dise.
juillet 7, 2009 at 10:21
hihi merci :)
exact, c’est bien Scarecrow, image tirée des premières minutes du film, l’intro est une grande réussite, des plans sublimes. Peu de films m’ont autant interpellés à la première lecture (peut-être Barton Fink, Dead man…), film comme je les aime, fin, subtil, intelligent, un sens caché, alliance improbable de deux personnages, tout ça. Kerouackien, vous trouvez ?
Autrement, OK pour les glaces, pour Dylan & Presley. Pour Hurricane les arrangements sont un coup de génie mais le texte et ce qu’il sous-tend ne me transportent pas.
juillet 7, 2009 at 6:31
Oui, je le trouve “Kerouackien” ce film… la sainteté du vagabondage… l’homme vertical qui veut aller embrasser l’horizon… l’un nerveux et bagarreur (Hackman)… l’autre enfantin et espiègle (Pacino). C’est tout ce dont je me souviens… j’ai vu ce film il y a très très longtemps. Mais je me souviens l’avoir aimé. Et ça finit mal… Je ne sais plus comment, mais ça se termine dans les ténèbres de la condition humaine. C’est Pacino qui y reste je crois… je ne sais plus… il se fait tabasser la tronche dans un camp disciplinaire, ou quelque chose comme ça.
juillet 7, 2009 at 6:32
Maintenant je dis ça… je ferais mieux de fermer ma gueule… car si je le revoyais j’en penserais peut-être tout autre chose.
juillet 20, 2009 at 9:57
Dans les années 80, mon parisien de cousin me faisait des cassettes de Nova : didgé Dinasty, Lionel Di, et puis tous ceux qui se sont fait connaître ensuite, qui venaient postillonner dans le micro sur des instrus pour faire comme les ricains.
Je me faisais la coupe en vogue chez les rappeurs nègres, brosse tout en hauteur, sauf que j’étais blondinet. Une meufe m’a dit, quand je sortais du lycée “hé, t’es le fils de Désireless ! Hi hi hi”, “Ouais bah toi t’es la fille de Carlos”, j’y ai dit, putain c’était la première fois de ma vie que j’avais de la répartie, hu hu.
Je crois avoir été le premier Whigger de Blois.
Je ne remettrais pas les pieds à la Zup, aujourd’hui.
Désolé pour l’interruption, messieurs !
Salut, Nebo.
Ciao, Grand Charles.
juillet 20, 2009 at 11:41
Moi, c’était beaucoup plus tard (il y a 4/5 ans) mais j’aimais tout ce qui était old school (Dee Nasty est effectivement une légende). En fait, pour la petite histoire, je bossais au black avec des cocopainpains pour un managueur de star, discover de talents dans le rap et pour une grosse machine du rap français. Le rap n’était absolument pas notre truc, mais là était le défi. Déjà, j’avais du talent, le sens du business et cette capacité à m’insérer partout :) Et donc, de fil en aiguille, on a rencontré les gens des majors, des rappeurs etc (époque où déjà la crise s’annonçait). Très bon souvenir, honnêtement.
L’honnêteté m’oblige à reconnaître que j’ai rencontré de vrais mélomanes K. qui est une encyclopédie musicale. L’honnêteté m’oblige aussi à noter que ce sont les blancs qui s’excitent sur des vinyls sortis à 20 exemplaires quand les blackos se foutent de tout cela. C’est le côté puriste, fouineur, presque chineur, qui m’intéressait plus que la musique à proprement parler. Et puis, on cherche tous à dire “j’y étais” pour plus tard. J’ai surtout chopé des vinyls de Dylan.
