juillet 2009


18 heures. Je range mon bureau, je salue mes collègues de travail, je vais rentrer chez moi. Chance. Il reste quelques vélibs à la station et aucun n’a été saboté. A priori la mobilisation citoyenne des usagers qui se sont constitués en groupes de défense des vélibs a découragé les malfaisants. Je ne comprendrais jamais comment on peut s’en prendre à ce qui rend la vie et la ville plus belles. Il fait beau, je pédale tranquillement en descendant le boulevard Saint-Germain. Je suis heureux que l’espace dévolu aux véhicules particuliers ait été réduit. Malgré tout, ils sont encore trop nombreux. Ils sont bruyants, ils polluent et sont généralement peu attentifs aux cyclistes. Les motards et cyclomotoristes sont également dangereux, d’autant plus qu’ils empiètent sans vergogne sur notre espace. Aux prochaines municipales je vais voter pour les verts. Delanoë s’est révélé trop décevant. J’arrive à proximité de la Seine. Paris-plage bat son plein, en contrebas la musique latino m’invite à faire une halte. On vit une époque formidable, la fête s’invite partout, les musiques du monde la rythment, les couleurs la font vivre.

La suite ici. Bienvenue à ce nouveau bleaugue !

En cherchant des infos sur Prosper Amouyal, candidat à la reprise de Lacroix, je suis tombé sur cet article… intriguant.

Voyez par vous-mêmes :

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Les réseaux de Dalil Boubakeur

Jean-Luc Barberi – 01/09/2005  - L’Expansion

A l’écouter parler de la France et des Français, on finirait par oublier que Dalil Boubakeur connaît et aime autant l’Algérie – où il est né et où il se rend souvent pour visiter sa famille, qui vit à la lisière du Sahara. Une double culture qui fait toute sa richesse.

Homme de foi et de culture, le président du Conseil français du culte musulman prône un libéralisme humaniste.

Médecin, philosophe, musicien et recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur a été réélu cet été à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM). Depuis, ce petit homme rond né il y a soixante-quatre ans à Skikda (Algérie) représente les 5 millions de musulmans de France. Théologien sans être imam, humaniste féru d’ésotérisme, c’est un libéral convaincu. « La liberté d’entreprendre et la libre circulation des biens garantissent la prospérité de l’être humain », professe-t-il devant un thé à la menthe, dans son bureau-salon de la Mosquée de Paris.

Cet ancien cardiologue, brillant intellectuel, ne fréquente guère les décideurs économiques. « Dalil ne connaît pas grand monde dans les milieux d’affaires », prévient Yazid Sabeg, le patron de CS (l’ex-Compagnie des signaux). Soit. Mais cet homme d’influence ne manque jamais une occasion de faire campagne pour inciter à l’investissement et soutenir la croissance des 150 000 entrepreneurs de sa communauté : « Le Coran interdit le prêt avec intérêt, pas l’argent investi dans le travail d’hommes qui enrichissent la communauté », rappelle-t-il en s’offusquant des lourdeurs du Code du travail.

Cette sympathie pour l’économie de marché et son talent pour défendre un islam ouvert et tolérant lui valent d’être invité dans les cénacles économiques. Son cercle de connaissances et de relations s’est dès lors élargi aux hommes d’entreprise, aux leaders syndicaux et aux responsables politiques. Ainsi l’ancien patron des patrons Ernest-Antoine Seillière lui a-t-il demandé d’intervenir lors de l’université d’été du Medef, en 2003. A Davos, Dalil Boubakeur s’est lié avec Marc Blondel lorsque ce dernier dirigeait encore Force ouvrière. A Crans-Montana, il a rencontré Jacques Lebigre, chargé de la politique de la ville à Corbeil-Essonnes (40 000 habitants, dont un quart d’origine musulmane). « Il m’a fourni des conseils d’une grande clarté sur le bien-vivre avec l’islam », raconte cet élu, qui l’a souvent revu avant de le présenter au sénateur et maire de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault (propriétaire du Groupe Express-Expansion). Une rencontre qui a donné à ce dernier l’idée de réunir imam, rabbin, pasteur et prêtre pour célébrer le 11 novembre le souvenir de la diversité religieuse des poilus de la Grande Guerre.

