juillet 18, 2008
Art double-mineur ?
Posted by Charles under Bon goût, Cinéma | Tags: Marielle est grand |No Comments
Ce manteau…
juillet 18, 2008
Ce manteau…
juillet 18, 2008
People don’t live or die, people just float.
J’aime bien citer Dylan comme si c’était un grand auteur ou parole d’Evangile. Tout de suite, ça casse le pontifiant du titre.
Donc, je crois que mes copains libéraux-etc me chatouillent. L’occasion de mettre au propre l’état de mes profondes réflexions en la matière. Pardon pour les fautes, tout ça, je ne suis pas payé. L’idée de ce billet date d’hier soir, j’avais intitulé ce machin ” Dieu est un fumeur de Dunhill” en réponse à mes copains libér-anar-etc. C’était inutilement boute-feux alors je n’ai conservé (!) que ce qui me semble avoir du sens. Je -re-publie ce petit truc en hommage à Mme la Crevette (c’est tout de même ridicule de s’apeller par des pseudos -salut Baroque et Fatigué, salut le Bal des Dégueulasses, salut La crevette, salut Le Grand Charles, salut XP- mais on n’a rien trouvé de mieux).
S’il fallait synthétiser de façon brouillone, voilà l’idée :
L’économie = la vie
Contrôler l’économie, c’est contrôler la vie. Hayek note que tout contrôle de l’économie se traduit concrètement, politique expérimentale oblige, par le totalitarisme, le contrôle de la vie.
Contrôler la vie est une amibition vaine. Précisément parce que le contrôle ne peut être établi rationnellement.
La vie ne répond pas de la raison : elle est absurde, tout y est dissonant. Toujours selon l’exemple économique, l’agent n’est pas rationnel ou pas suffisament pour prétendre au contrôle.
La vie est absurde (dissonante), elle n’a pas de sens. La raison conclue à l’impossibilité du contrôle, précisément parce que la vie n’est pas rationnelle.
Plus précisément, la vie est absurde, elle n’a pas de sens du point de vue rationnel.
En revanche, elle a un sens selon la foi, les Ecritures. Ce qui rationnellement n’a pas de sens, a théocentriquement un sens.
Ce qui fait sens, c’est bien la foi.
A contrario, tout ce qui s’écarte de l’Ecriture n’a pas de sens.
L’économie est un sujet éclairant car elle vise à retranscrire en terme de flux les interactions entre les hommes, les souhaits et les aspirations des hommes. Il y a une économie de tout, du sexe, de la déprime, du cercueil, du mariage, de la maternité, de la fête etc tout ce qui compose l’existence.
Et cette existence ne répond pas à donnes rationales, ne s’établit pas rationnellement. Tout le monde en convient, cherchez sur le net les pétitions de l’ENS Cachan, Edward Fullbrook, les limites de la modélisation mathématique de la finance, l’économie comme physique quantique de l’existence, le mécanisme comme seule explication, les postulats rationalistes néo-classiques, son actualisation par la raison limitée elle-même actualisée etc
Une sorte de principe d’indétermination appliqué à l’économie.
Un génie avait pointé ces limites en économie. Il s’agit d’Hayek. En passant, l’ENS Cachan utilise ses solutions pour préconiser un rapport plus sciences sociales à l’économie. Certaines personnes sont étranges. Bref, Hayek. Ce qui suit est très résumé.
Il s’est malheureusement limité à démonter la prétention scientiste et techniciste de certains économistes (marxistes) pour mieux pointer la menace totalitaire de ce dirigisme. Hayek pense que cette volonté de contrôle a pu être acceptée selon deux acceptations serviles :
- les individus consentent à moins de liberté économique selon l’idée “au fond, si l’économie -d’où vient toute la misère humaine selon les marxistes- est contrôlée, certes nous aurons moins de liberté mais ce schéma correcteur nous épargnera de la misère”. Postulat gagnant-gagnant rationnel. Foi rationaliste entraîne délég²ation de compétence
- le rationalisme, l’orgueil scientiste dit Hayek, la prétention humaine à trouver la Vérité,
Hayek ne se pose pas la question de savoir pourquoi cette modélisation, ce contrôle est impossible. Ou plus exactement, il passe une théorie de l’ordre spontané, sorte de théorie des organisations, pour dire que les comportements d’individus libres sont indéchiffrables puisque spontanés. Cette spontanéité résulte de la liberté ; donc, vouloir contrôler, diriger, prévoir c’est vouloir ôter toute spontanéité des comportements, donc retirer toute liberté. Et donc, il pointe la menace totalitaire, la route de la servitude consentie, je fais confiance aux bureaucrates technicistes et je consens à moins de liberté en matière économique pour vivre mieux.
Or, et c’est malheureux car il n’insiste pas assez à mon goût sur ce sujet, cette subsidiarité n’est pas valable parce que l’économie est la transcription économique de l’existence.
Vouloir contrôler l’économie (la production et la consommation), c’est vouloir contrôler la vie. Dans un chapitre de la route de la servitude, il cite un auteur qui dit mot pour mot cela.
On achète des roses quand on convoite, on achète du champagne pour fêter un heureux évènement, on prend d’urgence l’autoroute pour aller voir un proche malade etc. Rien n’est établi en économie et le probabilisme n’est qu’une approximation mathématiquement impossible à étendre à une échelle réelle -d’où la modélisation- (j’avais exemplifié autrefois cette idée avec le marché de la rose).