Ps : comme je vous ai dit, je connais bien Blois (ville où l’invasion est notoire, quelle tristesse),et j’y fais parfois encore des escapades. Puisqu’on parle musique, connaissez-vous le bar l’Orangerie (pas le resto à côté du chateau, hein, resto largement surcôté, il faut le dire), c’est un bar soul/country un peu roots, juste en face un artisan équestre et à côté d’un vieil antiquaire lui aussi fort drôle (les parents d’un ami y habitaient, c’est charmant), bref bar très sympatoche à l’américaine tenu par un SOSIE TOTAL de Jim Jarmusch (avec des lunettes de NERD, une tronche) ancien dingue (il a été interné), gros gaucho 68 ard libertaire, bavard comme ce n’est pas permis, qui chaque année part dans le Sud des USA. Le bar est tapissé de slogans gauchistes et d’affiches de blues. C’est un bar largement fréquenté par des roots, j’adore y débarquer en blazer-bateau et me faire payer des bières par Jimmy (Ben son vrai nom), hallu totale des habitués. De bonnes bières, de la bonne musique, des moeufes de 40 piges complètement paumées qui vous branchent, je ne manque jamais de le saluer à chaque passage. A mon dernier passage, il a refait la cour intérieure, c’est dommage, avant on pouvait caler des bières dans les mousquetaires du château en parlant à des vieilles profs gauchistes venues chercher quelqu’un qui daigne les démâter. La décadence totale, c’est génial. Lui aussi, grosse culture musicale. Il n’aime pas Bob Dylan, en revanche. Mais c’est un fou, c’est normal.
juillet 21, 2009 at 12:14
Belles tranches de vie et heureux de lire Paratext dans le coin.
Moi je suis à 1000 lieues de tout ça. Dés mes 8 ans je bouffais, respirais le Rock ‘n’ Roll. Les Who pour commencer, Montrose et Black Sabbath pour poursuivre. Deep Purple et Kiss à 11 ans. Dés mes 12 ans c’était Led Zeppelin. A 15 piges on pouvait y rajouter Les Doors et Hendrix. A 20 piges, Prince. Et en fond sonore aussi… Sly Stone, James Brown, et tous les bluesmen analphabètes de la trempe de John Lee Hooker et Son House. Puis les plus classieux, Muddy Waters, Howlin Wolf, Buddy Guy. Période fortement METAL également. Mais je n’étais pas fan des pantalons moules burnes. C’était plutôt la sueur et les Paradis Artificiels bercé par Motorhead. En même temps je lisais Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud… puis Nietzsche. J’ai fait ma mélasse avec tout ça. M’en suis tiré comme j’ai pu. Et y’avait, aussi, la Bible qui me faisait de l’oeil dans un coin. L’orangerie à Blois, je vais essayer de m’en souvenir, sait-on jamais. Ha ! Boire une bière en m’amusant avec des femmes qui viennent me renifler, ça risque de réveiller mon libertinage. Mais j’espère qu’elles sont consommables, même si elles sont gauchiste, car si je suis apolitique au lit je suis un homme de goût, faut pas déconner non plus.
J’ai 44 ans, depuis 2 jours, vous avez quel âge vous messieurs ?
juillet 21, 2009 at 1:21
En ce qui me concerne, je suis à mi-chemin de 20 et de 25. Autrement dit, une génération où si le rock reste ancré, il n’est pas exclusif. Toutefois, si je n’ai qu’un quart d’heure dans une journée pour écouter de la musique, ce sera rock, folk & blues avant toute chose.
Pour renseigner votre goût, Nebo, les fois où j’y suis allé, la plupart étaient des bourriers. Mais Franck Michael -que l’on n’écoute pas assez- nous enseigne que toutes les femmes sont belles. Après, je suis particulièrement snob, hein…
Si, l’aide-de-camp de Jimmy était correcte, dans mon souvenir. Et de toute façon, avec de la Chimay, le cahier des charges devient plus fin.
Bon anniversaire, avec deux jours de retard.
juillet 21, 2009 at 8:26
Même avec de la Chimay, je veux savoir quelle chair je consomme et me réveiller serein et sans déception.
20/25 ans ! Ma fille va avoir 20 ans en décembre… je pourrais être votre père ! Un peu de respect, non de Dieu ! ;-)
Toutes les femmes seraient belles ? C’est pas ce que mon expérience m’a indiqué ! ;-)
Par contre il y a des surprises chez les laides comme chez les “bombes”.
Comment un fan de Rap a-t-il été sauvé de la guimauve haineuse qu’on se coltine sans arrêt ? Comment un fan de Rap est-il devenu Le Grand Charles ? Telle est ma question.