Dans les affaires, Dalil Boubakeur est un ami de longue date de Djilali Mehri – un temps propriétaire du chauffagiste Chaffoteaux et Maury -, algérien francophile, collectionneur des oeuvres du peintre orientaliste Etienne Dinet, mais aussi homme charnière du business franco-algérien. Aux rangs des hommes d’affaires proches de Dalil Boubakeur figure depuis des dizaines d’années Prosper Amouyal, le récent acquéreur du porcelainier limougeaud Haviland. « Dalil est un homme droit et sans sectarisme, un peu trop retenu pour s’imposer dans le panier de crabes de l’islam français », soupire ce confident auquel le recteur demande avis et conseils en politique politicienne.

« Les “barbus” sont tristes et leurs règles étouffent la poésie de l’islam », lâche Dalil Boubakeur, qui prône un islam français ouvert sur les autres religions. Lui-même entretient des relations très suivies avec leurs représentants. Chez les catholiques, il discute avec Mgr Lustiger, ancien archevêque de Paris. Il a rencontré plus de dix fois le dalaï-lama, et la communauté juive l’apprécie. Il a déposé auprès de l’instance juive Yad Vaschem une demande pour que la Mosquée de Paris reçoive le titre de juste pour avoir hébergé des juifs sous l’Occupation. Bernard Kanovitch, professeur de médecine avec lequel il a cosigné l’ouvrage L’Appel au dialogue, sollicite son expertise musulmane sur les problèmes de bioéthique médicale. En compagnie de Moïse Cohen, président du consistoire, il parraine les Amitiés judéo-musulmanes de France.

Son ouverture d’esprit, Dalil Boubakeur la tient de l’éducation de lettré et de scientifique que lui a donnée son père, Hamza Boubakeur. Professeur, député au temps de l’Algérie française, ce dernier est l’auteur d’une excellente traduction française du Coran et a précédé son fils à la tête de la Mosquée de Paris.

Dalil Boubakeur a siégé dix-huit ans au conseil de l’ordre des médecins, dont il était à la fin vice-président. Souvenir de sa jeunesse de carabin, il voit toujours celui qui fut son maître de thèse, l’urologue Ady Steg. « J’aime la France avec l’intransigeance d’un maurrassien », affirme le recteur, époux d’une Aveyronnaise. Il rencontre régulièrement Jacques Chirac mais, soucieux d’équilibrer droite et gauche dans son carnet d’adresses, il attribue aussi des qualités d’« homme d’honneur » à Jean-Pierre Chevènement. Il apprécie Laurent Fabius, qui fut le premier des Premiers ministres de la République à se rendre en visite officielle à la Mosquée de Paris, connaît bien Marie-George Buffet et déjeune avec François Hollande. Avec Bertrand Delanoë, natif de Tunisie, il nourrit une « relation attachante, profonde ».

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Ami des pédés, ami des réacs, ami des épiciers, lettré… mais quel bel homme !

J. m’aime bien. Il faut dire que la première fois où il a eu affaire à moi, je branchais, gentiment attaqué (le grand Charles n’est jamais bourré, question d’élégance), des connes bobos en leur demandant si elles avaient déjà baisé avec un facho. Depuis le temps qu’elles fantasmaient sur les fachos, j’imaginais assez naïvement que ça allait être folie totale. Je pense que ça lui a plu, lui qui est du genre jamais chancelant. En tout cas c’est depuis ce temps qu’il me considère plus que comme un jeune connard qui vient boire des godets avec ses copines.

Depuis ce temps, j’ai le droit de connaître davantage J.

J. est un vieux monsieur, un vieux beau, très charismatique, beaucoup de vécu, ancien du monde de la naïghte (le grand Charles aime les gens du monde de la naïghte) et tient aujourd’hui un troquet bien fréquenté.

J. aime beaucoup sa mère. J. appelle sa maman “Maman” et vous parle en fin de soirée pendant des heures de ses reproductions de maîtres. En petit comité, le troquet fermé, il vous raconte avec beaucoup de poésie que Maman est copiste. Il vous fixe, sourit, et commence toujours par dire “Maman est copiste”, en s’asseyant sur le canapé, à la coule. Alors, tout le monde l’écoute volontiers.