En somme, la question de la planification, du dirigisme pose la question du contrôle de la vie. Peut-on contrôler ce qui est spontané ? Hayek répond négativement pour mieux pointer la menace totalitaire.
En bon libéral, il répond en faisant appel à cette notion passe-partout de liberté. Arendt, ce rapport progressiste délirant à l’amélioration de la vie qui va jusqu’à proposer la suppression d’un groupe identifiable comme solution pour une vie meilleure. Cette volonté de contrôle de la vie, qui n’est pas sans rappeler celle qui guide l’idéologie de l’avortement. On retrouve les mêmes délires technicistes (les nazis ont inventé le génocide industriel et rationnel, tests de gaz les plus efficaces, codification des procédures d’extermination, cahier des charges, rendement, allocation efficace des ressources etc.), cette idée pour le moins étrange de la mort au service de la vie ou plus exactement d’une vie meilleure.
Or, cette ambition de contrôle de la vie est vaine -et dangereuse, cf Hayek-.
La vie n’est pas prévisible, précisément parce qu’elle est existence.
La vie n’est pas rationnelle.
Finalement, tout dépasse l’entendement. La raison ne parvient pas à expliquer la vie ; elle veut dire le tout de l’existence et devient réductrice (modélisation). Le rationalisme ne supportant pas le paradoxe. Le logos grec ne tolère pas le paradoxe ; le logos chrétien est ontologique, il n’est pas logique. La vie est absurde parce tout y est dissonant, paradoxal selon la raison ; la planification, la retranscription rationaliste des interactions humaines est imposible pour des raisons techniques, pour le savoir -divin- inaccessible à l’homme qu’elle requiert, parce que tout dépasse l’entendement humain. Tout y est dissonant (étymologie d’absurde), rien n’a de sens. Pour reprendre l’exemple du marché de la rose : pourquoi oublie-t-on un anniversae, pourquoi ne respecte-t-on pas la coutume, pourquoi telle couleur, pourquoi l’un va abandonner cette coutume, l’autre la perpétuer, va-t-il la transmettre et perpétuer ainsi ce marché, pourquoi en cas d’oubli certains préfèrent offrir en retard et d’autres ne pas offrir/ se reporter sur un cadeau plus cher, plus luxueux pour se faire pardonner, reporter le cadeau à une occasion de moindre importance, pourquoi les bureaucrates qui auront accès aux variations chiffrées du marché feront de l’agiotage ou non (obligeant par là même à adopter des modèles correctifs) dans quelle mesure, comment modéliser, théoriser toutes ces données etc. Du stochastique et tout plein de trucs. Et encore avec toutes ces variables, nous n’arrivons qu’à des probabilités. Et la prise de décision sur des probabilités de survenance de comportements économiques se nomme spéculation (considérant que le plus petit dérèglement économique aura des conséquences sociales désastreuses selon les marxos, rien n’est donc tolérable, le marxisme exige la sûreté, toute incertitude entraîne déséquilibre) ; la même spéculation qui est à l’origine des dérèglements socio-économiques selon les marxistes et qu’ils ont cherché à éviter en planifiant. On n’en sort jamais. En outre, les marchés ne sont pas imperméables entre eux etc, c’est impossible, soyons clair.
Cette volonté de contrôle, comme représentation du monde, hihi, est vaine. Précisément parce que la vie est absurde (dissonante). Tout est paradoxe et incertitude. Au fond, l’économie s’explique mieux par la vie (ce que les libéraux nomment “liberté”) que par la raison. Le libéralisme économique pourrait donc être un aveu d’impuissance de la raison. C’est, AMHA, sa grande force : il s’accommode de l’impuissance de l’économie, du politique, de la technique, du savoir humain. L’économie étant une chose complexe -vaine- qui vise à forger de la raison sur des enclumes informes, sans consistance et elles-mêmes malléables. Et c’est précisément ce qui me séduit dans cette idée de libéralisme. Cette humilité, n’ayons pas peur des mots.
Nos raisonnements humains condamnent ce qui semble insensé. En revanche, si tôt que l’on se tourne vers les Ecritures, tout -ré-acquiert un sens.
Je crois parce que c’est absurde (Voltaire n’avait rien compris à cette phrase, et est passé complètement à côté de son sens, toujours jouissif de voir un prêtre moderne accomplir sa vocation : se ridiculiser à l’aune de l’Histoire), parce que tout résulte d’un Esprit qui nous est supérieur, que nous ne pouvons comprendre le sens de la vie en dehors des Ecritures.
Le Fils de Dieu ayant été mis dans le tombeau est ressuscité! je crois que cela est vrai parce que c’est une chose qui paraît impossible.
C’est la véritable citation de Tertullien, reprise par Saint-Augustin (credo quia absurdum), mise en équation par Pascal (on peut s’interroger sur l’utilisation de la raison pour la démonstration de la validité de ce qui lui est supérieur ; ce qui apparaît comme illogique aux yeux de la raison, a théocentriquement un sens) et reprise par Kierkegaard.