Merci pour mon anniversaire… ça n’est rien, vous savez, nous sommes tous mortels.
juillet 26, 2009 at 5:57
En réalité, je n’ai jamais été fan de rap à proprement parler, ce sont, les moeufes, la musique, un certain cosmopolitisme et un haut sens de la démerde qui m’ont conduit vers des milieux auxquels les règles sociologiques ne me prédestinaient pas (un mec avec ma gueule et mon louque ne devrait a priori rien connaître du rap). Pareillement, mes amis sont artistes à deux balles, des business-minded, des aspirants serviteurs de l’Etat, cloeubeurs, gens de bonne famille, fils de, tapins, Moeufes D’Elite, vieille parisienne arbitre des élégances qui fume avec un porte-cigare qui connaît tout du Monde, provinciaux, des gens de gôche, des gens d’extrême-drouâte, des beurettes, des ritales nostalgiques de Mussolini etc. C’est pour cette raison que les gens sont toujours étonnés soit de mon positionnement politique -que je sais taire, hein- soit de mes fréquentations -que je sais dissimuler, hein- au regard de mon positionnement politique.
Alors, voyez vous, je ne vois aucun début de contradiction entre le fait que j’ai pu traîner dans des milieux qui ne m’étaient pas destinés et le fait que je sois, disons, réac. Ou plus exactement, si paradoxe il y a, je le revendique. C’est ce goût pour la complexité du monde qui me rend hostile à toutes les idéologies progro, c’est ce goût de l’Autre (le vrai) qui me fait un temps vomir toutes les conneries sur la Diversité, l’uniformisation, l’égalitarisme et le jacobinisme républicain un autre temps aimer ce qui m’est différent, c’est ce goût de l’effort (aller vers l’Ôtre suppose un effort, on peut très bien s’en remettre aux livres, aux films, aux arts ; si les moeufes, le hasard etc, je le concède, m’ont conduit dans des milieux qui étaient différents de mon milieu d’origine, je constate aussi qu’il n’y a pas de petit lot associé à chaque découverte, il y a donc une démarche pro-active de ma part:) ) qui me fait mépriser toutes les conneries socialisantes etc. c’est ce goût de la différence qui me fait craindre la Diversité, c’est la conscience que tout tend à s’uniformiser pour se figer qui me hâte vers ce qui reste de singulier, de folklorique, de traditionnel, de différent etc. Je crois même que tout cela est très chrétien, ce goût du paradoxe, tout ça, Kierkegaard a brillé avec cette idée.
De manière générale, j’aime assez cette idée d’éclectisme.
Pour cette raison, vive la réacosphère !
A’effet, des gens comme LBDD, F+, ou n’importe quel nouveau bleaugue réac qui vient de faire son coming-out, sans prétendre les connaître, se sont AMHA colletinés quelques bornes sur le chemin des idées, aussi jeunes ou vieux soient-ils. On devine un certain cheminement, qu’ils ont un peu plus de vécu que la moyenne, à 22 ans ou 42 ans, c’est perceptible dès la première lecture du billet. Je ne les connais pas au-delà de leurs écrits, mais ça se sent, on le sait.
Il n’y a que très peu de troquets, de soirées, d’écoles, que sais-je où l’on trouve un rockeur nietzschéen chrétien père de famille qui met des femmes à poëlle sur son bleaugue :)
Je pense même, je vous l’ai dit, que tout cela est très chrétien.
juillet 26, 2009 at 6:30
Ouais, les femmes nue, sur mon Blog, elles font marrer mon épouse.