Et à partir de ce moment-là, vous vous taisez et écoutez les innombrables Maman, les prix abusifs pratiqués par les cadreurs, la passion de Maman pour la peinture, Monet, ah Monet, son extrême vivacité d’esprit, et toujours Maman. Des gens veulent acheter les tableaux de Maman mais elle les laisse à son fils, pour plus tard. En attendant, trop attaché au stock de tableaux de Maman, il les fait tous encadrer, ce qui lui coûte une fortune. Et c’est cela jusqu’à l’aube quand il s’y met. Maman tenait un restaurant, elle est devenue copiste : une vie et une retraite bien remplies, en somme. Et puis Monet, ce couple d’américains, puis le fait que Maman ne puisse plus se déplacer, qu’il faille aller encadrer les tableaux soi-même, aller acheter la peinture, les pinceaux – c’est à la longue une vraie charge financière – et puis Monet. Mais, il le fait. Parce que c’est Maman, parce qu’elle a du talent.

Je n’ai jamais vu un seul tableau de Maman, pas même en photo; je crois que personne ne les a vus. Je n’ai jamais su si Maman était encore vivante, ou si elle était décédée. Il ne tranche jamais la question. Je penche très sérieusement pour la deuxième option, vu l’âge du fils et le cérémonial des évocations de Maman. Dans mon petit esprit et à la lumière des visages émus de chaque évocation nocturne, je pense que Maman a dû répéter toute sa vie bien remplie qu’elle fera de la peinture à sa retraite. Je pense qu’elle est morte bien avant de pouvoir envisager disposer de quelques heures pour tenir un jour un pinceau. Et aujourd’hui, son fils la venge en faisant savoir à qui veut l’entendre que Maman cumule les copies de Monet. Ca coûte une fortune en cadre.

Bien évidemment, je ne lui poserai jamais la question et continuerai à l’écouter parler de Maman.

Maman, la copiste.

Vous connaissez tous les pakos avec leurs roses fanées. Hé bien, je n’ai jamais compris pourquoi ils ne proposent pas directement des capotes.

Il faudrait en parler à Delanoë – meilleur ami des capotes et du rose, une synthèse dirait Audiard. Une histoire de réglementation ? Ils vendent bien des fruits avec des mouches aux sorties de métro et des tours Eiffel peintes à la bombonne sur les Champs. A ce sujet, puisqu’il ne faut jamais rater une occasion de s’aimer dans un monde où tout est fait pour que vous vous détestiez, j’ai  tellement la clôsse que les pakos (ou indiens, enfin, de là-bas, quoi) me parlent en anglais, leaule. Ils me prennent pour un américain managueur de star, discover de talent. Alors, je leur réponds avec un certain enthousiasme ta gueule !, et ça me met de bonne humeur.

Des capotes, et des accessoires, qu’ils devraient proposer sur les terrasses. Des trucs obscènes à ressort, roses, qui font du bruit, qui ont des diodes clignotantes rouges, menottes, et tout. Ce serait amusant de voir des pakos bien coiffés (ils sont toujours bien coiffés les pakos, ils ont des coupes de jeunes mâles comme i’faut à un mariage tradi) avec des lanières de capotes et tout un attirail sur l’épaule genre pââââncho de M. Ouille, citoyen, so North-South divide et terriblement subversif en ce que cela confronterait le monde moderne à ses contradictions les plus fondamentales et les plus houellebecquiennes dirais-je dans un élan de pédantisme, se trimballer sur les terrasses tels des vendeurs itinérants chez Disney. Képotes, pé cher, képote pour médéme ? La médéme, elle veut pas une képote ? Ah, médéme, là-bas, une képoté ? L’addition ? Pé de problème médéme, les 2 pour 1.50€.

Imaginez la tête de la moeufe du genre qui plisse les paupières en écoutant parler sa paire de lunettes rectangulaires à 5 chiffres mensuel, moeufe qui s’imagine volontiers se faire baisoter dans un 3 chiffres haussmannien avec des moulures et tout, elle a un pakos tout crasseux devant elle qui lui tend avec insistance des accessoires roses qui pendouillent de partout, ça renverse le petit Pouilly qui va bien, képotés, képotés, pé cher, qu’il lui dit en lui faisant du coude, le sourire complice. Monsieur, képoté, képoté, pé cher. Madame, képoté, god, menottes, pé cher, pé cher.

Ce serait un progrès, je trouve.