Le Christ est le paradoxe absolu selon les mots de Kierkegaard. La foi chrétienne, le paradoxe de cette foi c’est que notre existence, nos perspectives existentielles se confrontent à des vérités essentielles, intemporelles. Le paradoxe absolu étant que c’est l’existence de Jésus -existentiel et éternel, divin et humain- qui a révélé l’essence de toutes choses (Ricoeur parlera d’un passage de la phénoménologie du logos à une phénoménologie du temps et c’est exactement ça, mec). Après, Sartre le Batracien et Camus (roooh) ont pillé, appauvri et laïcisé ce philosophe ignoré, pardon ce “poète chrétien” selon ses propres mots. Faut dire qu’il a tout fait pour être indéchiffrable. A cet égard, j’invite mes lecteurs à s’intéresser au personnage : un véritable chrétien (…), un dandy, un romantique, un esthète (grosse dédicace !), un rebelle, un tombeur avant sa période chrétienne (sa malheureuse gonzesse, même avec les coiffures ridicules de l’époque avait son potentiel), une puissance de travail dingue, une capacité incroyable à manier les concepts, à en jongler, un modèle pour nous tous. Bon, certes, il a mal fini…

Ce qui apparaît comme tombé sous le sens, n’a premièrement aucun sens ou tout au plus un sens faussement rationnel et deuxièmement tout cela était prévu par Celui qui enseigne la vanité de toutes choses et l’absurde de la vie. Par ces enseignements, ce qui n’a aucun sens sous l’empire de la raison a du sens selon les Ecritures. De là vient tout l’absurde de la vie, le paradoxe, l’illogique. Par cela, la seule Autorité légitime est celle de Dieu et son représentant sur terre. Celui qui a prévu la vanité de toutes choses terriennes, l’absurde de la vie ne peut être que Créateur puique tout part et tout revient de là. Il est l’autorité, la seule qui vaille. Ce qui à première vue a un sens n’en a pas, ce qui n’a pas de sens, en a un. L’absurde, le dissonant, c’est que notre existence est sous l’emprise de la raison, quand le sens n’existe que dans la foi.
Il faut donc vanter l’humilité, devoir fondamental du chrétien, sortir des chimères explicatives du jour, désuètes le lendemain. Tout est vanité et il n’y a qu’auprès de Lui que tout fait sens.
Il me semble (!) que tout est vain en dehors des Ecritures, j’ai expliqué plus ou moins intelligiblement pourquoi. Tout est dissonant, absurde, rien n’a de sens et la raison peine à retranscrire ce qui n’a de sens qu’à la lumière de Dieu. Autrement dit, tout est vain en dehors des Ecritures. Alors, ma critique était et reste celle-ci : toute critique des ensembles de Christine Boutin est vaine (et pourtant il y aurait de quoi critiquer). Pareillement, on se fout de la critique du rationnalisme néo-classique par les tenants de la raison limitée ou des limites de la dualité ondo-corpuscule, c’est de la branlette pour le CV, pas plus. Toute critique doit être fondée du point de vue du Sens ; autrement, elle n’a pas de sens. La raison ne parvient pas à expliquer la vie. J’ai cité l’exemple de l’économie. Ce qui est absurde du point de vue de la raison, a un sens du point de vue de la foi. Premièrement, parce que celle-ci enseigne l’absurde de la vie. Bref, la grande force des tradis c’est d’expliquer théologiquement le déclin de l’Eglise quand les modernistes font appel au vent en justifiant de telle mode, puis de telle autre etc. En la matière, quand on parle des choses sérieuses, entre gens comme i’faut, une critique n’a de sens qu’à la lumière des Ecritures. Il n’y a qu’à travers celles-ci que la critique acquiert du sens. Il faut absolument retourner au Sens.
Le reste n’est que poursuite du vent.
Voilà. Plût à Dieu qu’on réglât ainsi toutes les querelles comme disait l’autre.
PS : Un petit truc de derrière les fagots qui fait office de guideline à Charlie :
Les doctrines des saints n’ont rien de comparable
À ce dont lui-même il s’est fait le miroir:
Elle a mille trésors qui se font bientôt voir,
Quand l’oeil a pour flambeau son esprit adorable.
Toi qui par l’amour-propre, à toi-même attaché,
L’écoute et le lis sans être touché,
Faute de cet esprit, tu n’y trouves qu’épines;
Mais si tu veux l’entendre et lire avec plaisir,
Conformes-y ta vie, et ces douceurs divines
Viendront s’offrir en foule au choix de ton désir.Que te sert de percer les plus secrets abîmes
Où se cache à nos sens l’immense Trinité?
Si ton intérieur manque d’humilité,
Tu ne saurais offrir d’agréables victimes.
Cet orgueilleux savoir, ces pompeux sentiments,
Ne sont aux yeux de Dieu que de vains ornements.
Il ne s’abaisse point vers des âmes si hautes;
Et la vertu sans eux est de telle valeur,
Qu’il vaut mieux bien sentir la douleur de tes fautes
Que savoir définir ce qu’est cette douleur.Porte toute la Bible en ta mémoire empreinte;
Sache tout ce qu’ont dit les sages des vieux temps;
Joins-y, si tu le peux, tous les traits éclatants
De l’histoire profane et de l’histoire sainte;
De tant d’enseignement l’impuissante langueur
Sous leur poids inutile accablera ton coeur,
Si Dieu n’y verse encore son amour et sa grâce;
Et l’unique science où tu dois prendre appui,
C’est que tout n’est ici que vanité qui passe,
Hormis d’aimer sa gloire, et ne servir que lui.C’est là des vrais savants la sagesse profonde,
Elle est bonne en tout temps, elle est bonne en tout lieus:
Et le plus sûr chemin pour aller vers les Cieux,
C’est d’affermir nos pas sur le mépris du monde.
