Le WE dernier se tenait le rendez-vous annuel de la vénerie à Chambord, le dénommé game fair. Car c’est un sport de gentleman, on est bien.
C’était l’occasion de voir les traditionnels C fifteen, car comme les femmes ont des sacs à main, les chasseurs ont leur Ci fifteen Di (le Di pour Diesel), rouge. Le game fair est toujours un grand moment de sociologie, à supposer que cette matière soit sérieuse. On navigue entre Le Chasseur français et Les Echos (jolies hôtesses, qu’elles soient ici célébrées) de l’immense Bernard Arnault, Dubarry et les croûtes avec des cerfs, ceux qui figurent sur les docs de référence AMF et les tenanciers de barbecues installés dans des tonneaux d’huile de tracteur, on ne craint pas les vapeurs quand on roule en Ci fifteen. Bref, la démocratisation, m’sieurs, dames. La France qui va bien. Et c’est très bien.
Le parking des Réfractaires, interdit “sauf ayants droits”, est fermé. Pourtant habituelle place de Charlie, combinard, réfractaire et se foutant des droits reconnus par la république, une alternative doit être envisagée. Il faudrait raquer pour engraisser les escrocs qui ont obtenu des concessions auprès de Melle Mignon, mais finalement on ne paiera pas. Question d’honneur. Ce fut d’autant plus sympathique que j’étais invité. J’ai donc pu arroser la quête de la messe de Saint-Hubert, au lieu des parkings attribués on ne sait comment à des entreprises complaisantes, c’est très bien, affectation efficace des ressources. Une petite crêpe avec du suc’ au Saint-Louis, on est bien. Les chiens, c’est très bien. Les chevaux, également. Tom Joule vend ses fins de séries, le grand Charles fait un carton au rabbit, on est bien. Sur les canaux, les barques sont de sortie. Je couperai un maillon de chaîne, le remplacerai par un maillon coulissant et y baladerai ma mignonne, une nuit, plus tard, quand je serai serein, quand j’aurai plusieurs FCP. Découvert un petit artisan qui fait de jolis souliers, la carte, sur rendez-vous, ce charme discret des rendez-vous dans les showrooms fermés aux non-initiés. Après, commença la fête de la Musique. Il n’y avait pas de concert de rap, que je sache.
Et soudain, sur le retour, le dénommé Hubert, animateur sur Nostalgaïe. Nous avons assisté à la messe de Saint-Hubert, et Hubert parle, relevez. Hub’, interroge Michel Delpech venu vendre son dernier album. Michel, une chanson qui te ferait plaisir ? Nous sommes dans le forty one et Michel Delpech va parler, tout est tellement parfait. Et alors, Michel Delpech, sur proposition d’Hub’ choisit de passer Bob Dylan, Like a rolling stone.
Il est 19h15, il fait beau, la Loire est toujours aussi royale, les rats gondins préfèrent toujours l’eau à la terre, mystère de l’amphibie, Ménars est toujours aussi grandiose, la ville de Blois est toujours jumelée avec Weimar, charmante petite bourgade teutonne au patrimoine historique et constitutionnel remarquable, les Ci fifteen roulent toujours, Bob Dylan, immense, chante toujours, l’Hammond de Kooper qui rend fou dès les premières mesures, rend toujours fou, dès les premières mesures, et le Roy, magnifique, prépare, gentiment, son retour triomphal.
Le lierre poussera sur la tôle des usines, les seins se gonfleront, les peaux s’adouciront, et partout l’on chantera, heureux, sublimes de bienveillance, la gloire du Roy. Ah, on sera bien.
Gentiment gnian-gnian, familial, estival, champêtre, dylanien, petit-clamartien, parfait.
Une fin de série Tom Joule
Des chiens

Un Ci fifteen, Di

juillet 20, 2009 at 9:43
Vous êtes du quatre-un, Charlie ?
juillet 20, 2009 at 11:30
Non, mais je connais très bien le forty-one : je suis quelqu’un de champêtre, j’y ai des connaissances, des proches étaient/sont à Notre-Dame-des-Aydes, j’y ai fait des soirées (grandioses, le forty-one sait recevoir) et je porte un nom d’une terre plus ou moins proche du forty one :)
Et j’avais un ami jadis dont le père était un proche de Jack Lang (beau salaud) et donc je connais au-delà de la façade :)
Je connais bien Blois, la Sologne, Cheverny aussi pour son vin et ses messes qui vont bien, Montoire (et ses moines), Vendôme (charmant et a le bon goût d’avoir une gare TGV à moins d’une heure de Paris, gare qui est cependant bien trop loin du centre-ville) et tout le coin, notamment Authon etc, du côté de chez les Giscard d’Estaing. Du côté de Montoire, de Cheverny, de Chambord, de Menars, il y a des coins absolument sublimes. La promenade au bord de Menars est magnifique, un peu avant il y a une sorte d’aqueduc, il y a des coins de paradis, vraiment. Patrimoine de l’humanité, quoi. C’est vous dire si je connais le forty-one. Les châteaux y sont biens (Yannick Noah le moraliste a été châtelain dans le forty-one), on y vit bien.
C’est moins beau que la Touraine et l’Anjou mais à terme ça reste mieux que Paris.
Vous êtes du forty one ?
Si oui, vous êtes bien malin. Quand je vois certains coins totalement épargnés, 3 ou 4 K€, une petit place de notable, une petite moeufe qui fait des tartes Tatin, c’est le bonheur total.
juillet 28, 2009 at 11:59
Je suis né à Blois et ai grandi non loin, sans vraiment prendre la mesure des beautés que vous décrivez ni du reste. Pas bien malin, en somme :)
J’habite en Touraine, aujourd’hui. Un poil plus malin.
Ma femme ne fait pas les tartes Tatin, elle est plutôt creumebeules et meufines, mais elle a plutôt réussi nos trois enfants, c’est déjà ça.
Venez quand vous voudrez, Charles !
Aaah, Chambord, Cheverny… je suis un rustre, mais j’apprécie les belles choses. Quand je pense que j’ai grandi à proximité de ces merveilles sans y être sensible comme il faut, je rougis de honte.
juillet 30, 2009 at 12:27
Ah… la Touraine. On y est bien, n’est-ce pas ?
Votre femme est angloise ou est-elle mauvaise cuisinière au point de s’adonner à la cuisine angloise, solution de cohérence certes, si ce n’est pas indiscret ?
Dorénavant, vous pourrez emmener vos trois enfants voir les châteaux d’un autre temps et les étendues champêtres. Vous en ferez ainsi des honnêtes hommes.