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La love BO par Julien Clerc, dit “Julien“. Version inédite qui donna ce chef-d’œuvre carrèment hymnique.

réacomobile ok

La mésaventure d’un professeur noir ravive la question raciale aux Etats-Unis
LE MONDE | 23.07.09 | 14h49  •  Mis à jour le 23.07.09 | 15h43

Les Américains n’ont pas fini d’entendre parler du 16 juillet, jour où Henry Louis Gates Jr., l’un de leurs professeurs les plus connus, titulaire de la chaire d’études africaines-américaines à Harvard, grand spécialiste de l’histoire du racisme et de la ségrégation, a été arrêté chez lui comme un vulgaire malfrat par un policier blanc du commissariat de Cambridge, dans le Massachusetts. La victime a promis d’en tirer toutes les leçons. “J’en ferai un documentaire, a-t-il juré. Le système de justice pénale est vraiment pourri.”

Le professeur revenait d’un séjour en Chine, où il était allé enquêter sur les origines familiales du violoncelliste Yo-Yo Ma. Depuis que le recours à l’ADN s’est banalisé, Henry Louis Gates s’est spécialisé dans les recherches généalogiques. Avec l’écrivain Maya Angelou, il est remonté jusqu’en Sierra Leone. Avec l’acteur Don Cheadle, jusqu’à la tribu indienne des Chikasaw. A chaque fois, il en rapporte un documentaire vu par des millions de téléspectateurs. Il a aussi fondé un site Internet “black”, financé par le Washington Post, The Root. A Cambridge, où il habite sur Ware Street, dans une maison à quelques blocs de l’université, les gens le saluent dans la rue.

Ce 16 juillet, la serrure de la porte de sa maison était un peu grippée, la clef tournait mal. Avec son chauffeur de taxi, M. Gates a forcé la porte. Voyant deux Noirs à l’ouvrage de ce quartier bourgeois, une femme (dont l’identité n’a pas été révélée) a appelé la police. C’était le début de l’après-midi. L’appel fait mention de “deux grands Noirs” munis de sacs à dos.

A ce stade, les versions divergent. Le professeur Gates a montré ses papiers, prouvé qu’il était chez lui, et à son tour, a demandé à son interlocuteur de justifier de son identité. Le sergent James Crowley, onze ans de métier, aurait refusé et le professeur Gates aurait dénoncé un délit de faciès.

La discussion s’est terminée au poste, où l’universitaire, un homme de 58 ans et d’allure plutôt chétive, est arrivé menotté. Il n’est ressorti qu’au bout de quatre heures et après l’intervention de Charles Ogletree, alias “Tree”, célèbre professeur de droit de Harvard et mentor du président Barack Obama au début de sa campagne.

L’incident, qui s’est déroulé suivant un scénario bien connu des Noirs américains, a réveillé les réflexes classiques. “Les seules personnes qui vivent dans un monde post-racial sont les quatre habitants” de la Maison Blanche, a commenté M. Gates, amer. Dans le Washington Post, le journaliste Wil Haygood a raconté d’expérience ce moment où, quel que soit le statut social, les individus reproduisent des comportements qui les dépassent : “Oubliez Harvard, (M. Gates) est dans cette zone délicate où se rencontrent la peau noire et les forces de l’ordre (…) Ce moment où l’homme noir porte une éternité pour bagage.”

Le sergent Crowley a refusé de présenter ses excuses. Il n’a probablement pas fini non plus d’entendre parler de l’incident. Le professeur Gates compte en faire l’emblème des contradictions de l’Amérique à l’heure de son premier président noir. L’élection de novembre 2008 n’a pas été suivie de “changements structurels”, a-t-il constaté. Vu la popularité des démocrates à Cambridge, le policier a “probablement voté pour Barack. Cela ne m’a pas été d’un grand secours”.

Pendant sa conférence de presse, mercredi à la Maison Blanche, le président Obama a été interrogé sur l’incident. “Skip est un ami, a-t-il dit, en utilisant le surnom du professeur. Je risque d’être partial.” Toujours extrêmement prudent dès qu’il aborde la question raciale, pour ne pas apparaître comme l’homme d’une communauté, il a cette fois-ci pris parti. “D’abord, je crois qu’on peut dire, que nous serions tous assez en colère (dans cette situation). Deuxièmement, la police de Cambridge a été stupide d’arrêter quelqu’un alors que la preuve était établie qu’il était dans sa propre maison. Troisièmement, cet incident nous rappelle qu’il y a une longue habitude dans ce pays de contrôler les Africains-américains et les latinos de manière disproportionnée.”