Ce dangereux flatteur de nos faibles esprits
Oppose mille attraits à ce juste mépris;
Qui s’en laisse éblouir s’en laisse tôt séduire:
Mais ouvre bien les yeux sur leur fragilité,
Regarde qu’un moment suffit pour les détruire,
Et tu verras qu’enfin tout n’est que vanité.
PS 2 : On pourrait également évoquer le film des géniaux Coen adapté du génial McCarthy : No country for old men. A l’époque, Sorpasso -toujours impeccable- avait commis un billet sur ce sujet, j’avais suivi.
Le Vatican voit dans ce film un désert d’espérance. Il ne le recommande pas.
NCFOM est la stricte adaptation du monde sans Dieu. L’homme n’est que chasseur (la scène d’ouverture, les animaux etc), ses rares moments de charité le condamnent, le fric, la technique, sa vie se résume désormais à 20kg de papier (toute la vanité de l’entreprise), l’irrémédiable décrépitude qui l’attend etc.
Je considère ce film, ce livre comme un plaidoyer pour la foi. Comment pourrait-il en être autrement ? Ce monde apocalyptique n’est pas souhaitable.
La créature est exaspérante parmi les paysages sublimes du Créateur ; tout est intégralement laid dans un cadre pourtant remarquables. Le contraste est saisissant. C’est tout l’échec de l’homme qui s’est égaré des Ecritures qui apparaît dans ce film.
Les seules poches de Beau, les rares hommes de Bien sont maculés de sang, exterminés ou se retirent. Chigurh ne fait pas dans le détail des âmes ; la justice ne l’intéresse pas, ici-bas il n’y plus rien à sauver. L’Ang eexterminateur.
Au fond, un raisonnement par l’absurde pour montrer l’absurdité de la vie sans Dieu.
Je peux donc regretter cette mise à l’index (façon de parler, mais l’anachronisme est assumé en ces lieux) mais ma petite personne n’a pas vocation à rivaliser avec l’infaillibilité pontificale. Après tout, l’Eglise peut préférer l’Amour comme moyen d’adhésion aux Ecritures plutôt que le mépris pour le monde humain pour la même fin.
J’observe que ces considérations ne sont pas si éloignées de celles qui ont pu être émises par certains membres de la réacosphère : pourquoi Diable insister sur la laideur de l’époque lorsqu’on pourrait mettre le Beau en première page ?
Un rapport rhétorique, voyez ce qu’est l’époque et ce qu’elle pourrait être ; l’espérance, en somme. D’où la critique du Vatican. Et il est vrai que NCFOM ne désigne aucune alternative, ne montre pas ce qui pourrait advenir si chacun suivait les Ecritures. En somme, mot pour mot le commentaire qui avait été rédigé par le Vatican à l’époque des Oscars.
Et puis, j’ai mal aux doigts.
juillet 18, 2008
J’ai eu en CP une femme d’officier. Ca ne déconnait pas, mon pote. Elle m’aimait bien (à une rédaction sur le sang ou je ne sais plus quoi, j’avais fait des schémas et je disais que le sang, c’était un peu un taxi avec des priorités, certains passagers, certaines destinations, les globules etc ça l’avait fait mourir de rire et ma mère aussi et je ne comprenais absolument pas en quoi c’était drôle et je ne comprends toujours pas), n’aimait pas l’anglais et ses filles jupes aux genoux ont très bien réussi.
Bref, c’est fou ce besoin de parler chez les bleaugueurs. B&F aborde le sujet de la méthode Boscher, fasciste, of course. Vous remarquerez la couverture fort peu Diverse :

C’est peut-être de ce livre que me vient la passion des robes et des blondes dans un cadre champêtre. Je ne sais pas.
Putain, je brode. Bref, j’en viens où je voulais en venir, comme on dit. J’ai survolé les commentaires sur Amazon et la Fnac etc (toujours intéressant de lire les commentaires participatifs des Citoyens Sociaux) correpondant aux livres de la méthode. Petit florilège des avis des lecteurs et des professeurs du soir. Scientifiquement, vous me direz : quel intérêt de prendre les avis 1) d’usagers ? 2) d’acheteurs qui sont plus susceptibles d’avoir un avis favorable puisque une information les a conduit à l’acte d’achat que d’autres ? Hé bien, c’est très simple, c’est la politique expérimentale, mec. Vous remarquerez que des Citoyens se sont crus dans l’obligation du Contrat Social de la République de venir sur les sites pour cartonner un livre qu’ils haïssent et qu’ils n’ont probablement pas lu. Bref.
En premier, un cerveau garanti 100% Educ Nat’. Thèse, antithèse, synthèse, tout comme i’faut. Pédigréé républicain impeccable :
Je suis surprise par l’enthousiasme face à la méthode BOSCHER. Il semble aujourd’hui qu’aucune méthode de lecture ne soit meilleure qu’une autre. La méthode syllabique est certes très facile pour les enfants mais je pense qu’il ne faut pas rejeter en bloc la méthode globale. Il convient d’établir une mixité dans les méthodes de lecture. Par ailleurs, il semblerait qu’aujourd’hui on assiste à un retour en force des méthodes traditionnelles…toutefois il faudrait penser à les inscrire dans un contexte moderne.
Une mixité dans les méthodes de lecture ? Mais, un métissage ! n’ayons pas peur des mots !