Cher ami, tout ce que vous dites sur la diversité cette magnifique pourvoyeuse de “chance pour la France”, je pourrais le signer des deux mains. Sur l’Autre authentique… le véritable Cosmopolitisme qui n’a rien à voir avec le cosmopolitisme qu’on voudrait nous faire avaler de nos jours et qui serait plus une attitude d’esprit, un positionnement de Corps dans le flux existentiel : l’aventurier qui part à la rencontre de l’altérité par curiosité, par exemple… et non pas l’idée que faire le “routard” tous les jours avec une naïveté d’Epinal et prendre obligatoirement le premier trouduc basané pour un frère, parce qu’on le vaut bien, paraît-il…
Les socialos… mon Dieu… venant d’un pays ex-communiste, vous imaginez très bien ce que je pense de ces raclures de fausses couches… je croise les doigts pour qu’ils aillent mordre la poussière… probablement la seule chose qui m’ait fait jubiler chez notre Valeureux Président c’est qu’il soit parvenu à déstabiliser la Gauche au point où elle ne sait plus qui elle est et comment elle s’appelle. J’en ris presque tous les jours, parce qu’à mon travail il y a un paquet de Gôchôs qui ne jurent que par la mort de Sarkozy et quand je vois ce nain parvenir à les emmerder à ce point, je n’ose pas imaginer ce que serait un président avec plus d’envergure et de poigne. Mais nous vivons, de toute façon, des temps médiocres et les moyens sont rois.
Tout cela est chrétien, bien entendu. Un dégarni du bulbe qui vomissait, dernièrement, Benoît XVI devant moi, envoyant chier la morale chrétienne en une tirade pleine de lieux communs qui auraient fait s’estomaquer Bloy de tant de platitude, se trouva comme un con quand je lui fis remarquer que sa nana (qui était juste à côté de lui) était vachement bonne et que je préférais garder pour moi les choses qui me passaient par la tête lorsque je la considérais avec attention et appétit. Il fit un instant le choqué jusqu’au moment où je lui fis remarquer qu’il avait une possessivité toute judéo-chrétienne et qu’il pouvait remercier nos vieilles valeurs chrétiennes de l’avoir structuré avec autant de force par-delà son anticléricalisme moribond et sans épaisseur. D’ailleurs les mêmes qui vomissent le Pape, défendent par une contradiction qu’ils se refusent à admettre l’Islam. Comique.
Le véritable éclectisme est, de toute façon, bien plus facile à trouver chez les gens de Droite. La Gauche est une caricature d’elle-même à un point qu’elle se refuse à voir.
juillet 27, 2009 at 1:30
Je dis oui.
La contradiction qui les porte à défendre l’islam par opposition au christianisme illustre bien la teneur purement anti-chrétienne de la république et des idéaux progressistes.
La laïcité est un cache-sexe et Marianne se dandine volontiers au rythme du pipeau arabique.
100% d’accord aussi sur l’idée que les fréquentations gauchisantes sont bonnes quand elles sont accompagnées de jolies donzelles.
Dans le fond comme dans la forme, nous sommes d’accord :)
juillet 28, 2009 at 11:50
J’ai 34 ans, cher Nebo.
A mon tour de contresigner tout ça, et comme vous avez tout dit, je n’ajouterai pas grand chose.
Vous évoquez la réacosphère, Charlie : Dieu la bénisse, car les blogs que vous citez, le vôtre et quelques autres m’ont aidé à devenir moins con (et je partais de loin) et à croiser des gens formidables (F+ et Maximilien Friche, notamment).
Quand je louchais sur la DiversitéTM, ado, c’était pour mieux nier mon identité française. Je suis un pur produit des ravages de l’Educ Nat dans les classes popu et des années Kermitterrand, et croyez-moi, je rame pour rattraper le retard. Sans oublier de ménager mes paradoxes.
Le goût de l’Autre – de l’étrangèreté, dirait ce bon vieux Renaud Camus – est évidemment une forme de l’Amour, mais aujourd’hui, dans certaines situations, j’en arrive à rechercher le Même avec angoisse, quand, cerné par l’Autre, devenu multitude, il me rendant étranger chez moi…
La France comme territoire est promise à un sombre avenir, si vous voulez mon avis.
Nous continuerons à lorgner (avec élégance) les femmes de nos ennemis. Aussi divers soient-ils.
juillet 30, 2009 at 12:24
On ne va pas trop se branler : je suis entièrement d’accord avec Nebo, et Paratext, point barre.