3 choses, rapidos :

- Allure chétive + Policier blanc VS Deux grands noirs. Quand on est journaleux au quotidien de référence, on a le droit de faire au faciès/comportemental. Lorsqu’on n’est pas journaleux au quotidien de référence, on ne peut en revanche contrôler un blackos dans une situation laissant croire à la réalisation imminente d’une infraction. De surcroît, il s’agit là d’un acte de racisme, d’un préjugé, car, en France comme aux USA, les populations à forte teneur de mélanine ne sont pas des plus criminogènes, c’est bien connu. La Raison, mais pas trop.

- J’aime beaucoup la précision -au sujet du corbeau, savoir quelqu’un qui appelle la police quand il voit deux individus forcer une porte, un bouilleur d’enfant, quoi- “dont l’identité n’a pas été révélée”.

- Machin-truc est en effet fort peu considéré. La situation des blacky black dans c’pays est tel que le Président se fait l’écho de votre petit incident de serrurerie en donnant du Skippy, my bro, que le NYT ne manquera pas de relayer votre documentaire sur-subventionné, que le Washington Post vous finance, qu’Harvard vous confie une chaire etc etc. Une camisole médiatique, un silence de plomb, l’esclavage en filigrane : le fassissme, disons les choses. Et surtout, surtout, vous avez le droit aux honneurs du quotidien de référence de France, pays des droits de l’Homme dois-je le rappeler.

- Autrement, à la lecture de l’article du Monde, quotidien de référence du pays des droits de l’Homme, du très lourd ma loutre, j’entame dès aujourd’hui des recherches génétiques depuis les USA, en toute légalité donc, sur, par exemple, la récurrence des allèles indo-européennes chez les prix Nobel, les grands compositeurs, les grands patrons etc.

La violence des policiers, l’agressivité, les contrôles brutaux, les policiers blancs, encore et toujours. Un fléau.

Source : quotidien de référence

Il paraît que Nicolas Sarkozy écoute désormais activement Bob Dylan.

Le Zim n’en reste pas moins immense, vous l’aurez compris.

Une des pathologies les plus inquiétantes des suiveurs de pente (©) est la maladie du “jvois pas pourquoi”.

Dernière manifestation, le travail le Dimanche. Revendication sectorielle sans intérêt -qui à mon avis mériterait au moins une analyse sérieuse- et qui pourtant va devenir la norme en France. Pour des résultats économiques marginaux et un désastre social (la foule de débilos lèche-vitrine que va être la France d’après),  en fait on n’en sait rien, puisque rien de sérieux n’a été ajouté au débat mais le résultat est bien là : on sacrifie, au nom de l’idéologie (qui jusqu’à preuve du contraire n’a pas été corrélée par les faits), cette capacité toute occidentale au repos et au recueillement même symbolique -et tout est dans le symbole.

Il n’y aurait pas eu de tea-time chez les anglois des albums d’Astérix sous la gourmette Sarkozy puisque si à 16H55 on est encore en mesure de livrer bataille, pourquoi ne serions-nous pas capable de continuer à 17 heures ?

Logique viciée, mais implacable, vous en conviendrez. Personne n’avance le moindre argument, le seul et unique fondement à cette extension est le fameux jvoa pas pourquoa. Nicolas Sarkozy ne voit pas pourquoi les magasins seraient ouverts un Dimanche sur 6 et pas les 5 autres. Si vous faites attention c’est à la lettre l’argument avancé. Cela vous situe une civilisation. 200 ans de Progrès, une satiété matérielle émasculante et un paradigme qui tient en trois lettres  : JPP. Jvoa Pas Pourquoâ.

JPP les pédés ne se marieraient pas alors que [...], JPP les immigrés ne pourraient pas voter alors que [...] etc.

Ces JPP, qui dans des temps où l’esprit et l’ordre règneraient mériteraient un gentil mais ferme “ta gueule”, sont les véritables vecteurs de la bêtise ambiante. Tout ce qui est nuisible a été introduit par un JPP, un historien sérieux le démontrerait aisément. Y’a qu’à voir.

Risquons nous à une explication. Cette maladie du JPP est peut-être liée à l’absence de véritable pater et de dimanche champêtre chez la famille Sarkozy.

An’effet, à 6 ans, lorsqu’on se promène au milieu d’un bois, en compagnie de sa famille non-redérecomposée, vient forcément le moment où l’on demande à son père, pourquoi le ciel est bleu (How many times must a man look up before he can see the sky ?), et par incidence, on lui signale que l”on ne voit pas pourquoi il devrait être bleu. celui-ci vous renvoie alors aux études que vous ne manquerez pas de réussir brillamment plus tard. Tu verras plus tard. Plus tard, on verra pourquoi, donc. Ce qui, reconnaissons-le, est une façon toute prométhéenne de répondre à une question tout en signifiant en substance à son prochain de se taire. Du grand art.