Bref, j’adôre ces avis qui ne veulent rien dire. Les expression débiles “comme quoi, hein”, “bah, finalement, hein”, les circonvolutions, le namedropping, les tournures grandiloquentes etc. Dans les débats, en cours, lors des exposés, il y a toujours des passages du genre où l’on ne fait que brasser du vent. Ca m’a toujours fait marrer. Bref.
Alors, le commentaire de notre bobo. Evidemment, c’est une femme (vlan !). Un commentaire pour ne rien dire, policé et modéré, formidable. On sent que si elle continuait la menace nazie ne serait pas loin. An’effet, si la méthode Boscher revient en force, c’est bien parce qu’on observe une crispation identitaire, une angoisse face à la mondialisation, une montée des communautarismes. Ce sentiment diffus s’accompagne de phénomènes sociaux (retour à la terre vichyiste), d’oeuvres (Amélie Poulain, Bienvenue chez les Ch’tis) et de discours proprement réactionnaires qui ne sont pas sans rapeller les heures-les-plus-sombres-de-notre-Histouare etc, etc. Voyez vos manuels de Culture gé.
Deuxièmement, un réac :
22 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile :
Interdite par les khmers rouges!, 13 juillet 2006
Par Claude Rochet (Aix-en-Provence, France) - Voir tous mes commentaires
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Dans une langue digitale, lire s’apprend en mettant côte à côte des signes qui ne veulent rien dire par eux mêmes.
Mais voilà.
Cela ne plait pas aux Khmers rouges de la révolution culculturelle qui ont pris le pouvoir et font regner la terreur dans les IUFM où le seul fait de se référer à cette méthode est passible de sanction.
Donc réagissez et en parents responsables, apprenez à vos enfants à lire en syllabique puisque l’école ne le fait plus!
Alors, lui ou elle, il ou elle lit la réacosphère. Sûr !
Bêtifiant… vieillot… et sans grand intérêt
Un internaute, Poitiers,le 20 octobre 2006
La maîtrise du code est indispensable à l’apprentissage de la lecture, on est d’accord. Mais c’est loin d’être suffisant ! Lire ce n’est pas seulemement déchiffrer, c’est aussi comprendre. Des outils bien plus agréables et efficaces par ailleurs, permettent d’aborder les deux aspects. Ce livre est très intéressant… dans les musées ! Mais ne comptez pas sur lui pour que votre enfant apprenne à lire et gagne le goût de la lecture…
Ca, si ça ne sent pas le bobo qui transmet des valeurs “Citoyennes” à fifille, je n’y connais rien.
Dévasté…
Un internaute, Côtes d’Armor,le 22 septembre 2006
Lire les arguments de ceux qui prônent cette méthode préhistorique m’a complètement dévasté… Bientôt on dira aussi qu’un bonnet d’âne ou un coup de règle sur les doigts, “ça avait du bon, et au moins on apprenait la discipline”… Le maître de la place Beauveau a un tapis rouge devant lui, nul doute !
Bah, la voilà la menace fasiche ! Il suffisait de chercher !
D’une autre epoque
Un internaute, fontenay sous bois,le 18 août 2006
Parfait pour les nostalgiques. C’est viellot, désuet (les petites filles en jupes, les garcons en bermudas); les textes sont creux. Heureusement que nos enfants ont un peu plus de fantaisie en classe, sinon, bonjour la déprime!
Ah, bah, ça, de la fantaisie à Fontenay-sous-bois, sûr qu’y a de quoi rassasier son homme !
Une méthode qui ne plaît qu’aux parents !
Un internaute, Lyon,le 31 juillet 2006
Rassurante pour les parents cette méthode ne l’est pas si l’on regarde plus loin que le bout de son nez. L’enfant y trouve des textes sans intérêt, qui ne le concernent pas, et qui ne permettent pas de travailler la compréhebsion de ce qu’on lit. Laissons faire leur boulot aux enseignants, qui la plupart du temps choisissent autre chose (et ils ont leurs raisons!)
J’aime beaucoup ce genre de commentaires, aussi. Alors, rhétoriquement, ce lyonnais nous dit : ces méthodes ne rassurent que les parents, mais moi, parent, je vous rassure, je connais les intérêts et les goûts des enfants. En somme, un professionnel de la profession comme dirait Godard.
Présomption de compétence pour les bureaucrates, rationalisme aidant. Of course, les gens qui enseignent par cette méthode, ne voient pas plus loin que le bout de leur nez quand notre ami lyonnais ouvre des horizons à ses petits. Multiculturalisme, l’Utile, le Citoyen, l’Ecologique, le Technique, le Divers, la Raison etc, les trucs qui ont laissé de grandes oeuvres et qui éblouiront nos successeurs (cf les merveilleuses tours de la Défense par exemple qui sûr détrôneront Versailles), quôa.
Globalement, je suis assez déçu. Les commentaires sont dans l’ensemble euphoriques. Je m’attendais à une volée de bois vert et en fin de compte, c’est une véritable éloge qui tourne au pamphlet de la méthode gogo. Bouh. Les réacs et leurs méthodes ont ceci d’emmerdant qu’ils se fient à la politique expérimentale, ce qu’il y a d’éternel dans la civilisation, l’épreuve du temps et ont par voie de conséquence souvent raison. Au moins, pour les constats. Alors, quand tout le monde en prend conscience, il n’y a plus rien de drôle. Il faut remarquer que les commentaires d’inspiration moderne se trouvent plus sur la Fnac que sur Amazon. Je mandate l’EHESS pour nous dire ce que ça veut dire, avec des concepts, des études statistiques et tout.
juillet 18, 2008
Des jumeaux de couleur de peau différente sont nés dans un hôpital de Berlin (Allemagne): un bébé est blanc, l’autre noir, a rapporté mercredi l’agence de presse allemande DPA.