Quand même, si, c’est suffisamment rare d’être d’accord avec quelqu’un sur des choses aussi fondamentales pour banaliser ce fait. Alors, je suis content d’être d’accord avec vous.
septembre 15, 2009 at 1:56
“Alors, voyez vous, je ne vois aucun début de contradiction entre le fait que j’ai pu traîner dans des milieux qui ne m’étaient pas destinés et le fait que je sois, disons, réac. Ou plus exactement, si paradoxe il y a, je le revendique. C’est ce goût pour la complexité du monde qui me rend hostile à toutes les idéologies progro, c’est ce goût de l’Autre (le vrai) qui me fait un temps vomir toutes les conneries sur la Diversité, l’uniformisation, l’égalitarisme et le jacobinisme républicain un autre temps aimer ce qui m’est différent, c’est ce goût de l’effort (aller vers l’Ôtre suppose un effort, on peut très bien s’en remettre aux livres, aux films, aux arts ; si les moeufes, le hasard etc, je le concède, m’ont conduit dans des milieux qui étaient différents de mon milieu d’origine, je constate aussi qu’il n’y a pas de petit lot associé à chaque découverte, il y a donc une démarche pro-active de ma part:) ) qui me fait mépriser toutes les conneries socialisantes etc. c’est ce goût de la différence qui me fait craindre la Diversité, c’est la conscience que tout tend à s’uniformiser pour se figer qui me hâte vers ce qui reste de singulier, de folklorique, de traditionnel, de différent etc. Je crois même que tout cela est très chrétien, ce goût du paradoxe, tout ça, Kierkegaard a brillé avec cette idée.
De manière générale, j’aime assez cette idée d’éclectisme.”
C’est, putain, le meilleur truc que j’ai pu lire de ma vie (19 ans) sur internet. Pour qui (quelqu’un de pas trop con s’entend) ne comprend rien à la réacosphère, c’est la lumière. Je crois (sur ce point que j’espère essentiel*) vous avoir compris, sincèrement et profondément.
* “Que j’espère essentiel”, car j’aimerais bien me contenter de ça, car je ne pense pas (aujourd’hui) pouvoir aller plus loin. Je ne me vois pas devenir un vrai réac… très simplement parce que je n’en vois pas l’intérêt, que je trouve pas l’idée super cool (bien que peut-être assez branchée, mais me la raconter en parlant de Bernanos me suffit), que je n’en tirerais aucun profit. Le “délire monarchique” (c’était en lisant ce blog ma première impression) me passe mille lieues au-dessus de la tête. Des jeunes monarchiques je n’en connais hélas aucun, et je ne compte pas changer radicalement de fréquentations (voilà pourquoi, entre autres raisons, le commentaire m’a particulièrement touché). La politique ne m’intéresse pas plus que la moyenne des jeunes de mon âge (et il faut voir ceux que ça intéresse) ; Brice Hortefeux, les polémiques hebdomadaires, rien à faire, cela ne me fait pas sortir dans la rue. La Burqa, je suis contre, mais je préfère admettre, sûrement par lâcheté, que le problème est plus complexe et que je n’ai de toute manière pas le niveau pour émettre quelconque opinion à ce sujet. L’avortement je suis pour ; et pour les mêmes raisons je préfère ne pas en parler. Tout ça me dépasse de beaucoup et ne m’intéresse que très peu ; ma seule satisfaction et de savoir vaguement que je suis sur ce point un pur produit de mon époque, que Tocqueville, Constant et les autres l’avaient annoncé, que je m’en foutrais royalement (bref, je me prévaut tout de même de n’être pas un idiot complet).
Je suis, c’est triste, tout sincère.
Félicitations encore pour le blog, notamment pour vos réponses toujours intelligentes aux commentaires même les plus idiots (mais il y en a par chance très peu ou plus, des “égarés” qui tombent ici)…
(J’avais également téléchargé l’album de reprises de Renaud – je devais avoir 14 ans -, et j’adorais particulièrement la reprise de Rohff, comme on peut bien sûr aimer J’pète les plombs de Disiz la Peste, American Pie, ou DBZ… en étant bien conscient que cela ne remplace pas Bach, Bertrand Blier, et Miyazaki, nous sommes d’accord).
http://www.dailymotion.com/video/x2jc40_deuxieme-generation-rohff_music