Si vous n’avez pas vécu cela, si vous n’avez pas eu de dimanche champêtre, vous ne savez pas que vous allez voir pourquoi le ciel est bleu durant vos études. Alors, vous ne voyez pas pourquoi ou plus exactement vous ne savez pas que vous allez voir pourquoi. Ce qui in fine revient à ne pas voir pourquoi puisqu’au moment où vous êtes censé voir pourquoi, vous ignorez que c’est à ce moment-là que vous allez voir pourquoi. Si en plus vous finissez diplômé de Nanterre, toute votre vie vous n’allez pas voir pourquoi. La question reste donc en suspens, toute une vie. Impatient, lassé de ne pas voir pourquoi, vous commencez à développer des tics nerveux etc. mais rien n’y fait, vous ne voyez toujours pas pourquoi. Un cycle infernal.

Donc, non au dimanche travaillé. Pour enfin voir pourquoi.

hihi

cc dior

Frédéric Mitterrand : “Rimbaud a écrit des choses bien plus violentes” qu’Orelsan

Le Monde, quotidien de référence.

Pour info, Orelsan, est un jeune (un néo-jeune dirait LBDD) et écrit donc des chansons à texte ® (celles qu’aime notre cher président). Le Salon Beige, toujours en avance d’une édition Pléiade, cite son oeuvre : J’veux que tu tombes enceinte et que tu perdes l’ enfant / On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée [...] quand j’te déboiterais la mâchoire / T’es juste une truie tu mérites ta place à l’abattoir [...] J’veux te voir rendre l’âme. Ah, on est bien.

Prenant acte du relativisme ambiant et de l’anéantissement de toute logique qui s’en suit, puisqu’il convient désormais d’associer chaque figure littéraire au moindre connard brailleur, je propose les stratégies suivantes pour les futurs poètes printaniers.

→ ” \ | Mort aux juifs ! | / ” (ceci est une citation). Céline a écrit des lignes bien plus virulentes.

→ ” \ | Sale nègre | / ” (plus petit disclaimer, mais quand même : ceci est une citation). Voltaire a jadis exprimé des propos d’un goût tout aussi douteux.

→ ” Sale blanc ” aucun disclaimer, rien à craindre. Il s’agit là d’un classique de la littérature post-WWII.

Nique la république ! Joseph de Maistre, que l’on ne peut suspecter de fachichme puisqu’il était franc-maçon – et être franc-maçon est une preuve d’humanisme, a émis des idées bien plus réactionnaires.

” Ségo, j’te baise “. Le Marquis de Sade (- Qui peut aujourd’hui contester…Personne) a écrit des choses plus équivoques.

La phase 2 sera bien évidemment Marianne tu mérites la double-pén’, MC Djihad, 2015, et entre nous, un démâtage courtois mais ferme…non, et la réponse sera alors toute trouvée : Booba  a écrit des choses bien plus violentes -Booba publié à la NRF !- et à la lumière de l’histoire littéraire française, notamment en considération de l’œuvre du Marquis de Sade entre autres, et de tellement d’autres, entre autres, qui peut considérer que Booba est quelqu’un de misogyne et en cela qui peut considérer que ce jaune auteur MC Djihad est un danger pour la femme ?

Après, on peut rajouter des fautes d’orthographe (Montaigne, Le Monde -car Le Monde est un journal de référence, vous le savez-, etc.) et une syntaxe merdique (Kerouac etc.), ne plus parler français même (est-ce que Faulkner parlait français, lui ?), et enfin, arriver à la phase terminale. Enfin !

L’on peut aussi étendre le registre ; on peut tout faire, en fait. C’est la beauté de notre époque. Par exemple, je suggère que la défense d’un pédophile puisse dorénavant s’opérer par une allusion bienveillante à Mahomet, prophète qui ne peut être accusé de pédophilie lorsqu’il est en même temps porte-drapeau de la religion d’amour et de paix, ou de paix et d’amour… du truc, quoi. Il faut être cohérent. J’ignore si cette extension marchera, mais qui ne tente rien, Rome ne s’est pas construite, à vaincre sans péril, chaque pot a son couvercle, Zézette épouse X., etc.

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