La mère des frères Leo et Ryan est originaire du Ghana (ouest de l’Afrique) et le père est originaire de la ville allemande Potsdam, dans la banlieue de Berlin.
“Il arrive rarement que des jumeaux présentent une couleur de peau différente”, a déclaré le médecin Birgit Weber de l’hôpital de Lichtenberg. “C’est la première fois que notre hôpital accueille une telle naissance”, a-t-elle ajouté. Les bambins sont nés le 11 juillet et ont, sans aucun doute, le même papa.
juillet 18, 2008
On causait littérature il y a peu, alors rapidos, visez ce qui suit :
Voici l’homme dans l’immobilité héraldique des choses périmées
C’est d’Emmanuel Hocquard.
L’immobilité héraldique des choses, l’immobilité héraldique, c’est génial, non ? “Périmées” est peut-être de trop. C’que j’en dis, hein.
juillet 18, 2008
Lazy de Noir Dez (c’est comme ça qu’on dit dans la profession), final grandiose. Le son est un peu dégueulasse, c’est dommage.
Si vous avez une amoureuse qui se prénomme Louise, Lise ou Elise (Lizy), vous avez trouvé votre hymne. LGC a réponse à toutes vos attentes. Est-ce que j’ai le droit de dire que c’est le meilleur rock français ?
Peggy m’interrompt pour me demander si ce n’est pas discriminatoire de n’évoquer que des prénoms si peu Divers ? Pourquoi pas Rachidine ou Malikette me demande-t-elle ? Car, elle connaît la Diversité, mon amie Peggy.
Tout simplement, chère Peggy, parce que ces prénoms, aussi admirables soient-ils et nous savons ici avec notre cher Président de la République que l’Islam est une grande civilisation, ne peuvent être surnommés Lizy et donc ne peuvent avoir des sonorités proches de celles de lazy. Mais après tout, pourquoi pas, chère Peggy.
Donc, si vous avez une amoureuse qui se prénomme Malikette ou Rachidine (Lizy), vous avez trouvé votre hymne. Charlie a réponse à toutes -mais alors, vraiment toutes- vos attentes.
Autrement, rien que du classique comme i’faut. Le solo de Young avec la guitare qu’on dirait qu’elle pleure.
Une grosse dédicace à nos amis de gôche avec un Bella ciao repris par les chœurs de l’armée rouge. Ca leur fera plaisir, je le sais.
Et un petit Quand la musique est bonne, incontournable.
juillet 17, 2008
Une excellente homélie, véritable cahier des charges :
«Jésus n’est pas mort sur la Croix et ressuscité des morts pour que nous priions davantage à la maison et que nous soyons un peu plus gentils avec le voisin d’à côté.»
«La religion, la politique, la justice sociale : voilà précisément les choses dont nous devrions parler. Rien d’autre n’importe vraiment. Que peut-il y avoir de plus important que la foi religieuse, qui s’occupe du sens ultime de la vie, et la politique, qui s’occupe de la manière dont nous devons organiser nos vies ensemble en vue du bien commun ?»
juillet 17, 2008
L’ami B&F m’invite à répondre à ce petit questionnaire lettré (je n’avais pas remarqué sa nouvelle citation d’en-tête, “Je proteste contre le monde moderne, mais j’adore ses femmes minces. (Nimier)”, excellent, un écho à une citation d’un auteur dont j’ai passé le nom qui raillait “ceux qui lisent Maistre en adoptant les mœurs de Sade”, à chercher dans les Oeuvres, c’est que’qu’part, sûr). La tradition veut que l’on taggue son prochain. Alors comme je suis plutôt du genre subversif, je vais tagguer un bleaugue mort et interviouver un bleaugue qui ne parle qu’avec des images. LBDD et Police du Monde Parodique, donc. Ils répondront indifféremment en commentaire ou sur leur bleaugue (manière d’inviter LBDD à rouvrir un bleaugue et PDMP à tremper la plume qu’il a acérée j’en suis certain).
1) Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?
Un souvenir externaliste (et oui, mon pote). J’ai appris à lire à ma cadette, lorsqu’elle était très jeune. Depuis, elle a réussi. Et mon père m’avait appris à compter très tôt également.
2) Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?
J’adorais les encyclopédies pour gamins de chez Nathan il me semble.
Conan Doyle, les contes médiévaux et tous les trucs de c’t âge là, quôa.
Les Fais-moi peur de Gallimard aussi, la honte.
3) Aimez-vous la lecture à haute voix ?
Seulement pour les passages sublimes et les lettres de motivation. Ces dernières ne sont pourtant pas sublimes.
4) Votre conte préféré ?
De Maistre ? Ah non.
5) La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?
The big sleep ou NCFOM, j’en sais rien. Barton Fink pour Naissance de la tragédie, p’têtre. En fait, cette question ne m’intéresse pas.
6) Apprenez-vous par coeur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?
Avant, oui. Maintenant, ça me lasse.
7) Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?
Oui, le Manifeste du parti communiste. Tout au fond.
8 ) Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?
Grand problème existentiel. J’ai toujours une dizaine de livres qui jalonne mon lit. Je peux jongler, indifféremment, selon les humeurs. Et des gens sur leurs bleaugues, dans les commentaires de mon bleaugue, dans mon entourage, dans des chroniques, parlent toujours de livres formidables et je n’en vois donc jamais le bout. Education catholique, je sais que tout finira, il faut se dépêcher. Alors, je réserve toujours un quota catholique dans ma tasklist. Au cas où… Ne partons pas égaré.
En ce moment (car je crois que c’est la question) : Dictionnaire de rhétorique et de poétique, Le réel : traité de l’idiotie, En attendant Godot (c’est marrant, j’avais écrit Goriot), les Confessions de Saint Augustin (celles en Poche du moins), Eglise contre bourgeoisie, et La Contre-Révolution de Molnar. Counter Revolution of science bientôt aussi, Barre n’ayant pas tout traduit. Un peu réac sur les bords le Charlie, donc.
9) Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?
Roh, bah, Baudelaire, hein.
10) Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?
Le plus rapidement, ces derniers temps (dans ma jeunesse, je bloquais des soirées jusqu’à la fin d’un livre, maintenant je vieillis), ce serait De sang froid de Truman Capote. Indescriptible, je suis complètement rentré dans l’histoire et il me fallait absolument le finir. Cette famille naïve presque parfaite, ces deux crapules, on sent que ça va mal finir mais on ignore comment. Pourquoi cet auteur, cette histoire ? Je ne sais pas. Le lendemain, je n’étais pas frais (pourtant je ne dors pas beaucoup).
Le plus lentement, sans aucun doute Voyage au bout de la nuit. Pour avoir un membre de ma famille célinien, j’en avais tellement entendu que je voulais absolument déguster (façon de parler) chaque passage. C’était sacré.
11) Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?
Les poches, on a moins de complexe à les plier et les annoter.
12) Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?
Rah, quand je me sens décadent, j’aime bien sortir puis feuilleter L’Imitation mis comme i’faut par Corneille. Et je suis souvent décadent…
13) Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?
Avant des épreuves, je lis souvent debout. Des cours ou des passages 4 accolades pour le style, selon le degré de révision.
Autrement, assis la plupart du temps (transports).
14) Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?
Ouiiiii. Au crayon de bois, c’est mal mais c’est mieux que le Stabilo Boss (truc de gonzesse).
J’ai tout un système de code : de une à quatre accolade pour le style, entourer une page pour un développement intéressant etc.
15) Offrez-vous des livres ?
Oui, j’aime bien offrir des trucs anachroniques au milieu d’Ipod etc. Donc, des livres, oui. Si possible, des trucs assez bien comme i’faut, les Oeuvres de de Maistre, offerts plusieurs fois. Histoire de donner une chance.
16) La plus belle dédicace, que ce soit de l’auteur ou de la personne qui vous l’offrit ?
Confidentiel.
17) Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture, etc.)
“Le rapport sensuel au livre”, leaule, c’que c’est mignon. Un truc de lettreux, j’imagine :).
Les vieux bouquins de ma tendre mère, allez. Pour l’idée que je parcoure ce qu’elle a parcouru, pour l’odeur des vieux papiers.
Autrement, j’ai un rapport utilitariste à la lecture. Je sais, c’est inesthétique. Je n’aime pas perdre mon temps. Du style, de l’intelligence sinon ouvre un blog.
18 ) Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?
Le Colonel de la Rocque (dans ma jeunesse, j’avais une fascination pour ce personnage), sa bio colossale par Nobécourt, ses vieux bouquins sur le service public quasi-introuvables. Je dois être un des rares français (le seul ?) à avoir autant lu sur lui, c’est délirant.
Mais, oeuvres intégrales, c’est-à-dire les articles, les inédits etc ? Ca me semble quasiment impossible.
Hemingway, Hayek, Baudelaire, Faulkner, Balzac (même un Pléiade de sa correspondance paru il y a peu), Chandler, Maistre, et d’autres, j’ai lu plus de la moitié, je pense. Après, beaucoup de classiques mais ça n’a aucun intérêt, tout le monde les a lus, tout a été dit. Et d’autres… mais quel est l’intérêt de poser une question sur l’accomplissement d’une chose irréalisable ? Combien y-a-t-il de Pléiade de Balzac, Molière, Montaigne ?
19) Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?
Il y a un peu de temps, un personnage m’a beaucoup amusé. C’est le gardien latino à moitié barré et pédé d’un polar de Chandler.
La scène : il s’agit d’un asile pour artistes maudits (!) au fin fond d’un canyon, et un espèce de vieux docteur fauché, pédé et très précieux veille sur ce petit monde en compagnie d’un gardien latino pas franchement recommandable, violent et à moitié pédé. Un écrivain à succès, dépressif et alcoolique repose secrètement dans cette maison de fou. La manière dont il parle du gardien pédé est vraiment drôle. Un détective foireux (Marlowe) s’infiltre à la James Bond. Etc.
20) Un livre qui vous a particulièrement ému ?
Bah, le Colonel de la Rocque, c’est ‘achement triste, quand on y pense. Il y a comme qui dirait de la tragédie antique dans la vie de ce personnage. L’ambiguïté du personnage, le tiraillement, la difficulté à se décider, la fin tragique, l’absence de reconnaissance (de Gaulle a su être élégant, pour une fois)…
Des souris et des hommes, la fin, aussi.
21) Le Livre qui vous a terrifié ?
Orange mécanique, malgré son argot chiant à décrypter dans les annexes. En fait, aucun.
22) Le livre qui vous a fait pleurer ?
Le Colonel Chabert m’avait ému. Enfin, surtout le film. Balzac, finit sur le métier d’avoué -qu’il a pratiqué-, sa place d’observateur de la vie mondaine quand le film s’intéresse plus à l’abandon de Chabert, par l’Etat, sa femme, ses amis (sauf le notaire) pour finalement ne trouver hospice que chez les Soeurs. J’aime bien.
23) L’avertissement / l’introduction qui vous a le plus marqué ?
La photocopie tue le livre.
24) Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?
Instinctivement, Ethan Coen : The drunken driver has the right of way : Poems.
C’est génial. Le titre, le rythme, la ponctuation, l’association de “Poems” à un titre contre-poétique etc.
25) Décrivez votre bibliothèque.
Bordélique.
26) Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?
Peu. Un manuel de Stiglitz, des trucs de maths et des problèmes de Ian Stewart. Des BD archéo-futuristes machin-truc, aussi.
27) L’endroit le plus insolite où vous lisez ?
C’était à Londres, en fin de soirée, je me suis retrouvé seul dans une méga-zone où règne la Diversité, j’étais complètement anachronique à lire sur un banc en costar. Et il y a peu de banc à Londres.
28 ) Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?
L’imitation.
29) Votre livre d’art préféré ?
Un bouquin sur Bastien-Lepage, il me parle ce type comme on dit dans la profession. Les croutes de Bob Dylan, aussi, j’achèterais bien ça.
30) La bibliothèque idéale ?
Roh, s’il faut la faire internationale et droit au but, disons Faulkner, Balzac, Dostoïevski. Les gens qui lisent des bios de Zweig sont généralement intéressants (j’ai remarqué ça). Alors, à l’étage biographies, que du Zweig.
Et la Bible, cela va de soi.
31) L’incipit qui vous a le plus marqué ?
Roh, bah le Voyage, c’est très bien non ? Il suffit de fermer les yeux.
32 ) La clausule qui vous a le plus marqué ?
Celle d’Une vie de Maupassant, sans hésitation.
“La vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit”. Toute la vanité de la -petite- littérature, tout, absolument tout, est là. C’est bête, terriblement bête, mais profondément juste.
Tout ça pour en arriver là.
juillet 16, 2008
Il y a certainement des règlements de compte internes à Charlie Hebdo, il y a certainement plein d’autres choses. Ok. On ne revient pas sur les délires de toute-puissance des juifs. Moi, personnellement, je trouve grandiose une femme comme Jessica Darty qui certes branchouille, suit pourtant des cours poussés de théologie, le sommet du savoir.
Mais, là n’est pas la question.
Simplement, et c’est ce qui est effrayant, Siné ne faisait que suggérer, ironiser tout au plus. Barbey d’Aurevilly (il me semble, c’est quelque part dans le dictionnaire des Oeuvres) a écrit de belles choses sur l’ironie maistrienne. Kierkegaard sur celle de Socrate. Il y a même vu le commencement de la philosophie.
Autant dire que l’ironie est une arme de l’esprit. La droite en a toujours fait un de ses outils préférés. Le sérieux et le dogmatisme de la gôche, certainement plus réels et lourdingues que la caricature qui a pu être faite de l’Eglise, nous y obligent.
Pour exemple, la réacosphère manie fort bien l’ironie, elle sait renverser les codes du langage médiatique, s’émerveiller du désastre pour mieux le pointer, discuter les irréconciliables visées du machin qui sert de package idéologique de France & Co. pour mieux le ridiculiser.
Il y a donc de quoi être inquiet. Plus que d’habitude, en tout cas. Ce procès en sorcellerie marque une nouvelle étape du recul de la pensée après l’adoption de nombreuses lois liberticides portées par des dirigistes -de la pensée-.
juillet 15, 2008
L’Occitane pourrait être cotée à HK. Le fonds souverain norvégien est n°1 au CAC. Intéressante interviou sur Causeur. Le sans-culotisme : culte du ressentiment et apitoiement misérabiliste de façade sur le sort des autres. Al Quaida n’a rien inventé. Le rectorat de Paris invente le camp de Tolérance : vous aviez choisi Fénelon pour votre fille ? Une erreur informatique dûe à un manque cruel d’effectifs dévoués et compétents pour réaliser la grande mission civilisatrice et égalitariste de la République qui déchire enregistrera le lycée Karl Marx d’Aubervilliers. C’est con, hein ? Nous sommes désolés Madame, nous ne pouvons corriger cette erreur, nos employés informatiques sont en grève pour protester contre le manque d’effectifs et le surmenage qui en résulte. Et puis, vous savez la Diversité, c’est Bien. Une seule adresse pour sauver ce qui reste à sauver : ici. La République n’en finit pas d’être ridicule : des youyous pendant la remise de la Légion d’Honneur. La HALT ! Achtung ! ouvre un bleaugue où le tutoiement et l’orthographe gnian gnian texto sont de rigueur. Le respect de l’Ôtre, qu’ils disent. On a l’impression que ce bleaugue est fait par et pour des demeurés. Son nom : Ouvert à tous. De la Diversité à l’échangisme, il n’y a pas grand chose, finalement, quand on y pense.
Bande de clowns.
juillet 15, 2008
Une petite playlist de derrière les fagots ! Session de rattrapage dylanesque pour les fous ignorants, petits agréments sudistes, touche réactionnaire diverso-sceptique, tout y est !